Livre du jour G. Leroux La Reine du sabbat
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Le Palais-Royal
paraissait à peu près désert. Il était deux heures de
l’après-midi. Un beau soleil d’automne dorait la
vaste solitude du jardin abandonné. Une ombre passa
sur la galerie qui longe la rue des Bons-Enfants, en
même temps qu’un pas d’homme se faisait entendre le
long des petits magasins, sur les dalles sonores.
C’était l’heure de la sieste. Pas un visage curieux
ne se pencha, derrière les vitres, sur ce passant
solitaire. Cependant la mise de cet homme n’était
point ordinaire.
Un lourd manteau de velours noir l’enveloppait de la
tête aux pieds. Un pan de ce manteau, retombant dans
le dos en plis harmonieux, laissait apparaître sa
doublure écarlate. Enfin, un chapeau de feutre noir,
de forme Directoire, orné sur le devant d’un nœud de
velours et d’une boucle d’argent, coiffait l’une des
plus nobles têtes qui se pussent voir : un
profil d’une aristocratie royale,
(…)
Gaston Leroux, La Reine du sabbat
Mort de Jerôme David Salinger

“The Catcher in the rye” a été traduit en français par L’Attrape-cœurs - peut-être parce que la traduction est contemporaine de L’Arrache-cœur de Boris Vian ?
Le titre original est emprunté à un poème de Robert Burns.
La dernière phrase de ce livre culte :
«Ne racontez jamais rien à personne. Si vous le faites, tout le monde se met à vous manquer.»
téléchargement de la version originale ici
Livre du jour Dickens David Copperfield
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«Serai-je le héros de ma propre histoire ou quelque autre y prendra-t-il cette place ? C’est ce que ces pages vont apprendre au lecteur. Pour commencer par le commencement, je dirai donc que je suis né un vendredi, à minuit (du moins on me l’a dit, et je le crois). Et chose digne de remarque, l’horloge commença à sonner, et moi, je commençai à crier, au même instant. Vu le jour et l’heure de ma naissance, la garde de ma mère et quelques commères du voisinage qui me portaient le plus vif intérêt longtemps avant que nous pussions faire mutuellement connaissance, déclarèrent : 1° que j’étais destiné […]. »
David Copperfield tome 1 et tome 2 de Charles Dickens.
Livre du jour Wilkie Collins La Piste du crime
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« … Car, dans les temps anciens, les saintes
femmes qui croyaient en Dieu s’honoraient elles-mêmes
en étant soumises à leur mari ; Sarah obéissait
à Abraham et l’appelait son seigneur ; et vous
serez ses filles tant que votre conduite sera droite
et que vous ne vous laisserez dominer par aucune
crainte. »
Mon oncle Starkweather, terminant par ces paroles
connues l’Office du Mariage selon le rite de l’Église
d’Angleterre, ferma son livre, et, du haut de
l’autel, fixa sur moi son regard avec toute la
tendresse que pouvait exprimer sa large face colorée.
En même temps, ma tante Starkweather, qui se tenait à
côté de moi, me donna une forte tape sur l’épaule, et
me dit :
« Valéria, vous êtes mariée ! »
Wilkie Collins, La Piste du
crime
Raymond Federman
Raymond Federman, décédé en octobre 2009,
a été redécouvert en France depuis une dizaine
d’années.
Des articles et interviews peuvent être lus sur
l’internet, de manière à donner envie de lire son
œuvre :
- Retour à
Montrouge
- La rafle de 1942 à Montrouge. Une lettre de Raymond
Federman
- Retour au fumier et autres textes
- et surtout cette page, sur CHUT
« Ce
chut, j’ai bien des fois raconté que c’était le
dernier mot que j’ai entendu de ma mère, ce triste
jour de juillet 1942 quand la porte du cabinet de
débarras dans lequel elle m’avait caché se referma
sur moi.
Chut, murmura ma mère. Et les treize premières années
de ma vie furent englouties dans l’obscurité de ce
débarras au troisième étage de notre immeuble. […]
Il m’a fallu bien des années pour comprendre ce que
ma mère voulait dire avec ce chut.
Elle voulait me dire : Si tu ne dis rien. Si tu
restes tranquille. Silencieux. Chut ! Tu survivras.
[…]
Si tu dis rien. Si tu restes tranquille et
silencieux, tu survivras et un jour tu raconteras ce
qui s’est passé ici. Je crois que c’est cela que
voulait dire le chut de ma mère. »
- et enfin
ces notes précieuses dans Le Matricule des Anges
N° 68
Livre du jour Dumas La Dame de Monsoreau
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«Le dimanche gras de l'année 1578, après la fête du populaire, et tandis que s'éteignaient dans les rues les rumeurs de la joyeuse journée, commençait une fête splendide dans le magnifique hôtel que venait de se faire bâtir, de l'autre côté de l'eau et presque en face du Louvre, cette illustre famille de Montmorency qui, alliée à la royauté de France, marchait l'égale des familles princières. Cette fête particulière, qui succédait à la fête publique (...)»
La Dame de Monsoreau, d'Alexandre Dumas Tomes 1, 2 et 3.
Indignation 2
À l’heure
où j’écris,
j’attends encore une protestation officielle de
Frédéric Mitterrand contre
l’agression odieuse et lâche dont a été victime mardi
la comédienne et féministe d’origine algérienne
Rayhana, qui se rendait à la Maison des Métallos où
se joue sa pièce : "
A mon
âge, je me cache encore pour fumer !
".
La
comédienne a été aspergée d'essence et ses agresseurs
lui ont ensuite jeté une cigarette au visage, fort
heureusement sans l’enflammer.
communiqué
de soutien ici
Lien pour le dossier de presse de la
pièce
Indignation 1

Cet appel à Machiavel ne va pas me réconcilier avec le football.
Je renvoie au texte impérissable de Pierre Desproges :
Livre du jour Récits de science-fiction
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«Je suis natif de la Gueldre. Notre patrimoine se réduit à quelques acres de bruyère et d'eau jaune. Des pins croissent sur la bordure, qui frémissent avec un bruit de métal. La ferme n'a plus que de rares chambres habitables et meurt pierre à pierre dans la solitude.
Nous sommes d'une vieille famille de pasteurs, jadis nombreuse, maintenant réduite à mes parents, ma sœur et moi-même. Ma destinée, assez lugubre au début, est devenue la plus belle (...)»
Récits de science-fiction I. et II. de J.-H. Rosny Aîné.
L'Histoire en option en Terminale S
L’Histoire en option en Terminale
S
Voici ce que j’ai répondu au texte consternant d’un
obscur chroniqueur de «La Voix du Nord», prônant
l’inutilité de l’enseignement de l’Histoire, sans que
ma réaction soit publiée à ce jour :
Le
professeur Jean-Christophe Defraigne, qui suit en
témoin toute cette affaire depuis la prestigieuse
Université de Louvain en Belgique, faisait remarquer
que l’on est ici face à une tendance européenne. En
Grande-Bretagne, c’est au profit de l’informatique
que l’on a supprimé l’Histoire. Il ajoutait aussi :
« Faut-il
rappeler au ministre les prix Nobel de chimie
allemande qui étaient membres du parti nazi ? La
science permet de savoir comment faire fonctionner un
train, l'Histoire de savoir qu'il peut parfois aller
à Auschwitz. »
Poème de Paul Fort
CHANSON
D’UN BERGER SURPRIS PAR LA NEIGE
de PAUL FORT (Ballades
françaises)
Tout le long du chaîneau, tout le long de la chaîne,
la chaîne où l’aube est née, le long des Pyrénées,
je garde mes brebis, avec mon chien Toby, mes
moutons, mes agneaux,
ma gourde et mon flûtiau,
tout le long de la chaîne, tout le long du chaîneau.
J’ai quitté la maison. Ainsi, adieu mon père et les
autres garçons.
Et vous aussi ma mère. Adieu tous mes amis.
Je dois rester ici à garder mes brebis, mes moutons,
mes agneaux,
tout le long de la chaîne, tout le long du chaîneau.
Je vais
dans l’avenir peut-être ici mourir, avec mon chien
Toby, mes moutons, mes brebis,
mon cœur chaud, mes agneaux.
L’avenir c’est la neige, l’avenir c’est le froid.
Il doit être, qu’il soit
! Qu’il
soit tout comme il doit, tout le long du cortège,
tout le long de la chaîne, tout le long du chaîneau.
Toby, personne en bas n’entend plus tes
grelots ;
ma mère piéçant ses bas n’entend plus mon flûtiau.
Mon père n’entend plus bêler son grand troupeau.
Seul bêle (il vient de naître) un chaud petit agneau.
Tout le long de la chaîne, tout le long du chaîneau…
Le dernier Jacques Chessex

Chessex écrit : « La conduite d’un homme avant sa mort a quelque chose d’un dessin au trait aggravé. Il y acquiert un timbre à la fois plus mystérieux et plus explicite de son destin.»
Phrase troublante, dans un livre posthume...
« Un Juif pour l’exemple », paru en janvier 2008, fut également un choc littéraire.
LE DERNIER CRANE DE M. DE SADE, de Jacques Chessex. Éditions Grasset. 174 pages, 12 euros.
Revue L'Histoire : Les pauvres
Les pauvres de Job à Martin Hirsch
En 2010, un Français sur sept vit en dessous du seuil de pauvreté.

Ariane de Billy Wilder
Livre du jour Mémoires d'Artagnan
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«Je ne m'amuserai point ici à rien rapporter de ma naissance, ni de ma jeunesse, parce que je ne trouve pas que j'en puisse rien dire qui soit digne d'être rapporté. Quand je dirois que je suis né Gentilhomme, de bonne Maison, je n'en tirerois ce me semble que peu d'avantage, puisque la naissance est un pur effet du hasard, ou pour mieux dire de la providence divine. Elle nous fait naître comme il lui plaît, sans que nous ayons de quoi nous en vanter.»
Mémoires de M. d'Artagnan, de Gatien de Courtilz de Sandras
Livre du jour Maupassant Le Dr Heraclius Gloss
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«Ce qu'était, au moral, le docteur Héraclius Gloss. C'était un très savant homme que le docteur Héraclius Gloss. Quoique jamais le plus petit opuscule signé de lui n'eût paru chez les libraires de la ville, tous les habitants de la docte cité de Balançon regardaient le docteur Héraclius comme un homme très savant. Comment et en quoi était-il docteur ? Nul n'eût pu le dire. On savait seulement que son père et son grand-père avaient été appelés docteurs par leurs concitoyens.»
Le Docteur Héraclius Gloss et autres contes de Guy de Maupassant

