Centenaire : le «Saint Genet» de Sartre
Quatrième de couverture :
« Notre-Dame-des-Fleurs fait ici son entrée solennelle par la porte du crime, porte dérobée, qui donne sur un escalier noir mais somptueux. Notre-Dame monte l’escalier, comme l’ont monté bien des assassins, n’importe lequel. Il a seize ans quand il arrive au palier. Il frappe à la porte, puis il attend. Son cœur bat, car il est résolu. Il sait que son destin s’accomplit… »
Profondément perturbé par le livre de Sartre, Genet fut ensuite, selon ses dires, définitivement incapable d’écrire des romans.
Les dix stratégies de manipulation des masses
1/La stratégie de la distraction
Élément primordial du contrôle social, la stratégie
de la diversion consiste à détourner l’attention du
public des problèmes importants et des mutations
décidées par les élites politiques et économiques,
grâce à un déluge continuel de distractions et
d’informations insignifiantes. La stratégie de la
diversion est également indispensable pour empêcher
le public de s’intéresser aux connaissances
essentielles, dans les domaines de la science, de
l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie,
et de la cybernétique. « Garder l’attention du
public distraite, loin des véritables problèmes
sociaux, captivée par des sujets sans importance
réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans
aucun temps pour penser ;
de retour à la ferme avec les autres animaux. »
Extrait de « Armes
silencieuses pour guerres
tranquilles »
2/Créer
des problèmes, puis offrir des solutions
Cette méthode est aussi appelée
« problème-réaction-solution ». On crée
d’abord un problème, une « situation »
prévue pour susciter une certaine réaction du public,
afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures
qu’on souhaite lui faire accepter. Par
exemple :
laisser se développer la violence urbaine, ou
organiser des attentats sanglants, afin que le public
soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de
la liberté. Ou encore :
créer une crise économique pour faire accepter comme
un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le
démantèlement des services publics.
3/La
stratégie de la dégradation
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il
suffit de l’appliquer progressivement, en
« dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est
de cette façon que des conditions socio-économiques
radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été
imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage
massif, précarité, flexibilité, délocalisations,
salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de
changements qui auraient provoqué une révolution
s’ils avaient été appliqués brutalement.
4/La
stratégie du différé
Une autre façon de faire accepter une décision
impopulaire est de la présenter comme
« douloureuse mais nécessaire », en
obtenant l’accord du public dans le présent pour une
application dans le futur. Il est toujours plus
facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice
immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à
fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a
toujours tendance à espérer naïvement que « tout
ira mieux demain » et que le sacrifice demandé
pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au
public pour s’habituer à l’idée du changement et
l’accepter avec résignation lorsque le moment sera
venu.
5/S’adresser
au public comme à des enfants en bas âge
La plupart des publicités destinées au grand public
utilisent un discours, des arguments, des
personnages, et un ton particulièrement
infantilisants, souvent proche du débilitant, comme
si le spectateur était un enfant en bas âge ou un
handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le
spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant.
Pourquoi ?
« Si on s’adresse à une personne comme si elle
était âgée de 12 ans, alors, en raison de la
suggestibilité, elle aura, avec une certaine
probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée
de sens critique que celles d’une personne de 12
ans ». Extrait d’« Armes
silencieuses pour guerres
tranquilles »
6/Faire
appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion
Faire appel à l’émotionnel est une technique
classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle,
et donc le sens critique des individus. De plus,
l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir
la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des
idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des
comportements…
7/Maintenir
le public dans l’ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de
comprendre les technologies et les méthodes utilisées
pour son contrôle et son esclavage. « La qualité
de l’éducation donnée aux classes inférieures doit
être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de
l’ignorance qui isole les classes inférieures des
classes supérieures soit et demeure incompréhensible
par les classes inférieures. Extrait
d’« Armes
silencieuses pour guerres
tranquilles »
8/Encourager le public à se complaire dans la
médiocrité
Encourager le public à trouver « cool » le
fait d’être bête, vulgaire, et inculte…
9/Remplacer
la révolte par la culpabilité
Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable
de son malheur, à cause de l’insuffisance de son
intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts.
Ainsi, au lieu de se révolter contre le système
économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise,
ce qui engendre un état dépressif dont l’un des
effets est l’inhibition de l’action. Et sans action,
pas de révolution !…
10/Connaître
les individus mieux qu’ils ne se connaissent
eux-mêmes
Au cours des 50 dernières années, les progrès
fulgurants de la science ont creusé un fossé
croissant entre les connaissances du public et celles
détenues et utilisées par les élites dirigeantes.
Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la
psychologie appliquée, le « système » est
parvenu à une connaissance avancée de l’être humain,
à la fois physiquement et psychologiquement. Le
système en est arrivé à mieux connaître l’individu
moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela
signifie que dans la majorité des cas, le système
détient un plus grand contrôle et un plus grand
pouvoir sur les individus que les individus
eux-mêmes.
Boris Vian dans la Pléiade
« La bibliothèque de la Pléiade » aux éditions Gallimard.
Très beau cadeau de Noël : le coffret des 2 tomes coûte 100 € jusqu’au 31 janvier 2011.
Vous y trouverez toutes les œuvres romanesques de l’auteur :
J’irai cracher sur vos tombes, L’Arrache-cœur, L’Herbe rouge, L’Écume des jours…
Et puis des nouvelles, des scénarios, chroniques etc...
avec comme toujours à la Pléiade, un appareil critique de très haute tenue par Marc Lapprand en collaboration avec Christelle Gonzalo et François Roulmann.
Il aura fallu de longues années pour arriver à ces « œuvres romanesques complètes », compte tenu des relations qui furent difficiles entre Vian et Gallimard.
Pierre Magnan Élégie pour Laviolette
Laissé pour mort, dans un précédent roman, le nez dans une touffe de thym, et baignant dans une mare de sang, le Commissaire Laviolette, guéri de ses sept impacts de chevrotine dans le dos, est à nouveau chargé d’une enquête : la routine, soi-disant, comme l’affirme le conseiller Honnoraty. Presque rien, en somme : un homme vient de mourir à l’hôpital de Gap, et les neveux spoliés portent plainte pour captation d’héritage. Le coup classique, quoi ! Pas de quoi fouetter un chat. On a même demandé une autopsie et ça n’a rien donné : la mort est naturelle. Deux détails pourtant : la veuve avait célébré ses noces avec le mourant quatre jours auparavant en évinçant la maîtresse en titre, et on avait trouvé sur les mains de la victime d’abondantes traces de talc…
Je suis très heureuse du retour de Laviolette, mais inquiète pour la santé du cher Pierre Magnan, qui, d’après son site personnel, semble avoir quelques problèmes de santé. Nous vous aimons et vous admirons, cher Maître !
http://www.lemda.com.fr/
Autant-Lara : le Diable au corps en dvd
Attendu depuis des années pour d’obscures raisons de droits, « Le Diable au corps » vient juste de paraître en dvd.
l est rare d’assister, d’un fauteuil, à une histoire qu’on a vécue et dont on a connu les personnages. J’avais adopté Raymond Radiguet comme un fils. Or grâce à Claude Autant-Lara, à Jean Aurenche, à Pierre Bost, à Michel Kelber, grâce à Micheline Presle et Gérard Philipe, il s’est produit en ce qui me concerne, un phénomène étrange, analogue à celui du rêve. Les faux personnages, les décors, se sont substitués aux vrais personnages, aux vrais lieux, au point de me les faire revivre sans la moindre gêne et dans une émotion poignante. Je ne saurais dire la reconnaissance que j’ai d’un pareil prodige. Claude Autant-Lara ne connaissait pas la maison du Parc Saint-Maure. Il l’a construite. Les acteurs ne connurent ni Raymond, ni Marthe. Ils les furent. Il les furent jusqu’à me perdre dans un labyrinthe de souvenirs, jusqu’à me duper l’âme… »
Jean Cocteau — La revue du cinéma — n°7 — été 1947 »
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Le Génie des Alpages
Les personnages du Génie des alpages méritent bien une petite étude. Quelques pseudo-scientifiques alpins se penchent pour y trouver origines et allusions multiples : personnages mythiques, jeux de mots, dictionnaire des rimes, déformations, langues étrangères et personnages célèbres se mélangent pour donner ce bestiaire original.
Abécédaire — Trouvez le nom de toutes les brebis du Génie des alpages et leur explication.
