Éphéméride 11 mars 1851 création de «Rigoletto»

Rigoletto est un opéra italien en trois actes et quatre tableaux de Giuseppe Verdi, sur un livret de Francesco Maria Piave, d’après la pièce de Victor Hugo Le roi s’amuse, créé le 11 mars 1851 au théâtre de la Fenice à Venise. Il s’agit du 17e opéra du compositeur, formant avec Le Trouvère (1853) et La Traviata (1853), la « trilogie populaire » de Verdi.

À Mantoue et dans ses environs, au XVIe siècle. Rigoletto, bouffon du Duc de Mantoue, séducteur dépravé, protège secrètement sa fille Gilda à l’abri des regards et des dangers. Aussi la malédiction du Comte Monterone à son égard terrifie-t-elle Rigoletto, dont le costume de bouffon de cour cache un père aimant et protecteur.
Séduite par le Duc de Mantoue, puis enlevée par les courtisans qui la mènent jusqu’à la chambre de leur maître, Gilda s’enflamme pour son amant volage, son premier amour. Rigoletto s’estime déshonoré et entreprend de se venger du Duc, qui court se gaver d’autres femmes sitôt Gilda séduite : le bouffon engage le spadassin Sparafucile pour qu’il tue le Duc en pleine nuit.
Mais Gilda, éprise jusqu’au bout de l’homme qui l’a conquise, se glisse secrètement à sa place au moment où l’assassin doit frapper, et tombe sous ses coups : c’est le corps de sa fille que Rigoletto récupère, effondré : c’est là l’ultime volet de la malédiction de Monterone.


Centré sur le personnage dramatique et original d’un bouffon de cour, Rigoletto fit initialement l’objet de la censure de l’empire austro-hongrois. Le roi s’amuse avait subi le même sort en 1832, interdit par la censure et repris seulement cinquante ans après la première.

Ce qui, dans le drame d’Hugo, ne plaisait ni au public ni à la critique, était la description de la vie dissolue à la cour du roi de France François I
er. Dans l’opéra, le livret transfère l’action, par compromis, à la cour de Mantoue qui n’existe plus à l’époque, remplace le roi de France par le duc, et le nom de Triboulet par celui de Rigoletto.

Intense drame de passion, de trahison, d’amour filial et de vengeance,
Rigoletto offre non seulement une combinaison parfaite de richesse mélodique et de pouvoir dramatique, mais il met en évidence les tensions sociales et la condition féminine subalterne dans laquelle le public du XIXe siècle pouvait facilement se reconnaître.

« La donna è mobile », déclare le Duc de Mantoue dans cet air fameux de Rigoletto. Il a beau chanter l’inconstance de la femme, c’est avant tout la frivolité et le cynisme du Duc que pointe l’opéra de Verdi. Rigoletto dépeint une aristocratie déliquescente et des personnages emportés par l’engrenage implacable du malheur.
De sa composition de
Rigoletto réalisée en quarante jours, Giuseppe Verdi dira, à la fin de sa vie, qu’elle fut sa meilleure.

Depuis sa création en 1851 à La Fenice de Venise, l’opéra demeure un des plus populaires du maître italien du bel canto. Verdi s’éloigne pourtant avec
Rigoletto des canons du bel canto et s’il sollicite encore la virtuosité pure, c’est pour la lier à la trame dramatique, à la caractérisation des personnages : le pathétique bouffon Rigoletto, la fragile et pure Gilda, l’inconséquent et amoral Duc de Mantoue.
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