Nathalie Zajde Les enfants cachés en France
Éditions Odile Jacob
Présentation de l'éditeur
« Ils s’appellent Boris Cyrulnik, Serge Klarsfeld, Saül Friedlander, André Glucksmann, Sarah Kofman, Simha Arom… C’étaient de petits enfants juifs durant la guerre. Ils étaient destinés à périr dans les camps de la mort. Ils ont miraculeusement été sauvés.
On appelle « enfant caché » un survivant juif qui était enfant pendant la Shoah et qui a dû dissimuler son identité afin d’échapper à l’arrestation, la déportation et l’extermination. La France fut l’un des rares pays où une solide organisation de sauvetage des enfants juifs a pu être mise en place, et elle fut particulièrement efficace. De toute l’Europe occupée, c est-elle qui a réussi à sauver le plus grand nombre d’enfants juifs.
Mais que s’est-il passé dans la tête de tous ces enfants pris dans la tourmente de la persécution meurtrière antisémite ? Comment ont-ils réagi au fait que les autorités avaient décidé de les tuer parce qu’ils étaient juifs ? Comment dès lors, ont-ils réagi à cette agression identitaire ? »
Biographie de l'auteur
Nathalie Zajde est maître de conférences en psychologie à l université Paris-VIII. Elle mène ses recherches au Centre Georges Devereux, au sein de l’équipe d ethnopsychiatrie du professeur Tobie Nathan. Elle a créé en France les premiers dispositifs de prise en charge psychologique des enfants cachés et descendants de survivants de la Shoah. Elle a notamment publié, chez Odile Jacob, Enfants de survivants et Guérir de la Shoah.
L'Enfance au Moyen-Âge
Un dossier important permet de découvrir et de comprendre les fonctionnements, les mentalités et les modes de vie de la société médiévale à travers le fil conducteur de l'enfance.
Cinq thèmes l'approfondissent à travers une très riche iconographie : les âges de la vie au Moyen Âge.
«La famille de la fin du Moyen Âge est une famille nombreuse. Son modèle est celui du noyau conjugal avec plusieurs enfants, jusqu'à huit ou dix. Cette famille "nucléaire" n'est pas plus stable que celle d'aujourd'hui, mais pour des raisons différentes : le divorce est interdit par l'Église, même si dans la haute aristocratie la séparation entre les époux existe dans les faits ; en général, c'est la mort qui sépare les familles. Le père décède souvent avant la mère, obligeant celle-ci à se remarier pour nourrir sa progéniture.La plupart des enfants habitent donc avec un beau-père, parfois avec une belle-mère ou "marâtre". Eux-mêmes ne sont pas épargnés par la mort. Un enfant sur trois n'atteint pas l'âge de 5 ans, un sur deux seulement fête ses 20 ans… Ce n'est qu'une moyenne : aux périodes fastes, les enfants survivent majoritairement ; à d'autres, comme pendant la Peste noire de 1348, ils décèdent presque tous. Malgré la fragilité de leur existence, qui rend toujours incertaine aux yeux des parents leur survie au-delà des premiers mois, les enfants sont désirés et entourés d'affection.»
Art Spiegelman Metamaus
Il y a un quart de siècle l'artiste new-yorkais publiait un inoubliable roman graphique sur la Shoah. Aujourd'hui il en donne les clés.
Art Spiegelman est le seul auteur de bande dessinée a avoir reçu le prix Pulitzer.
Présentation de l'éditeur
Vingt-cinq ans après la publication de MAUS (prix Pulitzer 1992), Art Spiegelman revient sur le chef-d'oeuvre qui a changé à jamais notre vision de la littérature, de la bande-dessinée et de l'Holocauste. Art Spiegelman explore les questions cruciales soulevées par MAUS (Pourquoi l'Holocauste? Pourquoi les souris? Pourquoi la BD?) et propose une oeuvre essentielle sur le processus de création. METAMAUS est accompagné d'un DVD comprenant la version numérisée de L'intégrale MAUS : un survivant raconte, assortie d'archives sonores très fournies des enregistrements de son père, survivant des camps, de documents historiques, ainsi que d'une multitude de carnets personnels et de croquis. Intime et fascinant, METAMAUS est appelé à devenir un véritable classique.
MetaMaus, par Art Spiegelman, traduit par Nicolas Richard. Avec un DVD. Flammarion, 300 p., 30 euros.
Vuillaume Souvenirs de la Commune
Première
publication intégrale :
Maxime
Vuillaume,
Mes Cahiers rouges. Souvenirs de la
Commune
Présentation
de Maxime Jourdan
Présentation
de l'éditeur
Ici
restitués pour la première fois dans leur
intégralité, Mes
Cahiers rouges - parus
entre 1908 et 1914 dans les célèbres
Cahiers
de la Quinzaine de Charles
Péguy - constituent un classique de la littérature
communarde. Durant l'Année terrible, leur auteur,
Maxime Vuillaume (1844-1925), fut constamment aux
premières loges, tantôt comme spectateur, le plus
souvent comme protagoniste. Engagé volontaire dans la
Garde nationale, il participe aux journées
insurrectionnelles des 31 octobre 1870 et
22 janvier 1871. À compter du mois de mars,
c'est par la plume qu'il poursuit son combat, en
fondant l'un des journaux les plus lus - et
certainement le plus populaire - de la révolution
communaliste :
Le
Père Duchêne. Au cours
de la Semaine sanglante, enfin, il n'hésite pas à
prendre les armes pour résister à l'assaillant
versaillais.Rédigés
dans un style franc et direct, Mes
Cahiers rouges ressuscitent
tout un pan de l'histoire de France, trop souvent
négligé :
l'opposition tumultueuse au Second Empire décadent,
le siège de Paris, cette fraternelle utopie que fut
la Commune de 1871, avec ses joies, son allégresse,
ses déboires et ses désillusions. Des pages plus
sombres également :
la brutalité et la férocité de la répression, la
proscription et son lot de souffrances, le retour des
exilés et la nostalgie d'un espoir
assassiné.Aux
antipodes de la solennité et du ton compassé qui
caractérisent les traditionnels Mémoires,
l'écriture incisive et alerte de Vuillaume conduit le
lecteur à travers la ville révoltée, le fait
sursauter quand claque un coup de feu, l'emplit
d'effroi lorsqu'un communard est exécuté. Un livre
vivant. Bien vivant. À (re)découvrir avec
délectation.
Paris, La Découverte, coll. «Cahiers libres»
avril 2011, 720 pages
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ISBN : 9782707164865
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Prix : 27,50 euros
Laure Murat L'Homme qui se prenait pour Napoléon
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Par l’auteur de « La Maison du Dr Blanche »
Laure
Murat, L’homme qui se prenait pour Napoléon. Pour une
histoire politique de la folie, Paris, Gallimard,
2011, 379 p., 24,90 €.
Personne
n’échappe à l’histoire et surtout pas à la folie de
ses événements les plus fous. Chaque crise entraîne
une réaction de l’esprit et sa déstabilisation,
jusqu’à la déraison parfois, comme le prouve
magnifiquement Laure Murat dans son dernier livre. Si
l’on devient fou à cause de Dieu, de l’argent ou de
l’amour, on le devient aussi sous la pression des
« crises » historiques, et comment
délire-t-on l’Histoire ?
Comment s’élabore et s’articule, depuis la fin du
XVIIIe siècle et jusqu’à 1871, le discours entre
l’idéologique et le pathologique ?
Que se passe-t-il entre la Révolution et le retour à
l’ordre, entre 1789
et 1871 ?
Analyse du livre ici
E. Todd, L'origine des systèmes familiaux
Le Mot de l'éditeur : L'origine des systèmes familiaux
On connaît les apports décisifs d’Emmanuel Todd à l’anthropologie, particulièrement au rôle des types familiaux dans le temps. Au commencement, il y eut la volonté de montrer que la diversité des structures familiales traditionnelles explique les trajectoires de modernisation. Ainsi, la carte du communisme recouvrait-elle celle de la famille communautaire, associant l’autorité du père à l’égalité des frères ; la famille nucléaire absolue anglaise, libérale pour ce qui concerne les rapports entre parents et enfants mais indifférente à l’idée d’égalité, fut le substrat nécessaire aux développements de l’individualisme et du libéralisme politique anglo-saxons ; la famille nucléaire égalitaire du Bassin parisien, structurée par les valeurs de liberté des enfants et d’égalité des frères, légitimait l’idée a priori d’une équivalence des hommes et des peuples ; la famille souche, système fondé sur l’autorité du père et l’inégalité des frères, fut en Allemagne et au Japon le socle d’idéologies ethnocentriques dans le contexte de la transition vers la modernité. Pour autant, comment expliquer cette fragmentation de l’espèce humaine, sinon en remontant à l’unicité originaire, si elle avait jamais existé ? Au terme d’une enquête menée depuis plus de vingt ans, impliquant l’examen et la mise en fiche des organisations familiales de centaines de groupes humains préindustriels, Emmanuel Todd identifie et définit une forme originelle, commune à toute l’humanité : la famille nucléaire. Il reconstitue le processus de différenciation qui a mené aux émergences, successives ou simultanées, des divers types anthropologiques observables à la veille du déracinement urbain et industriel. Pour cela, il recourt à une anthropologie diffusionniste et non plus structuraliste et il emprunte à la linguistique le principe du conservatisme des zones périphériques. Il apparaît alors que l’Europe, placée sur la périphérie de l’Ancien monde, est sur le plan familial un conservatoire de formes archaïques ; nous sommes restés, pour ce qui concerne l’organisation anthropologique, assez proche de la forme originelle. Pour avoir ignoré des évolutions familiales paralysantes pour le développement technologique et économique, l’Europe a été, durant une brève période, « en tête » de la course au développement, bien que l’Occident n’ait inventé ni l’agriculture, ni la ville, ni le commerce, ni l’élevage, ni l’écriture, ni l’arithmétique.
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Editeur Gallimard
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collection NRF essais |
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Date de parution
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09/09/2011
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ISBN
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2070758427
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Archives de la vie littéraire sous l'Occupation
Robert O. Paxton (Sous la direction de), Olivier Corpet (Sous la direction de), Claire Paulhan (Sous la direction de)
Présentation de l'éditeur
Depuis la « montée des périls » jusqu'aux lendemains de la Libération, quelle a été la vie quotidienne des intellectuels français ? De quels enjeux ont-ils été les otages ou les porte-parole ? Quelles formes ont-ils données à leurs débats politiques et moraux, à leurs angoisses et à leurs espoirs ? Les questions, les archives déposées à l'Institut Mémoires de l'Édition contemporaine (IMEC) - et les documents provenant de la New York Public Library (NYPL), du Mémorial de Caen, du Deutsches Literatur Archiv de Marbach, de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et de collections privées - répondent avec sensibilité et réalisme : plus de six cent cinquante pièces d'archives sont présentées ici, illustrant la difficile situation des représentants de l'« intelligence en guerre », tout au long de ces « années noires ». Qu'ils soient collaborateurs, attentistes, déportés, prisonniers, résistants de la première ou de la dernière heure, en exil ou dans la clandestinité, les intellectuels français se sont abondamment servis de la première de leurs armes : les mots. Pris dans l'engrenage du « désastre » dont parle Jacques Maritain, entraînés au « fond de l'abîme » qu'évoque Henri Bergson, écrivains et artistes, poètes et philosophes, directeurs de revues, journalistes, imprimeurs sont confrontés à une guerre totale, méthodiquement dirigée « contre l'Esprit ». Bien qu'occulté par les stratégies des hommes politiques et des militaires, leur rôle s'avère pourtant décisif : c'est que l'affrontement a lieu aussi au cœur même des pages des revues littéraires et poétiques et, en particulier autour de La Nouvelle Revue française - l'une des trois « puissances » françaises que les nazis veulent s'approprier : « Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu'à ce qu'elle étouffe, écrit Jean Paulhan en février 1944, pour symboliser la Résistance intellectuelle. Elle n'étouffera pas sans t'avoir piqué. C'est peu de choses, dis-tu. Oui, c'est peu de choses. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu'il n'y aurait plus d'abeilles. »
- Broché : 446 pages
- Éditeur : Tallandier (20 mai 2009)
- Collection : ALB. ILLUSTR
- Langue : Français
- ISBN-10 : 284734585X
- ISBN-13 : 978-2847345858
P. Convert, Raymond Aubrac
Présentation de l'éditeur
Dès 1940, Raymond Aubrac s'est engagé dans la Résistance à Lyon avec son épouse et complice Lucie. Né Raymond Samuel, il devient Aubrac dans la clandestinité. Il est aujourd'hui l'un des derniers grands témoins de cette époque et le dernier survivant de l'arrestation de Caluire, au cours de laquelle Jean Moulin fut arrêté. Au cours de trois années d'entretiens réguliers, l'ancien résistant, toujours pétillant, s'est confié à Pascal Convert. Des négociations discrètes qu'il a menées à la demande de Jean Moulin au moment de la création de l'Armée secrète durant la Résistance à son rôle de messager entre Hô Chi Minh et les présidents Johnson et Nixon durant la guerre du Vietnam, il semble bien difficile de suivre cet homme dont le visage s'efface dans les volutes de fumée de sa pipe. Son voyage nous mène de Prague à Pékin, Berlin, Genève, Rabat, Rome et New York. A partir de ce témoignage direct et grâce à de nombreuses archives inédites, Pascal Convert a conçu un texte à deux voix qui rend avec justesse et minutie le détail du parcours de cet homme singulier à travers le siècle. Dans un récit honnête et vif, sans grandiloquence ni manichéisme, leurs deux voix se conjuguent pour témoigner d'une histoire et d'un passé dont le souvenir reste encore vivace plus de soixante ans après, un passé qui continue de travailler l'actualité. L'occasion de rappeler que l'Histoire est d'abord faite par des hommes.
- Broché: 741 pages
- Editeur : Seuil (10 mars 2011)
- Collection : Biographie
- Langue : Français
- ISBN-10: 2021000915
Jacqueline de Romilly, Jeanne
La scène est racontée dans le livre bouleversant que l'académicienne a écrit sur sa mère. En 1977, à la mort de Jeanne Malvoisin, Jacqueline de Romilly avait rédigé un texte intitulé simplement Jeanne, du prénom de l'intéressée. Elle vient d'être élue à l'Académie des inscriptions et belles lettres, couronnement de sa carrière, mais tient à dire sa piété filiale à celle qui ne vécut que pour le bonheur de sa fille. Jusqu'à ses derniers jours. Elle clôt son livre par ses mots, presque dans les larmes : « Je ne vais pas, je ne veux pas, parler de la mort de Jeanne. C'est affaire entre elle et moi.»
La Une des journaux le 12 novembre 1918
.
Le Temps est “l’ancêtre” du journal Le Monde.
Voici le lien pour feuilleter quatre pages du journal.
La Croix ici
L’Humanité ici
Le Figaro ici
R. Darnton Le Diable dans un bénitier
L’historien
américain Robert Darnton, directeur de la
bibliothèque de Harvard, passionné par le devenir de
l’Internet autant que par la France du
XVIIIe siècle, explore avec distance et
fulgurance un genre qui fit trembler la
cour :
le libelle.
Une étude de cet ouvrage par Antoine Lilti
sur le
site de La Vie
des idées :
téléchargeable ici en
pdf
Le dernier journal «à l'ancienne» : Le Démocrate
L’Aisne Nouvelle : Article : Le Démocrate : un journal de caractère
« Ils sont trois, trois caractères passionnés de lettres, de textes et de mots. Sur le terrain, Laure la journaliste, à la linotype Dominique Picard plus de trente-cinq ans de maison et son camarade Serge Dussart le typographe-imprimeur. À eux trois, ils font tourner la « boutique » du dernier journal français qui a du plomb dans les pages : Le Démocrate de l’Aisne.
Véritable lien avec le territoire, cet hebdomadaire est tout un symbole de fabrication à l’ancienne. Créé en 1906, par Pascal Ceccaldi il est le dernier journal français composé et imprimé au plomb sur des machines du début du siècle. À l’époque, la composition se fait lettre par lettre avec des caractères mobiles.Aujourd’hui, le travail continue sur des lignes entières de plomb et cela depuis 1936. Installée dans les anciennes écuries de la gendarmerie, l’imprimerie est le site touristique le plus visité de la ville. Plusieurs générations de lecteurs Eh oui, les visiteurs, Le Démocrate, il connaît. Tout au long de l’année, ils arrivent de partout afin d’observer la passion de tout un métier en disparition. Dans le cadre de l’opération Savoir-Faire en Thiérache l’atelier reçoit les anciens exploitants de l’Union Syndicaliste Agricole de l’Aisne du canton de Vervins. Lors des différentes interventions Laure précise que 90 % des lecteurs sont des abonnés sur plusieurs générations.Laure : « Certains de nos lecteurs ont quitté la ville pour se retrouver à l’autre bout du monde comme l’Australie ou le Chili. Leur seul lien avec le territoire c’est le Démocrate. » De jolis moments aux odeurs d’encre et couleurs de plomb. […] »
Le lazaret d'Effry
Je relaie donc provisoirement, en DR.
Le lazaret d’Effry
La
Thiérache est la région nord-est de l’Aisne, qui
correspond à peu près à l’arrondissement de Vervins.
Lorsque l’on suit la nationale 2, qui traverse tout
le département du sud au nord, on glisse
insensiblement, après Laon, aux environs de Marle, de
paysages plats et ouverts typiques du bassin
parisien, vers un relief plus doux, vaguement ondulé,
plus boisé et plus verdoyant. La pierre disparaît des
constructions – les villages sont de briques rouges.
L’élevage est plus présent, et on découvre ça et là
de petits troupeaux de moutons. C’est le pays des
églises fortifiées, qui attestent une histoire
guerrière très ancienne, tout comme les noms des
villages – Malassises, La Désolation, Malaise, la
Tour du Diable… Pays redevenu rural, après, dans la
seconde moitié du XIXe siècle, un essor
économique, très typique de la région, où de petites
industries familiales s’étaient implantées dans des
bourgs agricoles. Ainsi, le long de l’Oise,
fleurissent des usines, et des cités ouvrières. Ce
développement est aujourd’hui bien loin – les
industries ont fermé. Mais restent, à Vervins, à
Hirson, de grandes demeures bourgeoises, de briques
elles aussi.
L’Aisne, et spécifiquement la Thiérache, est une zone
frontalière. Sur ses routes sont passées les armées,
toujours. Sans remonter à Clovis et Soissons, l’Aisne
se situe dans cette région stratégique des conflits –
et principalement des guerres franco-allemandes.
L’Aisne, c’est le Chemin des dames, qui barre sur les
cartes le département en son milieu. C’est
aujourd’hui un des départements les plus pourvus en
cimetières militaires – de toutes nations. En 1914,
le département est, comme ses voisins picards, le
théâtre de l’avancée fulgurante des armées
allemandes, et il est, aussi, le lieu où les armées
alliées purent arrêter la progression des soldats
impériaux. L’Aisne va vivre les années de guerre
coupée en deux – elle s’articule autour de cette
immense ligne de front du Chemin des Dames. Pendant
cinq ans, le sud de l’Aisne est français, et le nord,
la Thiérache, est allemand.
Effry est un tout petit village de Thiérache. Il
compte aujourd’hui à peine plus de 400 habitants.
L’Oise y coule tranquillement. Il ne reste plus rien
aujourd’hui des bâtiments du lazaret,
l’hôpital militaire de la VIIe armée impériale
allemande, où en 1917, en 9 mois, devaient périr 688
personnes, militaires et civiles, hommes et femmes,
adultes et enfants, Français, Belges, Russes,
Roumains, Italiens, Allemande.
L’année
1917
L’année 1917 est une année décisive dans le
déroulement de la première guerre mondiale. Les USA
rentrent en guerre, la Russie soviétique en sort. Sur
le front ouest, les allemands commencent enfin à
céder le pas. Noyon, Péronne et Roye sont reprises
par l’armée française. Le 16 avril 1917, Nivelle
lance une offensive générale. 1917, c’est l’année du
Chemin des dames, c’est également l’année des
mutineries, ces « grèves générales » des
Poilus. C’est en 1917 que le « lazaret » du
docteur Michelsohn est installé à Effry.
La
Thiérache occupée
L’occupation de l’armée impériale dans le Nord de la
France fut très dure, et le souvenir s’en perpétue
encore, en 2008. La logique de la machine de guerre
du Reich imposait que les territoires occupés fussent
directement affectés, économiquement, à nourrir les
troupes allemandes. Des levées
de populations civiles eurent lieu au coup par coup,
pour les moissons ou les travaux de voirie. Les
hommes seuls furent d’abord employés par l’armée.
Puis, en 1917, la « levée générale » fut
décrétée pour toutes les femmes de 15 à 45
ans.Les
soldats du Reich vivaient « sur
l’occupant », et cette occupation
« privée » du territoire se fait bien
sentir dans la pratique de vie « chez
l’habitant ». Les officiers prussiens
choisissent des demeures bourgeoises, s’installent
chez les nantis de Thiérache. Ainsi les cahiers d’une
habitante de Sains-Richaumont, Mme Déruelles,
femme et fille de médecin, liée à la bourgeoisie
éclairée de Thiérache, issue de la première
révolution industrielle, attestent cette pratique.
Cette femme raffinée, éprise d’art et aux convictions
fortes, s’indigne du comportement des officiers
vivant chez elle, qui « fument » dans son
salon, qui urinent dans les gouttières. Elle
mentionne également dans ses carnets des cas de
citernes « souillées » par les soldats
allemands.On
croirait à des rumeurs – mais la notion même de
« réquisition » telle que l’emploie l’armée
impériale permet de discerner le « climat »
de l’occupation en Thiérache. Aux réquisitions de
biens s’ajoutent des réquisitions d’hommes. Les
levées épisodiques s’institutionnalisent. On reste
parfois plusieurs mois dans des commandos de travail.
La conception que l’armée se fait de ces commandos
est résumée par le terme Menschenmaterial,
matériel
humain (Pierre Hervet, Mission permanente aux
commémorations, Secrétariat d’État aux Anciens
Combattants & Victimes de
Guerre).L’une des
branches de cette « mise en caste » de la
population est la prostitution. Très nettement, des
rafles de jeunes filles viennent périodiquement
alimenter des maisons closes destinées spécifiquement
à satisfaire les appétits charnels des soldats
d’occupation. Effry constituera le maillon terminal
de cette affectation spécifique des populations
civiles.
Les
Z.A.B.
Les Z.A.B. (Bataillons de Travailleurs Civils,
Zivilarbeitersbataillon) ont été la principale cause
de l’existence du lazaret d’Effry. Initialement,
Effry était un hôpital destiné à accueillir les
malades des Z.A.B. Les
Z.A.B. étaient des « bataillons de
travail ». Dans la zone des conflits, l’armée
impériale dut, dès 1914, effectuer des travaux
d’aménagement, construire des routes, des chemins de
fer. Ces tâches furent initialement confiées à des
unités militaires spécialisées. Mais à mesure que le
conflit s’enlisait, l’armée du Reich ne pouvait plus
se permettre d’affecter des hommes à des unités de ce
type – chaque homme valide devait être en ligne, au
front. D’un autre côté, les mois passant, l’effectif
des prisonniers de guerre augmentait. La solution
était simple :
on affecta les prisonniers de guerre dans des
bataillons de travail. Une ordonnance du Grand
Quartier Général Impérial du 3 octobre 1916
institua la pratique. Le
schéma fut en réalité plus complexe. La gestion de
ces bataillons fut confiée aux armées, qui
administraient en même temps civilement les zones
occupées. Aussi affecta-t-on très vite des civils
dans les Z.A.B. Les rafles épisodiques dans la
population, afin par exemple de faire les moissons,
devinrent plus régulières, et des commandos de
« raflés » se stabilisèrent. Les réticences
de la population expliquent également la
généralisation des Z.A.B. Un
dernier facteur fut la relative centralisation des
Z.A.B. Ainsi les Z.A.B. constitués dans telle zone
occupée avaient vocation à recevoir des détenus
ponctionnés sur d’autre zones géographiques, même
lointaines. Ainsi une certaine dimension
« internationale » des Z.A.B. devait peu à
peu se mettre en place.
Les Z.A.B. furent destinés à certains « grands
travaux » du Reich. Ainsi la ligne Hindenburg,
ou les réseaux de chemin de fer construits à l’époque
furent-ils l’œuvre des détenus des Z.A.B.
La population civile « voit » le sort des
prisonniers des Z.A.B. Et cette vision, fugitive, est
traumatique. Ainsi une Mme Hubinet raconte dans
ses mémoires publiées le sort des prisonniers du
lazaret de Trélon.« Deux
soldats italiens descendent du siège de la voiture,
puis nous les voyons sortir un à un les cadavres
enveloppés dans du papier. Afin que celui-ci ne se
déchire pas, les soldats les portent à
deux ;
arrivés à la fosse, un homme à lui seul prend le
léger fardeau, il range côte à côte les pauvres
morts. N’était-ce la longueur des corps, on pourrait
croire qu’on enterre des adolescents, aux formes
menues.Des
papiers sont déchirés, nous voyons surgir de longues
barbes, des thorax décharnés, des ventres verdâtres.
Pas de prêtre, pas de bénédiction
suprême !
Nous pensons aux mères, aux épouses, qui ignorent
encore. » (L’enclume
et le Marteau, 1932).Or il
n’est pas anodin de savoir que l’administrateur de ce
camp fut, après 1917, le docteur Michelsohn qui
dirigea le lazaret d’Effry en 1917.
Les prisonniers des Z.A.B. portaient un brassard
rouge, frappé d’un matricule de compagnie. Celles-ci
comprennent 250 personnes. Ces hommes avaient entre
14 et 60 ans – preuve qu’à un certain moment, le
recrutement ne fut plus strictement militaire. Le
système peut évoquer le S.T.O. de la seconde guerre
mondiale – mais la comparaison doit sans doute être
faite dans l’autre sens. La
dimension militaire et la dimension économique se
doublent d’une dimension répressive. Les prisonniers
des Z.A.B. sont des punis. Ils subissent de nombreux
supplices :
ainsi le supplice du poteau, le supplice du cercueil
– le plus raffiné étant le plus simple, puisque les
garde-à-vous journaliers, durant plusieurs heures
dans le froid, se doublent de coups de bâtons
répétés. Les
prisonniers des Z.A.B. ont interdiction d’adresser ou
de recevoir du courrier. Les
Z.A.B. ont vocation à alimenter des bagnes. Ainsi les
mines de Fer à Longwy, le bagne atroce de Sedan, les
usines de pâtes de Bazeilles, ou les crassiers de la
Chiers à Mont Saint Martin, font partie d’une vaste
toile d’araignée de type économique et répressif. Le
soldat vaincu n’est pas un adversaire avec des droits
– sa défaite même en fait un sous-homme corvéable à
merci. Le terme même d’Untermenschen,
de
sous-hommes, est employé pour désigner les
prisonniers des Z.A.B. originaires du front de
l’est. À
l’armistice, on découvrira des rescapés des Z.A.B.
pesant entre 30 et 35 kg.
L’arrivée
au lazaret
Les conditions de vie inhumaine des prisonniers des
Z.A.B. entraînaient une forte propension des punis à
attraper des maladies. Peu nourris, exténués, vivant
dans le froid, travaillant sans relâche, les détenus
étaient extrêmement vulnérables. Les
« lazarets », les hôpitaux militaires
allemands réservés aux soldats ennemis fleurirent le
long de la ligne de front, déplacés au gré des
éventuelles fluctuations des positions
militaires.Les
malades des Z.A.B. de l’Aisne, et probablement
d’ailleurs, étaient donc envoyés aux médecins
militaires, et aux camps de malades – ainsi, au début
du conflit, un lazaret fut semble-t-il installé dans
l’Aisne à Chauny, puis déplacé à
Effry.Mais le
lazaret d’Effry accueillit sans conteste des détenus
issus également de la population civile des
environs.Les
travaux effectués par les historiens locaux indiquent
que trois parcours peuvent être discernés parmi
les morts
civils issus du
lazaret. 1. Tout
d’abord, des malades
envoyés par les Kommandantur des
environs. Les Kommandantur étaient des sortes de
gendarmeries de territoires occupés. Les civils
arrêtés par les policiers allemands, s’ils sont
« malades », sont envoyés à Effry. Ainsi
les études montrent que le lazaret d’Effry avait une
« zone administrative » propre, comprenant
les kommandantur de La Capelle, Chauny, Hirson, la
Neuville, Liesse, Origny, Sains-Richaumont, Tavaux,
Rozoy, Aubenton, Parfondru, Missi les Pierrepont,
Vervins, Marle et Sissonne – dans
l’Aisne ;
et de Sains du Nord.2. Une
autre exception à la règle de la provenance des
Z.A.B. est attestée, puisque des femmes
sont
présentes dans le camp. Elles peuvent d’abord avoir
été ponctionnées sur les civils affectés à des tâches
d’« intérêt général », lors des rafles de
civils pour faire les moissons, ou travailler à la
voirie. Mais l’analyse conduit à affiner cette
explication :
les femmes d’Effry sont jeunes, voire très jeunes.
Des rafles d’adolescentes eurent lieu, notamment à
Vervins. Ces adolescentes ont entre 17 et 24 ans –
elles sont destinées à devenir les esclaves sexuelles
des officiers en charge du
lazaret.3.
Le lazaret n’est pas simplement un maillon de la
structure militaro-économique des Z.A.B. – puisque 9
enfants figurent parmi les morts d’Effry.
Les
conditions de vie au camp
Le lazaret d’Effry est un hôpital. Il est installé
dans les locaux déserts de l’ancienne usine
Briffault, près de l’Oise. Il est constitué d’un
immense hangar de 900 m². De 1400
à 1600 personnes sont entassées là. Il n’y a que
deux poêles. Les
pansements sont changés toutes les semaines. Parfois
toutes les deux semaines. Les détenus français ou
belges sont demi-vêtus. Les roumains, les russes,
sont nus. L’hiver 1917 fut extrêmement
rigoureux.Michelsohn
ne soigne pas. Mais il recrute. Parmi les civils de
Thiérache, des infirmières, des bonnes sœurs, sont
raflées – pour venir grossir le nombre des
« infirmières ». Et les infirmières ont le
même destin que toutes les femmes du camp. Une
bretonne, Sœur Eugénie fut ainsi envoyée à Effry –
pour soigner les malades. Elle mourra avec eux. Elle
est enterrée à Effry.Un docteur
de Chauny, Jules Pichard, sera recruté par
Michelsohn. Pichard ne doit soigner que les civils.
Michelsohn se réserve les militaires. Après 1918,
Pichard ne cessera de témoigner, de réclamer des
enquêtes, de chercher à obtenir le jugement de
Michelsohn.
Dans le hangar, il n’y a pas d’aération. La proximité
de l’Oise rend l’atmosphère humide, malsaine. Il
pleut, il neige. Les fenêtres du hangar sont
obstruées. Les malades dorment sur des plans en bois.
Il n’y a pas de couvertures – parfois, une couverture
pour plusieurs malades. Qui doivent se la disputer.
De la paille est éventuellement jetée sur les
planches, et plus rarement sans doute encore est-elle
changée. La plupart du temps, on dort sur le
bois.On vit
dans l’obscurité. Il n’y a pas d’électricité. Pas de
feu, pas de chandelle.La
nourriture est rare. On se contente de
« choux-navets », de « soupe à
l’orge ». De la nourriture habituellement
réservée au bétail. Certains jours, on ne mange pas.
Les maigres provisions attribuées par l’armée au
lazaret sont détournées par les officiers. Les
prisonniers sont couverts de vermine.
La conséquence est naturelle – les épidémies se
propagent. La diphtérie, la dysenterie sont les
principales maladies repérées par Pichard. En
avril 1917, un réduit spécifique est aménagé,
destiné à accueillir, au départ, les bronchitiques.
Le nom que lui donne le docteur Michelsohn est plus
parlant :
c’est l’« étable aux cochons ». Cet hôpital
dans l’hôpital n’est pas chauffé. Il est installé
dans l’ancienne fonderie de l’usine, il est plein de
poussière de charbon.
On estime à 688 les morts du lazaret, tous survenus
en 1917. La moyenne est de 6 décès par jour, on
évalue un maximum de 21 décès par jour.
Oscar
Michelsohn
Le lazaret d’Effry fut à la fois le produit d’un
système politique et militaire, et à la fois l’œuvre
originale d’un homme, le docteur Michelsohn. La
figure du chef du lazaret est difficile à cerner.
Michelsohn est probablement originaire de
Charlottenburg (Brandebourg sur la
Sprée).Citons
d’abord, à nouveau, les mots de Mme Hubinet.
Dans L’enclume
et le marteau, elle
écrit :
« Ceux
qui l’ont vu, au café […] racontent que cet homme a
une figure de tortionnaire ;
il respire une telle cruauté qu’il en est effrayant,
un lourd malaise naît de son voisinage, ce n’est pas
un être humain, c’est un monstre ».
En 2007,
les historiens locaux, lorsqu’ils évoquent le
personnage, ont la voix qui tremble du même malaise.
Le médecin major Michelsohn a probablement suivi
l’itinéraire un peu aléatoire du lazaret local –
d’abord basé à Chauny, puis à Effry, puis à Trélon.
Il a recruté son personnel :
son bras droit, le sous-officier Martin, qui détourna
600 kg de denrées de première nécessité en 9
mois. Puis ses infirmières :
des nonnes raflées dans les environs. Et aussi un
vrai médecin – le docteur Pichard.Michelsohn
également est médecin. Aussi s’autorise-t-il parfois
à pratiquer une amputation – toujours sur un membre
sain.Il
détourne la nourriture délivrée par l’armée et
destinée aux « malades ». Ainsi
expédie-t-il, en 8 mois, 875 boîtes de lait condensé,
et 50 kg de cacao à sa femme restée en Allemagne
– laquelle revend les denrées.Le sadisme
du personnage est patent :
ainsi les prisonniers demi-nus meurent de froid, et
les magasins du lazaret regorgent de
couvertures. « Un
jour que plusieurs malades venaient de mourir de
froid, le magasin s’ouvrit enfin. Les chaudes
couvertures apparurent en tas. Michelsohn en fit
étendre plusieurs sur la boue, y fit coucher ses
chiens. » (« Sous
le brassard rouge »,
M. Godinot-Puvion, 1954)Michelsohn
aime les animaux. Il élève 25 poules, et 7 vaches –
il dispose d’œufs et de beurre. Il a un cheval. Il se
constitue aussi une meute de chiens, 12 molosses
qu’il nourrit avec la viande des rations des
prisonniers. Ainsi a-t-il besoin de 10 à 12 kg
de viande par jour.
Après la guerre, les villageois, groupés derrière
Pichard, chercheront à obtenir une condamnation
judiciaire de Michelsohn. Pichard vouera sa vie à
obtenir ce jugement. Michelsohn sera jugé par la Cour
des Juges-Complices de Leipzig en 1922. Il sera
acquitté.
Établir clairement le nombre des victimes du lazaret
est chose difficile. On évalue à 688 morts en 8 mois
le bilan de Michelsohn. Après guerre, les habitants
d’Effry saisiront le Président de la république
française, et évoqueront 689 décès. Depuis, les
historiens locaux ont été amenés à réévaluer ce
chiffre – qui reste incertain, et est parfois arrondi
à 700.Une
première difficulté tient au sort réservé aux
cadavres. Généralement, les corps sont entassés. Des
fosses sont éventuellement creusées. La mémoire
collective d’Effry parle de « cloaques »,
de tas de cadavres d’où parfois émergeait un bras,
une jambe encore vivant. Parfois, un mort est enterré
individuellement.Le fait
que les malades civils et militaires relèvent
respectivement du médecin Pichard et du major
Michelsohn rend plus complexe la tâche
d’évaluation.Il est
essentiel cependant que l’état-civil de la mairie
d’Effry ait été informé des décès, et ait pu
enregistrer les noms des victimes. Ainsi à la date du
6 mars 1917, l’officier d’État civil
enregistre-t-il la première mort pour nous certaine
d’un prisonnier du lazaret, puisque la nationalité du
décédé est consignée :
il s’agit d’un russe de 25 ans. De même, on peut
considérer que le dernier décès dû à Michelsohn date
du 4 novembre 1917, puisqu’il s’agit d’une
allemande, une infirmière de la Croix-Rouge de 42
ans. Le sort des malades fut celui des
soignants.Entre ces
deux décès, les choses sont confuses. L’historien
J.-C. Auriol fait état de 347 victimes
« prisonniers civils ». Mais les corps se
mêlent dans les fosses communes. D’après les travaux
de M. Malatray sur l’état-civil, on peut néanmoins
considérer que 12 décès enregistrés sont des civils
d’Effry, et 688 sont des travailleurs des Z.A.B. Mais
les 2 statuts se confondent – entre le roumain des
Z.A.B. et le thiérachien prélevé dans une
kommandantur, les différences s’estompent, tous les
cas de figure sont possibles.Le
cimetière d’Effry contient 339 tombes dont les morts
viennent du lazaret. Parmi ces tombes, 339 portent un
nom, et 15 sont anonymes. Parmi ces noms, 203 sont
belges, 146 sont français, et 1 est italien. Les
forçats des Z.A.B. issus du front est ont leur nom
sur l’ossuaire de la commune – 22 sont roumains, et
314 sont russes.
Très significatif est le cas des enfants morts au
lazaret. Ils sont 7. Peut-être 6, peut-être 8. Car le
petit Fernand, de 7 ans, est en fait une petite
fille, Aline. De même Marc, 4 ans, est enterré comme
soldat, et a pu être décompté parmi les victimes
militaires. Citons encore :
Louise, 4 ans ;
Madeleine, 4 ans ;
Georges, 11 ans ;
Louise, 12 ans ;
Joseph, 11 ans. Le Comité de la mémoire d’Effry,
aujourd’hui, en 2008, travaille à conserver ces noms.
Après
la guerre
De 1917 à 1927, les morts d’Effry restèrent ensevelis
dans le silence, encore qu’un article du
Démocrate
de 1923
rappelle les événements de 1917. Les fosses communes
des victimes ne furent ouvertes qu’en 1927. À cette
date, on creuse des tombes, on construit l’ossuaire
de la commune. Le ministère des Pensions, l’ancêtre
de l’actuel ministère des Anciens combattants,
s’engage dans une démarche de mémoire, avec l’aide de
l’État civil de la 2e région
militaire.Le curé de
Luzoir, l’abbé Pestel s’appliquera à témoigner, et à
rechercher les témoignages des
habitants.Mais c’est
surtout le docteur Pichard qui sera l’infatigable
gardien de la mémoire d’Effry – et cette mémoire est
un combat :
obtenir la condamnation de Michelsohn. Pichard est
appuyé par toute la population du village. La
condamnation ne sera jamais prononcée.
Ainsi, le 10 janvier 1919, la population d’Effry
saisit la commission d’enquête sur les crimes
perpétrés par l’ennemi dans les zones occupées, et
présidée par le Premier président de la Cour des
comptes. Le
texte en est significatif.
Monsieur
le Président,
Les
habitants d’Effry soussignés se font un devoir de
vous adresser la protestation suivante concernant le
Dr allemand Oscar Michelsohn, médecin en chef du
lazaret civil d’Effry, afin qu’une sanction soit
prise contre celui-ci pour les faits
suivants : Du
5 mars au 31 octobre 1917, donc en moins de
huit mois, nous avons enregistré 689 décès de
prisonniers de guerre, russes, roumains et français,
et des prisonniers civils belges et français. Ces
malheureuses victimes n’étaient l’objet d’aucun soin,
ne recevaient comme nourriture que des choux-navets
et de la soupe à l’orge, étaient pleines de vermine
et, de plus, brutalisées. Ils
étaient couchés très souvent sur des planches (car
les fibres de bois manquaient, ou bien on refusait
d’en livrer), et cela pendant très longtemps, dans
une salle commune où se trouvaient des malades
atteints de diphtérie, de dysenterie, de fièvre
typhoïde… Ils
étaient enterrés sans cercueil, sans vêtements, dans
des fosses communes et dépouillés de tout objet leur
appartenant. Certains, à ce qu’il paraît, possédaient
une petite fortune. Le
docteur Michelsohn gardait pour son usage personnel
les aliments spéciaux fournis pour les malades de la
Commission de ravitaillement :
les boîtes de lait concentré, les biscuits, le
cacao, etc... D’ailleurs, M. le Dr Pichard,
de Chauny, est assez documenté sur les misères qu’il
a vues dans cet établissement et fera certainement un
rapport détaillé à ce sujet. M. le Dr Pichard
était attaché à ce lazaret, mais il ne disposait
d’aucun médicament, et, de plus, l’accès d’un grand
nombre de salles lui était interdit. Il y avait
1 500
malades et même plus dans cet établissement, mais
Michelsohn a voulu toujours rester seul docteur afin
d’être libre de faire ce qu’il
voulait. Nous
demandons donc qu’un châtiment exemplaire soit
infligé à ce docteur qui était méprisé par ses
compatriotes eux-mêmes. C’est le vœu unanime de la
population, ainsi que des malades qui ont passé par
cet établissement – appelé par la voix populaire dans
tout le pays du nom significatif de
« l’abattoir » — et qui ont pu en sortir
vivants. Veuillez
agréer, Monsieur le Président, nos très respectueuses
salutations. Effry
le 10 janvier
1919 »
Le courrier est signé de 53 habitants.
Une des causes du relatif oubli des événements
d’Effry tient à la destinée des locaux mêmes du
lazaret. En 1918, le lazaret est reconverti en dépôt
de munitions. Une explosion en 1919 détruit
totalement les infrastructures. L’année suivante, les
ateliers Briffault reconstruisent des bâtiments, qui
serviront, à partir de 1970 aux Ateliers de
Thiérache, puis, en 1986, à la société Technitol.
En 1932, Mme Hubinet, sous le pseudonyme
« Buthine », évoque le système dans son
livre « L’enclume
et le marteau ». En 1954,
M. Godinot-Pluvion, de l’Union nationale des
prisonniers civils déportés, internés, et otages des
deux guerres, publie « Sous
le brassard rouge », où,
traitant du régime des Z.A.B., il consacre un
chapitre à Effry et à Michelsohn. Ici, ou là, des
traces, des témoignages. Ainsi des carnets de
Mme Déruelle. Ainsi de la parole vive de
Mme Lemetter, recueillie par M. Delabre, alors
maire d’Effry, actuel président du comité de
l’ossuaire. En vieillissant, les témoins se
souviennent. Ils racontent. La population d’Effry, de
la Thiérache conserve ses témoignages. Bien souvent,
un citoyen, isolé, par les carnets d’un grand-père,
par quelques cartes postales, par ses propres
souvenirs, reste le garant d’une pièce du puzzle. Les
citoyens travaillent – ils épluchent les registres,
l’État civil, les carnets, les journaux
intimes.En 1990,
Pierre Delabre, maire d’Effry, et Jean-Jacques
Thomas, conseiller général du canton d’Hirson, se
mobilisent pour sauvegarder la mémoire d’Effry – et
pour l’ancrer dans l’histoire. En 1993, le Ministère
des Anciens combattants et victimes de guerre finance
la réhabilitation de la nécropole. Le 25 août
1993 le Comité de l’ossuaire est
créé.En 1994,
sous le haut patronage de François Mitterrand,
président de la République, en présence de
Jean-Pierre Balligand, député de Thiérache, de
Jean-Jacques Thomas, et de Pierre Delabre, est
inauguré l’ossuaire rénové. La date d’inauguration du
14 mai est aujourd’hui devenue le jour officiel
de commémoration du calvaire des prisonniers
d’Effry.Aujourd’hui,
la nécropole d’Effry, d’une superficie de
1 090 m²,
recueille les corps de 305 russes, 215 belges, 137
français, dont 14 femmes, 23 roumains, et 1 italien.
Au-delà
de la mémoire
Lors que j’ai été contacté par M. Delabre, maire
honoraire d’Effry, en tant que directeur
départemental des Anciens combattants, je suis allé à
Effry. Je n’y ai rien vu. Il n’y reste rien.
M. Delabre cherchait, depuis plusieurs années, à
obtenir une subvention pour le monument commémoratif
d’Effry. Je visitai ce jour-là Effry, si vert, si
calme. Et puis je rentrai chez moi – et
j’oubliai.La
commémoration annuelle vint. Et puis je dus me
souvenir – pourquoi moi aussi avais-je enterré Effry
dans ma mémoire ?
Alors je retournai voir M. Delabre – qui hocha
doucement la tête :
Personne ne veut entendre parler d’Effry. Le
département de l’Aisne est un de celui qui, en
France, présente le plus grand nombre de cimetières
militaires. Villages martyrs, Chemin des dames,
maquis… À quoi bon faire savoir
ceci ?
À quoi bon une nouvelle horreur à
commémorer ?
Une nouvelle douleur ?Je
décidai de rédiger cette plaquette – mais non ce
paragraphe « Au-delà de la mémoire ». Je
cherchai à inviter diverses autorités à la cérémonie
d’Effry. « Pensez-vous bien que les événements
troubles de ce lazaret, à l’heure de la
réconciliation franco-allemande, doivent
nécessairement être mis en lumière ? »Effry
n’a peut-être pas enterré suffisamment de morts
militaires et civils pour mériter l’attention. À
partir de combien de mort « doit » on
savoir ?
Je me souviens la colère de Pierre Delabre – à qui
l’on reprochait une mégalomanie déplacée, que l’on
soupçonnait de vouloir tirer de telles manifestations
une gloire personnelle.Que
s’est-il passé à Effry ?Effry
nous gêne – parce qu’Effry étend le concept de
barbarie. Nous avons pris pour habitude de considérer
que la monstruosité du XXe siècle a été le fait
de certains régimes, identifiés, répertoriés. Nous
croyons nous souvenir – mais nous refusons de faire
de ces charniers, de ces crématoires, de ces
machettes, des faits historiques. Effry appartient à
la mémoire des habitants d’Effry – non à l’histoire.
Sans cesse est invoqué le « devoir de
mémoire » — notion molle et confortable,
consensuelle :
tel se souviendra, mais tel autre oubliera,
tout
est affaire de décors… Or Effry
signifie le contraire :
la barbarie européenne ne commence pas en 1933 pour
expirer en 1945. Soyons très nets :
l’armée allemande en 1917 est déjà
attachée à
nier l’humain. Effry reçoit des malades – mais à
Effry, on ne soigne pas. On ne nourrit pas. Au
contraire, on établit délibérément un dispositif
visant à étendre les épidémies. On pratique des
amputations sur des membres sains. On viole. On
tue.Plus
encore :
ces pratiques sont rationnalisées, conceptualisées.
La barbarie du XXe siècle n’est pas de l’ordre
d’une folie meurtrière et passagère. Michelsohn n’est
pas un barbare, un amok.
Il y a une ostentation délibérée de la puissance
aveugle – Michelsohn faisant coucher son chien sur
les couvertures des prisonniers bleus de froid… On
voit bien – si l’on veut seulement regarder –
qu’Effry est un camp d’extermination. Nulle part dans
le texte « officiel » je n’ai employé le
terme. Sans quoi le texte n’aurait pu
paraître.Le IIIe
Reich n’a pas inventé l’extermination. Le IIIe Reich
a, au contraire, constitué une modalité de
l’idéologie antihumaniste qui déjà s’exprimait à
Effry. La source de cette idéologie est connue. Elle
porte un nom – le Sonderweg,
l’autre voie. Elle est une œuvre commune, globale, de
certains intellectuels et hommes politiques
allemands. Après la débâcle napoléonienne, après le
reflux des armées française, après l’immense
déception parmi les démocrates européens, la caste
nobiliaire allemande va se constituer en mouvement
réactionnaire, articulant théorie et activisme. Le
point essentiel est que la philosophie des Lumières
est une œuvre française, latine – incompatible avec
l’esprit spécifique des germains. La démocratie, les
droits de l’homme sont étrangers à la nature
allemande. Ces positions du Sonderweg restent
marginales – mais trouvent écho chez les aristocrates
prussiens, les junkers, ou chez certains
nationalistes bavarois… L’armée allemande, et non la
nation allemande, devient le terreau de cette
idéologie. Il n’est pas ici question de discuter ce
point de l’histoire des idées. Lentement, l’armée
allemande secrète une théorie de la guerre, ainsi
chez Clauzewitz apparaît la formalisation d’un projet
militaire – qui est à la fois lié à l’écrasement de
l’ennemi (et non à la recherche d’une « défaite
militaire »), à la notion de guerre totale
devant également investir la sphère civile, et à
l’idée que « la guerre est la continuation de la
politique par d’autres moyens ». Il n’y a donc
pas de soumission du militaire au politique. Il n’y a
donc pas de droits civils à opposer aux impératifs
militaires – d’extermination de l’adversaire. La
conséquence ultime du Sonderweg, c’est que tout est
militaire. Tout est ennemi. La guerre est le
fondement de la nation. La
mort est un maître venu d’Allemagne…
(Celan).Effry
gêne – car Effry exprime la quintessence de la
machine de guerre. La machine de guerre est machine
de mort – et rien d’autre. Effry gêne – car Effry
porte en germe l’idée que l’extermination massive
pratiquée ici et là tout au long du XXe siècle
n’est pas le fait de telle
idéologie –
puisqu’aussi bien nationalisme, stalinisme, nazisme,
marxisme polpotien, ethnicisme, que
sais-je ?
l’ont pratiqué. Aucune idéologie ne semble à l’abri
de voir germer en elle un désir de mort absolue. Y
a-t-il un point commun à ces
barbaries ?
La réponse est à Effry :
l’existence même d’un corps militaire autonome, non
soumis au pouvoir civil, a permis un tel crépuscule
de l’humain.
GlossaireDiphtérie
— Maladie
microbienne grave, et très contagieuse, occasionnant
une angine du larynx, et provoquant asphyxie,
paralysies, pouvant entraîner la
mort.Dysenterie-
Maladie
microbienne également grave, due aux mauvaises
conditions d’hygiène, se traduisant par des diarrhées
sanglantes et des douleurs violentes dans l’appareil
digestif.Fièvre
typhoïde – Maladie
microbienne très contagieuse, pareillement due au
manque d’hygiène, caractérisée par une forte fièvre,
des douleurs abdominales et des diarrhées. Les
atteintes du cerveau et du cœur peuvent entraîner la
mort.Kommandantur
Commandement
local de la police militaire dans les zones occupées
par l’Allemagne, durant la 1re et la 2nde guerre
mondiale.Lazaret
Hôpital,
notamment militaire. Ainsi dans le
Robert :
« Lazaret,
1567, de l’italien lazzaretto, altération de
Nazaretto, nom donné à l’hôpital Santa Maria di
Nazaret, lieu de quarantaine, sous l’influence de
lazzaro, « ladre, lépreux ». Établissement
où s’effectue le contrôle sanitaire, l’isolement des
malades contagieux, dans un port, une station
frontière, un
aérodrome ».Mutineries.
Soulèvements des soldats en 1917, au départ pour des
causes non politiques – les mutins contestaient les
cadences de montée au front. Les mutineries seront
réprimées par l’État major
français. S.
T. O. Service
du Travail Obligatoire. Réquisitions forcées de
travailleurs dans l’Europe occupée, durant la 2e
guerre mondiale, par les nazis et leurs alliés. Les
jeunes gens étaient envoyés dans des usines en
Allemagne pour participer à l’effort de
guerre.Z. A.
B. Bataillons
de travailleurs civils (All.
Zivilarbeitersbataillon).
Remerciements M. Auriol,
historien Mlle
Cernogora, lectrice et conseillère et le
resteMlle Day,
historienne à Hirson, directrice du Musée
d’Hirson M. Delabre,
maire honoraire d’Effry M. Malatray,
habitant d’Effry, travaillant sur l’Etat-civil de
1917 M. Molinaro,
maire actuel d’Effry. Mme
Mulet-Lesage, habitant Sains-Richaumont, travaillant
sur les carnets de Mme Déruelle M. Raguet,
documentaliste et collectionneur. Dr.
Roumeguère, pour les précisions
épidémiologiques. La
DMPA. L’Ambassade
de la R.F.A. à Paris. Et
tous les habitants d’Effry.
Sources M. Godinet-Puvion,
« Sous
le brassard rouge » P. Hervet,
« Les
nécropoles françaises de la
captivité »Mme
Hubinet, « L’enclume
et le marteau » — publié
en 1932, sous le pseudonyme « Buthine »,
par Paul Dupont, Paris.
Copyright… Service départemental des Anciens
Combattants de l’Aisne.
Michel Winock Mme de Staël
Sa vie ressemble à un roman d’aventures écrit par un scénariste. Germaine de Staël a connu les ors de Versailles quand son père, Necker, était principal ministre de Louis XVI ; à Paris comme à Coppet, elle a régné sur ce que les Lumières ont produit de plus talentueux ; son roman Corinne a été un immense succès et ses livres politiques, lus de Weimar à Pétersbourg, ont exaspéré les adversaires de la liberté, mais elle a eu à ses pieds les meilleurs esprits. Mme de Staël a aussi passé la moitié de sa vie en exil ou sur les routes, en quête d’une sérénité inaccessible et d’un amour inatteignable. Cette fille à papa est rentrée dans l’ombre des géants du temps — Napoléon, Constant ou Chateaubriand — et ses idées « libérales » autant que sa sensibilité débordante apparaissent hors de saison. Et pourtant… Parti sur les traces de cette inconnue célèbre, c’est à une découverte que nous convie Michel Winock. Mme de Staël, de tempérament mélancolique, ne se résigne pas au malheur. Elle ne renonce à rien, se moque du qu’en-dira-t-on, ouvre sa porte aux amis, même menacés, comme aux contradicteurs. Elle a pour boussole la liberté et, pour source d’énergie, l’enthousiasme. « Avec elle, écrit Chateaubriand, s’abattit une partie considérable du temps où j’ai vécu : telles de ces brèches, qu’une intelligence supérieure en tombant forme dans un siècle, ne se refermant jamais. »
Fayard, 577 p.
Circulaire Rafle du Vel'd'Hiv
« Sa source est sûre, il provient des archives d’une organisation syndicale policière à présent dissoute, qui disperse ses archives.
Je
vous préviens, il est glaçant.
On a coutume de dire que le crime contre l’humanité
qu’a constitué l’extermination des juifs en Europe au
cours de la Seconde guerre mondiale est unique en ce
qu’il est un crime administratif. Ce n’est pas
l’œuvre d’un fou, car un fou seul n’aurait pas pu
tuer autant en aussi peu de temps. C’est un crime
commis à l’aide de la machine administrative, froide,
efficace, organisée et insensible.
En voici la démonstration.
Le document est un pdf, c’est une photocopie de
photocopie d’une copie faite au carbone d’un document
vieux de 70 ans, d’où sa piètre qualité. Grâce à la
gentillesse et à la disponibilité de mes lecteurs,
vous trouverez une retranscription de la circulaire
ci-dessous, qui respecte dans la mesure du possible
la mise en page originale. Seule la page 4 a dû
être retranscrite au format pdf, il s’agit d’un
tableau, qui cause des problèmes d’affichage selon la
taille de l’écran du lecteur.
Je n’ai aucun droit de propriété intellectuelle sur
ce document, et vu sa nature et son ancienneté, il
est libre de droit. Vous pouvez copier le fichier, et
en faire ce que vous voulez. La retranscription
suivra ce statut et pourra être librement
recopiée. »
Atlas des Parisiens
|
Atlas des Parisiens
|
| De la Révolution à nos jours |
«À quelque
endroit qu’on l’ouvre, l’Atlas
des Parisiens est une
mine d’érudition et de poésie. Les idées reçues sont
confortées :
il y a un dentiste pour 324 habitants dans le
VIIIe
arrondissement,
et 1 pour 2 000
dans le XXe.
Ou démontées :
les infractions sont plus fréquentes dans les
quartiers riches et déserts que dans la périphérie.
Les ouvriers, les familles nombreuses, les Italiens,
les grands magasins, les chevaux traversent, ou pas,
le temps et l’espace. L’Histoire a droit de cité. Les
bombardements versaillais et prussiens ont fait
davantage de dégâts que la Seconde Guerre
mondiale. » Claire
Devarrieux, Libération.
Éditions
Parigramme
Jean-Luc Pinol et Maurice Garden
|
|
Lucie Aubrac dernier entretien
SON DERNIER ENTRETIEN EN DVD
Lucie Aubrac nous a quittés le 14 mars 2007.
Cette rencontre a été tournée à son domicile quelques
semaines auparavant.
Lucie
Aubrac raconte avec émotion la Résistance pendant la
seconde guerre mondiale. À 31 ans, Lucie devient une
spécialiste des évasions. Revivez ses missions, dont
l’évasion spectaculaire de son mari Raymond Aubrac,
la fuite en Angleterre et le retour dans la France
libérée. Toute sa vie durant, Lucie Aubrac a mis en
avant des valeurs qui lui étaient chères telles que
la Liberté, la Fraternité et la Résistance. Ce DVD
est un hommage à cette grande dame, à ses exploits et
ses convictions.
http://www.souvenir-dvd.com/lucie-aubrac/product_info.php/products_id/41
Arlette Farge Essai pour une histoire des voix
Une présentation de son dernier livre :
Au XVIIIe siècle, l’oralité triomphe ; la voix et son timbre sont les moyens privilégiés de la population pour être au monde.
La rue,
les salons résonnent des conversations, badinages,
disputes, annonces royales sur jeu de trompettes,
paroles du pouvoir et de L’Église, chansons à un sol,
musiques jouées à tout va. Ils contiennent aussi tes
cris, les gémissements, les voix du désarroi, de la
folie, celles qui s’échappent des immeubles, des
prisons et des hôpitaux. La société populaire est un
immense champ sonore et vocal. Toutes ces voix se
sont enfuies à jamais pourtant elles sont la matrice
de communautés n’ayant guère accès à l’écrit.
Arlette Farge les recherche à travers les archives
dans lesquelles ont été notés parfois les timbres de
voix et les intonations des uns et des autres. Elle
trace une ligne fragile, aux confins de la
linguistique et de la musique, et parvient à nous
faire entendre « ces voix démultipliées sans
lesquelles nous ne sommes
rien ».
Le vendredi 6 novembre, a été projeté à la Scam,
à Paris,
l’Échappée belle, un
documentaire de Frédéric Biamonti
(Hunstville,
la colonie pénitentiaire ;
Destin des Halles…),
consacré à l’historienne Arlette
Farge,
spécialiste des archives de police du
XVIIIe siècle, intellectuelle atypique, à la
curiosité gourmande. En présence
d’Arlette
Farge
et du
réalisateur.
deux liens :
entretiens à la revue VACARME ici et
ici
Tardi «Putain de guerre !» t.2
Avec le second volume de Putain de guerre !, Tardi met un point final à son grand œuvre sur la Première Guerre mondiale. Un travail colossal, d’une puissance inégalée.
Castermag’ : Vous venez d’achever le second volume de Putain de guerre ! Que ressentez-vous, maintenant que ce travail est terminé ?
JACQUES TARDI : À chaque fois que je termine un album, il y a toujours un moment de déprime. Un livre, c’est en gros un an de boulot. Mais dans le cas de celui-ci, si on élargit à l’ensemble des travaux que j’ai consacrés à la Première Guerre mondiale, voilà près de trente ans que ça m’occupe ! Alors oui, il y a une certaine mélancolie à ranger les dessins, à trier la documentation, les photos… […]
suite de l’interview ici
Vous êtes enseignant ?
Vous pouvez télécharger ici le dossier pédagogique consacré à l’album, réalisé par La Nouvelle Revue Pédagogique.
Un dvd est annoncé : sortie imminente
Revue Europe Jean-Pierre Vernant
Anthropologue
du monde grec, Jean-Pierre Vernant (1914-2007) est
l’un des grands esprits de notre temps. Renommé pour
la rigueur de ses analyses à la clarté quasi
géométrique, il était également doté d’un
extraordinaire talent de conteur qui lui a permis de
transmettre sa passion pour les cultures classiques
bien au-delà du cercle des antiquisants.
Ce numéro
d’Europe
s’ouvre
sur un grand entretien inédit avec Jean-Pierre
Vernant. Ce document constitue sans nul doute une
voie royale pour découvrir le paysage intellectuel
dans lequel le chercheur a évolué, plusieurs
décennies durant. On y perçoit en effet les étapes
d’un parcours scientifique et humain, les influences
qui l’ont formé, les inflexions d’une pensée sensible
aux critiques et aux apports nouveaux, jamais figée,
et néanmoins profondément fidèle à elle-même.
Au
témoignage direct de l’entretien s’ajoutent des
contributions internationales qui illustrent l’impact
de l’œuvre de Vernant dans différents domaines et
abordent des thématiques
fondamentales :
la tragédie, le politique, le mythe, le féminin,
l’image, les représentations de l’altérité… Nous
allons ainsi à la rencontre l’homme et du savant, du
chercheur et du militant, du résistant et de
l’helléniste — sans que ces facettes, reliées entre
elles par un dense réseau de correspondances,
puissent jamais être dissociées les unes des autres.
On pourra également lire dans cette livraison
d’Europe
un
ensemble d’études sur le travail dans l’Antiquité.
Cette section montre en acte comment la pensée de
Vernant demeure vivante et
efficace :
en autorisant des questionnements nouveaux et en
permettant de formuler des hypothèses inouïes. Où
l’on voit que l’œuvre de Jean-Pierre Vernant est une
œuvre vivante, et qu’au-delà de la disparition de son
auteur, elle continue à travailler et à faire
travailler.
ÉTUDES ET TEXTES DE
Bernard Mezzadri, Jesper Svenbro, Jean-Pierre
Vernant, Riccardo Di Donato, Diego Lanza, Pietro
Pucci, Claude Mossé, Pauline Schmitt Pantel, Froma
Zeitlin, Françoise Frontisi-Ducroux, François
Lissarrague, John Scheid, Raymond Descat, Yan Thomas,
Charles Malamoud, Gabriella
Pironti.
Jean-Pierre
Vernant : sommaire
Michelle Perrot Histoires de chambres
Michelle Perrot, Histoire de chambres, Seuil, coll. « Librairie du XXIe siècle », 2009. 444
p., 530 g., 22 euros.
Alain Corbin, autre éminent historien, analyse cet ouvrage dans un article paru sur le site La Vie des idées : Toute l’intimité du monde
http://www.laviedesidees.fr/IMG/pdf/20090917_corbin.pdf
Le 31 du mois d'août
Une chanson de marins qui rappelle la prise du « Kent » par Surcouf à bord de « La Confiance » le 31 Août 1800 :
Le 31 du mois d’août
Nous aperçûmes sous l’vent à nous
Une frégate d’Angleterre
Qui fendait la mer et les flots
C’était pour aller à Bordeaux
Refrain :
Buvons un coup, buvons en deux
À la santé des amoureux
À la santé du roi de France
Et merde pour le roi d’Angleterre
Qui nous a déclaré la guerre […]
À écouter ici
Partition ici
UNESCO : Le Journal d'Anne Frank
Parmi les 35 nouveaux biens du patrimoine documentaire mondial, l’Unesco a aussi classé la Bibliothèque de l’Abbaye cistercienne de Clairvaux.
Trente-cinq éléments du patrimoine documentaire d’une exceptionnelle valeur ont été ajoutés au Registre UNESCO de la Mémoire du Monde. On dénombre désormais 193 biens patrimoniaux classés depuis 1997. Selon le communiqué de l’institution, « le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, a annoncé l’inscription de ces éléments sur recommandation des experts réunis à Bridgetown (La Barbade) depuis le 28 juillet dans le cadre du Comité consultatif international (CCI) du Programme de l’UNESCO Mémoire du Monde ».
Parmi ces trente-cinq éléments, il y a le Journal d’Anne Frank qui raconte la vie quotidienne pendant la Seconde Guerre mondiale à travers le regard d’une adolescente juive qui se cachait avec sa famille de la persécution nazie. « Son journal est l’un des dix livres les plus lus dans le monde. »
Il y a aussi les Archives des Radziwill et la Bibliothèque de Nesvizh (Lituanie), la Collection de manuscrits scandinaves d’Árni Magnússon, les Archives Csoma de la bibliothèque de l’Académie hongroise des sciences, la Collection du Centre de documentation et d’enquête de la Communauté ashkénaze au Mexique.
Pour la France, on retrouve les Archives de l’Institut littéraire polonais à Paris et surtout le classement de la Bibliothèque de l’Abbaye cistercienne de Clairvaux à l’époque de Pierre de Virey (1472). Ils rejoignent la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, les Films des Frères Lumières, l’instauration du système métrique décimal et les tapisseries de Bayeux.
Naissance de Calvin 500e anniversaire
En Picardie, au nord de Paris, sa ville natale lui rend un hommage discret. Une visite à Noyon permet d’imaginer l’enfance du futur réformateur, au pied d’une puissante cathédrale.
Calvin à Noyon
Sur les pas de Calvin
Paris en train, départ de Gare du Nord. À voir : le Musée Calvin, ouvert mardi au dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h (du 1er mai au 31 octobre) mardi au dimanche de 10h à 12h et de 14h à 17h (du 1er novembre au 30 avril) fermeture le lundi. Expositions au musée Calvin : « Lecteurs de Calvin, exemplaires annotés au cours des siècles », du 25 avril au 28 juin. « Protestants de Picardie au XVIe siècle », Musée Jean Calvin et galerie du Chevalet du 10 juillet au 31 octobre 2009 A voir aussi, la cathédrale Notre-Dame, la Bibliothèque du Chapitre (l’intérieur sur rendez-vous) et le musée du Noyonnais.
Le site du jubilé Calvin 2009
Une magnifique brochure : Jean Calvin le Noyonnais
Enfin, des regards plus critiques :
L’affaire Michel Servet, une émission de Canal académie
Stefan Zweig, 1936, Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin
Michelet La Femme
http://www.romanpopulaire.com/livres/michelet/michelet_femme.shtml
Daniel Cordier, Mémoires 1940-1943
Daniel Cordier commence à publier ses mémoires.
Daniel Cordier est né à Bordeaux en 1920. Maurassien, il milite à l’Action française. Révolté par l’armistice, il embarque le 21 juin 1940 pour l’Angleterre et s’engage dans les Forces françaises libres le 28 juin. Parachuté en métropole le 1er août 1942, il entre au service de Jean Moulin. Après la guerre, il s’oriente vers une brillante carrière de marchand d’art contemporain. Depuis la fin des années 1970, choqué par les mises en cause de Jean Moulin, il a entamé une carrière d’historien-témoin pour défendre sa mémoire. De lui, les Éditions Gallimard ont publié Jean Moulin. La République des catacombes (La Suite des Temps, 1999).
Extrait :
Voici donc, au jour le jour, trois années de cette vie singulière qui commença pour moi le 17 juin 1940, avec le refus du discours de Pétain puis l’embarquement à Bayonne sur le Léopold II. J’avais 19 ans. Après deux années de formation en Angleterre dans les Forces françaises libres du général de Gaulle, j’ai été parachuté à Montluçon le 25 juillet 1942. Destiné à être le radio de Georges Bidault, je fus choisi par Jean Moulin pour devenir son secrétaire. J’ai travaillé avec lui jusqu’à son arrestation, le 21 juin 1943. Ces années, je les raconte telles que je les ai vécues, dans l’ignorance du lendemain et la solitude de l’exil. J’ai choisi pour cela la forme d’un « journal », qui oblige à déplier le temps et à fouiller dans les souvenirs. Les conversations que je relate ont pris spontanément la forme de dialogues. Qu’en penser après tant d’années ? J’ai trop critiqué les souvenirs des autres pour être dupe de mes certitudes : là où finissent les documents, commence le no man’s land du passé, aux repères incertains. Mais s’il est dans la nature d’un témoignage d’être limité, il n’en est pas moins incomparable ? : instantané du passé, il permet de faire revivre les passions disparues. J’ai consacré beaucoup de temps et de soins à traquer la vérité – elle seule donne un sens à une telle entreprise – pour évoquer le parcours du jeune garçon d’extrême droite que j’étais, qui, sous l’étreinte des circonstances, devient un homme de gauche. La vérité est parfois atroce.
Pétra et les Nabatéens
Marie-Jeanne Roche
Pétra et les Nabatéens
Pétra, la cité rose de Jordanie, fait rêver de caravanes d’encens et d’architecture fabuleuse. Mais qu’en est-il réellement de la capitale d’un royaume des sables et de ses habitants, entreprenants caravaniers arabes qui ont résisté aux Grecs, puis aux Romains ? La civilisation nabatéenne, tombée dans l’oubli jusqu’au début du XIXe siècle, retrouve la lumière grâce au développement intensif de la recherche archéologique et épigraphique. Dans ce guide, le lecteur découvrira combien les Nabatéens, courageux et aventureux, étaient aussi amoureux de la vie.
Les Belles-lettres
| Éditeur |
Daniel Mendelsohn Les Disparus
Ce livre est le récit d’une enquête personnelle sur le drame familial inséparable de la plus grande tragédie du XXe siècle : l’extermination des juifs par les nazis. Dans ces pages souvent émouvantes, parfois drôles, et toujours captivantes, l’auteur raconte précisément, à la première personne, comment une partie de sa famille a disparu dans l’est de la Pologne au début des années 1940, sans laisser d’autres traces que quelques lettres, des photos et surtout un souvenir vivace chez les membres survivants — lesquels avaient émigré aux États-Unis un peu auparavant. Il décrit aussi comment il s’est emparé des rares indices à sa disposition pour tenter de découvrir ce qu’ils étaient exactement devenus et les conclusions auxquelles il est finalement parvenu après avoir compulsé quantité d’ouvrages, traversé quatre continents, rencontré de multiples témoins et soulevé de réels tabous, y compris au sein de sa propre famille.
Extraits de « Les Disparus »
La première phraseJadis, quand j’avais six ou sept ans, il m’arrivait d’entrer dans une pièce et que certaines personnes se mettent à pleurer.
Morceau choisiLe 12
août 2001, deux de mes frères, ma sœur et moi sommes
descendus d’une Volkswagen Passat bleue et exiguë et
nos pieds ont touché la terre humide de Bolechow.
C’était un dimanche et le temps était mauvais. Après
six mois de préparatifs, nous étions
arrivés. Presque
soixante ans plus tôt exactement — le 1er août 1941
-, l’administration civile de ce qui avait été
autrefois le district de la Galicie des Habsbourg,
région où se trouvait [… ]
-
chapitre :
le Péché entre les frères —
page :
107 —
éditeur :
Flammarion —
date
d’édition :
2007 -
Le Point — Marc Fumaroli (6 Septembre 2007)En même temps qu’une épreuve fascinante des pouvoirs de résurrection de la littérature, cette œuvre d’immense tendresse est aussi une méditation sur la fragilité et la résilience de ce que Cicéron a nommé, une fois pour toutes, 'humanitas'.
L'Histoire est un sport de combat
L’historien Joseph Morsel contribue à cet effort salutaire avec un essai passionnant (pour public averti).
Intitulé avec humour : L’Histoire (du Moyen Âge) est un sport de combat…, il n’est pas vendu en librairie mais disponible en ligne !
télécharger l’essai de Joseph Morsel :
http://lamop.univ-paris1.fr/W3/JosephMorsel/Sportdecombatmac.pdf
Germaine Tillion Verfügbar
L’émission sera rediffusée, elle est accessible pendant huit jours sur le site d’Arte. Indispensable.
Une opérette à Ravensbrück,
Le Verfügbar aux Enfers de
Germaine Tillion
Présentation de Tzvetan Todorov et Claire Andrieu,
Points-Seuil, 128 p., 5 euros
Caricatures
Dans ce site, vous trouverez des analyses qui focalisent sur des caricatures avec des notices plus ou moins longues, parfois rédigées par des enseignants eux-mêmes.
Pour les trouver, il faut cliquer sur la rubrique « Arrêt sur image ».
La rubrique « Célébrités historiques… » offre également un tour d’horizon de telle ou telle célébrité vue au travers de l’image satirique.
Enfin, dans la rubrique « Caricaturothèque », l’enseignant pourra trouver des séries de caricatures des XVe au XXIe siècle. Ces images peuvent être utilisées pour illustrer des cours.
Les enseignants pourront utiliser l’INDEX des noms et des sujets, index qui permet de balayer l’ensemble des données disponibles sur le site : auteurs, personnages, thèmes, journaux, dessinateurs, etc...
Ceux d’entre vous qui seraient désireux d’obtenir telle ou telle image présente sur le site, mais de meilleure définition peuvent écrire aux responsables du site.
http://www.caricaturesetcaricature.com/article-11259812.html
Un dossier sur La Feuille et l’affaire Dreyfuss :
http://www.caricaturesetcaricature.com/article-13290992.html
Une page intéressante sur les femmes dans la caricature allemande vers 1900 :
http://www.caricaturesetcaricature.com/article-13150395.html
Quelques numéros de L’Humanité (époque Jaurès) à télécharger.
Abécédaire du XVe siècle
Les animations de cet abécédaire « ont été conçues à partir des lettrines et des enluminures du Missel de Rouen », un manuscrit du XVe siècle. 26 petites saynettes à butiner, de A comme ange à Z comme zoo.
Attendre quelques secondes pour que les images montent.
http://bibliotheque.rouen.fr/creaplus/abcd/
La Chanson de Craonne
Quand au bout d’huit jours le r’pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c’est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ’lots
Même sans tambours et sans trompettes
On s’en va là-bas en baissant la tête
- Refrain :
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes
C’est bien fini, c’est pour toujours
De cette guerre infâme
C’est à Craonne sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous des condamnés
Nous sommes les sacrifiés
Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu’un qui s’avance
C’est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l’ombre sous la pluie qui tombe
Nos pauvr' remplaçants vont chercher leurs tombes
- Refrain -
C’est malheureux d’voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c’est pas la même chose
Au lieu d’se cacher tous ces embusqués
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendre leurs biens, car nous n’avons rien
Nous autres les pauv' purotins
Et les camarades sont étendus là
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là
- Refrain :
Ceux qu’ont le pognon, ceux-là reviendront
Car c’est pour eux qu’on crève
Mais c’est fini, nous, les trouffions
On va se mettre en grève
Ce sera vot' tour messieurs les gros
De monter sur l’plateau
Si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau
Blagues antiques
http://www.1001nuits.com/livre/1001-nuits-297803-Va-te-marrer-chez-les-Grecs-Philogelos-hachette.html
Et en grec, c’est ici :
http://www2.fh-augsburg.de/~harsch/graeca/Chronologia/S_post05/Philogelos/phg_text.html
Mounier Lendemains d'une trahison
L’occasion de rappeler la publication de l’article d’Emmanuel Mounier :
Emmanuel Mounier, « Lendemains d’une trahison », Esprit, no 73, octobre 1938, p. 14.
Michel Winock publie La Trahison de Munich, Emmanuel Mounier et la grande débâcle des intellectuels, présenté par Michel Winock, CNRS Éditions, 2008, 184 p., 20 €
Septembre
1938. Hitler revendique le rattachement au Reich du
territoire des Sudètes, région tchécoslovaque où vit
une minorité germanophone. Après avoir remilitarisé
son pays et réalisé l’Anschluss,
il sait que sa menace d’utiliser la force pour
parvenir à ses fins est suffisamment crédible pour
faire plier les Démocraties européennes. Pour
« préserver la paix », le premier ministre
britannique, Chamberlain, d’accord avec la France,
contraint la Tchécoslovaquie à céder aux exigences
nazies, le 21 septembre.
Aux « Lendemains d’une trahison », Emmanuel
Mounier, fondateur de la revue Esprit,
rédige l’éditorial du numéro d’octobre en rompant
avec la tradition « pacifiste » et
« apolitique » de la revue, dénonçant
« le déshonneur » d’une France sans parole,
sacrifiant son alliée au chantage du fascisme.
Publié aux lendemains des accords de Munich
entérinant la cession sans concession des Sudètes à
l’Allemagne, l’article de Mounier résonne dans les
débats intellectuels, entre ceux prônant la
sauvegarde de la paix par tous les moyens, et ceux
voulant opposer la force aux exigences des fascistes,
bien vite dénoncés comme « bellicistes »
par les « pacifistes ».
Les abonnés d’Esprit
–
appartenant aux deux bords – réagissent à cet
éditorial dans des lettres adressées à Mounier,
confiées sous l’occupation à son collaborateur Edmond
Humeau, dont l’un des descendants a rendu possible la
publication de cet échange épistolaire
(La
Trahison de Munich, Emmanuel Mounier et la grande
débâcle des intellectuels, présenté
par Michel Winock, CNRS Éditions, 2008, 184 p.,
20 euros.
À la lecture de l’éditorial, on voit bien que Mounier
n’est pas « belliciste ». S’il méprise les
hommes « résolus à ne pas se battre », il
défend la force de résistance de ceux « résolus
à ne pas tuer » en prônant… le désarmement.
Le texte d’Emmanuel Mounier est reproduit
intégralement dans le livre de Michel Winock, ou en
vente en ligne sur le site de la revue
Esprit :
http://www.esprit.presse.fr/review/article.php?code=5005
Roger Chartier au Collège de France
Le Collège de France a mis en ligne les enregistrements des dix premières leçons de Roger Chartier : Écrit et culture dans l’Europe moderne
Circulations textuelles et pratiques culturelles dans l’Europe moderne (XVIe-XVIIIe siècles)
Dix heures d’histoire pour mieux comprendre les mutations de la lecture :
http://podcast.college-de-france.fr/histoirecdf.xml
(descendre en bas de page)
George Orwell
http://www.erudit.org/revue/fr/2006/v19/n1/016643ar.pdf
L’auteur considère que cette guerre est la source des romans Animals farm et 1984.
Hommage à la Catalogne est édité en coll. 10/18.
La plus ancienne Bible du monde
Les intéressés pourront feuilleter virtuellement une centaine de pages de ce manuscrit datant du milieu du IVe siècle. L’ensemble du Codex devrait être mis à disposition des internautes d’ici juillet 2009. Ils auront la possibilité de découvrir ce que les scientifiques considèrent comme le premier grand livre relié de l’histoire.
L’université de Leipzig, qui en possède 43 folios, ouvre ce site en chantier consacré à l’une des plus anciennes bibles du monde. Ce grand manuscrit oncial du IVe siècle, rédigé en majuscules, réunit pour la première fois l’ensemble des livres de la Bible.
Michelet Histoire de France
La
réédition de la majestueuse Histoire
de France de Jules
Michelet (1798-1874) est un événement. Qui rappelle
le talent de ce visionnaire, salué par ses pairs,
hier comme aujourd’hui.
Jules Michelet est de retour. Son imposante
Histoire
de France en 17
volumes, qui fut l’œuvre de sa vie et l’occupa de
1830 à 1869, est à nouveau disponible. Cette somme
sans équivalent n’avait pas été rééditée dans son
intégralité depuis… 1893.
Cinq des
dix-sept volumes de l’Histoire
de France sont déjà
disponibles. L’édition est présentée par Paul
Viallaneix et Paule Petitier
Un article à lire ici :
http://www.magazine-litteraire.com/content/Homepage/article.html?id=9134
Femmes entre elles dans l'Antiquité
Sappho était-elle vraiment
lesbienne ?
Mais que faisaient donc les femmes entre elles dans
la société romaine à l’époque de Jules
César ?
ou dans l’Athènes de Périclès ?
Le livre de S. Boehringer non seulement répond à ces
questions, mais les dépasse de façon définitive en
proposant un cadre de réflexion qui devrait servir de
modèle à toute réflexion future sur les rapports
entre la catégorie moderne de l’homosexualité et
l’Antiquité.
article
par
Charles Delattre
à télécharger :
- (PDF — 37.7 ko)
- S. Boehringer, L’homosexualité féminine dans l’Antiquité grecque et romaine, préface de D. Halperin, Collection des Études anciennes, Paris, Belles Lettres, 2007, 400 p., 35€.
Au
croisement de l’enquête historique et des
gender
studies, on
attendait depuis longtemps une synthèse sur le thème
de l’homoérotisme féminin en Grèce et à Rome.
La Revue des Deux Mondes en ligne
http ://213.251.170.17/prod/r2m/home/index.php
200 ans du Times en ligne
Le quotidien britannique The Times donne un accès gratuit à l’ensemble de ses pages numérisées, depuis sa création, en 1785, jusqu’en 1985.
Depuis ce dimanche, le célèbre quotidien conservateur britannique The Times propose pourtant en accès libre et gratuit dans sa rubrique « archives » l’ensemble de ses parutions depuis sa création en 1785 (sous le nom de London Daily Universal Register) jusqu’en 1985. Soit tout un pan d’histoire disponible à travers le prisme de la couverture journalistique au quotidien.
Déroutant de lire ainsi un article rapportant comme des faits divers les derniers instants de la reine Marie-Antoinette le 23 octobre 1793, la bataille de Waterloo en 1815, ou les dernières exactions de Jack L’Éventreur (1888)…
Mais une expérience au combien exaltante, rendue possible par un développement technique titanesque : toutes les pages du quotidien ont été scannées et enregistrées numériquement pour permettre des recherches précises et rapides, par mots-clés ou par dates.
www.timesonline.co.uk/tol/archive
