Éphéméride 25 février 1983 décès de Tennessee Williams

Thomas Lanier Williams, dit Tennessee Williams, né le 26 mars 1911 à Columbus dans le Mississippi aux États-Unis, mort le 25 février 1983 à New York, est un écrivain américain dont de nombreuses œuvres furent portées au cinéma.

Ses relations sont très difficiles avec son père, voyageur de commerce alcoolique, joueur de poker, toujours absent, qui favorise régulièrement son frère Dakin. La famille rejoint le grand-père à Saint-Louis en 1918. Tenessee a passé son enfance, avec sa mère Edwina et sa sœur Rose, qu’il adorait, chez son grand-père, pasteur et sa grand-mère apaisante. Gravement malade à cinq ans, il occupe alors son temps à écrire des poèmes et saynettes, sous les encouragements de Rose. Il est encouragé dans cette voie en recevant sa première machine à écrire pour l’anniversaire de ses douze ans.

Il est publié pour la première fois à dix-sept ans, dans
Weird Tales. Il fréquente un temps l’université mais doit abandonner, faute de moyens. Il écrit ses premières pièces et commence à prendre conscience de son homosexualité, qu’il ne consomme pourtant qu’à vingt-huit ans. Son accent du Sud lui vaut le surnom moqueur « Tennessee », qu’il prend plus tard comme nom de plume, en hommage aux origines de son grand-père. Il doit travailler dans la même fabrique de chaussures que son père, déteste ce travail, mais s’y accroche dans le but de réunir assez d’argent pour partir étudier à l’université de l’Iowa.
En 1937, il rompt avec sa famille lorsque Rose, schizophrène, est enfermée dans un sanatorium après avoir subi des attouchements sexuels.

Il réussit à y décrocher une licence en 1938 et sa pièce
Spring Storm est présentée, malgré les réactions défavorables de ses professeurs. Il est réformé au moment de l’engagement des États-Unis dans la seconde guerre mondiale à cause de son dossier psychiatrique, de son alcoolisme, de son homosexualité et de ses troubles cardiaques et nerveux.

Il est alors embauché par la MGM à Hollywood, pour divers travaux d’écriture. En 1943, sa sœur schizophrène subit une lobotomie. Williams la prend en charge, et garde toute sa vie la peur de devenir fou, comme elle.

Il propose un scénario à la MGM, qu’elle refuse. Il en fait alors une pièce, La Ménagerie de verre, qui devient un grand succès et est adapté au cinéma, comme beaucoup de ses œuvres suivantes.

Tennessee Williams devient tout à coup célèbre. Utilisant les techniques qu’il a apprises au cinéma, il crée une pièce violente et sensible dans laquelle le tragique plane toujours au-dessus des personnages, un élément récurrent dans son théâtre.

En 1947,
Un tramway nommé Désir confirme son statut de grand dramaturge et gagne le Pulitzer.

Ses pièces se succèdent alors sur les planches de Broadway.
La Chatte sur un toit brûlant, La Descente d’Orphée, La Nuit de l’iguane entre bien d’autres sont de grands succès, mais sont aussi vus comme des révolutions dans le théâtre américain. On y trouve l’influence de William Faulkner et D.H. Lawrence, qu’il explique dans ses Mémoires d’un vieux crocodile par l’intérêt qu’il éprouve pour les marginaux et les perdants, victimes d’une société qui ne les comprend pas et les rejette. À travers eux il raconte et analyse la solitude, constante de sa vie. Ses personnages et les situations dans lesquelles ils évoluent sont très souvent inspirés sur les membres de sa famille et les événements qu’il a vécus.

À la mort de son compagnon Frank Merlo en 1963, Williams oriente son écriture dans une direction plus expérimentale, similaire à Samuel Beckett, Ionesco et Jean-Paul Sartre, mais sans succès critique. Il entre en désintoxication en 1969 et aborde cette période dans
Out Cry, qui est un échec à Broadway en 1973.

Ses travaux de la fin des années soixante-dix sont parmi ses plus innovants. Pourtant,
Vieux Carré, A Lonely Day for Crève Cœur ou Clothes for A Summer Hotel n’ont pas le succès de ses premières pièces jouées. En revanche, il est considéré en URSS comme le plus grand auteur depuis Tchekhov.

Il meurt en 1983, étouffé par un bretzel après une nuit d’alcool et de médicaments dans sa chambre de l’Hotel Elysee à New York. Pour certains, comme son frère, cette mort n’est pas accidentelle.

Instable, névrosé, Tennessee Williams laisse une œuvre considérable, faite de vingt-cinq pièces, plusieurs dizaines de courtes pièces et scénarios, soixante nouvelles, plus d’une centaine de poèmes et une autobiographie.
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