Le COI et le COS
Observons
Le lézard vert
Mon ami Naz, ce jour-là, donnait un spectacle rare
à tous les clients de l’auberge. Il ne cessait de gagner des
parties de billard.
Tout à coup, la queue manque la bille. Le tapis craque, se
fend, et la queue presque entière disparaît dans le drap
vert !
La vieille aubergiste donne l’ordre d’aller chercher
monsieur son père.
Le père de Naz arriva. On s’attendait
à une explosion de colère. Il se montra glacial.
Il donna soixante francs
à l’aubergiste. Puis réclama le vieux drap.
« Emporte-moi ça », dit-il en remettant
à Naz le tapis roulé.
Le surlendemain tout fut expliqué quand nous vîmes entrer
le malheureux Naz vêtu de vert de la tête aux
pieds :
habit, gilet, pantalon, casquette vert billard.
Six ans durant, cet inépuisable tapis fournit
à l’ami Naz des habillements complets de
couleur verte.
Ses camarades se moquèrent
de lui et le surnommèrent le lézard
vert !
D’après Paul Arène, Contes de Paris et de
Provence.
Réfléchissons
1. Essayez de détacher par une pause à la lecture, ou par
une virgule à l’écrit, les verbes et les groupes de mots
rouges qui les suivent. Que
constatez-vous ?
2. Essayez de déplacer ces groupes de mots en tête de
phrase. Est-ce possible ?
3. Remplacez les groupes de mots rouges par des pronoms.
Ces pronoms occupent-ils la même place dans les
phrases ?
4. Parmi ces groupes de mots, lesquels fonctionnent avec un
COD ?
Á quelle place sont-ils situés par rapport aux groupes de
mots rouges ?
Leçon
Définition
Le COI
Comme le COD, le COI est un complément essentiel du verbe.
Il se construit indirectement, c’est-à-dire avec une
préposition.
On
s’attendait
à une explosion de colère.
Ses camarades se
moquèrent
de lui.
Le COI est relié au verbe par les prépositions
à
ou
de.
Le choix de la préposition n’est pas libre. C’est le verbe
lui-même qui la détermine :
obéir
à ;
se fier à/profiter de ;
se méfier de.
Les verbes construits avec ces prépositions sont transitifs
indirects.
Les prépositions à et de peuvent se contracter avec les
articles définis :
à + le > au ;
à + les > aux ;
de + le > du ;
de + les > des.
Maman se plaint du
bruit.
Le
COS
Certains verbes transitifs, directs ou indirects, peuvent
avoir deux compléments essentiels du
verbe :
— un complément direct et un complément prépositionnel.
Celui-ci prend le nom de complément d’objet second.
Julien offre une fleur à
son amie. (COD ;
COS)
— un complément indirect et un complément prépositionnel
Julien parle de son amie à
Ludovic. (COI ;
COS)
Quand le COS est un nom ou un pronom qui désigne un être
humain, celui-ci est le destinataire de l’action.
Il
donna soixante francs
à l’aubergiste.
Cette propriété renforce la distinction de sens entre le
COS et le complément de lieu :
David a envoyé une lettre à
Paris./David a envoyé une lettre
à Isabelle.
Le COI
et le COS peuvent être remplacés par des pronoms. Ceux-ci
sont différents selon qu’ils renvoient à des êtres animés
ou à des êtres non animés :
Elle pense à Marc./Elle
pense à lui.
Elle pense à son travail./Elle y pense.
Il répond à Estelle. Il lui répond.
Il
répond à sa lettre./ Il y répond.
Le COI et le COS ne peuvent pas devenir sujets du verbe au
passif.
Nature
du COI et du COS
Le COI et le COS peuvent être
— un nom
Ne touche pas :
ce jeu est à mon
frère.
(COI)
— un groupe nominal
Elle a donné un baiser à sa douce
grand-mère. (COS)
— un pronom
Ses camarades se moquèrent de
lui.
(COI)
Le tapis lui
fournit un habit
complet. (COS)
Lorsque le COD est lui aussi un pronom, l’ordre et la place
des pronoms varient selon les personnes et les modes du
verbe, la présence d’une négation, ainsi que selon les
registres de langue :
Je
lui sers
un plat./Je
le
lui sers — Il
me doit la
fortune./ Il me
la doit — Donne
moi
ce livre./Donne
le
moi — Ne me
donne pas
cette cassette./Ne me
la donne pas — Ne lui dites
pas
que je suis venue./Ne
le lui dites pas —
Dites-nous
ce qu’elle vous a raconté./Dites-le nous —
Donne-moi
de la mousse au chocolat./Donne
m’en.

Le COI
peut être un verbe à l’infinitif :
Gérard a cessé de
fumer :
quel miracle !
Retenons
Le complément d’objet indirect (ou C.O.I.) complète un
verbe transitif indirect auquel il est relié par les
prépositions à ou de.
Le complément d’objet second (ou C.O.S.) complète
indirectement un verbe déjà accompagné d’un C.O.D. ou d’un
C.O.I.
Le C.O.S. désigne souvent le destinataire de l’action
exprimée par le verbe. C’est pourquoi il s’emploie surtout
avec les verbes d’échange et de
communication.
Approfondissons
Les verbes qui peuvent avoir deux compléments d’objets sont
assez fréquents dans notre langue. Ce sont les verbes de
communication (dire quelque chose à quelqu’un) ou des
verbes d’échange (donner quelque chose à quelqu’un/prendre
quelque chose à quelqu’un).
Leur point commun est de mettre en scène deux personnes, le
sujet et le destinataire (COS) qui entrent en relation par
une chose ou un message (COD).
J’ai envoyé une télécopie à
Annie.
Elle a offert une console de jeux à son neveu.
Le professeur a confisqué une collection d’images de
football aux garçons de 6e.
Autoévaluation
À la fin de cette leçon, je suis en mesure
de :
— identifier les COI dans un texte et donner leur nature
— replacer les COI dans un texte aux endroits qui
conviennent
— repérer les COS associés à un COD
— remplacer les COI et les COS dans des phrases par le
pronom qui convient
— employer dans un texte des COI et des COS avec les
prépositions qui conviennent.
Leçon publiée dans
Grammaire et expression 6e
Nathan