Gustave Flaubert, « Hérodias » in
Trois contes
Voir
également :
étude de Un cœur simple
étude
de La légende de saint Julien
l’Hospitalier
Cette étude, qui
s’adresse aux élèves de 3e/2e, complète celle
d’Un Cœur simple, NRP n 7,
mars 1985, et celle de La Légende de Saint Julien
l’Hospitalier, NRP
N° 9, mai-juin 1987.
Résumé
du conte
C’est une troisième « vie de saint ». L’action se
situe dans l’Antiquité, à l’époque de la domination de la
Palestine par les Romains, sous le règne du roi Hérode
Antipas.
Par ailleurs, il existe de très nombreux tableaux qui
représentent la Danse de Salomé, de Caravage
à Gustave Moreau.
Le tétrarque
Hérode Antipas est troublé par la présence, dans l’un des
cachots souterrains de sa citadelle de Machærous, d’un
prisonnier tout à la fois détesté et étrangement
fascinant :
Iaokanann, c’est-à-dire saint Jean-Baptiste. (chap. 1). Le
proconsul romain Vitellius survient et visite la
citadelle :
il fait ouvrir le cachot de Iaokanann et tous peuvent alors
entendre les malédictions proférées par le saint à
l’encontre du tétrarque et de sa seconde épouse, Hérodias,
qui hait le saint et qui veut sa mort. Iaokanann reproche
au tétrarque d’avoir épousé sa propre nièce (chap. 2). Lors
de l’immense festin organisé durant la nuit pour
l’anniversaire d’Hérode, une très jeune danseuse paraît et,
enivré, le tétrarque promet de lui offrir tout ce qu’elle
voudra ;
elle demande alors « la tête de Iaokanann ».
Hérode ne peut se dédire et fait apporter la tête du saint
à la danseuse, qui n’est autre que Salomé, la fille
d’Hérodias, arrivée de Rome le jour même et manipulée
par sa mère… (chap. 3)
Objectifs
pédagogiques
Présenter
plusieurs approches possibles du texte, non dans le but
d’une étude exhaustive en classe, mais pour donner au
professeur quelques pistes d’exploration, qui lui
permettront d’adapter les lectures du conte aux niveaux
généralement hétérogènes de ses élèves.
Plan de travail
Avant de donner le texte à lire et à résumer en dehors de
la classe, une introduction historique et religieuse est
indispensable. Elle fait l’objet des deux premières
approches ci-dessous (cf. étude historique, p. 41).
À partir de là, deux heures d’étude, selon les choix du
professeur (narration, étude du personnage, étude
thématique, approche « esthétique »), auxquelles
s’ajoutera une heure plus proprement consacrée à une étude
de langue (style indirect libre, par exemple).
Enfin, le passage descriptif que nous étudions en
explication de texte pourra être dicté après avoir été
examiné.
Questionnaire
préparatoire
Pour préparer le
travail effectué en classe, le professeur pourra donner le
questionnaire suivant aux élèves, en répartissant le
travail par équipes.
a) Le
cadre :
Relevez
toutes les informations relatives au cadre de l’histoire.
Relevez toutes les indications sur l’impression produite
par le cadre sur les personnages.
Faites un plan ou des dessins de la citadelle d’après les
indications données par le texte.
b)
Le moment du drame.
Relevez
toutes les indications de temps contenues dans le texte.
Calculez la durée de l’histoire.
Fait-on référence à des époques antérieures au
conte ?
à des époques ultérieures ?
À quels moments ?
Comment ?
Pourquoi ?
c)
L’action :
Faites une liste des principales actions ou événements qui
se produisent dans ce récit.
Selon quel processus les événements
s’enchaînent-ils ?
Qui retarde l’action ?
Pourquoi ?
Qui l’accélère ?
Pourquoi ?
Quels éléments permettent, dès le, début et au cours de
l’histoire, d’en prévoir l’issue ?
À quels endroits précis sont situés ces
éléments ?
Qui les rapporte :
narrateur ou personnages, et dans ce cas,
lesquels ?
Quel est l’effet produit par ces
anticipations ?
Rompent-elles l’intérêt de la lecture, selon
vous ?
d) Les
personnages :
[…]
Approche des sources religieuses et travail d’écriture de
Flaubert
Dans la tradition chrétienne, Hérodias est connue pour
avoir demandé et obtenu la tête de Jean le Baptiste, selon
l’Évangile de
Marc (VI, 14.29) et
L’Évangile de
Matthieu (XXIV, 1.12).
La séquence qui concerne Salomé est insérée dans le récit
de l’exécution du Baptiste.
Il est possible de travailler à deux niveaux, selon les
possibilités de la classe.
Les
sources religieuses
Comparer deux traductions du même texte de
L’Évangile de
Marc,
celle d’une version catholique de la Bible
— Osty — et celle,
plus récente, se voulant plus proche du texte original d’A.
Chouraqui, dont voici les deux textes ci-dessous. Ceux-ci
seront confrontés au passage correspondant du conte de
Flaubert ;
Évangile de saint Marc :
meurtre de Jean-Baptiste
6 (17-29) - Car c’était lui, Hérode, qui avait envoyé
arrêter Jean et l’avait fait lier en prison, à cause
d’Hérodiade, la femme de Philippe, son frère, qu’il avait
épousée. Car Jean disait à Hérode :
« il ne t’est pas permis
d’avoir la femme de ton
frère. »
Hérodiade en avait contre lui, et elle aurait bien voulu le
tuer, mais elle ne le pouvait pas. Car Hérode craignait
Jean, le sachant un homme juste et saint, et il le
protégeait. Et après l’avoir entendu, il était fort
perplexe, et cependant il l’écoutait avec plaisir. Vint un
jour opportun, quand Hérode, lors de son anniversaire, fit
un dîner pour ses grands, pour ses officiers et pour les
notables de la Galilée Et la fille de ladite Hérodiade
entra, dansa et plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit
à la fillette :
« Demande-moi tout ce que tu
veux, et je te le donnerai ». Et il lui fit ce
serment :
« Tout ce que tu demanderas,
je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon
royaume ». Et elle sortit et dit à sa
mère :
« Que dois-je
réclamer ? »
Celle-ci
dit :
• La
tête de Jean le Baptiseur. » Et, rentrant aussitôt
en hâte auprès du roi, elle fit sa
réclamation :
« Je veux qu’à l’instant tu
me donnes sur un plat la tète de Jean le
Baptiste ». Et le roi devint très
triste, mais à cause de ses serments et des convives, il ne
voulut pas la repousser. Et aussitôt le roi envoya un
bourreau avec ordre d’apporter la tête de Jean Et celui-ci
s’en alla le décapiter dans la prison, puis il apporta sa
tête sur un plat et la donna à la fillette, et la fillette
la donna a sa mère. Et l’ayant appris, ses disciples
vinrent, enlevèrent son cadavre et le mirent dans un
tombeau.
Évangile selon saint
Marc,
traduction E. Osty. Ed Rencontre 1973
• Annonce de Marcos :
la tête de Iohanân l’Immergeur 6 (17-29)
Oui, Hérôdés avait envoyé saisir Iohanàn et l’avait lié en
prison.
À cause d’Hérodias, la femme de Philippos son frère qu’il
avait épousée.
Oui, Iohanân disait à Hérôdès :
« Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton
frère ! »
Dès lors,
Hérodias le hait, veut le tuer, mais ne le peut.
Oui, Herôdès frémit de Iohanán, le sachant homme juste et
consacré.
Il le protège, il l’entend, fort perplexe, et se plaît à
l’entendre.
Arrive un jour propice :
l’anniversaire d’Hérôdès.
Il fait un dîner pour ses grands, pour ses officiers, pour
les premiers de Galil.
Elle entre, la fille de cette Hérôdias :
elle danse, elle plaît à Hérodès…
[…]
Étude publiée
dans la NRP N° 7, mars 1988.
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notre étude de Un cœur simple
et de
La légende de St Julien
l’Hospitalier