Éphéméride 20 avril 1894 naissance de Joseph Delteil

Joseph Delteil est un écrivain et poète français né le 20 avril 1894 à Villar-en-Val dans l'Aude, à 30 kilomètres au sud de Carcassonne, dans le Val de Dagne.
En 1898, son père achète une parcelle de vigne à Pieusse à 30 kilomètres plus loin du côté de Limoux. C’est là, dira Delteil, son « village natal », au cœur du terroir de la Blanquette de Limoux, « où le paysage s’élargit, où l’on passe de la forêt au soleil, de l’occitan au français ».
Il y demeure jusqu’à son certificat d’étude (1907), puis il intègre l’école Saint-Louis à Limoux. Il est ensuite élève au collège Saint-Stanislas (petit séminaire) de Carcassonne.
La parution, en 1922, de son premier roman
Sur le fleuve Amour attire l'attention de Louis Aragon et André Breton.
Delteil collabore à la revue
Littérature et participe à la rédaction du pamphlet « Un cadavre » écrit en réaction aux funérailles nationales faites à Anatole France (octobre 1924). Breton le cite dans son « Manifeste du surréalisme » comme l'un de ceux qui ont fait « acte de surréalisme absolu ».
Le 24 mai 1924, à la Soirée du Claridge où l'ancien Corps des Pages de Russie donne un bal de bienfaisance, un défilé de mode avec des costumes de Sonia Delaunay illustre un poème de Joseph Delteil
La Mode qui vient. « L'apparition de ce groupe souleva les applaudissements de la mondaine assemblée. »
La publication, en 1925, de
Jeanne d'Arc, ouvrage récompensé par le Prix Femina, suscite le rejet des surréalistes et de Breton en particulier. Cette œuvre est, pour Breton, une « vaste saloperie ».
Delteil participe au premier numéro de
La Révolution surréaliste, mais après un entretien dans lequel il déclara qu'il ne rêvait jamais, il reçut de Breton une lettre de rupture.
En 1931, il tombe gravement malade et quitte la littérature et la vie parisienne pour le sud de la France. En 1937, il s'installe à la Tuilerie de Massane à Grabels près de Montpellier où il mène jusqu'à sa mort une vie de paysan-écrivain, en compagnie de sa femme, Caroline Dudley, qui fut la créatrice de la
Revue nègre.
Dans sa retraite occitane, il entretient de solides amitiés avec les écrivains (Henry Miller,...), les poètes (Frédéric Jacques Temple,...), les chanteurs (Charles Trenet, Georges Brassens), les peintres (Pierre Soulages), les comédiens (Jean-Claude Drouot,...).
En publiant, en 1968,
La Deltheillerie, il retrouve un peu de la notoriété des années 1920, soutenu par des personnalités comme Jacques Chancel, Jean-Louis Bory, Michel Polac, Jean-Marie Drot.
Il est décédé le 16 avril 1978 à Grabels dans l'Hérault.

Comments

Éphéméride 19 avril 2001 décès d’André du Bouchet

André du Bouchet naît en France d'un père américain d'origine française mais né en Russie et d'une mère d'origine russe juive. Il passe son enfance en France jusqu’à la proclamation des lois de Vichy, qui interdisent à sa mère l'exercice de sa profession de médecin dans un hôpital public. Avec sa mère et sa sœur, il fait le trajet à pied de la région parisienne jusqu'à Pau. Sur la route, le dictionnaire de grec Bailly sera sa seule lecture. Ils empruntent le dernier paquebot pour l'Amérique au départ de Lisbonne pour rejoindre leur père qui résidait déjà aux États-Unis.
Il passe son adolescence en Amérique et poursuit des études à Amherst College et à l’Université Harvard, devenant même professeur d’anglais.
André du Bouchet revient en France en août 1948 et publie ses premiers textes critiques en français sur Hugo, Reverdy, Char, Ponge, Pasternak, Baudelaire ou Shakespeare, dans
Les Temps modernes, Critique ou Les Cahiers GLM.
Les premiers écrits poétiques des années 1950 paraissent sous la forme de plaquettes qui seront plus tard refondues dans
Dans la chaleur vacante (Mercure de France, 1961, prix de la critique ; réédité en 1991 dans la collection Poésie (Gallimard).
Sa poésie exigeante s’inscrit dans le sillage de Stéphane Mallarmé et voisine avec celle de Pierre Reverdy ou René Char.
Il est le cofondateur en 1967 avec Yves Bonnefoy et Jacques Dupin de la revue
L'Éphémère, qui accueille des poètes comme Paul Celan, Philippe Denis, Jean Daive, Alain Suied, Philippe Jaccottet, Alain Veinstein, ou des prosateurs comme Michel Leiris, Louis-René des Forêts et Pascal Quignard.
Parallèlement à son travail poétique, André du Bouchet écrit des livres de critiques d’art, sur Poussin, Seghers ou ses contemporains et amis Alberto Giacometti, Bram van Velde et Pierre Tal Coat. Ceux-ci illustreront de nombreux livres d’André du Bouchet. Il signe de nombreuses traductions comme celles de Hölderlin, Mandelstam, Faulkner, Joyce, Celan et Shakespeare.
Il obtient le Grand prix national de la poésie pour l'ensemble de son œuvre en 1983.
Installé pour une partie de l'année à Truinas dans la Drôme depuis les années 1970, André du Bouchet y décède le 19 avril 2001.

Comments

Éphéméride 18 avril 1974 décès de Marcel Pagnol

Marcel Pagnol naît à Aubagne le 28 février 1895. Fils d'un instituteur fermement laïque et d'une mère couturière, il entreprend de brillantes études. Il publie quelques poèmes dans la revue Massilia. En 1914, à peine âgé de 15 ans, il perd sa mère, avec qui il entretenait une relation fusionnelle. La même année, il créé avec quelques amis la revue Fortunio, qui deviendra Les cahiers du sud. Réformé de l'armée suite à la faiblesse de sa constitution, il obtient en 1915 une licence ès lettres et littérature vivante en anglais.

Il obtient alors différents postes de répétiteurs qui le mèneront jusqu'à Paris. Il décide alors de prendre congé de l'éducation nationale afin de se consacrer à l'art littéraire et au théâtre. Il écrit
Topaze : la pièce sera un triomphe. Fort d'une nouvelle notoriété, il décide, contre l'avis de tous, d'écrire une pièce se déroulant dans sa région de coeur, et crée Marius, l'histoire d'un jeune marseillais attiré par le large : le casting réunit Orane Demazis, Charpin et Raimu. Le triomphe sera gigantesque.

En 1926, après avoir assisté à Londres à une projection de
Broadway Melodies, un des premiers films parlant, il décide de se consacrer au cinéma, devenu parlant. Marcel Pagnol décide d'apprendre le métier par lui-même. En 1932, il se rapproche des studios Paramount afin d'y apprendre toutes les facettes du milieu. Il supervise ainsi l'adaptation cinématographique de Marius en 1931, réalisée par Alexandre Korda et reprenant l'intégralité du casting original. Le public lui donnera raison, et fera un triomphe à Marius, puis à ses suites, Fanny de Marc Allégret en 1932 et César, qu'il réalise lui même en 1936.

En 1932, Pagnol crée ses propres studios, afin de diriger totalement son tournage, et fonde une cité du cinéma. Il met en scène Charpin, Orane Demazis (avec qui il aura un fils), Fernandel, et surtout Raimu qu'il considère comme le plus grand acteur du monde et à qui il offre
La Femme du boulanger. En bon provençal, Marcel Pagnol respecte les traditions : les tournages sont souvent interrompus ou reportés en fonction de la prolongation d'une partie de boules, et l'auteur n'abandonnera jamais sa traditionnelle sieste, qu'il fera tout au long de sa vie. Qualifié de «menteur de charme» par Fernandel , il interprète lui-même tous ses personnages lors de l'écriture. Lors du tournage du Schpountz, leur sommet commun dont il écrit les dialogues au jour le jour, il se dispute avec Fernandel, qui le trouve fainéant : ils se fâcheront définitivement.

En 1941, Pagnol rencontre Jacqueline Bouvier, qui deviendra sa femme en 1951. Il lui écrira
Manon des Sources, elle restera sa compagne jusqu'à la fin.

En 1947, il est reçu à l'Académie Française. En 1954, sa fille Estelle meurt subitement, à l'âge de quatre ans. Il ne s'en remettra jamais, et renoncera au cinéma peu de temps après. Reconnu comme l'un des grands du cinéma français, il est président du Festival de Cannes 1960. Courtisé par Hollywood, il est un des seuls (avec Fernandel ) à s'y être toujours refusé.
En 1955, il reviendra un certain temps sur scène avant de se consacrer à la rédaction de ses souvenirs, qui le feront connaître du monde entier. Sa dernière grande passion sera le masque de fer, auquel il consacrera deux livres.

En 1974, le plus marseillais des parisiens meurt dans la capitale. Il est enterré au cimetière de La Treille, près de Camoins-les-Bains, dans les collines provençales de son enfance, auprès de sa mère et de sa dernière fille, Estelle. Sa tombe porte l'inscription : "
Il a aimé les sources, ses amis, sa femme".

Comments

Éphéméride 17 avril 1911 naissance d’Hervé Bazin

Capture d’écran 2016-04-17 à 14.21.37


Né à Angers, le 17 avril 1911, Hervé Bazin (Jean Hervé-Bazin à l'état-civil), petit-neveu de l'académicien catholique René Bazin, a vécu une enfance troublée très tôt par le départ de ses parents en Chine, et plus tard par son renvoi de plusieurs collèges religieux. Bachelier, premier au Concours général de sciences naturelles, licencié ès-lettres ; mais de multiples conflits familiaux perturbent sa santé et le conduisent plusieurs fois en maison de repos. Il se réfugie dans la poésie, à laquelle Paul Valéry lui conseille de renoncer. En 1934, l’auteur du
Cimetière marin l’encourage à se tourner vers la prose. En dix ans, Hervé Bazin, vivant de divers métiers, écrit alors quatre romans qu'il ne publiera jamais.
En 1946, il fonde avec un petit groupe d'amis une revue poétique,
La Coquille et reçoit l'année suivante le prix Apollinaire pour son recueil de poèmes : Jour. Il publie son premier roman, Vipère au poing en 1948 qui lui vaut le Prix des lecteurs et le révèle d'emblée au grand public. Sa vie est jalonnée de nombreux voyages (Afrique du Nord, Europe Centrale, Canada, U R. S S.), de désordres familiaux (trois mariages) et d'importants succès littéraires.
En 1949, il obtient le Prix de la Presse latine ; en 1956, l'année de
Qui j'ose aimer, un référendum des Nouvelles littéraires le consacre "meilleur romancier des dix dernières années" ; en 1957, il reçoit le Grand Prix de Littérature de Monaco ; en 1958, il est élu membre de l'Académie Goncourt au siège de Francis Carco ; en 1960, il succède à La Varende à la présidence de l'Association des écrivains de l’Ouest ; en 1967, il reçoit le Grand Prix de l'humour noir.
Il a été élu président de l'Académie Goncourt en 1973.
Il est décédé le 17 février 1996.

Comments

Éphéméride 16 avril 1844 naissance d’Anatole France

Capture d’écran 2016-04-16 à 11.30.29

Anatole France, de son vrai nom François-Anatole Thibault, est un écrivain français, né le 16 avril 1844 à Paris, décédé le 12 octobre 1924 à Saint-Cyr-sur-Loire. Il est considéré comme l'un des plus grands écrivains de la Troisième République, dont il fut également l'un des plus importants critiques littéraires, et comme l'une des consciences les plus significatives de son temps, s'engageant en faveur de nombreuses causes sociales et politiques du début du XXe siècle.
            Son père, Noël France, d'abord sous-officier légitimiste, démissionna au lendemain de la Révolution de 1830. Il tint sur le quai Malaquais, à Paris, une librairie spécialisée dans la Révolution française. La période révolutionnaire constitue l’arrière-plan de plusieurs des romans et nouvelles d’Anatole France, dont
Les Dieux ont soif, qui est considéré comme son chef-d’œuvre.
             De 1853 à 1862, Anatole France fait ses études à l'institution Sainte-Marie et au collège Stanislas. Il obtient son baccalauréat en 1864.               
À partir du début des années soixante, il travaille pour diverses libraires et revues, mais refuse de prendre la suite de son père. Sa carrière littéraire commence par la poésie. Il est disciple de Leconte de Lisle, avec qui il travaillera quelque temps comme bibliothécaire au Sénat. Il fait partie du groupe du Parnasse à partir de 1867.
              En 1876, il publie
Les Noces corinthiennes chez Lemerre. La même année, il devient commis-surveillant à la Bibliothèque du Sénat.
            Anatole France se marie en 1877 avec Valérie Guérin de Sauville dont il aura une fille, Suzanne, née en 1881 et qui mourra en 1918. En 1888, il engage une liaison avec Madame Arman de Caillavet, qui tient un célèbre salon littéraire de la Troisième République ; cette liaison durera jusqu'à la mort de celle-ci en 1910. Madame Arman de Cavaillet lui inspire
Thaïs (1890) et Le Lys rouge (1894). France divorce en 1892.              
Anatole France s'est orienté tardivement vers le roman ; il connaît son premier succès public à trente-huit ans, en 1881, avec
Le Crime de Sylvestre Bonnard, couronné par l'Académie française. Cette œuvre tranche avec le naturalisme qui règne alors.
Il devint en 1887 critique littéraire du prestigieux journal
Le Temps.
Anatole France est élu à l'Académie française le 23 janvier 1896, au fauteuil 38, où il succède à Ferdinand de Lesseps. Il y est reçu le 24 décembre 1896.
           Anatole France s'engage en faveur de nombreuses causes. Il tient plusieurs discours dénonçant le génocide arménien et soutient Archag Tchobanian, rejoint Émile Zola, avec qui il s'est réconcilié, lors de l'affaire Dreyfus ; au lendemain de la publication de
J'accuse, il signe, quasiment seul à l'Académie française, la pétition demandant la révision du procès. Il rend sa Légion d'honneur après qu'on l'eut retirée à Zola et refuse longtemps de siéger sous la Coupole. Il participe à la fondation de la Ligue des droits de l'homme. Son engagement dreyfusard se retrouve dans les quatre tomes de son Histoire Contemporaine (1897 - 1901), chronique des mesquineries et des ridicules d'une préfecture de province au temps de l'Affaire. C'est dans cette œuvre qu'il forge le terme xénophobe. Il fait un très beau discours aux funérailles de Zola : « il fut un moment de la conscience humaine » dit-il.
            France s'engage pour la séparation de l'Église et de l'État, pour les droits syndicaux, contre les bagnes militaires. Au début de la Première guerre mondiale, il écrit des textes guerriers et patriotes, qu'il regrettera par la suite, mais milite en faveur d'une paix d'amitié entre Français et Allemands, ce qui suscitera l'indignation et l'hostilité, et lui vaudra des lettres d'insultes et des menaces de mort. Il prend position en 1919 contre le Traité de Versailles, signant la protestation du groupe Clarté intitulée « Contre une paix injuste », et publiée dans
l'Humanité, 22 juillet 1919.
            Ami de Jaurès et de Pressensé, il collabore dès sa création à l'
Humanité. Proche de la SFIO, il est plus tard critique envers le PCF. S'il écrit un Salut aux Soviets, dans L'Humanité de novembre 1922, il proteste contre les premiers procès faits aux socialistes révolutionnaires. À partir de décembre 1922, il est exclu de toute collaboration aux journaux communistes. Anatole France, tout en adhérant aux idées socialistes, s'est ainsi tenu à l'écart des partis politiques, ce dont témoignent ses romans pessimistes sur la nature humaine, tels que L'Île des pingouins et surtout Les Dieux ont soif (publié en 1912) qui, à cause de sa critique du climat de Terreur des idéaux utopistes, fut mal reçu par la gauche.
            Il se marie en 1920 avec Emma Laprévotte. Il est lauréat en 1921 du prix Nobel de littérature pour l'ensemble de son œuvre, et le reçoit à Stockholm le 10 décembre.
         En 1922, l'ensemble de ses œuvres (
opera omnia) fait l'objet d'une condamnation papale (décret du 31 mai 1922).
           Pour son 80e anniversaire, au lendemain de la victoire du Cartel des gauches, il assiste à une manifestation publique donnée en son honneur le 24 mai 1924 au palais du Trocadéro. Il meurt le 12 octobre à La Béchellerie (Indre et Loire) et des funérailles nationales sont célébrées le 18 octobre 1924.

Comments

Éphéméride 15 avril 1980 décès de Jean-Paul Sartre

Jean-Paul Sartre est né le 21 juin 1905 à Paris. Fils unique d’une famille bourgeoise, il ne connaît pas son père, qui meurt un an après sa naissance. Il passe son enfance avec sa mère et ses grands-parents, les Schweitzer, et découvre la littérature dans l’imposante bibliothèque familiale. En 1917, sa mère se remarie et la famille déménage à La Rochelle. Malade, Sartre retourne à Paris en 1920 et y poursuit sa scolarité.
Il intègre le lycée Henri-IV à seize ans et retrouve celui qui deviendra son ami le plus proche, Paul Nizan. Tous deux préparent le concours d’entrée à l’École normale supérieure au lycée Louis-le-Grand et écrivent leurs premiers textes.
Ils entrent ensuite à l’ENS. Grand travailleur, il échoue pourtant au concours d’agrégation de philosophie en 1928. L’année suivante, il est reçu premier au concours ; Simone de Beauvoir, qu’il vient de rencontrer, se classe deuxième. Les concours ne sont pas mixtes à l’époque.
En 1931, il est nommé professeur au lycée du Havre. Il dirige ensuite l’Institut français à Berlin avant d’être muté au lycée Pasteur de Neuilly. Après plusieurs refus d’éditeurs, son roman philosophique
La Nausée est publié chez Gallimard en 1938.
Pacifiste, Sartre est mobilisé à Nancy au début de la Deuxième Guerre mondiale, en tant que soldat météorologiste. En 1940, il est fait prisonnier et transféré dans un camp en Allemagne. En mars 1941, il est libéré et retourne à Paris.
En 1943, il publie
L’Être et le Néant puis rencontre le succès l’année suivante avec sa pièce Huis clos. Il rejoint Camus dans le journal Combat et y décrit la libération de Paris. Il acquiert une renommée importante en tant qu’intellectuel engagé.
À la Libération, Sartre fonde à Paris la revue
Les Temps modernes où il développe sa pensée existentialiste. Elle devient l’une des revues françaises les plus connues, avec des plumes célèbres comme Simone de Beauvoir et Raymond Aron.
Sartre devient membre du Parti communiste de 1952 à 1956, ce qui entraîne sa rupture avec Camus. Figure de proue de la littérature française, il voit son influence décliner au cours des années 1960, tout comme sa santé. Il reste célèbre pour avoir refusé, en 1964, le Prix Nobel de littérature.

Opposé à la guerre d’Indochine et à l’Algérie française, Sartre n’hésite pas à prendre partie politiquement dans Les Temps modernes. Il soutient la révolution cubaine dès 1960 et encourage les événements de mai 1968.
En 1971, à l’âge de 66 ans, une première attaque laisse Sartre très affaibli. Il perd presque totalement la vue lors d’un second AVC. En 1973, il lance avec Serge July le quotidien
Libération.
À la fin de sa vie, Sartre se penche sur le conflit israélo-palestinien, souhaitant aider à créer une liaison entre les deux peuples. Il participe encore à des réunions politiques, comme en 1977 à Paris en compagnie de dissidents soviétiques.
Jean-Paul Sartre meurt le 15 avril 1980 d’un œdème pulmonaire. Sa mort entraîne des réactions considérables dans le monde. À Paris, cinquante mille personnes accompagnent son cortège lors de son enterrement au cimetière du Montparnasse.

(1938) Le Mur (1939) Les Mouches (1943) L'Être et le Néant (1943) Huis clos (1945) L'âge de raison (1945) L'existentialisme est un humanisme (1945) Morts sans sépulture (1946) La Putain respectueuse (1946) Réflexions sur la question juive (1947) Les Mains Sales (1948) Le Diable et le Bon Dieu (1951) Les Séquestrés d'Altona (1959) Critique de la raison dialectique (1960) Les Mots (1964)
La Nausée

Comments

Éphéméride 14 avril 1930 décès de Vladimir Maïakovski

Vladimir Maïakovski est un écrivain russe né le 7 juillet 1893 à Bagdadi, en Géorgie.
À la mort de son père, sa famille, dans la misère, s'installe à Moscou.
Militant actif du parti bolchevik auquel il adhère à quinze ans, il fera quelques mois de prison. C’est au cours de cette période qu’il découvre la poésie. Il commence à écrire en prison, à Boutyrskaïa en 1909, il a seize ans.

À l'automne 1911, il entre à l'école de peinture, sculpture et architecture de Moscou, et commence son œuvre de dramaturge par une pièce de théâtre intitulé
Vladimir Maïakovski.
Les premiers vers de Maïakovski sont publiés dans les recueils futuristes en 1912.
Il utilise un vocabulaire provocant qui détourne les règles de classicisme.
Il publie ensuite plusieurs recueils :
- 1915:
Un nuage en pantalons.
- 1916:
la Flûte-colonne vertébrale.
- 1917:
la Guerre et l'univers.
- 1918:
l'Homme.
Il va révolutionner les codes mêmes de la poésie en écrivant
La flûte en colonne vertébrale (1915), authentique manifeste du futurisme russe. Ce livre de poésies est aussi inspiré par sa relation à Lili Brik, la sœur d’Elsa Triolet. Ils forment le triangle amoureux classique avec le mari Ossip Brik, écrivain russe qui lui fera connaître le monde avant-gardiste russe. Lili sera sa muse et son mari Ossip, son ami et éditeur.
Rejoint par Serge Tretiakov ils créeront ensemble le journal LEF (
Levyi Front Iskusstv –Front de Gauche des Arts, en français) qui inspirera toute une génération d’artistes d’avant-gardes : l’écrivain Nikolai Aseev, Le cinéaste Eisenstein, le metteur en scène Meyerhold…
Il sera aussi l’amant d’Elsa Kagan connue en France sous le nom d’Elsa Triolet.
Il réalise pendant une longue période des légendes d'affiches publicitaires, des caricatures satiriques.
Après avoir participé activement à la révolution d’Octobre en 1917, il se met au service de Lénine auquel il dédie l’un de ses plus beaux poèmes
Lénine. Il écrit sur la révolution, en particulier une pièce Mystère-Bouffe dans laquelle sa manière satirique et épique de parler la révolution commence à lui attirer des ennuis. C’est le début d’un conflit incessant avec les instances du parti, ce qui le mine et le déprime, alors qu’il parcourt le monde comme ambassadeur de la révolution russe à Londres et à Paris.

En 1923, Maïakovski fonde la LEF (« Front de gauche de l'art ») où il prône une position fonctionnaliste de l'art. Néanmoins au cœur même de la LEF, il rencontre de farouches opposants, qui finissent par le pousser à continuer son chemin autrement (Création du REF).

Il adhère à la RAPP, organisation littéraire révolutionnaire, où il ne sera jamais considéré suffisamment à son goût .
En 1924, c’est la rupture définitive avec Lilli. Il part aux États-Unis pour une série de conférence et rencontre à New York une jeune émigrée russe Elly Jones, dont il aura une fille, Patricia Jones Thompson.


Il poursuit une vie sentimentale compliquée, il s’y use… Sa dernière compagne Veronika Polonskaïa assistera à ses ultimes moments, impuissante à contrer les sentiments de Maïakovski qui va de désillusions en désillusions sentimentales, mais surtout politiques. Les bolcheviks ne lui font aucun cadeau. Il voit la révolution, sa révolution sombrer dans une dictature infaillible et inhumaine.
Le 14 avril 1930, à 10h15, à l’^age de trente-sept ans, il se tire une balle en plein cœur, lui qui appelait la jeunesse à vivre à la mort de Sergueï Essenine, le 28 décembre 1925, suicidé par désespoir et qui se pend dans la chambre n°5 de l’Hôtel d’Angleterre à Leningrad, après avoir laissé un dernier poème écrit avec son sang.
Ses funérailles furent nationales à la demande de Staline. Pas sûr que Maïakovski eut apprécié.


http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/maiakovski.html

Quelques œuvres de Maïakovski :



    Comments

    Éphéméride 13 avril 1906 naissance de Samuel Beckett

    Samuel Beckett naît le 13 avril 1906 à Foxrock, dans la banlieue de Dublin.
    Son père était métreur vérificateur. Sa mère, profondément croyante, était protestante en pays catholique. Il avait un frère aîné, Frank.
    Il mène une enfance classique de petit protestant irlandais, entre hymnes et psaumes. Sportif et studieux, il s'attelle à l'apprentissage du français. En 1926, il est lecteur d'anglais à Paris, où il fait la connaissance de James Joyce.

    En 1929, Beckett publie son premier ouvrage, essai critique destiné à prendre la défense de la démarche et du style de James Joyce.
    E
    n 1930, il est assistant de français à Dublin.
    En 1931, il publie un essai sur Proust.
    Il cesse d'enseigner en 1932 pour se consacrer à l'écriture.
    En 1934, le Dublin Magazine publie son poème Gnome, inspiré par une lecture de Goethe.

    En 1938, il commence à fréquenter Suzanne Dechevaux-Dumesnil, qu'il épouse en 1961. Ils n'auront pas d'enfant.

    Il s'installe définitivement à Paris, à la veille de la Seconde guerre mondiale. Après avoir essuyé plus de trente-cinq refus, son roman Murphy trouve enfin un éditeur.
    Beckett est en Irlande lorsque la guerre éclate. Il se dépêche alors de revenir en France, déclarant préférer « la France en guerre à l'Irlande en paix ». Il participe d'ailleurs à la Résistance contre le nazisme.
    Après la guerre, définitivement fixé à Paris, Beckett décide d'écrire en français.

    Ses débuts d'écrivain sont difficiles : personne ne veut le publier. Murphy est son premier roman. Il s'attache ensuite à l'écriture de trois romans qui convainquent l'éditeur Jérôme Lindon, aux éditions de Minuit : Molloy (1951), Malone meurt (id.) et l'Innommable (1953).

    Le succès arrive avec le théâtre, et en particulier sa pièce la plus célèbre aujourd'hui : En attendant Godot, parue en 1953. Ses travaux, quoique de plus en plus espacés dans le temps, seront poussés jusqu'à l'extrême recherche du néant du langage, et couronnés par un prix Nobel en 1969, qu'il ne refuse pas mais qu'il ne va pas chercher lui-même.
    Il décède le 22 décembre 1989 à Paris.

    Comments

    Éphéméride 12 avril 1704 décès de Jacques-Bénigne Bossuet

    Jacques-Bénigne Bossuet est né à Dijon, le 27 septembre 1627, d’une famille « parlementaire ». Il fit ses études d’abord chez les Jésuites de sa ville natale, puis à Paris au collège de Navarre, et il se distingua de bonne heure à la fois par son intelligence et par sa puissance de travail. Ordonné prêtre en 1630, il alla résider à Metz, avec le titre d’archidiacre de Sarrebourg ; et jusqu’en 1659 il y prononça de nombreux sermons et panégyriques. Là aussi il commença à rédiger des ouvrages de controverse, pour ramener à l’Église les nombreux protestants et Israélites qui habitaient la Lorraine. En 1659, il vient s’établir à Paris, et jusqu’en 1670, il y prêche des Avents et des Carêmes. En 1669, il avait été nommé évêque de Condom (Gers), mais il s’était démis de son évêché pour accepter la place de précepteur du Dauphin, fils de Louis XIV. Absorbé par ce préceptorat, Bossuet ne prêche plus que rarement ; mais il prononce plusieurs oraisons funèbres. En 1681, il devient évêque de Meaux. Il publie en 1688 l’Histoire des variations des églises protestantes et les Avertissements aux protestants (1689-1691). De 1694 à 1699, son activité est presque entièrement absorbée par l’affaire du quiétisme. Il meurt le 12 avril 1704.

    Comments

    Éphéméride 11 avril 1922 naissance d'Antoine Blondin

    Antoine Blondin, né le 11 avril 1922 à Paris, mort le 7 juin 1991 à Paris, est un écrivain français. Romancier et journaliste, il est connu également sous le pseudonyme de Tenorio et reste associé au mouvement des Hussards.

    Fils de la poétesse Germaine Blondin et d’un père correcteur d’imprimerie, il est un brillant sujet à l’école, collectionnant les prix et les récompenses.

    Après des études aux lycées Louis-le-Grand à Paris et Corneille à Rouen, il obtient une licence en lettres à la Sorbonne.

    Sous l’Occupation, il est envoyé en Allemagne dans le cadre du STO, expérience qui lui inspire
    L’Europe buissonnière (1949).

    Avec ce premier roman, il capte l’attention d’auteurs comme Marcel Aymé et Roger Nimier qui lui accordent aussitôt leur amitié. Le livre obtient le Prix des Deux-Magots.

    D’autres romans suivent (
    Les Enfants du bon Dieu, L’Humeur vagabonde), qui confirment son talent de plume et la singularité d’un style se situant entre Stendhal et Jules Renard.

    Journaliste engagé, il collabore à de nombreux journaux et notamment à la presse de droite et même d’extrême-droite
    : Aspects de la France, La Nation française et Rivarol. Il est aussi lié au groupe des Hussards. Il participe à l’aventure de La Table ronde.

    Journaliste sportif également, il est l’auteur de nombreux articles parus notamment dans
    L’Équipe. Il suivra pour ce journal vingt-sept éditions du Tour de France et sept Jeux olympiques, et obtiendra le Prix Henri Desgrange de l’Académie des sports en 1972.

    Ses chroniques sur le tour de France ont contribué à forger la légende de l’épreuve phare du sport cycliste.

    Buvant souvent plus que de raison, il a évoqué avec des accents céliniens la passion de l’alcool dans
    Un singe en hiver (1959), que Henri Verneuil a adapté pour le cinéma sous le même titre.

    Il a marqué le quartier de Saint-Germain-des-Prés de ses frasques, jouant à la « corrida » avec les voitures, multipliant les visites dans les bars et collectionnant les arrestations dans un état d’ébriété avancée (cf. son roman autobiographique
    Monsieur Jadis ou L’École du soir). À la fin, il n’avait presque plus d’amis, ni de famille.
    Comments