A.D.G., L’otage est sans pitié

Contrairement à l’habitude scolaire d’étudier de classiques romans policiers à énigme, nous proposons ici la lecture d’un authentique récit de série noire : L’Otage est sans pitié, d’A.D.G., auteur français contemporain.
Ce roman plein d’humour, dépourvu de toute avalanche de cadavres, se caractérise par une critique parodique ravageuse et la peinture amusée d’un milieu provincial réputé pour sa tranquillité.
Cette étude en classe sera une occasion de réfléchir sur les principaux types de romans policiers, et surtout d’inciter à la lecture d’autres œuvres de ce que l’on appelle le néopolar français, genre qui s’épanouit actuellement, et qui nous en dit sans doute davantage sur notre époque que bien des ouvrages de sociologie.



REMARQUES PRÉLIMINAIRES

Les principaux types de romans policiers :

T. Todorov, dans sa
Typologie du roman policier (Poétique de la Prose, Seuil, coll. Points.), présente une description structurale intéressante des trois principales catégories de romans policiers. Il rappelle d’abord que, dans le roman policier comme dans toute littérature de masse, il n’y a pas d’opposition entre l’œuvre et le genre. Le chef d’œuvre, dans ce cas, n’est pas celui qui transgresse les lois du genre, mais celui qui s’y conforme le mieux.
• Le roman policier à énigme, roman du détective
C’est l’ancêtre du genre, celui que l’on étudie généralement en classe. La structure du roman à énigme superpose deux histoires : l’histoire d’un crime, et l’histoire de l’enquête sur ce crime. La première histoire est terminée avant que ne commence la seconde.
Michel Butor en donne les règles principales dans l’
Emploi du temps :
[…]

• Le roman noir, roman du criminel

Le roman noir s’est développé aux ÉtatsUnis, au moment de la grande dépression de la crise de 1929, ce qui n’a pas été sans influence sur ses thèmes. Mais il fut d’abord une réaction contre les excès du roman à énigme.
Sa structure fusionne les deux histoires. Elle supprime l’histoire du crime, et donne vie à l’histoire de l’enquête.
[…]

• Le roman à suspense, roman de la victime
Du roman à énigme, ce troisième type de roman
policier garde le mystère et les deux histoires, qui maintiennent l’intérêt à la fois sur le passé et sur le présent. Mais, comme dans le roman noir, la deuxième histoire prend la place centrale. L’intérêt se porte à la fois sur ce qui est arrivé et sur ce qui va arriver : on s’interroge à la fois sur le passé et sur l’avenir. Le roman à suspense joue sur la curiosité pour les faits passés, et sur le suspense : que va-t-il arriver aux personnages principaux, qui risquent leur vie sans cesse ?
[…]
L’AUTEUR

Voici comment C. Mesplède et J.J. Schleret, dans leur ouvrage
S.N., Voyage au bout de la Noire, Ed. Futuropolis, 1982, présentent A.D.G. :
« 
Sous ces initiales se dissimule Alain Fournier, né à Tours le 19-12-1947. A.D.G. débute comme employé de banque. Il participe à l’activité d’un groupe de poètes et choisit le pseudonyme d’Alain Dreux Galloux pour faire de l’édition à compte d’auteur. Il en retiendra les 3 lettres A.D.G. pour signer une série de romans noirs qui vont le faire apprécier comme un des auteurs français parmi les plus intéressants de ces dernières années…»
[…]


STRUCTURE DU RÉCIT

Ce roman,
L’Otage est sans pitié (Gallimard, coll. Super Noire, n°48), affiche son intention parodique dès le titre. Il est constitué de 22 chapitres suivis d’un épilogue. Le texte présente une alternance de récit à la 3e personne et de réflexions à la 1re personne sous forme de pages de journal intime du héros, insérées dans la trame du récit, généralement à la fin des journées évoquées.

Le récit commence un jeudi de la fin novembre à 17 h (chap. 1). La prise d’otage a lieu un vendredi, quinze jours plus tard. L’histoire se termine le dimanche suivant (chap. 22). La durée de l’histoire est d’environ vingt jours. On remarquera facilement que la narration n’est pas uniforme puisque certains épisodes sont plus longuement décrits que d’autres. (La prise d’otage : une journée, 4 chapitres. En revanche, au chapitre 2, silence sur quatre jours pendant lesquels il ne se passe rien de significatif.) Les repères spatio-temporels, très faciles à repérer, détermineront les principales séquences narratives, que le professeur prendra comme étapes d’étude, sinon de lecture, car les élèves liront probablement ce récit d’un trait !

• Première séquence : chapitres I à 3 inclus
Le héros

Les bornes spatio-temporelles de cette séquence sont faciles à repérer. Elle débute un jeudi de novembre, un peu avant 17 heures, dans une banque du centre de Tours. Elle se termine dans la nuit du vendredi, après le retour du héros virtuel chez lui.
Le héros est un jeune employé subalterne qui rêve de cambrioler sa propre banque. Le début du récit parodie les romans de série noire, ainsi que le chap. 3.

[…]

Étude publiée dans La Nouvelle Revue Pédagogique Nathan N°8, Avril 1985

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