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Chapelle, oratoires de pierre bleue et niches de Larouillies



La commune de Larouillies comporte sur son territoire une chapelle, trois oratoires de pierre bleue et deux niches murales.

Le terme « chapelle » est souvent utilisé dans la région pour désigner aussi bien les oratoires que les chapelles proprement dites, munies d’un autel où l’officiant peut célébrer la messe à l’abri des intempéries et où le public peut entrer.

Le terme « oratoire » est dérivé du latin
orare, prier. Il désigne un lieu consacré à la prière. Selon les régions, le terme varie : Auretori, Arciau, Auradieu, Oradour, Ozouers, Mariettes, Santêtes entre autres…


Oratoires et chapelles sont attestés dès le XVI
e siècle mais sont probablement apparus dès l’époque médiévale. Plus loin dans le temps, on peut les rattacher aux menhirs et autres pierres levées, et aux laraires romains.
Les édifices du XVIIe marquent une réaction à la Réforme protestante. Le XVIII
e siècle fut une époque de construction intense, la Révolution Française ne marquant qu’une rupture temporaire car le XIXe siècle connut de nombreuses constructions nouvelles.


Près de 800 oratoires et niches ont été recensés parmi les 138 communes du Parc naturel régional de l’Avesnois. Éléments du petit patrimoine cultuel local, les chapelles et oratoires participent à l’identité de ce territoire au point d’en être devenu un des emblèmes. Ils ponctuent les bords des chemins et routes. Ils sont des points de repère importants pour les habitants de l’Avesnois.

Saluons ici l’ouvrage indispensable, qui mérite une réédition,
de René Guirlinger et Jean-Noël Marissal,  Oratoires et niches de pierre bleue de l’Avesnois, du Cambrésis et de la Thiérache de l’Aisne, Société archéologique et historique de l’arrondissement d’Avesnes, 1998.





La chapelle de la Sainte-Face



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La chapelle dédiée à la Sainte Face fut bâtie en 1812. Sa construction fut financée par Daniel et Véronique Lermusiaux. Elle fut restaurée en 1995.

Malencontreusement, au cours de cette restauration, la croix primitive de fer forgé a été remplacée par une petite croix de pierre prélevée au cimetière de l’église, désormais détruit.

À Larouillies, après l’office qui se déroulait une fois par an dans la chapelle, il était coutume de réciter des prières en faisant sept fois le tour de la chapelle afin d’obtenir la grâce de garder une bonne vue. J’ai connu quelques gamins et gamines qui transformaient le saint parcours en course de vitesse…


(pour des détails supplémentaires, voir note en bas de page)


Contexte historique

En 1812, Napoléon 1er envahit la Russie à la tête de 450 000 hommes. C’est le début de la désastreuse campagne de Russie. Napoléon s’enfonce dans le pays sans parvenir à détruire l’armée russe qui parvient toujours à se replier. Il occupe Moscou puis se retire. 40 000 hommes seulement rentreront en France.




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Les trois oratoires de pierre bleue


Le petit oratoire de pierre bleue est parfois appelé chapelle « potale »  parce qu’il a la forme d'un poteau. Il sert à mettre en valeur la niche aux saints et est souvent sommé d'une boule surmontée d'une croix de fer forgé ou de pierre. On le trouve aussi bien près des maisons qu'au bord des chemins.

De nos jours, en dehors de la dévotion populaire dont certains sont encore l’objet, ils témoignent de la foi de nos ancêtres et sont la mémoire de nos villages.

Ils furent érigés pour protéger, il nous appartient donc de les sauvegarder afin de les transmettre aux générations futures.

Ils sont vulnérables, soumis à l'agressivité des intempéries, à l'indifférence et à l’ignorance des hommes, aux aléas d’«aménagement du territoire», et fait plus grave, au vandalisme.

Protégeons-les, restaurons-les.




1. Oratoire de Notre-Dame de Grâce 1740



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À la sortie sud du village, cet oratoire de forme cylindrique se trouve adossé à un mur de briques de construction ultérieure.
Curieusement, il est orienté au Nord.
La croix sommitale a disparu et, actuellement, les saints de la niche aussi, ce qui est fort dommage.
Voici sa dédicace :

Notre Dame de
Grace conserve
nous pendant
la vie et
défende nous
a la mort
Icaque Fouan
Barbe Joseph
Morneaux
1740


Sur les quelques 800 oratoires recensés par MM. Guirlinger et Marissal (o. cit.) une centaine seulement possède cette forme. Ce sont les plus anciens.




Barbe Joseph Morneaux est née et a été baptisée le 3 juin 1708 à Larouillies.

Jacques Fouan était originaire de Rocquigny.

Ils se sont mariés à Larouillies le 2 novembre 1729.


En 1740, sous Louis XV, la vie est dure : un hiver rigoureux, suivi d’un printemps et d’un été froids dans les Pays-Bas autrichiens. De mauvaises récoltes entraînent la disette et une forte mortalité. C’est le début de la guerre de Succession d’Autriche, jusqu’en 1748. Le cardinal de Fleury est premier ministre, il a 88 ans.

(voir en bas de page des renseignements complémentaires sur Notre-Dame de Grâce et son culte dans la région)



2. Oratoire de Notre-Dame des Affligés et de saint Marcoul 1812



Implanté au bord de la RN2, il a été inséré dans un mur de clôture sans doute de construction ultérieure. Actuellement, il est masqué par une végétation trop luxuriante. Il a été vandalisé : des individus sans scrupules ont explosé la boule de pierre pour voler la ravissante croix de fer forgé fleurdelisée que MM. Guirlinger et Marissal avaient répertoriée et photographiée avant 1998 !
« 
Que le feu saint Antoine les ardre ! » aurait dit Rabelais…

Voici sa dédicace :

N Damme de Afligé
priez pour nous
St Marcous priez
pour nous 1812

En wallon, l’adjectif « affligi » désigne le bossu, le rachitique, le cul-de-jatte, l’infirme qui ne peut se mouvoir, le bancroche, l’enfant « noué », celui qui souffre durement dans son corps.
Il existe un pèlerinage à Notre-Dame des Affligés à Cuincy dans le Nord, près de Douai.

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Saint Marcoul
Né à Bayeux à la fin du cinquième siècle, Marcoul mourut en 558. Bien qu’ordonné prêtre, il choisit rapidement la vie solitaire. Dès le XIIIe siècle, saint Marcoul fut invoqué pour la guérison des écrouelles (ganglions tuberculeux au cou), privilège qu’il partagea avec le roi de France. Cette similitude de pouvoir entraîna la coutume d’un pèlerinage que le roi faisait à Corbeny (02), où étaient exposées les reliques du saint, après qu’il eut été sacré à Reims. Cette tradition s’est maintenue jusqu’à Louis XII.
Marcoul était invoqué pour la guérison des maladies de peau en général.

Le plantain, recommandé pour les pansements des plaies scrofuleuses, est appelé l’herbe de Saint Marcoul.

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Que de douleurs attestées par ce petit oratoire fort émouvant !



3. Oratoire de date et de dédicace inconnues à ce jour





Il se trouve en bordure de la voie romaine. Il commence à pencher dangereusement.

Couronné d’une pierre carrée de dimensions moindres que l’ensemble de l’édifice, il est sommé d’une boule surmontée d’une croix de fer dangereusement inclinée.

Sa grille est ornée de fleurs à chaque croisillon. Elle possédait une serrure. Nous allions autrefois y accrocher des bouquets de fleurs des champs.

Les oiseaux y font leur nid.

Nous rêvons de le restaurer et de le protéger.
Tout renseignement sur sa date et sa dédicace seraient précieux :
contact ici



LES ORATOIRES

PR
ÉLUDE


On en voit au bord des sentiers
Qui montent roulés aux collines
De ces niches dans des piliers
Portant des images divines.



Des saint Joseph tendant les mains,
Nous en avons sur les grand'routes
Et dans nos plus petits chemins,
Et nos montagnes en ont toutes.


Ce que l'on voit le plus souvent
Dans la niche close et profonde,
C'est la Vierge avec son Enfant,
Les pieds sur la boule du monde.



Des portes de fer grillagé
Ferment ces niches, et, derrière,
Le Saint, jadis bien arrangé,
Semble souffrir quoique de pierre.







Car ces hauts piliers, autrefois
Bien crépis et de bonne mine,
Sur les routes et dans les bois
Ont tous le même air de ruine.



Crevassés du haut jusqu'au bas,
Ils sont tristes à toucher l'âme;
Souvent le Saint n'a plus de bras,
Ou l'Enfant manque à Notre-Dame.



Même celui du carrefour,
Près du village, est solitaire :
Le soleil le ronge le jour,
Le vent de nuit le met par terre.


Et j'en sais où, depuis dix ans.
Derrière la rouille des portes,
Je vois, sur des débris gisants,
Un bouquet d'immortelles mortes.

Jean Aicard,
Miette et Noré




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Les deux niches



Nombreuses mais plus discrètes, les niches sont des petites cavités pratiquées dans le mur des maisons. La plupart sont très simples d’aspect. Elles abritent l’effigie d’un saint protecteur ou de la Vierge dans le but de protéger la maison et ses habitants.

À Larouillies, les deux niches sont situées rue de l’Église et les maisons qui les portent se font presque face.





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Non datée et non dédicacée, cette niche bien protégée par sa vitre abrite la statue de saint Laurent. Le saint tient un livre dans la main gauche et sa main droite devait s’appuyer sur un bâton aujourd’hui disparu.

Son histoire
D’après la légende, Laurent serait né vers 210 ou 220 en Espagne. Il est appelé en Italie par le Pape pour devenir diacre à Rome, à l’époque de l’empereur Valérien. Laurent donne aux pauvres toutes les richesses de l’Église quand le préfet Cornelius veut s’en emparer. Il est arrêté et torturé sur un gril posé sur des charbons ardents. Selon la tradition, avant de mourir, il aurait dit à Valérien, qui assistait au supplice :
« Je suis bien rôti de ce côté-ci, tourne-moi de l’autre côté et mange-moi ».

Une des sept basiliques patriarcales de  Rome fut élevée, sous le règne de Constantin, sur le lieu où les fidèles avaient enseveli ses restes : c’est l'église de Saint-Laurent-hors-­les-Murs.

Sa représentation
Saint Laurent peut être représenté comme un diacre, avec la dalmatique, le livre des psaumes et l’aumône ; ou comme martyr, avec le gril et la palme du martyre.

Il est le protecteur des pauvres.


La fête du saint est célébrée le 10 août.


(source : souvenir de ma mère qui habita cette maison)

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Cette niche a été creusée en 1957 dans le pignon d’une grange de pierre bleue, au domicile de Paul Sculfort († 1993) et de son épouse Marguerite Contesse (†2008).
Elle est dédiée au Sacré-Cœur et à Notre-Dame du Sacré-Cœur, particulièrement vénérée à Issoudun (36). Elle est l’
«Espérance des déses­pé­rés », l’avocate des causes difficiles. Ce nom de Marie vient de son pou­voir sur le Cœur de son divin Fils.

La prière :
Souvenez- vous, ô Notre- Dame du Sacré- Cœur, de l’ineffable pou­voir que votre Divin Fils vous a donné sur son cœur adorable.
Pleins de confiance en vos mérites, nous venons implo­rer votre pro­tec­tion. O Céleste Tré­so­rière du Cœur de Jésus, de ce Cœur qui est la source inta­ris­sable de toutes les grâces et que vous pou­vez ouvrir à votre gré pour répandre sur le monde tous les tré­sors d’amour, de misé­ri­corde, de lumière et de salut qu’il ren­ferme, accordez- nous, nous vous en sup­plions, les faveurs que nous sollicitons :[…]
Non, nous ne pou­vons essuyer de refus, et, puisque vous êtes notre Mère, ô Notre- Dame du Sacré- Cœur, accueillez favo­ra­ble­ment nos prières et dai­gnez les exau­cer ! Ainsi soit-il !

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POUR ALLER PLUS LOIN : compléments culturels



Coutumes concernant les oratoires : voici les règles qu’il fallait respecter sous peine de malédiction.

• il était interdit de le détériorer ;
• il était interdit de le déplacer ;
• l’obligation était de l’entretenir dans son environnement ;
• il fallait le laisser libre d’accès aux fidèles (parfois un tourniquet ou deux pierres levées empêchaient le passage des animaux) ;
• L’oratoire ne pouvait être vendu avec le terrain sur lequel il était construit : la parcelle était exclue de la vente ;
• les matériaux de construction et le mobilier (statuettes) ne devaient pas être détournés.



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La carte ci-dessus, dessinée par L. Vadot en hommage à Pierre IRIGOIN, illustre parfaitement la diversité des oratoires, que l’on peut retrouver sur la base de données  
www.oratoires.com





Culte de la Sainte Face : origine et histoire locale




Le culte de la Sainte Face de Notre-Seigneur Jésus-Christ a commencé au Calvaire.
Il nous vient de cette pieuse femme dont le souvenir est consigné de temps immémorial à la VIe station du chemin de la Croix et que la tradition s'accorde à nommer Véronique.
Le nom de Véronique ne figure nulle part dans l'Évangile ; mais, selon toute probabilité, la femme ainsi désignée n'est autre que celle dont parle saint Luc (VIII 43-48).
Il la représente affligée depuis douze ans d'un flux de sang qu'aucun médecin n'avait pu arrêter : « Elle s’approcha de Jésus par-derrière, toucha le bord de son vêtement, et sentit aussitôt qu'elle était guérie. »
II est vraisemblable, observe à ce sujet le Père Ventura, que « celle qui reçut du Sauveur la faveur insigne de pouvoir essuyer de ses propres mains la sueur et le sang de son visage, est cette même femme qui toucha ses habits avec une foi héroïque et rendit ainsi le plus beau témoignage à sa divinité. »
La tradition résume la scène en ces termes : «  Une femme, nommée Bérénice ou Véronique, s'avança vers Jésus d'un air compatissant, lui essuya, avec un mouchoir, son visage ruisselant de sueur, de sorte que l’empreinte de sa Face y resta imprimée en traits sanglants. »
Voici le même récit plus détaillé, d'après d'autres sources : « Au moment où Jésus, sortant du prétoire de Pilate, s'acheminait vers le Calvaire, chargé de sa Croix, ensanglanté par suite des coups reçus dans la flagellation et des blessures que lui avait occasionnées la couronne d'épines, après avoir fait quatre cent-cinquante pas, comme il approchait d'une maison qui faisait l'angle, Véronique l'apercevant de loin, vint pleine de compassion, à sa rencontre, et ayant retiré le voile qu'elle portait sur la tête, le lui présenta afin qu'il s'en servît pour essuyer son Visage baigné de sueur et de sang. Le Christ, l'ayant reçue de ses mains, le lui rendit ensuite, y laissant comme récompense l'empreinte de sa Face.

Observons ici qu'il ne faut pas confondre le voile qu'employa Véronique et qu’elle mit sur la Face du Christ couverte de sueur et de sang, avec le « linceul » qui existe à Turin, dans lequel la tradition dit que fut enveloppé et enseveli le corps du Sauveur, non plus qu'avec les autres suaires dont on lui couvrit le visage et la tête dans le saint sépulcre.

Le mot « suaire » de sudarium, veut dire mouchoir pour essuyer la sueur. L'action de Véronique s'explique par l'usage où étaient les femmes juives de porter sur la tête ou au cou un voile de laine ou de lin, qu'on s'empressait d'aller offrir aux personnes de connaissance qu'on voyait venir avec un visage couvert de sueur ou baigné de larmes.
Dans l’Antiquité profane, le même usage était de présenter aux condamnés à mort, par sentiment d'intérêt et de compassion, un voile pour essuyer leurs larmes et se couvrir la tête au moment du dernier supplice. Véronique ne fit donc que se conformer à un usage reçu alors ; mais il lui fallut affronter la fureur des soldats et les insultes de la foule ameutée.



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C’est dans une des abbayes de Thiérache, à Montreuil sur la commune de Rocquigny, que prit naissance le culte de la Sainte Face. Jacques de Troyes, qui avait été chanoine de Laon et qui sera le pape Urbain IV, envoya de Rome à sa sœur Sybille, abbesse de Montreuil, une copie de la relique de la Sainte Face qui se trouve actuellement au Trésor de la cathédrale de Laon.

La procession de la Sainte Face disparut dans les années 50 à Rocquigny dont la chapelle n’offre plus que de tristes restes.







Notre-Dame de Grâce


Dans la théologie catholique, la Vierge Marie intercède auprès de son Fils à la prière des fidèles. C’est par elle que leur parviennent les bienfaits et les grâces du Seigneur.


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L’icône de Cambrai

Le cardinal de Brogny,   Jean Allarmet,   un des juristes les plus compétents de son siècle,   vice-chancelier de l'Eglise catholique,   était légat du pape et président du Concile de Constance (1414-1418).  Il l'a sans doute reçue de patriarches grecs au début du XVe siècle et rapportée à Rome. Son secrétaire, Fursi de Bruilles, chanoine titulaire de la cathédrale de Cambrai, l'a reçue en legs et, à son tour, l'a portée à Cambrai en 1440. À sa mort en 1452, il l'a léguée à la cathédrale. Fénelon célébrait la messe aux pieds de l’image.

L'icône, de style byzantin, est une vierge
eleousa, c'est-à-dire de tendresse. L'attitude de la Vierge envers l'Enfant doit aussi la faire classer parmi les vierges glykophilousa (au doux baiser).

Elle est peinte sur un panneau de bois de cèdre de 0,35 m sur 0,26 m. L’avers est tapissé d’une peau de vélin tendue.




Les oratoires se distinguent par une grande diversité de formes allant du plan carré, rectangulaire, circulaire et parfois hexagonal ou octogonal. Percés d’une niche cintrée à mi-hauteur, ils sont surmontés d’un globe et d’une croix. Les niches sont fermées d’une grille en fer plat. Parfois l’oratoire comporte, sous la niche, un bénitier en saillie.
 
Leurs formes sont d’une très grande diversité selon les régions et en fonction des matériaux utilisés pour sa construction. Le type le plus classique est celui du pilier représenté ci-contre, dont les éléments constitutifs sont :
LA CROIX, qui surmonte l’édifice repose parfois sur une boule représentant le globe du monde. Réalisées  également en divers matériaux, certaines de très belle facture sont ornées de volutes et motifs, coeur, couronne  d’épines, attributs de la Passion. 
LE TOIT, souvent précédé d’une corniche, est à une , deux ou quatre pentes en forme de pyramide pour les oratoires en maçonnerie ; les oratoires en pierre de taille permettant des formes plus variées , pyramides aux flancs incurvées, toits en poivrières, campaniles, clochetons, toits en voûte épousant les contours de la niche et agrémentés de sculptures et de moulures. Les matériaux utilisés pour la couverture sont également très divers.
LA GRILLE, destinée à protéger la statue du Saint, est fixe (simples barreaux verticaux scellés) ou porte ouvrante, ouvrages de ferronnerie (fers plats, ronds, carrés, torsadés) assemblés avec volutes et motifs décoratifs qui sont  parfois de véritables chef-d’oeuvre. A l’inverse, les plus humbles sont constitués d’un simple grillage tendu sur un  cadre métallique ou un simple cadre de bois.
LA NICHE, partie maîtresse de l’oratoire, est destinée à abriter la statue du Saint. Carrée ou rectangulaire, elle se  termine à sa partie supérieure par un arc en anse de panier, arc brisé en ogive, arc en accolade, arc trilobé, arc de  plein cintre qui peut être en cul de four souvent orné d’une coquille. Elle revêt parfois la forme d’une lanterne ouverte sur 2, 3 ou quatre faces. Certains oratoires possèdent parfois plusieurs niches sur la face principale et sur les côtés.




 LE FÛT, pilier de section carrée, rectangulaire, triangulaire, polygonale, ou colonne cylindrique, donne, grâce aux inscriptions qui y sont gravées, de précieuses indications sur la date et les circonstances de son érection, le nom du Saint à qui il est dédié ainsi que le nom de son donateur. Il est habituellement surmonté d’une corniche sur laquelle repose la niche.
 LE SOCLE, de faible hauteur raccordé au fût par un chanfrein, un congé, un arrondi ou une moulure.
 LE SOUBASSEMENT, servant d’ancrage du monument dans le sol, souvent constitué de larges dalles de pierre, pouvant former escalier d’accès ou marches agenouilloir.

D’après
http://www.les-oratoires.asso.fr/presentation-oratoires
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Schéma emprunté à l’ouvrage indispensable de René Guirlinger et Jean-Noël Marissal,  Oratoires et niches de pierre bleue de l’Avesnois, du Cambrésis et de la Thiérache de l’Aisne, Société archéologique et historique de l’arrondissement d’Avesnes, 1998.



Bibliographie :


• Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chrétien, Editions Albin-Michel, 2007.

Pierre Irigoin, Les Oratoires de France depuis les origines, Connaissance et sauvegarde des Oratoires

• René Guirlinger et Jean-Noël Marissal,  Oratoires et niches de pierre bleue de l’Avesnois, du Cambrésis et de la Thiérache de l’Aisne, Société archéologique et historique de l’arrondissement d’Avesnes, 1998.

• Henri Hecquet et André Pierrard,
Quand nos chapelles se souviennent, inventaire des 131 chapelles du canton de Solre-le-Château , Editions Patricia Carlier, 1991.