Étude d’une bande dessinée: Goscinny et Morris Calamity Jane
Un album de la série Lucky Luke

Buts pédagogiques

• Étudier les signes et les codes de la bande dessinée.
• Étudier le récit de l’album
: l’organisation des personnages et des séquences principales du scénario.
• Mettre en valeur le contenu idéologique et le comique propre à cette série de BD.
• Donner quelques pistes d’études complémentaires
: la parodie, les femmes dans la BD, le western, etc.

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L’album choisi pour cette étude est
Calamity Jane. Le scénario est de René Goscinny et les dessins de Morris. C’est le trentième album de la série des Lucky Luke, édité chez Dupuis en 1977. Nous avons choisi cette série parce qu’elle est bien connue des élèves, qu’elle est de facture plus moderne que Tintin, et qu’elle est particulièrement appréciée à cause de la verve humoristique de Goscinny et de l’engouement pour le western.

D’autre part, cet album présente un scénario très élaboré et un comique omniprésent dû principalement à l’un des deux personnages principaux, celui qui donne son nom à l’album : Calamity Jane.

Celle-ci est un personnage historique. La dernière page du recueil nous montre une photographie d’elle, afin d’ancrer
a posteriori le personnage dans le réel : les aventures imaginaires retracées dans l’album pourront être relues sous un autre éclairage.

En 1981, paraissaient les Lettres à sa fille de la véritable Calamity Jane (Coil. Points-Virgule, Le Seuil), avec une introduction d’Hélène Phillipe, qui retrace la bibliographie de cette personnalité légendaire.
Goscinny a respecté les éléments de biographie de C.J., mais il en fait une illettrée. Or, ses lettres sont souvent émouvantes…



    La première analyse portera sur la lecture de l’image, une fois que tous les élèves auront lu l’album intégralement. Ce n’est pas la partie la plus simple de l’étude : l’enfant a une facilité déconcertante à décrypter une bande dessinée. Expliciter la composition d’un album, en décrire les éléments constitutifs, en disséquer la moindre vignette, risque parfois de « stériliser » une lecture qui doit avant tout rester un plaisir.
    La lecture d’une BD ne se limite pas à celle des textes inclus dans les ballons, mais s’exerce sur l’ensemble texte-image.

    • L’unité de la page
    Chaque page, dans les récits de BD classiques, présente une péripétie. Il y a coïncidence entre prouesse et épisode pour des raisons commerciales, lorsque la bande a préalablement paru en feuilleton dans les journaux, avant d’être recueillie en album. Chaque page se termine sur un point d’interrogation pour le lecteur.
    Il reste vérifier si cette loi est respectée dans l’album qui nous occupe. Cela est vrai pour les pages 3 – 5 – 6 – 7 – 8 – 13 – 14 – 15 – 21 – 23 – 24 – 25 – 26 – 29 – 30 31 – 32 – 33 – 34 – 35 – 37 – 39 42, soit exactement 23 fois sur 46 pages.

    Chaque page comporte en général quatre bandes, mais il y a parfois rupture d’un certain géométrisme classique en variant la dimension d’une vignette qui déborde sur deux bandes
    : pp. 13 – 24 – 42 43. Dans ce cas, le sens de lecture de la page est légèrement modifié.
    Au sein de chaque bande, il peut y avoir une, deux ou trois vignettes
    : il faut faire constater aux élèves la variété de la mise en page ainsi obtenue. Toutefois, il y a un nombre assez régulier d’images par page.

    • Les images ou vignettes
    On pourra, selon le niveau de la classe, faire une recension des différents types d’images
    : descriptives, actives, mixtes, décoratives, gratuites.
    On fera repérer les liens entre les images
    : mouvements tronqués, ellipse (exemple dernière vignette p. 35, v.1 p. 36), causalité, conséquence, rupture, dérivation, c’est-à-dire passage sur un autre fil d’intrigue, hiatus de toutes sortes: passage passé/présent, rêve/réalité, souvenir/présent, etc. Montrer que cela n’a rien à voir avec le cinéma, le roman-photo…

    • La représentation

    • L’espace et la narration: la BD rend l’incroyable plausible. Elle affiche cependant ses codes et ses artifices. Il n’y a jamais de temps mort dans les BD: l’espace n’est pratiquement jamais vide. Les héros, toujours en scène, sont condamnés à une communication physique et verbale presque permanente.

    • Les ballons: Ils ont une double fonction: communication entre les personnages et communication entre l’auteur et le lecteur. Remarquons, dans l’album de Calamity Jane, que, mises à part quelques brèves indications temporelles, il y a très peu de texte explicatif (récitatif) en dehors des ballons, sauf dans le récit que C.J. fait de sa vie. (Comparer avec une BD où les récitatifs sont très nombreux: Le mystère de la grande Pyramide, de Jacobs.)



    […]

    Étude publiée dans la NRP. NATHAN, N° 4 JANVIER 1983


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