Réfuter
pour argumenter
Objectif :
maîtriser une stratégie
pour refuser sans blesser son interlocuteur
Leçon
Quand on
n’approuve pas quelqu’un on a parfois intérêt, si on veut le faire
changer d‘avis ou si les circonstances ne le permettent pas, à
éviter un affrontement direct qui risque de le vexer, mieux vaut
alors…
ne
pas prendre parti
Sans doute, mais il
y a peut-être une autre manière de voir les choses…
Ce n’est pas aussi simple que ça…
Vous pensez vraiment cela ?
N’exagérons rien.
présenter
des regrets ou des excuses avant
d’argumenter
Désolé, mais…
Je regrette mais il faut que je…
C’est dommage, mais…
ne
pas blesser tout en gagnant du temps
Je vais voir.
Je vais réfléchir.
Je vais y penser.
Je ne peux pas vous répondre maintenant.
(Je ne dis pas non, mais) laissez-moi le temps de réfléchir.
Excusez-moi, mais il faut que j’en parle à…
Il est encore trop tôt pour…
manifester
un accord partiel pour mieux réfuter
Ce que vous dites
est vrai… mais…
Je suis entièrement d’accord… cependant…
C’est évident… pourtant…
Je partage cet avis… mais peut-être que…
Exercices
1. Retrouvez les répliques qui ont suscité les réflexions
suivantes.
—
J’aimerais bien, mais j’ai promis d’emmener ma sœur au cinéma ce
soir.
— Je n’y vois pas d’inconvénient, mais il faut que j’en parle à mes
musiciens.
— Vous me l’auriez dit plus tôt, je pouvais faire quelque chose
pour vous.
— Je n’en ai plus dans cette taille, mais je peux vous en commander
pour la semaine prochaine.
2.
Mettez en scène les situations suivantes :
— Votre père est
policier. Vous êtes invité chez une amie dont les parents à table
critiquent sévèrement les policiers, mais par égard pour votre
amie, vous ne voulez pas vous opposer ouvertement à eux.
— Votre coiffeuse s’en prend aux jeunes de la cité voisine qu’elle
considère comme délinquants. Selon elle, il faudrait tous les
arrêter :
à travers quelques questions orientées, elle voudrait que vous vous
rangiez à son avis.
3.
Répondez aux arguments suivants sans vexer votre
interlocuteur.
— On devrait interdire la mendicité au
centre-ville.
— Si les routes étaient mieux entretenues par les pouvoirs publics,
il y aurait moins d’accidents.
4.
Complétez le dialogue suivant avec des arguments que vous
inventerez et jouez ensuite la scène avec un
camarade.
Un
jeune homme cherche du travail auprès d’un artisan…
L’artisan :
— De toute façon, les jeunes aujourd’hui ne veulent rien
faire.
Le jeune (timidement) :
— Ce n’est peut-être pas aussi simple que ça.
L’artisan :
— La France est un pays d’assistés, jeune homme !
Moi, de mon temps, il n’y avait ni bourses ni RMI…
Le jeune :
— N’exagérons rien, on ne peut pas généraliser comme ça.
L’artisan :
— Tenez, vous, je vous engage comme apprenti. Nous ouvrons à sept
heures et fermons à dix-huit heures. Pour le salaire, nous verrons
plus tard.
Le jeune :
— Je ne dis pas non, mais laissez-moi le temps de réfléchir.
L’artisan :
— C’est bien ce que je disais, vous êtes comme les autres.
Le jeune :
— Je regrette mais il faut que j’en parle d’abord à mes
parents.
Fiche publiée dans Grammaire et activités 3e, Nathan, 1999.
