Éphéméride 25 septembre 1626 décès de Théophile de Viau

  • Né dans une famille protestante, Théophile de Viau a suivi des études à Saumur et à l’université de Leyde, où il a fréquenté le poète Guez de Balzac. Il se joint ensuite à une troupe de théâtre ambulant, puis s’installe à Paris en 1615, où il mène joyeuse vie tout en devenant un brillant poète de cour. Il prend part au conflit qui oppose le parti auquel appartient son protecteur à Louis XIII et, surtout à son favori, le comte de Luynes.

  • Entré en contact avec les idées du philosophe italien Giulio Cesare Vanini qui remettait en cause l’immortalité de l’âme, sa conversion au catholicisme ne l’empêche nullement de rester libertin d’esprit et de cœur. Il est banni de France en 1619, accusé d’irréligion et d’avoir des « mœurs indignes ». On considère aujourd’hui généralement que le principal mobile de ce bannissement était en fait politique, lié au conflit qui opposait son protecteur au comte de Luynes, et aux pamphlets qui étaient écrits contre ce dernier, auxquels il était soupçonné d’avoir pris part.

  • En 1620, il revient à la cour après avoir voyagé en Angleterre. À la publication sous son nom de poèmes licencieux dans le « Parnasse satyrique » en 1622, il est, sur dénonciation des Jésuites, condamné à apparaître nu-pieds devant Notre Dame de Paris pour y être brûlé vif en 1623. La sentence est exécutée en effigie tandis que Théophile se cache. Arrêté alors qu’il tentait de passer en Angleterre, il est emprisonné à la Conciergerie pendant près de deux années tandis que le père Garasse se livre à une véritable analyse de ses poèmes pour obtenir sa condamnation à mort, en prouvant qu’il y a glissé des allusions à la sodomie. Cette affaire mobilise les intellectuels et les écrivains de l’époque.

  • Sa sentence commuée en arrêt d’exil perpétuel, Théophile, miné par son séjour en prison, passe les derniers mois de sa vie à Chantilly sous la protection du duc de Montmorency.

  • Grand poète baroque, oublié à l’époque classique, Théophile de Viau a été redécouvert par les Romantiques au XIXe siècle, notamment Théophile Gautier.

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