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Jul 2010

Livre du jour Le Bar du subjonctif

Alain Bouissière

Quelle idée! Publier au XXIe siècle, à l’heure où le langage SMS règne en roi, un livre consacré à la beauté de l’imparfait du subjonctif…

Son auteur a fondé, il y a une dizaine d’années, l’association CO.R.U.P.S.I.S.
: Comité pour la Réhabilitation et l’Usage (dans le langage parlé) du Passé Simple et de l’Imparfait du Subjonctif (d’où son surnom: Alain-Parfait du Subjonctif).
C’est l’histoire de cette aventure qui est relatée dans
Le bar du subjonctif. Cet ouvrage, vivant et original, rassemble pêle-mêle des anecdotes, des extraits d’articles parus dans la presse régionale et nationale, une sélection de lettres d’adhérents et même des jeux, et, dans toutes ces pages, le subjonctif est roi, nous rappelant la beauté d’une langue qui a tendance à disparaître.
Ce livre est un bain de fraîcheur intellectuel et humain car le message délivré dépasse largement la seule question du subjonctif et nous offre une vision de la société qui n’est pas pour me déplaire. Nous offrons ce livre à tous les amoureux de la langue française, en les invitant à laisser nombreux leurs commentaires et à le faire connaître partout… Subjonctivement vôtre.

Téléchargement ici.

Mais je crains que cela ne soit pas toujours convenable… « 
Certes, vous le pûtes, mais pour que je le reçusse, encore eût-il fallu que vous le conçussiez. »

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Livre du jour P. Hazard, La Crise de la conscience européenne

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Un ouvrage fondamental pour la compréhension du XVIIIe siècle.

« Quel contraste! quel brusque passage! La hiérarchie, la discipline, l’ordre que l’autorité se charge d’assurer, les dogmes qui règlent fermement la vie: voilà ce qu’aimaient les hommes du dix-septième siècle. Les contraintes, l’autorité, les dogmes, voilà ce que détestent les hommes du dix-huitième siècle, leurs successeurs immédiats. Les premiers sont chrétiens, et les autres antichrétiens; les premiers croient au droit divin, et les autres au droit naturel; les premiers vivent à l’aise dans une société qui se divise en classes inégales, les seconds ne rêvent qu’égalité. Certes, les fils chicanent volontiers les pères, s’imaginant qu’ils vont refaire un monde qui n’attendait qu’eux pour devenir meilleur: mais les remous qui agitent les générations successives ne suffisent pas à expliquer un changement si rapide et si décisif. La majorité des Français pensait comme Bossuet; tout d’un coup, les Français pensent comme Voltaire: c’est une révolution.
Pour savoir comment elle s’est opérée, nous nous sommes engagés dans des terres mal connues. On étudiait beaucoup le dix-septième siècle, autrefois
; on étudie beaucoup le dix-huitième siècle, aujourd’hui. À leurs confins s’étend une zone incertaine, malaisée, où l’on peut espérer encore découvertes et aventures. Nous l’avons parcourue, choisissant pour la borner deux dates non rigoureuses: d’une part, les environs de 1680, et d’autre part, 1715.

Nous y avons rencontré Spinoza, dont l’influence commençait de s’y faire sentir; Malebranche, Fontenelle, Locke, Leibniz, Bossuet, Fénelon, Bayle, pour ne citer que les plus grands, et sans parler de l’ombre de Descartes qui l’habitait encore. […] «

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Féminisation des insultes et des gros mots

Caroline Caudron et Julie Populaire ont publié un article de 25 pages sur la féminisation des insultes et des gros mots, dans le cadre de l’Université libre de Bruxelles.

« 
Le Bon Usage de Grevisse n’est pas adapté aux insultes et aux gros mots, bien qu’ils soient des adjectifs et des noms communs. Nous vous proposons d’apporter votre contribution dans notre étude en répondant aux questions ci-dessous. »

Cet article est
téléchargeable ici.
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Livre du jour Colette Julie de Carneillan

INCIPIT
Chaque jour un livre en téléchargement

« Madame de Carneilhan coupa le gaz, laissa la casserole de porcelaine sur le réchaud. À côté du réchaud elle disposa la tasse Empire, la cuiller suédoise, un pain de seigle roulé dans la serviette turque brodée de soie floche. L’odeur du chocolat chaud lui donna des bâillements nerveux. Aussi bien elle n’avait déjeuné que modérément — une côtelette de porc froid et une tartine beurrée, une demi-livre de groseilles et une tasse de très bon café — sans quitter la confection d’un coussin […] »

Julie de Carneilhan, Colette
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Malcolm Lowry et la kabbale

Under the volcano est l’un de mes livres culte, comme il l’est pour un grand nombre de lecteurs fervents de Malcolm Lowry.

Yvonne revient à Quauhnahuac, une ville mexicaine, pour retrouver son mari, Geoffrey Firmin, ex-consul d’Angleterre, après une séparation d’une année. Elle le retrouve au matin dans une cantina, complètement ivre après une nuit passée au bal de la Croix-Rouge. C’est le jour des morts. On suit jusqu’au soir ces personnages, à qui se joint Hugh, le demi-frère de Geoffrey, amoureux d’Yvonne. Promenades, course de taureau, errance alcoolisée, jusqu’à la mort ignominieuse du consul, tué par des para-militaires fascistes et jeté dans un ravin avec le cadavre d’un chien, alors qu’Yvonne, un peu plus loin, est foudroyée par l’orage. Mais là-dessous courent d’autres récits, surgissent des allusions, apparaissent des symboles, de sorte que le roman est comme une vaste forêt parcourue de sentiers qu’on peut prendre ou non, avec aux embranchements des panneaux signalétiques pointant vers différentes directions. Il n’est pas indifférent que le consul tente d’écrire un livre magistral sur l’ésotérisme. La réalité est une apparence, la vérité est cachée, accessible aux initiés, foisonnante, seule porteuse de sens. Quelques pistes sont données: le paradis perdu (le jardin), l’Adam primitif et androgyne de la Kabbale coupé en deux, le péché originel, la culpabilité, le mythe du bon Samaritain, le Jour des Morts mexicain, les cercles de l’enfer, la roue de la vie, la forêt primitive, etc.

Un lien vers une étude intéressante sur la kabbale dans Au-dessous du volcan: La voie la plus humide

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No se puede vivir sin amar

Un lien vers un article de Max-Pol Fouchet sur Malcolm Lowry, Au-dessus du volcan:
No se puede…
[…] Depuis Joyce, depuis les grands Faulkner, rien d’aussi important, rien qui aille plus loin et plus profond ne nous a été offert par la littérature étrangère. Au-dessous du Volcan est l’un des rares livres que notre temps imposera à l’avenir, quand le tri s’effectuera des fausses et des vraies valeurs, quand la balle sera séparée de l’épi. Je plains ceux qui ne sauront pas le reconnaître. Ici se fait le point de la critique.


Dans ce livre, non plus que dans
Ulysse ou le Bruit et la Fureur, on n’entre aisément, il est vrai. Les amateurs de non-résistance doivent demeurer sur la berge. D’ailleurs, l’œuvre confie sa garde à un premier chapitre cerbériforme! Quarante pages sans fissures, sans complaisance, sans appeau, sans attrape-lecteur, où se déploie toute la thématique de l’auteur. Premier chapitre qui est, au demeurant, le dernier. Là se résume, dans la conscience d’un personnage, avec des écarta divers, un drame accompli dont la marche noua sera révélée par la suite.

Nous voici dans une tragédie encore bouillante, et noua ignorons son développement. […]

http://dh3rm3.aikotoba.org/index.php?id=59

Paru dans le volume « Les Lettres Nouvelles — Malcolm Lowry », aux Éditions Julliard au deuxième trimestre juillet-août 1960.

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Livre du jour Lovecraft La petite bouteille de verre

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« Mettez à la cape, il y a quelque chose qui flotte sous le vent » celui qui parlait était un petit homme trapu du nom de William Jones. c’était le capitaine d’un petit misainier sur lequel lui et une partie de ses hommes naviguaient au moment où commence cette histoire.
« Oui, capitaine
! » répondit John Towers et le bateau fut mis en panne Le capitaine tendit la main vers l’objet qu’il reconnaissait maintenant être une bouteille de verre « Rien qu’une flasque de rhum que les hommes d’un bateau de passage ont jeté par-dessus bord » dit-il, mais pris d’un accès de curiosité il tendit le bras et la saisit […]. »

La Petite Bouteille de verre de Howard Phillips Lovecraft.
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Yourcenar sur L'Œuvre au Noir

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Marguerite Yourcenar parle de L’Œuvre au Noir:

http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/I00005238/marguerite-yourcenar-parle-de-l-oeuvre-au-noir.fr.html

Bibliographie d’ouvrages explicatifs sur L’Œuvre au Noir, de Marguerite Yourcenar.

• BERTHELOT A, spécialiste du moyen âge et du XVIe siècle, propose un commentaire de l’œuvre, ed. Nathan, coll. Balises, 1993 (l’ouvrage présente une étude des personnages, s’interroge sur le style, pose la question du roman historique, travaille le discours réflexif et la narrativité, apporte des précisions sur la typologie de la Renaissance, les enjeux politiques et métaphysiques, l’imago mundi. Il est complété d’un lexique, d’un index thématique, de jugements critiques et de sujets d’essais et d’exposés, selon les principes de la collection).
 BORGOMANO L., André Delvaux, L’Œuvre au noir, ed. Labor, coll. Un film, une œuvre, 1988 (analyse de l’œuvre de Delvaux; on y trouve les lettres entre Delvaux et M. Yourcenar et une 3e partie qui analyse le passage du roman au film, dont le scénario a été publié en son temps dans L’Avant-scène cinéma — ce qui permettrait de travailler sur la comparaison de l’œuvre et du film).
 GALEY M., Les Yeux ouverts, ed. Folio (un excellent ouvrage d’analyse mais le plus intéressant reste les entretiens de Yourcenar avec M. Galley, où elle raconte la fin douloureuse de l’écriture du roman; voir à partir de la page 157 qui commence par la question « Comment est né le projet de l’Œuvre au Noir? »).

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Exposition Léopoldine Hugo

Léopoldine ou la jeunesse volée
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Léopoldine, ou la jeunesse volée
11 mars – début septembre 2010


Lieu
Maison de Victor Hugo
6 Place des Vosges
75004 Paris
France
Contact
Site Internet: http://www.musee-hugo.paris.fr
Courriel
: florence.claval@paris.fr
Téléphone
: 0142721016
Fax
: 0142720664


La Maison de Victor Hugo propose pour quelques mois dans l’antichambre de l’appartement un accrochage exceptionnel dédié à Léopoldine, la fille aînée et adorée de Victor Hugo. La jeune femme périt noyée à l’âge de dix-neuf ans, avec son mari Charles Vacquerie, quelques mois à peine après leur mariage, au cours d’une promenade en barque sur les bords de la Seine, le 4 septembre 1843. Ils furent inhumés dans un même cercueil à Villequier, où les rejoignit Madame Hugo selon ses dernières volontés, décédée à Bruxelles, le 27 août 1868.

C’est à Rochefort, où le poète faisait escale avec sa bien-aimée Juliette Drouet, qu’il apprit la terrible nouvelle, cinq jours plus tard. Rongé par la souffrance et miné par la culpabilité, il cessera d’écrire pendant trois ans.

Sont ici réunis des portraits de Léopoldine, des lettres échangées avec ses proches, des dessins que Victor Hugo lui avait dédiés lors de ses voyages ou plus tard, évoquant son souvenir, mais aussi des croquis et caricatures du poète repris par elle, des bulletins scolaires, son cahier de retraite, son faire-part de mariage et des factures de son trousseau. Quelques vêtements et accessoires de la jeune fille, reliques inestimables, sont également exceptionnellement présentés telle sa robe de mariée ou ce fragment d’étoffe rouge de la robe avec laquelle elle est représentée dans le tableau de Châtillon
Léopoldine au Livre d’Heures et dont le poète a cousu un échantillon sur le montage du portrait de Léopoldine lisant exécuté par Madame Hugo.
Objet vénéré entre tous, la robe portée le jour de sa noyade fut précieusement conservée dans une housse à gants de la jeune fille, avec cette mention de la main de Madame Hugo
: « Costume avec lequel ma fille est morte — relique sacrée ».
Ces œuvres esquissent les deux profils de Léopoldine
: la jeune fille romantique de la première moitié du XIXe siècle et la figure mythique de l’enfant chérie, qui inspira à Victor Hugo certains des plus beaux poèmes des Contemplations, ces « mémoires d’une âme », à qui le recueil poétique fut dédié et dont le souvenir fut omniprésent dans la vie comme dans l’œuvre du poète.
C’est à Léopoldine que Victor Hugo adresse ces vers poignants qui expriment l’abîme de douleur devant lequel le laisse sa disparition
:

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.


Les Contemplations, IV, XIV

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