Georges Simenon, LE CHIEN JAUNE


Objectifs


L’étude du Chien jaune permettra aux élèves d’améliorer leurs performances de lecture et de dégager la construction d’un récit.
Il est indispensable de faire découvrir aux jeunes lecteurs que dans un récit, tout est fonctionnel, qu’il n’y a jamais de détail inutile. Cette découverte est importante et utile. Elle engage à une lecture très attentive, à l’examen des relations entre les divers éléments du texte.
Pour sensibiliser la classe à ce type de lecture, nous proposons un travail en deux grandes étapes, l’une sur une nouvelle, l’autre sur un roman de Georges Simenon, l’un et l’autre intitulés
Le Chien jaune.
Le roman n’est pas exactement le développement de la nouvelle, mais les deux textes présentent des analogies thématiques importantes qui aideront, après le travail sur la structure du récit, a dégager les thèmes et les symboles. En outre, le passage de l’écriture de la nouvelle à l’écriture du roman pourra être abordé de façon saisissante, puisque les deux textes, peu éloignés dans le temps, sont du même auteur.


ÉTUDE DE LA NOUVELLE LE CHIEN JAUNE



Analyse


Cette nouvelle fait partie du recueil
Les Treize Énigmes (Presses Pocket, n° 1359). Ces récits très courts furent demandés au jeune Simenon par Joseph Kessel, pour le journal Détective, en 1929-1930. L'enquêteur est l’inspecteur G 7, contemporain de la création du personnage de Maigret.
Simenon avait d’abord écrit pour Détective la série des
Treize Mystères dont le personnage principal est Joseph Leborgne.

Pour les
Treize Énigmes, le personnage enquêteur est un authentique inspecteur de la Police judiciaire, surnommé G 7. Entre-temps, Maigret a été créé avec Pietr le Letton en 1929.

Commencer par l’étude de la nouvelle présente des avantages évidents pour observer la fonctionnalité du récit : la narration est beaucoup plus dense. La lecture attentive devrait permettre aux élèves de résoudre l’énigme en même temps que les enquêteurs. La motivation sera donc très forte pour eux d’examiner avec soin les moindres détails du récit.

Pour préserver cette motivation, il ne faut pas donner aux élèves la solution finale. Le texte étant très court, le professeur ne distribuera en classe que
les pages narrant l’exposition de l’énigme et le déroulement de l’enquête (de la p.87 au milieu de la p. 97).


Les élèves doivent faire eux-mêmes l’expérience de l’utilité de tous les éléments narratifs. A priori, on ne donnera aucune définition de ceux-ci, laissant les élèves les isoler eux-mêmes, quitte à les classer ensuite
in fine.

Après la lecture silencieuse du texte amputé de sa fin, les élèves essaieront de choisir, selon eux, des éléments du texte qu’ils jugent superflus : un mot, un membre de phrase, une phrase, un paragraphe.

La classe décidera ensuite de l’utilité fonctionnelle de l’élément désigné, ou de son inutilité. Le professeur donnera d’abord quelques exemples, pourra intervenir ensuite dans la discussion, et préparera la synthèse, en reprenant certains des éléments dégagés par les élèves et en les regroupant de manière qu’apparaissent leurs points communs.



• Synthèse

Elle s’établira en deux temps. Il s’agira d’abord de classer toutes les informations données par le texte, puis de se rendre compte de l’utilité fonctionnelle de tous les éléments.


• Classement des unités narratives

Il existe deux grands types d’unités narratives : celles qui concernent l’action (le faire), et celles qui concernent la description (l’être) des personnages.

Dans les unités narratives concernant l’action, certaines sont plus ou moins importantes pour la suite des événements :
- arrivée du narrateur et de l’inspecteur G 7 dans un village de l’Est ;
- interrogatoire d’un témoin, domestique de ferme, dans le bureau du maître d’école ;
- exposition des faits (la narration ne suit pas l’ordre chronologique que l’on fera rétablir) :

Quatre crimes :

1. un fermier et sa femme sept jours auparavant ;
2. trois victimes, dont une fillette, trois semaines avant ;
3. une vieille femme un mois avant ;
4. une agression contre le maréchal ferrant deux mois plus tôt.

Il y a un seul mobile : le vol. La présence d’un chien jaune sur les lieux des crimes est signalée à chaque fois.

- examen de tous les chiens du pays ;
- enquête chez un bûcheron possesseur d’un grand chien roux, que son mode de vie marginal incline à rendre suspect.
Parmi les unités narratives qui concernent « l’être », certaines doivent être interprétées, d’autres non :

Exemples :

« À notre passage, les rideaux frémissaient. Des gens éprouvaient le besoin de sortir de chez eux sous prétexte de jeter une poignée de maïs aux poules. »

« Libert, qui n’avait pas la mine d’un homme superstitieux, capable de se laisser influencer par des histoires de chien jaune. »

Enfin, la classe remarquera qu’il existe
des unités narratives « mixtes », concernant à la fois l’action et l’état des personnages


• Utilité de tous les éléments

Après cet examen minutieux de tous les éléments narratifs, on discutera en classe de la solution du mystère. Il sera bon de rappeler que, pour tout récit, et pour un récit policier en particulier, le dénouement doit être conforme aux données ; il doit justifier l’ensemble de tous les éléments narratifs et apporter la réponse à toutes les questions. Tous les détails évoqués au cours de l’enquête doivent réapparaître. Les propositions des élèves seront examinées tant du point de vue de la vérité psychologique que du point de vue de la vraisemblance. Ces propositions pourront faire l’objet d’une rédaction. Toutes les suggestions ayant été discutées, on lira la solution de Simenon, qui entraînera une relecture de l’ensemble.
Ce travail constituera une excellente préparation à la lecture du roman qui porte le même titre. Dès que le dénouement de Simenon sera connu, le professeur fera établir une liste de toutes les actions évoquées dans le texte, selon l’ordre chronologique. On pourra ainsi dégager très facilement la structure du récit, qui est celle de tout récit policier :

Énigme (crimes) > EnquêteSolution


ÉTUDE DU ROMAN LE CHIEN JAUNE


Le roman fut publié chez Fayard en 1931. L’action se passe à Concarneau, à l’époque contemporaine de l'écriture.


L’enquête, comme dans la nouvelle, dure quatre jours et se déroule du vendredi 7 novembre à 23 heures au mardi 11 novembre aprèsmidi. Onze chapitres constituent le récit.

Comme dans la nouvelle, la présence d’un chien jaune, aux tournants de l’action, apparaît comme le symbole de la peur mystérieuse qui plane sur les habitants.

Nous reviendrons sur cette capacité extraordinaire de Simenon de construire un récit autour d’une image concrète, d’une « chose vue », souvent banale : un chien jaune trottant sur les talons d’un vagabond, un gâteau acheté chaque dimanche après la messe (
Le Fils Cardinaud)…


Le récit est court. Comme la plupart des romans de Simenon, il décrit une crise qui se déroule sur quelques jours.

(…)

Article publié initialement dans la NRP collèges N° 9 juin 1984, NATHAN


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