Cendrars Delaunay Prose du Transsibérien
C’est un
coffret, contenant ce fac-similé et un beau
livre dans lequel la fille du poète introduit l’œuvre
et donne quelques informations .
La voilà,
cette « oeuvre simultanée » créée en 1913
qui se déroule devant nous sur toute sa hauteur,
livre accordéon pour un long poème illustré par Sonia
Delaunay qui « traduit en couleurs contrastées
les émotions qu’elle ressent et transmet tout le long
des vers ».
En ce
temps-là j’étais en mon adolescence
J’avais à
peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de
mon enfance
J’étais à
16 000 lieues de ma naissance
J’étais
à Moscou, dans la ville des mille et trois clochers
et des sept gares et je n’avais pas assez des sept
gares et des mille et trois tours
Car mon
adolescence était alors si ardente et si folle
Que mon
cœur, tour à tour, brûlait comme le temple d’Ephèse
ou comme la Place Rouge de Moscou
Quand le
soleil se couche.
Et mes
yeux éclairaient des voies anciennes.
Et j’étais
déjà si mauvais poète
Que je ne
savais pas aller jusqu’au bout.
Après
la vision « simultanée » des paroles de Cendrars dans
leur particulière typographie, alliées aux couleurs
qu’elles inspirent à Sonia Delaunay (1913), on lira
la version de 1919, également reproduite ici, qui, «
dédiée aux musiciens », appelle à tendre l’oreille
aux sonorités, aux cadences et aux vibrations de la
voix intérieure du poète.
