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Crime et châtiment au Musée d'Orsay

Le titre est assez explicite; l’exposition montre deux siècles d’art, commençant en 1791 lorsque Louis-Michel Le Peletier de Saint-Fargeau réclame la suppression de la peine de mort, et s’arrêtant au 30 septembre 1981, date du vote de son abolition en France.

© Musée Fabre de Montpellier Agglomération – photo Frédéric Jaulmes

Durant toutes ces années, la littérature a créé d’innombrables personnages de criminels. Le titre de l’exposition est lui-même emprunté à Dostoïevski. Dans la presse, notamment dans les quotidiens illustrés, le crime de sang décuple par la fiction du romanesque sa puissance fantasmatique.
Dans le même temps, le thème criminel investit les arts visuels. Chez les plus grands peintres, Goya, Géricault, Picasso ou Magritte, les représentations du crime ou de la peine capitale sont à l’origine d’œuvres saisissantes. Le cinéma également assimile sans tarder les charmes troubles d’une violence extrême, sa représentation la transformant même en plaisir, voire en volupté.
Voilà donc un beau sujet original pour une exposition. Au-delà du crime, il s’agit de poser encore et toujours le problème du Mal, et au-delà de la circonstance sociale, l’inquiétude métaphysique. À ces questions, l’art apporte un témoignage spectaculaire. Esthétique de la violence, violence de l’esthétique, cette exposition ne saurait que les réconcilier en rapprochant des images de toutes sortes, littérature et musique.

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