Éphéméride 10 mars 1940 décès de Mikhaïl Boulgakov

Né à Kiev le 3 mai 1891, mort à Moscou le 10 mars 1940, Mikhaïl Afanassiévitch Boulgakov est un écrivain et médecin russe d’origine ukrainienne, issu d’une famille d’intellectuels de Kiev.

Mikhaïl Boulgakov travaille d’abord comme médecin durant la période troublée de la Première Guerre mondiale et de la guerre civile russe. Puis, à partir de 1920, il abandonne cette profession pour se consacrer au journalisme et à la littérature, où il est confronté, tout au long de sa carrière, aux difficultés de la censure soviétique et à la grande misère matérielle. Il collabore à différentes revues et prend une part active dans la vie culturelle tout en effectuant différents petits travaux alimentaires. Faux journal intime, les Écrits sur des manchettes témoignent de l’atmosphère intense de l’époque.

Mort à seulement 48 ans, il a écrit pour le théâtre et l’opéra, mais il est surtout connu pour des œuvres de fiction comme les romans
La Garde blanche qui décrit le destin tragique d’individus pris dans le tourbillon de l’Histoire, paru en 1925, et Le Roman de monsieur de Molière, achevé en 1933 (publié en URSS, de manière expurgée, en 1962 et de manière intégrale en 1989), ou la nouvelle Cœur de chien, achevée en 1925 mais qui fut aussitôt interdit, publié en URSS en 1987.

Dès lors, constamment surveillé par la police politique, Boulgakov ne sera plus publié. La lettre qu’il écrit à Staline au début des années trente pour pouvoir quitter l’URSS, témoigne du profond désespoir auquel il est réduit. À défaut de visa, il sera autorisé à travailler comme assistant au Théâtre d’Art de Moscou sur intervention personnelle de Staline, au bon vouloir duquel il sera désormais lié. Malgré cette redoutable « protection », il sera l’objet de persécutions jusqu’à sa mort, le 10 mars 1940.

Son œuvre la plus connue est
Le Maître et Marguerite, roman plusieurs fois réécrit et retravaillé entre 1928 et 1940, publié en URSS dans son intégralité en 1973, dans lequel il mêle habilement le fantastique et le réel, de telle sorte que le fantastique passe pour réel, et le réel pour fantastique, ainsi que les époques et les lieux, Jérusalem au Ier siècle, sous Ponce Pilate, et Moscou, dans les années 1930, sous la dictature soviétique.

Fortement auto-biographique, toute son œuvre (aujourd’hui entièrement traduite en français) est traversée par le thème des rapports entre l’artiste et le pouvoir.
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