Georges Bataille
LA SYMBOLIQUE DES MOYENS DE TRANSPORT DANS L’OEUVRE ROMANESQUE DE GEORGES BATAILLE
Wafa
GHORBEL
De prime abord, les
moyens de transport ne constituent que des éléments accessoires
parmi tant d’autres dans l’oeuvre romanesque de Georges Bataille.
Ils permettent, conformément à l’usage habituel, le déplacement des
personnages dans l’espace, leurs promenades, leurs voyages, tout en
favorisant leurs rencontres et leurs séparations. Toutefois, une
observation attentive permet de détecter la place importante et
considérablement symbolique qu’occupent ces véhicules batailliens
au sein de leur univers fictionnel. Publics ou privés, collectifs
ou individuels, mécaniques ou naturels, terrestres, maritimes ou
aériens, ils dépassent le cadre de leurs fonctions originelles
utilitaires pour assumer des rôles beaucoup plus abstraits et
inconstants au gré des situations fictionnelles qui occasionnent
leurs apparitions. Chevaux, vélos, automobiles (voitures, taxis,
fiacres, coupés, corbillards, camionnettes), trains, bateaux
(barques, yachts) et avions emplissent l’oeuvre d’arrivées et de
départs, de retrouvailles et de ruptures, d’espoir et de
déceptions, de plaisir et de souffrance, d’amour et de mort. Ils
permettent d’entreprendre, parallèlement au déplacement dans
l’espace, un voyage périlleux, néanmoins libérateur, dans l’univers
intérieur des personnages, un pèlerinage au temple des profondeurs
ténébreuses de leur être, de leur obscur inconscient. Ce voyage
serait l’équivalent d’une quête spirituelle de soi, d’une série
d’épreuves préparatoires à l’initiation bataillienne, d’une
progression existentielle ayant pour ultime station, pour but final
la réalisation du « surhomme » nietzschéen.
http://melusine.univ-paris3.fr/astu/Ghorbel.pdf
