Éphéméride 19 mars 1897 naissance de Joe Bousquet

Joe Bousquet est né dans l’Aude, à Narbonne, le 19 mars 1897.

Son père était médecin-major dans l’armée. Il passe son bac en 1912 puis fait un voyage en Angleterre qui le marquera profondément. Au début de la guerre, son père est nommé dans la région parisienne avant de revenir en 1915 à Narbonne. Joe mène une vie agitée et s’initie à la drogue
: morphine, puis cocaïne et enfin opium qui l’accompagnera jusqu’à sa mort.

En 1916 il devance l’appel. Très courageux, il recevra la croix de guerre, la médaille militaire et la légion d’honneur avant d’être blessé en 1917. Il est soigné à Nancy, vit une histoire d’amour qui le conduit au désespoir.

Il retourne au front et le 27 mai 1918, à vingt et un ans, il est blessé aux vertèbres au combat de Vailly. Paralysé à hauteur des pectoraux, il perd l’usage de ses membres inférieurs. Il restera alité toute sa vie à Carcassonne, au 53 rue de Verdun, dans une chambre dont les volets sont fermés en permanence.

Le J
ournal Intemporel, puis La Fiancée du Vent marquent ses débuts d’écrivain, mais c’est en participant avec ses amis François-Paul Alibert, Ferdinand Alquié, Claude-Louis Estève et René Nelli à la fondation de la revue Chantiers que son engagement littéraire prend forme.

Intéressé par le mouvement surréaliste, mais au-dessus des doctrines, son leitmotiv sera d’aimer, de suivre son cœur et rien d’autre.
Chantiers du groupe Carcassonne fusionnera avec la jeune revue des Cahiers du Sud du groupe de Marseille. Les Cahiers du Sud ne cesseront de paraître, bien après sa mort, qu’en 1966.

Orientée vers la recherche d’un génie du sud, langue d’oc, troubadours, catharisme, hors de tout folklore, ouverte aux grands courants du Nord, le Graal, les Romantiques allemands, la revue des
Cahiers du Sud abordera les sujets les plus divers, de la mathématique à la poétique érudite.


Estève, Jean Paulhan, Jean Cassou, André Gide, Paul Valéry, Paul Éluard, Ferdinand Alquié, de nombreux peintres, autant d’amitiés, de rencontres, qui se nouent et se resserrent au fil des lettres et au gré des visites, autant d’amour aussi avec des femmes imaginaires ou réelles, rêvées et imaginées, dans les profondeurs de la nuit intérieure.


1939, la guerre: l’occupation allemande partage la France. C’est alors que derrière les remparts de Carcassonne, l’espace confiné de la chambre de Joe Bousquet s’ouvre, devenant le point de ralliement des écrivains réfugiés dans la zone Sud, le groupe de la N.R.F. notamment, et le numéro spécial des Cahiers du Sud sur le Génie d’oc et l’Homme méditerranéen en 1943, en codirection avec Jean Ballard, est un pied de nez à l’occupation nazie.

Le corps petit à petit se casse; avoir écrit tant et tant, des lettres innombrables, des poèmes, des romans, des journaux, avoir tant lutté, avoir tant cherché. Mais cette balle continue son œuvre, cette douleur empire et l’opium qui le drogue est le seul remède à sa souffrance, à ses crises d’urémie insoutenables.

Joe Bousquet meurt dans la nuit du 27 au 28 septembre 1950 à Carcassonne.

Une rue porte son nom à Carcassonne et à Narbonne ainsi qu’à Labastide-Saint-Georges (Tarn) et à La Palme (Aude) où il aimait passer des vacances chez ses grands-parents (lire
La Route des Étangs). Une place porte également son nom à Villalier (Aude).

Il repose dans le cimetière de Villalier.

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