Éphéméride 23 octobre 1734 Naissance de Restif de la Bretonne

Nicolas-Edme Restif de la Bretonne est une des personnalités les plus attachantes du XVIIIe siècle. Berger, typographe, écrivain, réformateur, philosophe, libertin, visionnaire, il est le premier écrivain paysan, le premier à vivre (fort mal) de sa plume, l’auteur d’une autobiographie qui vaut bien Les Confessions de Rousseau, de documents de premier ordre sur la vie paysanne de son temps, de pages remarquables sur les mystères du cœur humain et de visions politiques qui ne furent pas toutes entièrement utopiques, dont un projet de réforme de l’orthographe…
Nicolas Edme Restif (ou Rétif) est né à Sacy, en basse Bourgogne. Il y passa son enfance, au milieu d'une famille très nombreuse et mènera jusqu'à douze ans la vie d'un petit paysan. Des dons précoces pour les lettres, une sensibilité portée en même temps vers la rêverie et la réflexion inciteront sa famille à le diriger vers d'autres destinées qu'une vie campagnarde.
À dix-sept ans, il part pour Auxerre où il reste quatre ans apprenti puis compagnon typographe. Ce métier lui assurera plus tard son gagne-pain et lui permettra de composer lui-même directement sur la presse une partie de ses livres.
À vingt et un ans, il arrive à Paris où il vivra jusqu'à la fin de sa vie, à l'exception de fréquents séjours à Sacy. Il écrira 194 volumes totalisant près de 10 000 pages. Il connaît le succès et la gloire dès 1775 avec 
Le Paysan perverti (suivi en 1784 de La Paysanne pervertie). La Vie de mon père (1778) confirme ce succès. Suivront les 42 volumes des Contemporaines (publiés de 1780 à 1783) ; ses déboires conjugaux et familiaux lui inspireront La Femme Infidèle (1786) et Ingénue Saxancour (1788).
Son autobiographie s’intitule
Monsieur Nicolas ou le Coeur humain dévoilé (1796-97, 16 vol. in-12). Il a connu l'extrême misère, a eu des aventures galantes nombreuses (194 maîtresses, si l’on en croit son Calendrier). Si porté qu'il fût sur les anecdotes scandaleuses et les descriptions scabreuses, Restif a fait preuve d'un naturalisme vrai, sincère qui tranche sur les déclamations à la mode et sur la facticité des sentiments, l'insupportable hypocrisie des écrivains de la fin du XVIIIe siècle, Rousseau en particulier. 
D'autre part, on trouve chez lui les détails les plus curieux sur certaines classes de la société, au début de la Révolution française. Citons encore de lui :
le Pied de Fanchette ou le Soulier couleur de rose (Paris, 1768, 3 vol. in-12) ; les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne (1788-91, 15 vol. in-12) ; le Pornographe ou Idées d'un honnête homme sur un projet de règlement pour les prostituées (Londres, 1769, in-8) qui eut un succès européen et inspira à Joseph II d'Autriche les règlements sur la prostitution qu'il appliqua dans ses États…

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