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Histoire de la crèche


La crèche offre l’image de la naissance de Jésus de Nazareth : une irruption de l’éternité dans le temps.

Dans l’espace défini par le décor, cette naissance est rendue présente comme sur une scène de théâtre.

Les thèmes de la
lumière, du feu, de l’eau, de l’offrande, du commencement, y sont réunis dans une synthèse accessible à tous.

Par son origine et par sa forme, la crèche, qui appartient à l’univers de la
piété populaire, s’est adaptée à tous les pays et à tous les continents. Elle a pu devenir un témoin de la culture locale, tout en étant fidèle à un noyau scénique central : on connaît des crèches provençales, napolitaines, catalanes, allemandes, polonaises, africaines, andines, et depuis peu, écossaises…

Liée à un temps précis, celui du solstice d’hiver, la crèche porte la trace des
rites de passage et de recommencement présents chez tous les peuples avant l’avènement du christianisme.


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Antécédents et naissance de la crèche

La crèche est une représentation particulière de la première parousie du Fils de Dieu et de l’accueil que les hommes lui réservèrent. La « représentation » est la tentative de « rendre présent » ce qui ne l’est pas.

Elle implique la participation de nombreux arts : sculpture, peinture, musique, théâtre.

Les deux éléments de base,
personnages et décor, sont hautement symboliques. Placés chaque année dans un espace codé, les personnages mobiles placés selon un rituel spécifique sont fortement liés au temps. Chaque année, à une date précise, ils sont ôtés et rangés en attente du prochain Avent.


Le mot «crèche »

Le mot latin praesepe ou praesepium signifie « enceinte fermée par des haies  (sepe=haie)» et par métaphore « étable ». Il désigne le premier berceau de Jésus et tout le cadre qui entoure sa naissance. Le mot « crèche » apparaît en français vers le XIIe siècle et s’applique à un groupe de statuettes mobiles.


Les évangiles de la Nativité


Des quatre évangiles, seuls deux d’entre eux évoquent la naissance du Christ, et ils n’en disent pas exactement la même chose : Luc ne parle ni des Mages ni de la fuite en Égypte, Matthieu ne parle pas de l’adoration des bergers.
Qu’importe : ce ne sont pas des textes historiques, mais des textes théologiques.




Les premières images de la Nativité : évolution

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• la première image se trouve dans la partie la plus ancienne de la catacombe de Priscilla ; elle date environ de la fin du IIe siècle. Jésus est assis sur les genoux de sa mère et à sa droite figure un personnage que l’on identifie à un prophète.

• la deuxième image se trouve dans la « chapelle grecque » des mêmes catacombes. Jésus sur les genoux de sa mère est adoré par les trois rois mages. Elle est bien antérieure à la deuxième moitié du IVe siècle.

• La première iconographie de la crèche avec les bergers, l’âne, le bœuf et les mages porte le nom des consuls Placide et Romulus : elle remonte donc à l’année 343.

• l’un des plus anciens exemples de représentation des Rois Mages, comme pendant et opposition au péché originel, se trouve à Rome sur le fragment d’un couvercle de sarcophage de la première moitié du IVe siècle, dans le cloître de la basilique St Paul-hors-les-murs.

• dans un panneau de bronze de la cathédrale de Pise, les Mages sont exactement opposés à Adam et Ève.


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Personnages et objets de la Nativité

Quand sont représentés seulement l’enfant, Marie et Joseph, on parle de figuration de la Sainte Famille. Dès que l’on adjoint les animaux, on parle de Nativité, puis de crèche.

• l’âne et le bœuf

Ils apparaissent dès les premiers artistes chrétiens, alors qu’ils ne sont pas du tout mentionnés dans les évangiles canoniques. L’apocryphe* le plus riche en faits concernant la Nativité est le Pseudo-Matthieu, qui date du VIe siècle et qui n’est nullement l’œuvre de st Jérôme. Très postérieur aux premières représentations des animaux sur les sarcophages romains, il ne peut en être à l’origine, comme on l’écrit parfois.

L’âne et le bœuf sont des symboliques puissantes, alors que beaucoup n’y voient plus que des éléments cohérents du thème de l’étable.
Il semble que la présence de l’âne et du bœuf soit la transcription littérale de la prophétie d’Isaïe (Is. I, 3).

Chez Isaïe, l’âne et le bœuf symbolisent respectivement l’ensemble de toutes les nations d’une part, et le peuple juif d’autre part. « 
Le Bœuf, écrit Grégoire de Nysse, c’est le Juif qui porte le joug de la Loi ; l’Âne, porteur de lourds fardeaux, c’est celui que chargeait le poids de l’idolâtrie » (voir notre page sur le symbolisme de la crèche). À eux deux, ils représentent l’intégralité de l’humanité dans tous les temps.


*Rappelons que les évangiles apocryphes n’ont pas été retenus dans le corpus des textes canoniques, précisément à cause de la place excessive qu’y tiennent le merveilleux et l’anecdotique.

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• les offrandes

Les rois mages ne sont pas concevables sans leurs offrandes : l’or de Melchior, l’encens de Gaspard, la myrrhe de Balthazar. Grâce à leur don de prophétie, les rois mages contribuent par leurs offrandes à la manifestation de la royauté, de la divinité et de l’humanité de Jésus.

L’or, destiné aux souverains, affirme que
l’Enfant est roi ; l’encens, que l’on faisait brûler en l’honneur des dieux, révèle qu’il est Dieu ; la myrrhe, employée pour embaumer les corps des morts pour les préserver de la corruption, marque que Jésus est destiné à mourir, mais qu’il ne connaîtra pas la putréfaction du tombeau.

À la fin du XIIIe siècle, Jacques de Voragine (Iacoppo da Varazze vers 1228-Gênes, 1298) était un chroniqueur italien du Moyen Âge, archevêque. Dans ce que l'on appelle La Légende dorée (écrite entre 1261 et 1266) et qui relatait de grands épisodes bibliques ou la vie de quelques 150 saints, saintes ou martyrs.
 
Voici le portrait des Rois mages dressés par Jacques de Voragine :
«Le premier des Mages s’appelait
Melchior, c’était un vieillard à cheveux blancs, à la longue barbe. Il offrit l’or au Seigneur comme à son roi, l’or signifiant la Royauté du Christ.
Le second, nommé
Gaspard, jeune, sans barbe, rouge de couleur, offrit à Jésus, dans l’encens, l’hommage à sa Divinité.
Le troisième, au visage noir, portant toute sa barbe, s’appelait
Balthazar ; la myrrhe qui était entre ses mains rappelait que le Fils devait mourir».


le berceau et l’enfant

C’est une mangeoire, mais à la différence de celles qui, dans les étables, sont creusées dans le mur, ou fixées contre le mur, elle est plutôt représentée comme un autel ou un sarcophage.

L’enfant est emmailloté, non comme les enfants l’étaient à l’époque, mais selon la coutume d’ensevelissement des défunts. On le comprend en regardant les iconographies de Lazare sorti du tombeau, ou sur la Nativité ci-contre. Il ne s’agit pas du tout de quelque maladresse de représentation primitive.

L’enfant, dit l’image, est d’abord
une victime sacrificielle : les toutes premières représentations de Jésus préfigurent donc la Passion et la Résurrection (voir le symbolisme de la crèche).


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La date du 25 décembre

Inconnue des premiers chrétiens, cette date est précédée par les fêtes du baptême de Jésus, puis de l’Épiphanie dans les églises d’Orient, que mentionne Clément d’Alexandrie († 215).

La naissance de Jésus fut fêtée à Jérusalem, à Antioche et en Syrie, ou son baptême en Égypte, ou l’adoration des mages en Orient.

La
date du 25 décembre n’apparaît en Occident qu’entre 243 et 336.

Certains textes comme le
De pascha computis, écrit par Hippolyte, affirment que Jésus, conçu le 25 mars, mourut le jour anniversaire de sa conception (de nouveau un 25 mars) et qu’il serait donc né un 25 décembre :
« 
in qua…die conceptus et in eadem et passus est» (Il souffrit de la Passion le jour anniversaire de celui où il avait été conçu).

La thèse la plus généralement admise actuellement au sujet de la date du 25 décembre affirme que cette date fut choisie pour s’opposer à la fête préchrétienne de la
naissance de Mithra, Dies Natalis Sol Invicti.
La date tombe très pertinemment au moment de l’année où la durée des jours se remet à augmenter.

La fête

Après le concile de Nicée (325) qui avait proclamé la divinité de Jésus, par opposition à l’arianisme, le concile d’Éphèse en 431 souligne la nature humaine ET divine du Christ, et que Marie est Theotokos (mère de Dieu).

Après le concile d’Éphèse, le pape Sixte III consacre à la Vierge la basilique de Sainte Marie-Majeure et l’enrichit d’une représentation de la crèche.

La fête du 25 décembre se répand en Orient et en Occident, et celle de l’Épiphanie, attestée en Gaule en 361, fut apportée à Rome.


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Le théâtre, les mystères

Les drames liturgiques appelés mystères connurent leur apogée au XIIIe siècle. Les sujets joyeux comme la naissance de Jésus sont les premiers à être représentés.

On trouve des traces des premiers dialogues de ces mystères dans l’introït de la troisième messe de Noël :
Quem quaeritis, pastores ?/ Puer natus est nobis/ Quis est iste puer ?

À la suite de l’initiative de François d’Assise, père de la première crèche vivante, des représentations vivantes de la Nativité furent montrées dans les églises puis sur les parvis : les représentations à l’intérieur des églises, souvent génératrices de bruit et de troubles, furent progressivement interdites et déplacées sur des tréteaux à l’extérieur.

Si saint François d’Assise n’inventa pas la crèche, ce fut lui qui lui donna un tournant décisif et important.

Le récit en est fait par saint Bonaventure (
Vie de st François d’Assise). En 1211, le pape Innocent II avait condamné les abus auxquels donnaient lieu certaines représentations des mystères dans les églises. François fit représenter une crèche dans la nuit du 24 décembre 1223, non de façon réaliste, mais pour renouer avec sa représentation symbolique, dans la tradition d’Origène, d’Augustin et d’Ambroise. Il renoua, par une volonté d’identification et de participation, avec la tradition primitive. Cette commémoration symbolique se déroula trois ans avant sa mort.

Après cet événement, les Franciscains diffusent la représentation de la Nativité avec un objectif pédagogique très marqué, mettant l’accent sur l’effusion des sentiments.



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Diffusion des représentations populaires

Le passage des représentations théâtrales aux représentations plastiques fut rapide. Les Franciscains firent beaucoup pour la diffusion de la crèche, mais il est impossible de dater l’époque où sa représentation passa des églises aux demeures privées. Les Dominicains et les Jésuites contribuèrent aussi à ce processus. (Sur le rôle des congrégations dans la diffusion des images de la Nativité voir notre page sur la crèche provençale).

Les premières statues mobiles datent de 1370 en Pologne. L’une des premières crèches domestiques italiennes remonte vers 1560. Il y eut trois centres de diffusion en Italie : Naples, Bologne et Gênes.

Par ailleurs, l’iconographie byzantine de la Nativité s’est nourrie d’épisodes charmants tirés des évangiles apocryphes : la scène du doute de Joseph, le bain du nouveau-né si souvent représenté, la sage-femme incrédule…

Les sources littéraires contribuèrent également à enrichir l’iconographie de la crèche, en particulier la
Légende Dorée du dominicain Jacques de Voragine (opus cit.) et surtout les Révélations de sainte Brigitte.

En pays germanique ce sont les grands retables qui ont assuré la transition en représentant souvent les épisodes de la vie de la Vierge.

L’église Saint-Jean Baptiste de Chaource (Aube) possède la plus ancienne crèche de France : 1550.



Les attitudes de la Vierge


Trois modèles président à la représentation de la Vierge dans la crèche :

• le modèle venu de Syrie, qui préside aux représentations de la Nativité dans les icônes et fresques byzantines : la Vierge est couchée, dolente, pour insister sur l’humanité de l’incarnation ;

• le modèle grec, occidental et gnostique, à l’opposé du précédent : la Vierge est assise, l’enfant sur les genoux ;

• le modèle de la vierge à genoux, qui date de la fin du XIVe siècle, dans une attitude d’adoration de l’Enfant, est inspiré par une vision de sainte Brigitte de Suède.

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La crèche napolitaine


Apparue aux XVe et XVIe siècles, la crèche napolitaine se développe au XVIIe siècle avec le mouvement de la Contre-Réforme.


Elle devient un élément de prestige des demeures royales et aristocratiques. Elles seront exportées dans toute l’Europe jusque vers 1840, où le goût s’en perd.


On peut en voir de superbes collections à Munich, à Naples, et une au MOMA, au musée de Cluny et au musée de Chaumont.


La crèche napolitaine étend ses personnages à l’infini, jusqu’à des dimensions gigantesques. Outre le cortège immense des rois mages qui peut occuper plusieurs pièces, c’est tout le petit peuple italien qui entre dans la crèche. Comme à Rome, toute la vie quotidienne est présente.

Elle comporte toujours trois éléments :
— la Nativité ;
— l’annonce des anges aux bergers ;
— le caravansérail, avec une grande variété d’accessoires, plus profanes que sacrés.

Les statuettes au corps constitué d’une armature en fer et d’étoupe sont richement vêtues de tissus précieux.


La crèche provençale

Elle apparaît dans le grand public au début du XIXe siècle, connaît une nette croissance puis un déclin de 1870 au début du XXe siècle.
Elle connaît un regain ed faveur vers 1910 grâce au poète Elzéard Rougier et au peintre David Dellepiane, vers 1920.
Elle connaît une exaltation sous le pétainisme, puis une diffusion européenne depuis les années 50.
voir
la page sur les santons de Provence pour des détails supplémentaires.



Le renouveau de la tradition

Chaque année, on sort les santons, on les répare (voir notre page sur les santons Devineau), on décore la maison : chaque geste est participation et renouveau.

Noël est la fête des enfants : elle expose la naissance d’un enfant et le renouveau de la vie.

Le
rituel des cadeaux échangés implique que l’on s’oublie pour penser aux autres. La coutume de la réunion de famille suppose un désir de don, de partage, une volonté de faire le bonheur des autres.

Les « marchés de Noël » permettent un échange de styles et de cultures. En dépit d’une forte marchandisation, ils sont le reflet de l’artisanat et des coutumes locales.

Les chemins de crèches, les concours de crèches contribuent à des échanges culturels dont ils sont le moyen et la fin.

Au fil du temps, la tradition italienne de la crèche a défini plusieurs personnages à qui s’identifier :
l’Émerveillement, l’Adoration, l’Offrande, l’Indifférence. Dans la région de Bologne est apparue la Curieuse, celle qui s’approche du mystère sans vouloir y participer, sans vouloir l’accueillir, qui ne s’implique pas.


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Certainement, les représentations contemporaines ressemblent plus à une exposition de petits métiers les plus variés qu’à une Nativité, avec une prédilection pour le monde rural. On peut à coup sûr y déceler une idéalisation du passé, le retour à un temps à dimension humaine, où tout semblait beau et fraternel, à un passé idyllique plus généreux que le présent.

La variété des types humains et des attitudes exprime le désir de n’exclure personne, de faire en sorte que chacun trouve un modèle à qui s’identifier. La crèche montre que la naissance de l’Enfant est de tous les lieux et de tous les temps.

Il arrive que la scène de la crèche intègre maintenant lieux de travail, usines, hôpitaux, camps de réfugiés, immigrés, vieillards, enfants, marginaux de tout type : en cela elle est fidèle au message des rois mages.

Le message est toujours le même : quel personnage suis-je ? quelle est mon attitude : accueil, indifférence, refus ?

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La crèche dans le monde

De tous les messages évangéliques, c’est la scène de Noël qui s’est répandue dans le monde entier et qui a été acceptée dans toutes les cultures.

Le travail, les formes de l’habitat, les costumes, les coutumes, l’offrande d’un produit local expriment l’identité culturelle de chaque peuple.

Les Péruviens offrent le condor, leur oiseau sacré, les Zaïrois se présentent avec leurs masques tribaux, les peuples des Andes remplacent l’âne et le bœuf par le lama, les crèches du Pérou portent le bonnet caractéristique, la Pologne fabrique des nativités en papier coloré, à Bamberg les personnages évoluent dans des maisons typiques de la Franconie, Taïwan fabrique des personnages en bambou ou en paille de riz.

En Écosse, la représentation de la crèche, victime de la Réforme protestante pendant quatre siècles, interdite par une loi du Parlement en 1640, a été réintroduite en 1958.

Nous consacrons
une page spécifique à la crèche provençale.

Selon une tendance opposée, certaines crèches contemporaines se veulent fidèles à la réalité historique de l’époque. La tente dans le désert évoque les pérégrinations du peuple d’Israël, les vêtements sont exécutés à partir d’une recherche approfondie. Le costume syro-palestinien est composé d’une tunique, d’un manteau, d’une ceinture. Les chaussures sont des sandales lacées sur le mollet. Pour les hommes, la tunique s’arrête sous le genou. Elle est rouge, jaune, noire ou rayée. Pour les femmes, elle descend aux chevilles et sa couleur est le bleu ciel.

Cependant, plus les traits typiques d’un peuple sont présents, plus la règle de la crèche est respectée : toutes représentent le même événement fondateur, entrée de l’éternité dans le temps et du temps dans l’éternité.

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Bibliographie

Crèches et traditions de Noël, catalogue de l’exposition du Musée des arts et traditions populaires, 1987, Françoise Lautmann et alibi.

Écrits intertestamentaires, Gallimard, coll. Pléiade.

Éliade Mircea,
Le Sacré et le profane, Paris, Gallimard, « Idées », 1965 ; rééd. « Folio essais », 1987.

Éliade Mircea,
Traité d’histoire des religions, édition revue et corrigée par Georges Dumézil, Paris, Payot, « Bibliothèque scientifique », 1949 ; nouvelle édition, 1964 ; 1974.

Évangile du Pseudo Matthieu.

Lanzi Fernando et Gioia, Les Crèches et leurs personnages, Desclée de Brouwer, 2001.

Mauss Marcel,
Sociologie et anthropologie, préface de Claude Lévi-Strauss, Presses universitaires de France, 1950, rééd. 1966.

Proto évangile de Jacques.

Rilke Rainer Maria, Histoires du Bon Dieu, Geschichten vom lieben Gott, Paris 1927.

San Bonventura, Vita di San Francesco d’Assisi, Rome, 1888.

Vie de sainte Brigitte, Acta sanctorum, oct., IV.