Éphéméride 23 mars 1881 naissance de Roger Martin du Gard

Roger Martin du Gard est un écrivain français né en 23 mars 1881 à Neuilly-sur-Seine et mort le 22 août 1958 à Bellême, près de Sérigny (Orne).

Issu d’une famille aisée d’avocats et de magistrats, il peut consacrer sa vie à la littérature. Il a une vocation précoce d’écrivain, dont il a pris conscience en lisant le roman de
Léon Tolstoï, Guerre et Paix. Pour attendre d’affirmer sa vocation de romancier, il entreprend des études de lettres mais échoue à la licence. Il décide alors de tenter le concours de l’École des Chartes et obtient avec succès le diplôme d’archiviste paléographe en présentant une thèse sur l’abbaye de Jumièges.


La publication de son roman
Jean Barois en 1913 lui permettra de se lier d’amitié avec André Gide et Jacques Copeau. Dans Jean Barois, R. Martin du Gard ne cherche pas à démontrer. Il n’émet aucun jugement, il ne condamne pas, il n’absout pas: il décrit avec une volonté d’objectivité l’évolution de la religion contemporaine, comme la séparation des Églises et de l’État en 1905. Avec ses documents authentiques ou fictifs qui s’y trouvent insérés, la seconde partie constitue aussi la première représentation littéraire de l’Affaire Dreyfus et du procès Zola qui lui est lié.


Après la Première Guerre mondiale, R. Martin du Gard conçoit le projet d’un roman-fleuve dont le sujet initial est
Deux frères. De fait, le roman en huit volumes intitulé Les Thibault va l’occuper des années vingt à 1940, date de publication du dernier volume, Épilogue. À travers l’histoire de Jacques et Antoine Thibault qui sont liés à la famille de Fontanin, le romancier fait le portrait d’une classe sociale, la bourgeoisie parisienne, catholique, protestante, universitaire, mais aussi en révolte dans le cas de Jacques Thibault.
Conçus comme une conclusion à l’œuvre, les deux derniers volumes sont consacrés à la disparition des deux héros et mettent l’accent sur la
Première Guerre mondiale.

L’Été 1914 décrit la marche à la guerre que ne peuvent empêcher ni les socialistes, ni les autres groupes pacifistes: révolutionnaire de cœur, Jacques Thibault ne saura que se sacrifier en lançant sur les tranchées un appel à la fraternisation des soldats allemands et français.

Racontant la lente agonie d’Antoine Thibault gazé pendant le conflit,
Épilogue évoque la « marche à la paix » et s’interroge sur les propositions du président Wilson qui aboutiront à la création de la SDN.

C’est juste après la publication de
L’Été 1914, que R. Martin du Gard reçoit le prix Nobel de littérature en 1937. Il passe ensuite une majeure partie de la guerre 1939-1945 à Nice, où il prépare un roman resté inachevé, les Souvenirs du lieutenant-colonel de Maumort, qui sera publié à titre posthume.

Commencé pendant la première guerre mondiale, son
Journal décrit une vie familiale parfois difficile et raconte les réussites de l’amitié: précédé de « souvenirs », il a été publié par C. Sicard sous la forme de trois gros volumes. C’est également les joies de l’amitié que mettent en lumière les très nombreuses lettres regroupées désormais dans plusieurs volumes de correspondance (avec André Gide, Jacques Copeau, Eugène Dabit, Georges Duhamel, Jean Tardieu).

Parmi les œuvres posthumes, on compte également des nouvelles (
La Noyade intégré au volume du Lieutenant-colonel de Maumort, Genre motus) qui s’inscrivent dans la continuité de celles que l’écrivain avait publiées de son vivant (Confidence africaine).

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