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Les santons de Provence

Les santons de Provence sont la marque d’une identité religieuse et régionale. Ils font l’objet d’une activité artisanale dynamique, malgré de récentes délocalisations en Tunisie…

La crèche provençale s’est peuplée d’un nombre important de personnages profanes, au point de devenir la description d’une société, et elle s’est très largement répandue en dehors des églises, dans les maisons particulières.

La plupart des provinces françaises ne connaissant aucun artisanat original spécifique de la crèche, cette page se propose d’envisager un certain nombre d’aspects de ce phénomène de société.


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Crèche et santons


Le mot « crèche » désigne au sens premier la mangeoire qui servit de berceau à Jésus selon l’évangile de Luc. Le mot vient de l’allemand krippe. Son équivalent provençal est gruppi. Au sens d’évocation de la Nativité, le provençal connaît le mot crecho, issu du français.


Le mot
santon est passé dans la langue française, qui ne disposait d’aucun nom pour désigner les figurines de la crèche. L’étymologie du mot (petit saint) indique que ces figurines étaient destinées aux enfants.

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Les premières crèches en Provence


Saint François d’Assise n’est pas l’« inventeur » de la crèche telle que nous la connaissons actuellement. Cette erreur a été propagée par un prêtre de Marseille, l’abbé François Marchetti. Quoi qu’il en soit, François d’Assise est le premier à avoir créé une crèche vivante.


Frédéric Mistral, dans le
Trésor du Félibrige, écrit que « l’usage tout méridional de faire des crèches aux fêtes de Noël date, dit-on, du pontificat de Jean XXII (1310-1334)».


Il semble cependant fort douteux, d’après l’historien Régis Bertrand, que le pape Jean XXII ait fait ériger une crèche à Notre-Dame des Doms, à Avignon.


La coutume s’était imposée auparavant sous l’influence des Franciscains et des Clarisses au XIIIe s. et s'est répandue à Marseille et dans d’autres villes de Provence et du Comtat Venaissin. Les Observantins en avaient édifié une en 1224, soit un an après la crèche vivante de St François d’Assise.


Au XVIe siècle, la dévotion à la crèche se développa avec le mouvement de la Contre-Réforme.


Au concile de Trente (1534-1546), l’Église reconnaît la légitimité du culte des saints et de leurs images, qui sera contestée par Luther.


La première crèche formée par la juxtaposition de figurines mobiles, selon l’historien R. Berliner, est attestée dans la chapelle des Jésuites de Prague en 1562. Les Jésuites ont joué un rôle décisif dans la diffusion de la crèche en Europe Germanique au XVIe siècle. Ils furent ensuite imités et supplantés par d’autres religieux et des familles aristocratiques.


La Dévotion à la Nativité et à la naissance du Christ atteint une sorte d’apogée au milieu du XVIIe siècle, avec le développement de la congrégation de l’Oratoire, fondée par Pierre de Bérulle en 1611. Les Oratoriens ont développé en Provence un vaste réseau de maisons et de collèges autour de leur noviciat d’Aix ; ils étaient aussi actifs que leurs rivaux les Jésuites.


La dévotion à l’Enfant-Jésus, le « Petit Roi de gloire », se diffuse en Provence pendant tout le XVIIe siècle. Le culte de l’Enfance est un des principaux aspects de la mystique du Verbe incarné, prêchée par les Oratoriens. L’originalité en est à noter, car la période historique n’était pas particulièrement préoccupée du monde de l’enfance.


La diffusion de la crèche s’est opérée d’abord à partir des couvents féminins, puis vers les paroisses et les familles.


C’est aux Oratoriens que l’on doit la durée de quarante jours de la crèche provençale (de Noël à la Purification) alors que dans les autres régions a prévalu le « cycle de douze jours » défini par le folkloriste Arnold Van Gennep (
Manuel du folklore français, t. I, vol. 7, pp. 2856-2857).


Les crèches d’église


Elles viennent d’Italie, dès la fin du XIIIe siècle.

Leurs sujets sont des statuettes de bois sculpté et doré. Au XVIIIe siècle, ces statuettes dont le visage et les mains étaient peints sont habillées de divers tissus.

D’autres techniques apparaissent : la mie de pain, le papier bouilli, la colle, matières qui peuvent être moulées. S’y adjoindront des moulages de plâtre à la gélatine, que l’on trouve encore aujourd’hui avec les santons d’argile de grande taille dans les crèches d’église.

Ces techniques ont coexisté, et il serait bien vain de se fonder sur leur succession aléatoire pour dater les figurines.

Les crèches d’église ne se sont pas totalement généralisées au cours du XVIIIe siècle. Pendant longtemps, le 25 décembre, on ornait et fleurissait une statue de la Vierge. C’est par la dévotion de la Vierge à l’enfant, associée progressivement à Joseph, que l’on s’achemine vers la crèche d’église.

Simples Nativités à l’origine, avec la Sainte Famille, l’âne et le bœuf, ces crèches voient se multiplier les personnages tout au long du XIXe siècle.


Les crèches mécaniques


À la fin du XVIIIe siècle, portées par la mode des automates, apparaissent les expositions publiques de crèches mécaniques, qui mettent en mouvement des personnages articulés.

Le succès de ces crèches s’accroît avec les chants qui accompagnent les mouvements des statuettes.
En 1775, une crèche parlante est érigée à Marseille, créée par Joseph-Dominique Laurent. Certains personnages apparaissent qui feront la fortune des futures
pastorales : le meunier, l’aveugle, le ramoneur, le bohémien…



Les crèches vivantes


En Provence, on les appelle pastrages parce qu’ils représentent l’adoration des bergers, les pâtres… Ils se déroulent avant la messe de Minuit. Le plus ancien semble être celui des bergers de Séguret (Vaucluse), célébré depuis le XVIe siècle. Les villageois portent leurs offrandes à l’église : fruits de la terre, de la mer, animaux d’élevage. Les bergers, accompagnés des tambourinaires, viennent offrir à l’Enfant Jésus l’agneau dernier-né.

L’agneau de l’offrande est couché sur la paille, dans une petite charrette toute illuminée de chandelles multicolores, et traînée par un bélier attelé de rubans de soie.



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Les crèches familiales



La suspension de la messe de minuit sous la Révolution de 1789, la suspension du culte et la fermeture des églises en 1794 et sous le Directoire, ont transféré la dévotion de la crèche de l’église à la sphère privée.


La réapparition des crèches semble bien un élément du « retour à l’ordre », fût-il bonapartiste. La crèche serait réapparue à Marseille en 1803, dans les églises St Martin, St Laurent et des Carmes.


Un premier type de crèches familiales était connu dès la fin du XVIIe siècle. Ces crèches venaient de Nevers, où s’étaient installés des verriers de Venise. On les appelait des « belen », déformation de
Bethléem. Elles représentaient la Nativité par des figurines de verre filé, très fragiles.
Ces crèches connurent une grande vogue dans les familles aisées qui voulaient toutes avoir leur « belen ».

Une forme beaucoup plus démocratique apparut, comme pour les crèches d’église, avec l’apparition de figurines de mie de pain pétrie avec les doigts et moulée, et les figurines d’argile.

Après la période révolutionnaire, l’Église cherche à réveiller le sentiment religieux, et un support concret allait œuvrer particulièrement à cette tâche.

Le poète Elzéard Rougier, en 1910, dans sa
Petite histoire du santon, attribue au marseillais Jean-Louis Lagnel (1764-1822) la création du santon d’argile. Ce dernier a imaginé de modeler l’argile et d’en obtenir la multiplication par un moulage. Ces « santons à un sou » eurent un tel succès que la première Foire aux santons s’ouvrit en 1803, peu après le Concordat.

Un peuple en marche

Les santons forment un peuple en marche. Pour représenter cette marche, certaines familles jouent sur la taille des santons : des figurines de plus petite taille descendent de la colline en esquissant une perspective à l’arrière-plan.

Leurs gestes et attitudes esquissent
un élan, une allure suggérant leur progression.

La plupart des familles placent les Rois dès la Noël, alors qu’ils n’arrivent qu’à la date de l’Épiphanie, mais on les place d’abord très loin de l’étable, et on les rapproche un peu chaque jour de l’Enfant, les faisant cheminer dans l’espace et dans le temps.

On peut classer tous ces personnages profanes :

— par leur activité : tambourinaire, garde champêtre, pêcheur, berger, chasseur ; tous les musiciens ;

— par les présents ou objets qu’ils portent : Bartoumieu, homme au chou, laitière, femme à l’ail, femme au calen…

— par des attitudes : le ravi, la ravie, le prieur, la prieuse ;

— par des sobriquets : Pistachié, Jiget, le Roustido…

On peut également citer ici tous ceux qui viennent des pastorales (26 rôles chez Maurel) :

— l’aveugle et son fils, image du peuple avant la Révélation ;

— le fermier Benvengu, parfois assimilé à l’homme au tonneau ou à celui qui porte une bonbonne ;

— le ravi, un des personnages les plus populaires ;

— Pistachié, le valet poltron et un peu coureur de jupons ;

— Jiget, le valet bègue, un peu comique, peu typé ;

— Bartoumieu, un peu ivrogne, dont le pantalon est tenu par une seule bretelle ;

— le bohémien, la bohémienne et son enfant. Ils sont entrés dans la crèche marseillaise en 1820, signe du sens de l’hospitalité des Provençaux envers les gens du voyage ;

— le couple de vieux qui s’aiment : Grasset et Grassette, venus de la pastorale Chave, tendrement enlacés (santon double : « L’Embrasseto ») et qui s’abritent sous un immense parapluie rouge, signe d’opulence et de réussite sociale ;

— le couple qui se dispute tout le temps : Jourdan et Margarido, venus de la pastorale Maurel. Au départ, ce sont des personnages séparés : Margarido est juchée sur un âne, Jordan est le villageois aisé, à la tenue bourgeoise. Ils se réconcilient devant l’Enfant ;

— l'ange Boufarèu, celui qui souffle, dans une trompette et guide les bergers vers la crèche. En général, il est suspendu au-dessus de l'étable où est couché le nouveau-né. C'est un des personnages de la Pastorale d’Yvan Audouard ;

— Vincent et Mireille, tout droit descendus, eux, de l’œuvre de Frédéric Mistral ;

— le chasseur et le pêcheur sont les premiers à représenter des activités et non à apporter des offrandes.

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Naissance et essor de l’artisanat du santon



Le mot santon vient du provençal santoun, « petit saint ».

Il est amusant de penser que la foule de la crèche provençale représente davantage l’humanité pécheresse qu’une assemblée de saints, mis à part la Sainte famille et les rois mages !

Le mot
santibelli désigne, du XIXe siècle au XXe siècle, une production très dévalorisée de statuettes saint-sulpiciennes vendues dans la rue par des colporteurs italiens.

Les santons habillés ont été créés par un prêtre, l’abbé César Sumien (1858-1934). Menuisier, puis devenu prêtre à 42 ans, il devient vicaire à la Belle de Mai. Il aurait commencé sa production en 1914 pour initier des jeunes gens aux travaux manuels dans le cadre d’un patronage.

Son désir d’évoquer la Provence ancienne était allié à un travail minutieux et à un véritable talent.

Il a lié ses personnages à la pastorale car il est le seul santonnier à en avoir rédigé une.

Dans les années cinquante, c’est l’atelier de Simone Jouglas qui a repris le flambeau.

Né au sortir des bouleversements révolutionnaires, exalté par la presse marseillaise au temps des grandes mutations économiques et culturelles du Second Empire, le santon provençal atteint la consécration au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, qui a durement atteint la Provence, et dans les transformations rapides de la France de la reconstruction et des « trente glorieuses ».

Les santonniers provençaux ont su mettre au point une production de série de belle qualité, d’une exceptionnelle diversité de tailles et de figurines qui se caractérisent par la finesse des détails, la sobriété des gestes, un choix savant des couleurs.

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La crèche provençale

Le décor

La crèche provençale se définit par son anachronisme par rapport au récit biblique.

Transposée dans une Provence archétypale et éternelle, elle évoque dans un décor à la fois agreste et humanisé :
une étable avec un arrière-plan de collines et de rochers, le moulin de meunier, le cours d’eau pour le pêcheur, un espace plus sauvage pour le chasseur et le boumian, le puits indispensable, lieu de toutes les rencontres, un groupe de maisons, une route en lacets venant des collines de l’arrière-plan, l’auberge où se cache le vilain tenancier.



Les personnages

À la différence de la crèche napolitaine baroque d’origine aristocratique, la crèche provençale s’est diffusée des enfants vers les adultes, à l’opposé de bien d’autres traditions. On distingue deux types de figurines :
— les figurines habillées dont seules les extrémités sont moulées et dont le corps est recouvert de vêtements de tissus ;
— les figurines moulées en plâtre ou en argile.

Nous ne reviendrons pas sur les personnages évangéliques (voir
histoire et symbolisme des crèches) ;

L’âne et le bœuf sont souvent représentés couchés, l’âne de la même taille que le bœuf, alors qu’il est en réalité de proportion inférieure.

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Les personnages traditionnels profanes

Nous ne reviendrons pas non plus sur le catalogue varié des personnages que l’on peut trouver çà et là.

Nous reprenons le classement que nous avons esquissé dans les pages précédentes.



Les absents

Il faut le souligner : beaucoup d’absents dans ce peuple en marche !

Les notables n’y figurent pas, hormis le maire et le curé, gentiment anachronique quant à lui ; pas de notaire, de médecin, d’avocat, de juge, de banquier… pas de maître d’école, de gendarme, de soldat, ni de maçon, de forgeron, de menuisier…

Le maire, dans la pastorale Chave, se ridiculise en ôtant dix-sept gilets avant de porter secours à Bartoumieu tombé dans le puits.

Il est le seul avec Jordan à porter de beaux habits bourgeois parmi la foule des santons en vêtements de travail.

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Attitudes des santons


Classons-les comme dans nos pages précédentes selon leur attitude devant le mystère : l’Émerveillement, l’Adoration, l’Offrande, l’Indifférence.


L’Émerveillement, l’Adoration 


C’est l’attitude du ravi, bras levés, dans l’attitude de l’orant. Il est accompagné d’une femme, la Ravido. Ébahis, joyeux, ils manifestent leur ineffable bonheur. L'étonné, un autre valet que l'on représente penché à la fenêtre du mas, se trouve dans le même état de ravissement et de surprise émerveillée.

On joint à cette catégorie tous les personnages à genoux, mains jointes, hommes et femmes : le prieur, la prieuse…



L’Offrande


Ils sont très nombreux : le meunier apporte un sac de farine sur l’épaule, le pescadou ses poissons, les bergers leurs moutons et leurs chèvres, leurs fromages. Une femme apporte du linge, une autre un berceau pour l’Enfant. La laitière rejoint la porteuse d’eau, l’humble marchande de « brousses » (fromages frais) et la si modeste marchande de limaçons. La vieille au fagot est la plus pauvre des pauvres.

Le ramoneur, l’étameur, le chiffonnier, le mendiant, le vannier, la lavandière, la fileuse, la tricoteuse, la marchande de fleurs forment le cortège des
gagne-petit.


L’indifférence


Le Dormeur est un personnage intéressant. C’est un berger allongé, enveloppé de son manteau. Souvent, près de lui, une cruche abandonnée montre que son sommeil n’a rien de naturel. L’ivrogne est l’image du paganisme sourd à l’appel de Dieu. Son sommeil équivaut à la mort. Mais la crèche l’a quand même accueilli. Va-t-il s’éveiller et participer à la fête ?

Le marchand de vin, dont le ventre est aussi imposant que la barrique sur laquelle il s’appuie, est une autre figure d’indifférence.

L’aubergiste se cache, car il a refusé d’abriter la Sainte Famille. Il représente le mal, nécessaire à la Rédemption.


Les miracles de la crèche dans les pastorales

Ils sont au nombre de trois : Margarido cesse de se disputer avec son époux ; l’aveugle recouvre la vue et son fils aîné perdu, le boumian promet de devenir honnête…

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Évolution de la crèche


La crèche provençale voit se multiplier les figurines : musiciens, marchands ambulants, artisans, porteurs de victuailles.

Des attitudes corporelles sont figées : fagot porté sur l’épaule, objets portés sur la tête par les femmes, et quelquefois les hommes.

Des objets cessés d’être en usage sont exhibés : le calen (lampe à huile), un vocabulaire disparu ailleurs est maintenu : l’amoulaire (rémouleur), les brousses (fromages), la pompe (pain à l’huile)… La crèche est aussi un petit musée de traditions populaires.




Nouveaux santons


Pour créer un santon, il faut s’assurer qu’il devienne populaire, que le métier qu’il exerce, l’offrande qu’il porte, ou l’attitude qu’il représente soient immédiatement intelligibles pour le spectateur et l’acheteur.


Le désir de renouvellement, le souci de puiser dans la réalité quotidienne, quelques considérations commerciales, ont conduit bien des santonniers à inventer de nouveaux personnages et à reproduire des personnalités connues : l’acteur Fernandel en Don Camillo, Jean Gabin et autres acteurs connus, les personnages de Pagnol, d’Alphonse Daudet ont succédé à ceux de Mistral. On trouve désormais sœur Emmanuelle, l’abbé Pierre, ou pire.


C’est fort dommage.


On perd ainsi de vue le fait que les santons représentent un type, et non un individu, un état et non un portrait.


Plus d’archétype, plus de symbole, plus d’identification possible. C’est confondre la crèche et le musée Grévin.


Il est d’ailleurs à noter que les santons liés à l’actualité disparaissent aussitôt surgis, ce qui est une fort bonne chose. Ainsi, pendant toute l’Occupation, la grande vedette de la crèche provençale était le maréchal Pétain.

Pétain avait visité le 30 décembre 1940 la foire aux santons à Marseille et deux santonniers, JUNOY et GAUBERT, firent des crèches à son effigie. Une crèche lui fut offerte en 1941 par le Comité du Vieux Marseille.



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D’autres pistes de renouvellement dans la tradition existent, ainsi ce superbe berger pris dans le mistral, de la maison Escoffier, qui connaît un succès bien mérité.
Ou la Marie de l’Avent de Daniel Coulomb.

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Conclusion


Expression d’une foi religieuse ou simple religiosité festive, la crèche ? À chacun d’en décider.


Laissons le dernier mot à Jean Giono :
« 
Nous avons tous fait des crèches ; puis nos enfants en ont fait à leur tour. Alors si nous observons, nous voyons que c’est plus qu’un magnifique jeu d’hiver : c’est un moyen d’expression. »



La crèche provençale est une admirable scène où revivent les joies et les peines de tout un petit peuple sympathique, aujourd’hui disparu, mais représentant encore toute la chaleur humaine de la Provence, l’oubli des soucis dans une vision idéalisée du monde, au moins quelques jours par an, l’image que les Provençaux gardent d’eux-mêmes, éloignée autant que faire se peut des ravages du tourisme de masse…





COMPLÉMENTS


La pastorale Maurel

Antoine Maurel (1817-1897) né et mort à Marseille fut tour à tour tonnelier, miroitier, doreur, comptable, puis directeur du dépôt de mendicité de sa ville.
Il écrivit en 1842-1843 sa célèbre pastorale en langue provençale
Le Mystère de la Naissance de N-S. Jésus-Christ. Parmi les deux cents pastorales provençales, c’est la plus connue.


La pastorale Chave est l’œuvre d’Albéric Gautier et André Bretagne, elle doit son nom au fait qu’elle fut jouée au théâtre Chave de Marseille à partir de 1862.


La pastorale des santons de Provence d’Yvan Audouard

Toutes les photographies de crèches de cette page proviennent du musée du terroir marseillais de Château Gombert.
Photographies de santons : DR.