Passion Lettres Deux
Diderot

Livre du jour Denis Diderot Supplément au voyage de Bougainville

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Livre du jour Denis Diderot Bréviaire jeunes mariées

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Ma fille,

Vous allez quitter la maison de votre père et de votre mère pour entrer dans celle de votre époux et la vôtre. En vous accordant à…., je lui ai résigné toute mon autorité, il ne m’en reste plus. Il n’y a qu’un moment que je vous commandais, et votre devoir était de m’obéir
; à présent, je n’ai plus que le droit de conseil. Je vais en user.
Votre bonheur est inséparable de celui de votre époux
; il faut absolument que vous soyez heureux ou malheureux l’un par l’autre: ne perdez jamais de vue cette idée, et tremblez au premier désagrément réciproque que vous vous donnerez, car il peut être suivi de beaucoup d’autres.
Ayez pour votre époux toute la condescendance imaginable, conformez-vous à ses goûts raisonnables, tâchez de ne rien penser que vous ne puissiez lui dire, qu’il soit sans cesse comme au fond de votre âme
; ne faites rien dont il ne puisse être témoin. Soyez en tout et toujours comme sous ses yeux.
Songez qu’une fille qui a le maintien d’une femme est indécente, et que, par conséquent, la femme qui sait garder le maintien décent d’une fille se respecte et se fait respecter.

Le bréviaire des jeunes mariées
Lettre inédite de Diderot à sa fille

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Livre du jour Denis Diderot Deux amis de Bourbonne

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Livre du jour Denis Diderot Rêve d'Alembert

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Livre du jour Denis Diderot Contes

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« Je voudrais bien me rappeler la chose comme elle s´est passée, car elle vous amuserait. Commençons à tout hasard, sauf à laisser là mon récit, s´il m´ennuie.
M. le prince de Galitsine s´en va aux eaux d’Aix-la-Chapelle
; il y trouve la jeune et belle comtesse de Schmettau. En huit jours de temps il en devient amoureux, il le dit, il est écouté, il est époux.
Il avait été attaché à Paris à une demoiselle Dornet, grande fille, assez belle, mais d´une mauvaise santé, ne manquant pas tout à fait d´esprit, mais ignorante comme une danseuse d´Opéra, et toute propre à donner dans un torquet.
Le prince, après son mariage, regretta deux ou trois portraits qu´il avait laissés à cette fille, et il me pria de les ravoir, si je pouvais. La chose n´était pas aisée. Entre plusieurs moyens qui me vinrent en tête, celui auquel je m´arrêtai, ce fut de tirer parti des inquiétudes qu´elle avait sur sa santé, et de supposer à ces portraits une influence funeste qui l´effrayât. Voilà qui est bien ridicule, me direz-vous. D´accord. Mais d´un autre côté il est si agréable de se bien porter, les portraits d´un infidèle sont si peu de chose
; il y a un si grand fonds à faire sur l´imagination d´une femme alarmée, et en général les femmes sont si crédules et si pusillanimes en santé, si superstitieuses dans la maladie! »

Denis Diderot, Contes
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