Répondre à une accusation


Observation

— Monsieur, vous rouliez à 78 km/h en ville. La limite est de 50 km/h.
— Comment ? Mais ce n’est pas possible ! Il doit y avoir une erreur…
— Si, c’est certain. On vous a contrôlé au radar.
— Ce n’est pas ma faute. Il faut que j’aille chercher ma belle-mère à l’hôpital. Je ne vois pas où est le mal.
— Garez-vous là. Vous allez subir un alcootest.
— Entendu. je regrette vraiment. Mais faute avouée est à demi pardonnée…

Questions

1. Quel est le personnage dominant ? le personnage dominé ? Pourquoi ?

2. Quel reproche est formulé ?

3. Quelle excuse l’automobiliste invoque-t-il ?

4. Comment se défend-il ? Quelles formules emploie-t-il ?


Leçon

Pour se défendre contre une accusation, on peut :
— utiliser des excuses ou des arguments :
Ex.
J’étais malade, je ne savais pas bien ce que je faisais. On n’a toujours dit que c’était bien de…

— évoquer un sentiment personnel :
Ex. :
Je vous comprends : moi-même, je me suis mis en colère quand…

— faire appel à un autre sentiment chez son accusateur :
Ex. :
Ayez un peu de compassion pour mon cas…

— faire une supposition tout à fait irréalisable :
Ex. :
Et si vous aviez été à ma place, je suis sûr que…

— se présenter soi-même comme une victime :
Ex. :
Les apparences sont contre moi. En fait, c’est toi qui…


Il existe de nombreux moyens de répondre à une accusation. Tout dépend de la situation dans laquelle on se trouve, et des interlocuteurs.

On peut cependant retenir quelques moyens, selon que l’on désire :

nier une accusation :

— Ce n’est pas vrai du tout ! C’est (absolument) faux !
— Je nie absolument les faits. Je suis innocent. Je suis hors de cause. Je suis accusé à tort, faussement, injustement.
— Je (te) vous jure que ce n’est pas vrai ! je démens, je conteste, je proteste
— Moi, faire une chose pareille ? Jamais ! Ce n’est pas possible, je vous le jure.
— Non, mais ça va pas ! (fam.)

accepter l’accusation puis l’atténuer à l’aide d’arguments ou en faisant appel à des sentiments :

— D’accord, je l’ai fait mais… Bien sûr, j’ai fait ceci, mais je ne comprends pas ce qui vous choque.
— Je ne vois pas où est le mal.
— Ce n’est pas ma faute, c’est.
— Cela se pratique couramment. De plus… Et puis…
— Si vous saviez comme je l’ai regretté !
— C’est excusable, c’est pardonnable. Il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Faute avouée est à demi pardonnée.

retourner l’accusation contre l’interlocuteur :

— Vous le faites bien, vous !
— Mais, vous avez parfois donné l’exemple !
— Commencez donc par balayer devant
votre porte ! (langage familier)


Exercices

1. Un père de famille compréhensif reproche à son fils étudiant de beaucoup sortir, de ne pas préparer assez sérieusement ses examens. Celui-ci répond à son père.

2. Un de vos amis vous reproche de n’être pas venu au rendez-vous qu’il vous avait fixé : vous deviez aller au cinéma ensemble.

3. Votre grand frère vous a surpris en train de fumer. Il vous a sévèrement grondé. Vous répondez.

4. Votre grande sœur vous accuse d’avoir fouillé ses affaires personnelles, d’avoir utilisé son maquillage et lu son journal intime. Répondez-lui.

5. Après une compétition sportive, vos adversaires vous reprochent de vous être dopé. Vous répondez.

6. Vous assistez en tant que délégué au conseil de fin de trimestre. Les professeurs reprochent aux élèves de mal travailler. Vous défendez vos camarades.

7. Vos voisins vous reprochent de travailler votre violon à des heures où ils essaient de se reposer.


Retenons

Pour se défendre contre une accusation, on peut utiliser des excuses ou des arguments ; évoquer un sentiment personnel ; faire appel à un autre sentiment chez son accusateur ; faire une supposition tout à fait irréalisable ; se présenter soi-même comme une victime.

Dans ce cas :
— l’accusation peut être niée ;
— l’accusation peut être acceptée, mais minimisée, atténuée ;
— l’accusation peut être retournée contre l’accusateur.

Fiche publiée dans Grammaire et activités 4e, Nathan, 1998.