Caravage ou l'oratorio des ténèbres
« On
a beaucoup souligné le naturalisme du Caravage,
l’opposant à ce qu’on nomme un peu vite l’idéalisme
des Carrache. Opposition factice, due à Baglione et
surtout à Bellori, qui écrivent après la mort du
Caravage. En vérité, les deux styles sont proches, et
l’accent dramatique et même épique de la chapelle
Contarelli n’est pas compréhensible sans la référence
à l’art d’Annibal Carrache. En France, l’opposition
Caravage-Carrache redouble celle du naturalisme
(pensé sur le modèle de celui du XIXe siècle) et
du poussinisme, prôné par l’Académie. Évidemment
absurde. La complaisance romantique pour le peintre
« assassin » (Stendhal) et voyou renforce
le malentendu […] »
Philosophie générale et philosophie
esthétique. Jacques
Darriulat
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