April 2020

Éphéméride 22 avril 1901 : naissance d'Alexandre Vialatte

Alexandre_vialatte
Auteur de centaines de chroniques publiées dans La Montagne et Le Spectacle du monde, Alexandre Vialatte (1901-1971) fut journaliste régional, écrivain et le premier traducteur en France de Franz Kafka (Le Procès, 1933).


Alexandre Vialatte, né le 22 avril 1901 à Magnac-Laval (Haute-Vienne) et mort le 3 mai 1971 à Paris, est un écrivain français.

Installé une première fois à Ambert (Puy-de-Dôme) avec sa famille en 1915, il rencontre en 1916 les frères Paul et Henri Pourrat, auxquels le liera une longue amitié, surtout avec le dernier. Cette amitié, ponctuée de nombreuses randonnées pédestres dans les monts du Livradois et du Forez, et d'une abondante correspondance, sera un peu de nature « filiale ».
Germanophone, il est de 1922 à 1928 secrétaire de rédaction de La Revue Rhénane en Allemagne, dans la zone occupée par les forces françaises. En 1938, il est professeur de français au lycée franco-égyptien d'Héliopolis, près du Caire.

Il s'engage en 1939 et est fait prisonnier en Alsace en juin 1940, ce qui provoque en lui un effondrement psychologique qui le conduit à l'hôpital psychiatrique de Saint-Ylie, près de Dole. Après avoir tenté de s'y suicider, il en sort en 1941. Cette expérience est relatée dans Le Fidèle Berger, roman du soldat qui sombre dans la folie à force de marcher et sera sauvé en pensant à la femme aimée. Son ami Henri Pourrat mentionne[1] « ce bourg où Vialatte, en se retrempant chaque jour dans le limpide étang des Escures, écrivit en trois semaines Le Fidèle Berger, et, c'est le plus étonnant des livres de guerre parus durant la guerre, le plus profond. Celui où la colère, l'humour, la simplicité, la fidélité nous parle de plus près ».

En 1948, il retourne à Ambert, puis s'installe à Paris (en face de la prison de la Santé). Il écrit, de 1952 jusqu'à sa mort, les 898 Chroniques publiées (sauf 10) dans le journal quotidien auvergnat
La Montagne.

Éphéméride 18 avril 1974 décès de Marcel Pagnol

Marcel Pagnol naît à Aubagne le 28 février 1895. Fils d'un instituteur fermement laïque et d'une mère couturière, il entreprend de brillantes études. Il publie quelques poèmes dans la revue Massilia. En 1914, à peine âgé de 15 ans, il perd sa mère, avec qui il entretenait une relation fusionnelle. La même année, il créé avec quelques amis la revue Fortunio, qui deviendra Les cahiers du sud. Réformé de l'armée suite à la faiblesse de sa constitution, il obtient en 1915 une licence ès lettres et littérature vivante en anglais.

Il obtient alors différents postes de répétiteurs qui le mèneront jusqu'à Paris. Il décide alors de prendre congé de l'éducation nationale afin de se consacrer à l'art littéraire et au théâtre. Il écrit
Topaze : la pièce sera un triomphe. Fort d'une nouvelle notoriété, il décide, contre l'avis de tous, d'écrire une pièce se déroulant dans sa région de coeur, et crée Marius, l'histoire d'un jeune marseillais attiré par le large : le casting réunit Orane Demazis, Charpin et Raimu. Le triomphe sera gigantesque.

En 1926, après avoir assisté à Londres à une projection de
Broadway Melodies, un des premiers films parlant, il décide de se consacrer au cinéma, devenu parlant. Marcel Pagnol décide d'apprendre le métier par lui-même. En 1932, il se rapproche des studios Paramount afin d'y apprendre toutes les facettes du milieu. Il supervise ainsi l'adaptation cinématographique de Marius en 1931, réalisée par Alexandre Korda et reprenant l'intégralité du casting original. Le public lui donnera raison, et fera un triomphe à Marius, puis à ses suites, Fanny de Marc Allégret en 1932 et César, qu'il réalise lui même en 1936.

En 1932, Pagnol crée ses propres studios, afin de diriger totalement son tournage, et fonde une cité du cinéma. Il met en scène Charpin, Orane Demazis (avec qui il aura un fils), Fernandel, et surtout Raimu qu'il considère comme le plus grand acteur du monde et à qui il offre
La Femme du boulanger. En bon provençal, Marcel Pagnol respecte les traditions : les tournages sont souvent interrompus ou reportés en fonction de la prolongation d'une partie de boules, et l'auteur n'abandonnera jamais sa traditionnelle sieste, qu'il fera tout au long de sa vie. Qualifié de «menteur de charme» par Fernandel , il interprète lui-même tous ses personnages lors de l'écriture. Lors du tournage du Schpountz, leur sommet commun dont il écrit les dialogues au jour le jour, il se dispute avec Fernandel, qui le trouve fainéant : ils se fâcheront définitivement.

En 1941, Pagnol rencontre Jacqueline Bouvier, qui deviendra sa femme en 1951. Il lui écrira
Manon des Sources, elle restera sa compagne jusqu'à la fin.

En 1947, il est reçu à l'Académie Française. En 1954, sa fille Estelle meurt subitement, à l'âge de quatre ans. Il ne s'en remettra jamais, et renoncera au cinéma peu de temps après. Reconnu comme l'un des grands du cinéma français, il est président du Festival de Cannes 1960. Courtisé par Hollywood, il est un des seuls (avec Fernandel ) à s'y être toujours refusé.
En 1955, il reviendra un certain temps sur scène avant de se consacrer à la rédaction de ses souvenirs, qui le feront connaître du monde entier. Sa dernière grande passion sera le masque de fer, auquel il consacrera deux livres.

En 1974, le plus marseillais des parisiens meurt dans la capitale. Il est enterré au cimetière de La Treille, près de Camoins-les-Bains, dans les collines provençales de son enfance, auprès de sa mère et de sa dernière fille, Estelle. Sa tombe porte l'inscription : "
Il a aimé les sources, ses amis, sa femme".