Éphéméride 18 septembre 1959 décès de Benjamin Péret

  • Benjamin Péret est né à Rezé (Loire-Atlantique) le 4 juillet 1899. Péret arrive en 1920 dans le cercle des dadaïstes parisiens et se lie aux jeunes poètes de la revue Littérature. Lors du « procès Barrès », Péret, revêtu d’une capote de soldat français, mais parlant allemand, incarne le « soldat inconnu » venant témoigner contre le propagandiste. Cette provocation illustre le trait constant de la personnalité de Péret : un engagement absolu à la cause révolutionnaire, une hostilité inflexible à tout ce qui s’y oppose : l’armée, l’Église et, bientôt les staliniens.  Il collabore à tous les numéros de La Révolution surréaliste. Il pratique l’écriture automatique, mais plus que l’association d’idées et la métaphore, chères à Breton et à Éluard, il casse la syntaxe de la phrase.
         En 1927, Péret suit au Brésil son épouse, la cantatrice Elsie Houston, mais il en sera expulsé en 1931 pour ses activités politiques. À Paris, il retrouve le groupe surréaliste après la « trahison » d’Aragon.
     Les années 1934-1936 sont aussi celles de la collaboration avec Picasso pour De derrière les fagots (1934), Ernst pour Je sublime (1936), Tanguy pour Trois cerises et une sardine. Lors de l’insurrection militaire en Espagne, il gagne la Catalogne, travaille à la radio du POUM à Barcelone, puis s’engage sur le front d’Aragon. Il revient à Paris. Mobilisé en 1939 à Nantes, il est incarcéré pour activités subversives. Libéré sous caution, il ne tarde pas à franchir la ligne de démarcation pour rejoindre, à Marseille, André Breton, et des artistes étrangers en attente de visa pour les États-Unis. À cause de son passé politique, il n’obtient pas de visa et part pour le Mexique où il séjournera six ans avec sa compagne artiste peintre Remedios Varo. Son intérêt pour la culture indienne le conduit à établir une Anthologie des mythes, légendes et contes populaires d’Amérique. Il rentre en France en 1948 et tente de réactiver, avec Breton, le groupe surréaliste mais à l’heure où tous les chantres de la Résistance prolifèrent, son pamphlet, Le Déshonneur des poètes (1945), dirigé contre toute forme de poésie militante, lui retire beaucoup de sympathies. Les astreintes de son emploi de correcteur de presse et des conditions de vie difficiles altèrent sa santé. Il meurt le 28 septembre 1959. Sur sa tombe, au cimetière des Batignolles, figure cette épitaphe : « Je ne mange pas de ce pain-là. »

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