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Baudelaire

La Vie antérieure


XII — La Vie antérieure


J’ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.

Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d’une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.

C’est là que j’ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l’azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d’odeurs,

Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l’unique soin était d’approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.




Charles Baudelaire,
Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal, XII

Étude du texte

Le titre

1. Vers 1-4 : Portiques/décor

Une attaque brusque
mouvement rythmique vaste, puissant
dilatation du Temps et de l’espace
correspondances

2. Vers 5-8 Houles/harmonies

sensation kinesthésique
accords-musique-couleurs 
vie antérieure et vie intérieure

3. Vers 9-14 : Voluptés/nostalgie

richesse des correspondances

Conclusion

structure en abyme
rêve d’un rêve
labyrinthe



Notes
Documents

Variante 

Sources et rapprochements :

Sources innombrables si l’on remonte aux origines de la croyance en une vie antérieure : les philosophes hindous, Pythagore, etc. Mais vers les années 1855, l’idée était dans l’air : Nerval (Fantaisie) ; Gautier (Affinités secrètes in Émaux et Camées) Maxime Du Camp, etc.

Jugements



Toute la critique est d’accord pour reconnaître l’exceptionnelle qualité poétique du sonnet. Déjà Villiers de L’Isle-Adam et Gautier l’admiraient fort. Les divergences portent sur le fameux « secret » du vers 14 et donc sur la clef du poème.


La nature du « secret douloureux » 

deux hypothèses entre lesquelles il est difficile de trancher :

1. un mal ou une douleur propres à Baudelaire ; on a supposé tour à tour l’impuissance sexuelle, une révélation poétique qu’il n’a pas le droit ou le pouvoir de transmettre, le sentiment d’un exil. (Ferrari), la hantise des paradis artificiels (Prévost), l’attitude d’enfant inquiet incapable de se libérer de la fixation à la mère et à la femme (Mauron), etc.

2. nostalgie des autrefois, des ailleurs, du paradis perdu, de la pureté primitive, de l’Éden inaccessible à l’homme moderne


TEXTES COMPLÉMENTAIRES


BAUDELAIRE,
Réflexions sur quelques-uns de mes contemporains, « Théodore de Banville »

J. de MAISTRE,
Les Soirées de Saint-Pétersbourg

G. BLIN, Baudelaire, o.c.


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