Éphéméride 6 février 1793 décès de Carlo Goldoni

À l’instar de son rival, Carlo Gozzi, Carlo Goldoni est né à Venise, le 25 février 1707.

Il passa les quarante premières années de sa vie à voyager d’une ville à l’autre, changeant constamment d’emploi, devenant tour à tour, fonctionnaire de la justice criminelle ou avocat à Pise, consul de Venise à Gênes ou directeur de théâtre. Durant cette période, il écrivit peu (quelques canevas de commedia dell’arte et livrets d’opéra, ainsi qu’une tragédie,
Bélisaire, qui fit un peu parler de lui en tant qu’auteur).

Puis, à l’âge de quarante ans, il rencontra Medebac, directeur du théâtre Sant’Angelo de Venise, qui l’attacha à sa compagnie comme auteur attitré, et le sédentarisa dans sa vie natale contre quatre cents, puis six cents ducats. Goldoni fut alors plongé dans une véritable boulimie d’écriture
: en moins de vingt ans, il produisit près de deux cents vingt pièces, dont presque autant de chefs-d’œuvre.

Il eut tôt fait de découvrir son genre de prédilection
: la comédie. Ses pièces, purgées des traditionnelles grossièretés, se plaisent à caricaturer la vie quotidienne vénitienne et ne laissent pas de place à l’improvisation : il rédigeait entièrement les dialogues.

Au début de sa carrière, ses pièces participaient pleinement de la tradition de la
commedia dell’arte. Ainsi, Arlequin serviteur de deux maîtres, représenté en 1745, a recours aux personnages traditionnels qui jouent masqués.

Mais, les ambitions de Goldoni dépassaient nettement ce type de pièces
; il souhaitait réformer la comédie italienne pour la rendre comparable à celle du XVIIe siècle français, il se rêvait en Molière italien. Aussi, dès 1750, exposa-t-il les principes de sa « réforme » en une comédie des comédiens, intitulée Il Teatro comico, qui décrivait les tensions survenant au cours des répétitions entre comédiens attachés aux vieilles méthodes et partisans de la réforme.

Ses plus grandes comédies s’appuient sur le réalisme des situations et la peinture sociale
: Goldoni a beaucoup été inspiré par ses deux modèles, Molière et Marivaux.

Trois ans après
Il Teatro, il écrivit La Locanderia, l’histoire d’une aimable aubergiste courtisée par tous ses riches clients, bien évidemment ridicules. Plus tard, ce sera Il Campiello (1756), récit des mésaventures des habitants d’un groupe de maisons pauvres, La Villégiature (1761), présentation burlesque de la philosophie d’un gentilhomme qui, de retour d’un voyage, apporte dans sa campagne natale une conception nouvelle du comportement amoureux, et Baroufe à Chioggia (1762), histoire d’un jeune batelier semant le trouble parmi les habitants de modeste condition d’une ville portuaire italienne.

Trois mois après cette dernière pièce, Goldoni fut contraint à l’exil en France. En effet, il n’avait pas réussi à s’imposer en Italie et la « contre-réforme » théâtrale de Gozzi l’avait emporté.

Il demeura deux ans à la Comédie Italienne, avant d’obtenir une place de professeur d’italien à la cour de Louis XV, où il continua son écriture, mais en français maintenant
: il produira non seulement une pièce au succès tardif, Le Bourru bienfaisant (1771), mais se consacrera également à la rédaction de ses Mémoires (1787), qui nous permettent aujourd’hui de connaître sa vie de façon assez précise.

Sa pension royale fut suspendue à la Révolution, et il périt dans la misère le 6 février 1793.

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