Litterature, Art

Cendrars Delaunay Prose du Transsibérien

Miriam Cendrars, la fille du poète, âgée de 91 ans, vient d'autoriser la réimpression de 2 000 exemplaires de l'oeuvre dans un magnifique coffret, à l'occasion du 50e anniversaire de la mort de son père.

C’est un coffret, contenant  ce fac-similé et un beau livre dans lequel la fille du poète introduit l’œuvre et donne quelques informations .

La voilà, cette « oeuvre simultanée » créée en 1913 qui se déroule devant nous sur toute sa hauteur, livre accordéon pour un long poème illustré par Sonia Delaunay qui « traduit en couleurs contrastées les émotions qu’elle ressent et transmet tout le long des vers ».
En ce temps-là j’étais en mon adolescence
J’avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance
J’étais à 16 000 lieues de ma naissance

J’étais à Moscou, dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares et je n’avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours
Car mon adolescence était alors si ardente et si folle
Que mon cœur, tour à tour, brûlait comme le temple d’Ephèse ou comme la Place Rouge de Moscou
Quand le soleil se couche.
Et mes yeux éclairaient des voies anciennes.
Et j’étais déjà si mauvais poète
Que je ne savais pas aller jusqu’au bout.

Après la vision « simultanée » des paroles de Cendrars dans leur particulière typographie, alliées aux couleurs qu’elles inspirent à Sonia Delaunay (1913), on lira la version de 1919, également reproduite ici, qui, « dédiée aux musiciens », appelle à tendre l’oreille aux sonorités, aux cadences et aux vibrations de la voix intérieure du poète.

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