Nuancer son avis


Observons

Imaginez la scène suivante
Père et fillette :
Plus qu’une semaine et tu vas enfin aller à l’école !
Les mêmes :
Tu te rends compte ! Tu vas apprendre les conjugaisons, les tables de multiplication !
Les mêmes :
Père : Tu ne trouves pas ça formidable ?
Fillette : Si, Papa, tu as raison, mais c’est tout de même un peu triste…
Les mêmes :
Fillette :… de quitter aussi brutalement toute une vie consacrée à l’ignorance.

Réfléchissons

1. Lequel des deux personnages donne une information ? Quelle est-elle ? Par quelles phrases s’exprime-t-elle ?
2. Quel jugement ce personnage porte-t-il sur l’événement ? de quelle manière (vocabulaire, structure de phrase) ?
3. La question posée est-elle une vraie question ou une question orientée ?
4. Quelle est la première réaction du second personnage ? Comment s’exprime-t-elle ?
5. De quelle manière la fillette présente-t-elle son avis sur l’événement ?

Leçon

Sur de nombreux sujets, il est parfois difficile d’avoir un avis net et définitif. D’une part, on ne peut nier que l’interlocuteur ait des raisons valables pour proposer son jugement. D’autre part, on désapprouve sa position.
Pour ne pas être soupçonné d’ignorance ou de mauvaise foi, il est bon de reconnaître que l’interlocuteur a raison sur certains points : c’est
faire une concession.
Ensuite, certaines formules permettent de présenter son avis personnel : c’est
faire une objection.

Comment présenter une concession

Oui, c’est vrai (courant)… — Certes oui (soutenu) — Bien sûr. — C’est juste/vrai — C’est indéniable/juste/incontestable — Effectivement — En effet — Parfaitement — Sans doute/peut-être — Soit — D’accord sur ce point — Tout à fait d’accord avec vous — Il faut bien l’admettre — Il est certain que/il est exact que/Il est vrai que…
Avec des verbes :
Je le sais — Je l’admets — Je le reconnais — J’en conviens — Je n’en doute pas — Je suis sûr que — Je veux bien — Je veux bien l’admettre — Admettons — Je ne peux pas dire le contraire — je dois l’avouer — Si vous voulez — Je ne le nie pas — Vous avez raison — Je crois que vous avez raison —

Comment présenter une objection

Oui mais — Pourtant — Cependant — Toutefois — Quand même — Néanmoins (soutenu) — N’empêche que — Ça n’empêche pas tout de même — Cela dit — Mais tout de même — Mais quand même — Bien que — Quoique — Il n’en reste pas moins que — Quoi qu’il en soit…

Comment marquer un désaccord

J’aurais préféré — Je ne vous cache pas que — Il se trouve que — J’en suis désolé — Je le regrette — Je n’en suis pas persuadé — J’en doute — Toujours est-il que — Malheureusement — De toute façon — Pas vraiment — Pas toujours — Pas tout — C’est critiquable — C’est contestable — Eventuellement — En principe.
Non — Si — C’est faux — Ce n’est pas vrai — Absolument pas — Pas du tout — Sûrement pas — En aucun cas — Jamais de la vie — Justement — Raison de plus — Vous plaisantez — Vous voulez rire
Expressions familières : N’importe quoi ! — Ça c’est la meilleure ! Ça ne va pas la tête !


Résumé

Concéder, c’est admettre que, sur certains points, l’interlocuteur a raison.

C’est savoir nuancer son jugement, mais pour mieux affirmer ses objections par la suite.



Exercices

Improvisez les scènes suivantes par groupes de deux.
1. Tes parents veulent t’inscrire dans un centre aéré pendant l’été. Présentez des objections après avoir faire quelques concessions.

2. Tu veux emmener un (e) ami (e) en vacances avec toi chez ta grand-mère, à la campagne. Tu présentes vos arguments. Tes parents font des objections.


Fiche publiée dans Grammaire et activités 6e, Nathan, 1996.