Éphéméride 9 octobre 1970 décès de Jean Giono


Fils unique d'un cordonnier et d'une repasseuse, il est né à Manosque le 30 mars 1895, et y est mort. Il doit, à seize ans, devenir employé de banque pour nourrir sa famille. Mobilisé pendant plus de quatre ans pendant la guerre de 14-18, dont plus de deux au front dans l'infanterie – Verdun, le Chemin des Dames, le Kemmel -, il en sort indemne mais viscéralement pacifiste. Démobilisé, il se marie : il aura deux filles. Il a trente ans quand il achève son premier roman (refusé), près de trente-cinq quand paraît le suivant, Colline (1929).
De 1935 à 1939, Giono s’engage pour la paix, contre la civilisation technique moderne et annonce l’écologie. Il est arrêté pour pacifisme en 1939.
Peu après la Libération, en septembre 1944, il est à nouveau arrêté ; il passe cinq mois en détention, à Saint-Vincent-les Forts. Le Comité national des écrivains lui interdit toute publication : aucun livre de lui de 1944 à 1946. Encore de 1947 à 1950, il est pratiquement mis en quarantaine. Il est classé, à tort, parmi les « collaborateurs »
Après la guerre il se sauve par l'écriture ; il donne deux directions à son œuvre. C’est d’abord le cycle dit « du Hussard », placé sous le signe de l’Arioste, de Stendhal et de Mozart, où un jeune aristocrate traversera la Provence en proie à une monstrueuse épidémie de choléra, avant d’aller se battre pour la liberté dans l’Italie de 1848. (
Le Hussard sur le toit, 1951, Le Bonheur fou, 1957).
C’est ensuite l’ensemble des
Chroniques romanesques, une série de livres où domine la noirceur, notamment dans Un roi sans divertissement (1947) et Les Âmes fortes (1950).
Il s’oriente ensuite vers le cinéma, écrivant des scénarios, des dialogues, faisant même de la mise en scène. Ses romans, plus espacés, gardent leur intensité, leur poésie, leur vivacité de narration (
Ennemonde, 1964, Le Déserteur, 1966, L’Iris de Suse, 1970).

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