Dictionnaire Patrick Modiano
Dans son site
Littérature &
Compagnie, Bernard Obadia a
consacré un magnifique travail à Patrick Modiano, en
lui consacrant un «dictionnaire» :
Le projet
- Découper des morceaux de paroles et faire rayonner un texte, une idée, une impression ;
- Relier l'œuvre à un fond historique : la seconde Guerre mondiale, l'Occupation en France, la Guerre d'Algérie ;
- La part de l'autofiction et/ou de l'autobiographique ;
- Rôle, fonction du classement, des objets, des noms de lieux, des noms de personnages, des noms historiques, des modèles, des écrits cités, des écrivains lus, etc ;
- Projet fou (à la Perec ?) : dresser la liste pour chaque œuvre des noms de lieux, des noms de personnages ;
- Composer une ou plusieurs notices sur chaque ouvrage publié ;
- Les Noms, les hommes et les femmes de Patrick Modiano ;
- Produire bibliographies, références, textes, espaces référentiels…
- Renvoyer les lecteurs à des pages du web, à des documents photographiques, sonores, vidéos ;
- Arborescence de citations : textes sur l'œuvre, textes de l'œuvre ;
- L'espace familial, l'espace familier ...
- Paris ; Annecy ; Nice («une œuvre résolument topographique»)
- Dérives, déambulations, atopie…
- La judéité, la shoah, l'Histoire («avec sa grande Hache» Pérec)
- Commenter, découper, classer…
- «oùest-il, Patrick Modiano ?»
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- Couvrir, restituer une vaste thématique qui circule dans toute l'œuvre et que l'on retrouve dans les entretiens |
Mort de Jerôme David Salinger
Nous sommes nombreux à être mélancoliques aujourd’hui.
« The Catcher in the rye » a été traduit en français par L’Attrape-cœurs — peut-être parce que la traduction est contemporaine de L’Arrache-cœur de Boris Vian ?
Le titre original est emprunté à un poème de Robert Burns.
La dernière phrase de ce livre culte :
« Ne racontez jamais rien à personne. Si vous le faites, tout le monde se met à vous manquer. »
Téléchargement de la version originale ici
Raymond Federman
Raymond Federman, décédé
en octobre 2009, a été redécouvert en France depuis
une dizaine d’années.
Des articles et interviews peuvent être lus sur
l’internet, de manière à donner envie de lire son
œuvre :
- Retour à
Montrouge
- La rafle de 1942 à Montrouge. Une lettre de Raymond
Federman
- Retour au fumier et
autres textes
- et surtout cette page, sur CHUT
« Ce
chut, j’ai bien des fois raconté que c’était le
dernier mot que j’ai entendu de ma mère, ce triste
jour de juillet 1942 quand la porte du cabinet de
débarras dans lequel elle m’avait caché se referma
sur moi.
Chut, murmura ma mère. Et les treize premières années
de ma vie furent englouties dans l’obscurité de ce
débarras au troisième étage de notre immeuble. […]
Il m’a fallu bien des années pour comprendre ce que
ma mère voulait dire avec ce chut.
Elle voulait me dire :
Si tu ne dis rien. Si tu restes tranquille.
Silencieux. Chut !
Tu survivras. […]
Si tu dis rien. Si tu restes tranquille et
silencieux, tu survivras et un jour tu raconteras ce
qui s’est passé ici. Je crois que c’est cela que
voulait dire le chut de ma mère. »
- et enfin
ces notes précieuses dans Le Matricule des Anges
N° 68
Poème de Paul Fort
CHANSON
D’UN BERGER SURPRIS PAR LA NEIGE
de PAUL FORT (Ballades
françaises)
Tout le long du chaîneau, tout le long de la chaîne,
la chaîne où l’aube est née, le long des Pyrénées,
je garde mes brebis, avec mon chien Toby, mes
moutons, mes agneaux,
ma gourde et mon flûtiau,
tout le long de la chaîne, tout le long du chaîneau.
J’ai quitté la maison. Ainsi, adieu mon père et les
autres garçons.
Et vous aussi ma mère. Adieu tous mes amis.
Je dois rester ici à garder mes brebis, mes moutons,
mes agneaux,
tout le long de la chaîne, tout le long du chaîneau.
Je vais
dans l’avenir peut-être ici mourir, avec mon chien
Toby, mes moutons, mes brebis,
mon cœur chaud, mes agneaux.
L’avenir c’est la neige, l’avenir c’est le froid.
Il doit être, qu’il soit !
Qu’il soit tout comme il doit, tout le long du
cortège,
tout le long de la chaîne, tout le long du chaîneau.
Toby, personne en bas n’entend plus tes
grelots ;
ma mère piéçant ses bas n’entend plus mon flûtiau.
Mon père n’entend plus bêler son grand troupeau.
Seul bêle (il vient de naître) un chaud petit agneau.
Tout le long de la chaîne, tout le long du chaîneau…
Le dernier Jacques Chessex
Chessex écrit : « La conduite d’un homme avant sa mort a quelque chose d’un dessin au trait aggravé. Il y acquiert un timbre à la fois plus mystérieux et plus explicite de son destin. »
Phrase troublante, dans un livre posthume…
« Un Juif pour l’exemple », paru en janvier 2008, fut également un choc littéraire.
LE DERNIER CRÂNE DE M. DE SADE, de Jacques Chessex. Éditions Grasset. 174 pages, 12 euros.
