Passion Lettres
February 2009

Souvenirs de la marquise de Créquy

Un intense bonheur de lecture: les Souvenirs de Renée-Victoire de Froulay, marquise de Créquy, peut-être apocryphes, mais qu’importe?

10 tomes d’env. 250 pages chacun, un régal.

Cousine de la divine Émilie de Breteuil du Châtelet, qu’elle n’aimait guère, la marquise (ou plus vraisemblablement l’écrivain du XIXe s., ami de Dumas, Maurice Cousin de Courchamps
?) livre un tableau fin et spirituel de la noblesse sous la Régence et sous Louis XV, moins amer et grinçant que les mémoires de Saint-Simon, mais juste assez mauvaise langue, décapant avec verve de nombreux personnages consacrés.

Voici bien longtemps que, réfugiée dans mon cher XVIIIe siècle, je n’avais goûté un tel plaisir.

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Zola tel qu'en lui-même

Nous saluons toujours ici les précieuses publications d’Henri Mitterand, qui nous gâte beaucoup ces derniers temps.
Cette fois, avec Zola tel qu’en lui-même, il dynamite la « vulgate scolaire », décolle les vieilles étiquettes de « naturalisme », pulvérise tous les clichés qui masquent l’extraordinaire puissance artistique du romancier, et, comme toujours, nous invite à le relire.

Présentation de l’éditeur:
Lorsque Zola a choisi le mot naturalisme pour définir sa conception du roman, il n’a sans doute pas mesuré à quel point la réception de son œuvre proprement romanesque allait en souffrir. Il s’assurait ainsi une célébrité durable dans les manuels d’histoire littéraire et dans la réserve de clichés de la critique au quotidien. Mais il dissimulait, et d’abord peut-être à ses propres yeux, la véritable nature de son génie. Sans sous-estimer l’originalité et la force doctrinales de son discours théorique et critique, ni l’éclat de ses enquêtes sociales, l’analyse moderne reverse du côté du désir de récit sa fascination pour la pensée de son temps, celle de Michelet, de Lucas, de Taine, elle-même marquée par l’attrait des grands récits de genèse. Qu’on ne soit pas dupe des raideurs du roman expérimental. Zola, tel qu’en lui-même, n’est pas un homme de systèmes et de modèles, mais avant tout un conteur, un peintre, un poète. Seul et monumental. Le public d’aujourd’hui reconnaît la démesure d’une œuvre visionnaire aux multiples profondeurs, rythmée par ses prises de vues sur les décors de l’existence humaine, sa scénographie des fièvres et des violences du corps et de l’histoire, ses glissades dans l’étrangeté et le chaos de la vie, ses détraquements du réel sous le poids des mythes immémoriaux. « Le souffle de la passion », selon les propres mots de Zola, partout présent.

Table des matières:
Introduction. — Pour libérer Zola du « naturalisme »
Première partie. — Genèses I. Trios tragiques II. Une archéologie romanesque III. L’origine des « mondes » IV. Mémoire de la violence Deuxième partie. — Le lieu et le sens I. Espaces de l’histoire et espaces du roman II. Un corps dans la ville III. L’envers de la Belle Époque Troisième partie. — Dépassements I. Le « rêveur définitif » II. Passage de l’Ouragan III. Abymes zoliens Quatrième partie. — Vérités I. Face aux pouvoirs II. Mise au point: Zola et Cézanne Conclure?

Presses universitaires de France
Hors collection
ISBN
: 978-2-13-057082-0
Parution
: le 11/02/2009
Prix
: 25 euros
Nb de pages
: 240 pages

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Montaigne en français moderne

MONTAIGNE, Essais — Livre I — Traduction par Guy de Pernon d’après l’édition de 1595

Nous vous proposons ici une traduction en français moderne des « Essais » de Michel de Montaigne (édition 1595) par Guy de Pernon.

Laissons le traducteur présenter son travail
:

Les éditions prétendument « grand public » (« Folio », Garnier, Arléa…) qui ajoutent souvent la mention « mis en français moderne » ne font en réalité que reproduire le texte de 1595 avec des « améliorations » plus ou moins importantes en matière de ponctuation et d’orthographe… ce qui donne un texte d’apparence moderne en effet, mais tout aussi incompréhensible pour le lecteur ordinaire.
André Lanly est le seul à ma connaissance qui ait publié jusqu’ici une traduction. Mais s’il a cherché des équivalents aux mots en usage à l’époque, il a cru devoir respecter pour l’essentiel la structure des phrases de Montaigne, largement influencée par la syntaxe latine. De ce fait, sa « traduction » demeure souvent opaque et peu agréable à lire pour un lecteur non-spécialiste…
J’ai donc jugé utile de refaire ce travail intégralement, et dans une autre optique
: celle de permettre la lecture de Montaigne au plus grand nombre possible et pour cela adopter un français vraiment contemporain.
Et pour que la lecture en soit plus commode, avec une mise en page plus conforme à nos habitudes actuelles, j’ai découpé le texte en paragraphes
: l’original n’en comportait pratiquement pas.

Télécharger ici:

http://www.ebooksgratuits.com/pdf/montaigne_essais_traduction_1.pdf
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La Professeure Jacqueline a réformé son orthographe

Je salue, avec tout le respect et la profonde admiration que je lui voue, Mme Jacqueline Picoche, pour l’article suivant qu’elle a mis en ligne sur son site:

La Professeure Jacqueline a réformé son orthographe

Article publié dans Le point sur la langue française. Hommage à André Goosse édité par Michèle Lenoble-Pinson et Christian Delcourt (Bruxelles: Le Livre Timperman, 2006) [= Revue belge de Philologie et d’Histoire, 84 (2006) 3]. pp. 73 à 93
bas de page, colonne de gauche:

http://jpicochelinguistique.free.fr/


Rageant contre mes éditrices, et contre toutes les solennelles âneries lues sur la féminisation des noms, j’avais besoin de cette bouffée d’oxygène
!

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Debussy Jean-Yves Tadié


Jean-Yves Tadié, pénétrant critique spécialiste de Proust, a écrit, dans la collection
L’Un et l’Autre de Gallimard, Le Songe Musical/Claude Debussy « « Je veux écrire mon songe musical », dit Debussy en 1911. On peut rêver en musique, ou de la musique. Y a-t-il une musique onirique? Celle des fantaisies, des ballades, des rapsodies pour clarinette ou saxophone, celle de Jeux, du Prélude à l’après-midi d’un faune? Celle qui échappe à l’ordre non plus de la raison verbale, mais de la raison musicale, des développements codifiés? Celle des alliances inattendues et de la surprise? Le portamento, le rubato seraient autant de libertés rêveuses dans l’interprétation, tout comme les prolongements de la pédale. Et le silence: ce qui est resté de songe au fond de la flûte du faune. » Jean-Yves Tadié.
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Les Lumières au féminin

À l’adresse ci-dessous, figure une thèse de l’université Laval sur l’ouvrage de Mme d’Épinay, Les Conversations d’Émilie.

(C’est un traité d’éducation qui s’oppose à l’
Émile de Rousseau)

Résumé de la thèse

Dans
Les Conversations d’Émilie (1782), Louise d’Épinay, femme de lettres des Lumières liée au milieu encyclopédique, propose un modèle d’éducation féminine s’incarnant dans une série de vingt dialogues inspirés des conversations pédagogiques qu’elle a partagées avec sa petite-fille Émilie. S’appropriant, dans cette œuvre testamentaire, la structure de la conversation philosophique pour l’éducation d’une fillette et ancrant cette structure dans un cadre intime, elle offre une solution de compromis permettant aux femmes un accès à une formation morale et intellectuelle alliant bonheur et utilité sociale. L’intimité devient le terrain d’élection d’une pensée qui cherche son dépassement dans la transmission générationnelle de son modèle pédagogique et son prolongement dans un espace d’amitié et d’intellectualité féminines. Porteur, en point de mire, d’une réforme des possibilités sociales pour les femmes, le modèle de Louise d’Épinay, grâce à sa forme dialogique, s’inscrit pleinement dans ce que l’on pourrait appeler les « Lumières au féminin. »


http://archimede.bibl.ulaval.ca/archimede/files/24756f8c-7c19-4bbf-9d4c-d5f1f10315d5/20994.html
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Dictionnaire érotique de la francophonie

Le Professeur Georges Lebouc, professeur honoraire à l’Institut supérieur d’études sociales à Bruxelles, nous avait déjà régalés de plusieurs ouvrages de choix (1)

Il vient de publier un
Dictionnaire érotique de la Francophonie, qui permettra d’éviter bien des quiproquos.

« […]
Les faux amis ne manquent pas! En québécois, par exemple, se branler signifie s’agiter, et il n’est pas rare d’entendre une mère dire à son enfant: « arrête de te branler ». Dans un autre genre, on évitera de demander à un Québécois comment vont ses gosses, ce qui revient à prendre des nouvelles de ses testicules. En Suisse, un patin n’est pas un baiser argotique, mais une couche, un lange, quant à la quéquette, elle désigne un plateau servant à quêter, voire la quête elle-même. […] »

Il a livré une interview hilarante à Catherine Mallaval (
Libération du 24 janvier 2009, « Dico du cul voyageur »)


(1) Parlez-vous le politiquement correct? Coll. « Autour des mots », éditions Racine, 128 pp., 15,70 euros.
Dictionnaire de belgicismes, Georges Lebouc, éditions Racine, 2006
Dictionnaire érotique de la francophonie, Ed. Racine, coll. Autour des mots, 2008. 15,70 euros.
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