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May 2010

Livre du jour Corneille Mélite

INCIPIT
Chaque jour un livre en téléchargement

« Je te l’avoue, ami, mon mal est incurable;
Je n’y sais qu’un remède, et j’en suis incapable
:
Le change seroit juste, après tant de rigueur
;
Mais malgré ses dédains, Mélite a tout mon cœur
;
Elle a sur tous mes sens une entière puissance
;
Si j’ose en murmurer, ce n’est qu’en son absence,
Et je ménage en vain dans un éloignement
Un peu de liberté pour mon ressentiment
:
D’un seul de ses regards l’adorable contrainte
Me rend tous mes liens, en resserre l’étreinte […]. »

Mélite, de Pierre Corneille
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Le dernier journal «à l'ancienne» : Le Démocrate

Le dernier journal français composé et imprimé au plomb sur des machines du début du siècle : Le Démocrate de l’Aisne

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L’Aisne Nouvelle: Article: Le Démocrate: un journal de caractère

« Ils sont trois, trois caractères passionnés de lettres, de textes et de mots. Sur le terrain, Laure la journaliste, à la linotype Dominique Picard plus de trente-cinq ans de maison et son camarade Serge Dussart le typographe-imprimeur. À eux trois, ils font tourner la « boutique » du dernier journal français qui a du plomb dans les pages
: Le Démocrate de l’Aisne.

Véritable lien avec le territoire, cet hebdomadaire est tout un symbole de fabrication à l’ancienne. Créé en 1906, par Pascal Ceccaldi il est le dernier journal français composé et imprimé au plomb sur des machines du début du siècle. À l’époque, la composition se fait lettre par lettre avec des caractères mobiles. Aujourd’hui, le travail continue sur des lignes entières de plomb et cela depuis 1936. Installée dans les anciennes écuries de la gendarmerie, l’imprimerie est le site touristique le plus visité de la ville. Plusieurs générations de lecteurs Eh oui, les visiteurs, Le Démocrate, il connaît. Tout au long de l’année, ils arrivent de partout afin d’observer la passion de tout un métier en disparition. Dans le cadre de l’opération Savoir-Faire en Thiérache l’atelier reçoit les anciens exploitants de l’Union Syndicaliste Agricole de l’Aisne du canton de Vervins. Lors des différentes interventions Laure précise que 90 % des lecteurs sont des abonnés sur plusieurs générations. Laure
: « Certains de nos lecteurs ont quitté la ville pour se retrouver à l’autre bout du monde comme l’Australie ou le Chili. Leur seul lien avec le territoire c’est le Démocrate. » De jolis moments aux odeurs d’encre et couleurs de plomb. […] »
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Le lazaret d'Effry

Le lazaret d’Effry

Une page importante sur le « lazaret » d’Effry, premier camp d’extermination, bien avant le nazisme.

Extrait de la conclusion:

« 
Que s’est-il passé à Effry? Effry nous gêne – parce qu’Effry étend le concept de barbarie. Nous avons pris pour habitude de considérer que la monstruosité du XXe siècle a été le fait de certains régimes, identifiés, répertoriés. Nous croyons nous souvenir – mais nous refusons de faire de ces charniers, de ces crématoires, de ces machettes, des faits historiques. Effry appartient à la mémoire des habitants d’Effry – non à l’histoire. Sans cesse est invoqué le « devoir de mémoire » — notion molle et confortable, consensuelle: tel se souviendra, mais tel autre oubliera, tout est affaire de décors… Or Effry signifie le contraire: la barbarie européenne ne commence pas en 1933 pour expirer en 1945. Soyons très nets: l’armée allemande en 1917 est déjà attachée à nier l’humain. Effry reçoit des malades – mais à Effry, on ne soigne pas. On ne nourrit pas. Au contraire, on établit délibérément un dispositif visant à étendre les épidémies. On pratique des amputations sur des membres sains. On viole. On tue. Plus encore: ces pratiques sont rationalisées, conceptualisées. La barbarie du XXe siècle n’est pas de l’ordre d’une folie meurtrière et passagère. Michelsohn n’est pas un barbare, un amok. Il y a une ostentation délibérée de la puissance aveugle – Michelsohn faisant coucher son chien sur les couvertures des prisonniers bleus de froid… On voit bien – si l’on veut seulement regarder – qu’Effry est un camp d’extermination. Nulle part dans le texte « officiel » je n’ai employé le terme. Sans quoi le texte n’aurait pu paraître. Le IIIe Reich n’a pas inventé l’extermination. Le IIIe Reich a, au contraire, constitué une modalité de l’idéologie antihumaniste qui déjà s’exprimait à Effry. La source de cette idéologie est connue. Elle porte un nom – le Sonderweg, l’autre voie. Elle est une œuvre commune, globale, de certains intellectuels et hommes politiques allemands. Après la débâcle napoléonienne, après le reflux des armées française, après l’immense déception parmi les démocrates européens, la caste nobiliaire allemande va se constituer en mouvement réactionnaire, articulant théorie et activisme. Le point essentiel est que la philosophie des Lumières est une œuvre française, latine – incompatible avec l’esprit spécifique des germains. La démocratie, les droits de l’homme sont étrangers à la nature allemande. Ces positions du Sonderweg restent marginales – mais trouvent écho chez les aristocrates prussiens, les junkers, ou chez certains nationalistes bavarois… L’armée allemande, et non la nation allemande, devient le terreau de cette idéologie. Il n’est pas ici question de discuter ce point de l’histoire des idées. Lentement, l’armée allemande secrète une théorie de la guerre, ainsi chez Clauzewitz apparaît la formalisation d’un projet militaire – qui est à la fois lié à l’écrasement de l’ennemi (et non à la recherche d’une « défaite militaire »), à la notion de guerre totale devant également investir la sphère civile, et à l’idée que « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ». Il n’y a donc pas de soumission du militaire au politique. Il n’y a donc pas de droits civils à opposer aux impératifs militaires – d’extermination de l’adversaire. La conséquence ultime du Sonderweg, c’est que tout est militaire. Tout est ennemi. La guerre est le fondement de la nation. La mort est un maître venu d’Allemagne… (Celan). Effry gêne – car Effry exprime la quintessence de la machine de guerre. La machine de guerre est machine de mort – et rien d’autre. Effry gêne – car Effry porte en germe l’idée que l’extermination massive pratiquée ici et là tout au long du XXe siècle n’est pas le fait de telle idéologie – puisqu’aussi bien nationalisme, stalinisme, nazisme, marxisme polpotien, ethnicisme, que sais-je? l’ont pratiqué. Aucune idéologie ne semble à l’abri de voir germer en elle un désir de mort absolue. Y a-t-il un point commun à ces barbaries? La réponse est à Effry: l’existence même d’un corps militaire autonome, non soumis au pouvoir civil, a permis un tel crépuscule de l’humain. »

Service départemental des Anciens Combattants de l’Aisne


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Livre du jour W. Benjamin Paris capitale du XIXe s

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Dans cet ouvrage, écrit en 1939, un essai: Baudelaire ou les rues de Paris

Le génie de Baudelaire, qui trouve sa nourriture dans la mélancolie, est un génie allégorique. Pour la première fois chez Baudelaire, Paris devient objet de poésie lyrique. Cette poésie locale est à l’encontre de toute poésie de terroir. Le regard que le génie allégorique plonge dans la ville trahit bien plutôt le sentiment d’une profonde aliénation. C’est là le regard d’un flâneur, dont le genre de vie dissimule derrière un mirage bienfaisant la détresse des habitants futurs de nos métropoles. Le flâneur cherche un refuge dans la foule. La foule est le voile à travers lequel la ville familière se meut pour le flâneur en fantasmagorie. […]

Téléchargement ici
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Livre du jour Dumas les Mohicans de Paris I

ALEXANDRE DUMAS, Les Mohicans de Paris — Volume I
Comment, lors du Mardi Gras de 1827, trois compères (Jean Robert le poète, Ludovic le médecin et Pétrus le peintre) font la connaissance de Monsieur Salvator, de son état commissionnaire rue aux Fers et bien plus que cela.
Comment ils favorisent les amours du sympathique musicien Justin, et ne négligent pas les leurs propres.
Comment nos héros (sans oublier le chien Roland) découvrent la vérité sur l’horrible assassinat, en 1820, de la famille Tardieu.
Comment, au service de la Charbonnerie, ils mènent la vie dure aux sbires du roi Charles X, et en particulier au policier Jackal (qui ressemble fort à Vidocq, et qui n’a pas tort de répéter en toute affaire « Cherchez la femme
! »).
Comment Salvator règle de vieux comptes avec l’exécrable famille des marquis de Valgeneuse. Comment l’histoire finit par des chansons, et même par un opéra. Tout cela, et bien plus, s’entremêle et se tient parfaitement, avec (entre autres), dans leurs propres rôles, Chateaubriand, La Fayette et Napoléon II.
Téléchargement du premier volume ici

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Molière : édition numérique et Pléiade

Molière: la première édition critique de l’ère numérique

Alliant le papier bible et les liens hypertexte, l’édition des Œuvres complètes de Molière proposée par Georges Forestier et Claude Bourqui dans La Pléiade est la première grande entreprise éditoriale de l’ère numérique.
Les maîtres d’œuvre de ces deux tomes entièrement rénovés mettent en ligne les notes et documents qu’ils n’ont pu reproduire dans l’appareil critique de la version papier.
Le site du projet
Molière 21, hébergé par le centre d’édition électronique « Corpus électroniques de la première modernité » de l’université Paris-Sorbonne (http://www.moliere.paris-sorbonne.fr/, ouverture le 17 mai, le jour de la sortie du volume papier), accompagne la parution de La Pléiade, en fournissant des éléments complémentaires hors de portée d’une édition papier: un outil permettant de comparer mot à mot les versions de plusieurs pièces essentielles, notamment du Dom Juan, et de comprendre dans toute sa complexité le travail de genèse de l’œuvre, une gigantesque chronologie de l’âge classique, et surtout une immense base de données de textes de référence sur l’ensemble des pièces éditées dans La Pléiade.

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Défense des Mille et Une Nuits

Des écrivains égyptiens se battent pour la réédition des Mille et une nuits


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(Photo: Illustration pour les « Mille et une nuits » ©DR)

Des avocats avaient engagé une procédure demandant l’interdiction de l’ouvrage considéré par les milieux islamistes comme obscène.
Le Syndicat des écrivains égyptiens va porter plainte pour
« destruction de patrimoine », contre un groupe d’avocats, influencé par les milieux islamistes, qui demandent l’interdiction de la réédition du conte des Mille et une nuits, annonce l’Agence de presse internationale catholique. Ce texte appartenant à l’histoire de la littérature arabe aurait, selon le groupe d’avocats demandant l’interdiction de la publication, un caractère trop marqué par la sexualité. Le texte ferait trop de références au sexe qui « encouragent au vice et au péché ». Les avocats demandent la confiscation de l’ouvrage et la poursuite de ses éditeurs. Selon eux, l’ouvrage viole un article du Code pénal égyptien punissant de deux ans de prison les « offenses à la décence publique ». Chaque édition est soumise à discussion et une version des Mille et une nuits avait déjà été interdite en Égypte en 1980.
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Livre du jour G. Leroux Le Parfum de la Dame en noir

INCIPIT
Chaque jour, un livre en téléchargement

« Le mariage de M. Robert Darzac et de Mlle Mathilde Stangerson eut lieu à Paris, à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, le 6 avril 1895, dans la plus stricte intimité. Un peu plus de deux années s’étaient donc écoulées depuis les événements que j’ai rapportés dans un précédent ouvrage, événements si sensationnels qu’il n’est point téméraire d’affirmer ici qu’un aussi court laps de temps n’avait pu faire oublier le fameux Mystère de la Chambre Jaune… »

Le Parfum de la dame en noir, de Gaston Leroux.
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Michel Winock Mme de Staël

Michel Winock s’est inspiré de travaux érudits pour composer ce magnifique portrait de Germaine de Staël. Personnage historique, écrivain, intellectuelle, voyageuse et amoureuse. Il lui restitue tout son charme, son énergie intense et son étonnante modernité.
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Sa vie ressemble à un roman d’aventures écrit par un scénariste. Germaine de Staël a connu les ors de Versailles quand son père, Necker, était principal ministre de Louis XVI; à Paris comme à Coppet, elle a régné sur ce que les Lumières ont produit de plus talentueux; son roman Corinne a été un immense succès et ses livres politiques, lus de Weimar à Pétersbourg, ont exaspéré les adversaires de la liberté, mais elle a eu à ses pieds les meilleurs esprits. Mme de Staël a aussi passé la moitié de sa vie en exil ou sur les routes, en quête d’une sérénité inaccessible et d’un amour inatteignable. Cette fille à papa est rentrée dans l’ombre des géants du temps — Napoléon, Constant ou Chateaubriand — et ses idées « libérales » autant que sa sensibilité débordante apparaissent hors de saison. Et pourtant… Parti sur les traces de cette inconnue célèbre, c’est à une découverte que nous convie Michel Winock. Mme de Staël, de tempérament mélancolique, ne se résigne pas au malheur. Elle ne renonce à rien, se moque du qu’en-dira-t-on, ouvre sa porte aux amis, même menacés, comme aux contradicteurs. Elle a pour boussole la liberté et, pour source d’énergie, l’enthousiasme. « Avec elle, écrit Chateaubriand, s’abattit une partie considérable du temps où j’ai vécu: telles de ces brèches, qu’une intelligence supérieure en tombant forme dans un siècle, ne se refermant jamais. »
Fayard, 577 p.
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