RÉDIGER UN RÉCIT COHÉRENT


1. Les phases du récit

Un récit minimal complet consiste dans le passage d’un équilibre à un autre. Il commence par une situation stable (1). qu’une force quelconque vient perturber (2). Il s’ensuit un état de déséquilibre (3). Une force dirigée en sens inverse (4) rétablit l’équilibre (5).

On peut schématiser rapidement ces 5 phases indispensables sur un arbre à cinq branches
:


État                  Force        Dynamique de       Force                  État
initial          transformatrice        l’action            équilibrante             final

a. L’état initial: c’est une situation donnée, souvent amorcée par une description à l’imparfait de l’indicatif: par exemple, la vie tranquille d’une petite cité du Far-West.
b. La force transformatrice: elle intervient brutalement, par surprise. C’est une rupture de l’équilibre initial, marquée par une action très dynamique. Par exemple, l’irruption d’un groupe de bandits.
c. La dynamique de l’action: c’est là que se joue la transformation de l’état initial. Elle peut être positive (amélioration) ou négative (dégradation). Par exemple, la terreur sur la ville.
d. La force équilibrante: symétrique de la force transformatrice, elle intervient tout aussi brutalement, mais en sens inverse. Par exemple, l’intervention d’un justicier, d’un valeureux défenseur de la loi (Zorro, Lucky Luke, etc.).
e. L’état final: c’est un nouvel équilibre, comme le premier, mais les deux ne sont jamais identiques. Il peut être heureux, si votre récit se termine bien, ou malheureux, si le héros du récit a échoué dans son entreprise. Par exemple, la cité retrouve son calme, mais elle a su se donner enfin les moyens de défendre sa liberté…!

2. Pour construire un récit plus long
Beaucoup de possibilités s’offrent à vous
a. L’enchaînement
vous pouvez longtemps continuer votre récit en faisant s’enchaîner les événements
: au lieu d’avoir un « état final », vous aurez un « état provisoire » qu’une nouvelle force transformatrice viendra perturber, et ainsi de suite…
Vous pourrez faire alterner les moments d’amélioration et de dégradation.

b. L’enchâssement
connaissez-vous les poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres
? De la même manière, vous pourrez introduire dans la trame de votre récit initial une autre histoire, si vous le jugez bon ou si c’est indispensable:
• cela pourra être un « retour en arrière explicatif »
: le procédé vous est familier grâce au cinéma;
•cela pourra être le développement de l’histoire d’un personnage secondaire, etc...


3. Les personnages
Il est très commode de rassembler en un tableau très simple les principaux personnages d’un récit. On distingue ainsi
:



1. Le héros du récit (le sujet)
2. Le but de son action (l’objet)
3. Le personnage qui lui a confié ta mission (le destinateur)
4. Le personnage en faveur duquel il agit (le destinataire)
5. Tous les éléments qui l’aident (les adjuvants)
6. Tout ce qui s’oppose à lui (les opposants).

Ces six catégories ne sont pas toujours toutes représentées dans un récit
: ainsi, parfois, le héros décide seul de partir en mission, et la catégorie du « destinateur » n’est pas représentée.
Certains personnages peuvent figurer deux fois dans le tableau
: la fiancée du héros peut être « objet » si toute l’action de celui-ci tend à obtenir sa main, et en même temps « adjuvant » si elle l’aide dans son entreprise.
Enfin, ce tableau peut vous aider à construire des rebondissements à votre récit
: il suffit de faire intervenir un nouvel opposant…

PROPOSITIONS D’ÉCRITURE
En croisant ces deux systèmes (celui des cinq phases du récit, et celui des six personnages types), imaginez un récit ou un plan de récit sur un sujet et dans un décor de votre choix (western, science-fiction, conte, roman historique, etc.).