Apr 2009

Sigfried Lenz la Leçon d'allemand

J’avais eu le bonheur de lire ce livre il y a plus de trente ans. Paru en 1968, ce roman est superbe, tant par le thème que par le style. Le voici qui revient enfin en édition de poche, après le tirage épuisé de 2001.

Auteur: Siegfried Lenz Année: 1971 Titre original: Deutschstunde (La Leçon d’allemand)   Résumé: Enfermé dans une prison pour jeunes délinquants située sur une île au large de Hambourg, Siggi Jepsen est puni pour avoir rendu une copie blanche lors d’une épreuve de rédaction. Ce n’est pas qu’il n’ait rien à dire sur le sujet « Les joies du devoir », au contraire. Bientôt lui reviennent à la mémoire les événements qui ont fait basculer sa vie. Son père, officier de police, est contraint en 1943 de faire appliquer la loi du Reich et ses mesures antisémites à l’encontre de l’un de ses amis d’enfance, le peintre Max Nansen (derrière lequel on peut reconnaître le grand Emil Nolde). À l’insu de son père, Siggi devient le confident de l’artiste et va l’aider à mettre en sécurité ses toiles clandestines. Sa passion pour l’œuvre le conduit ainsi au refus de l’autorité paternelle et à une transgression (un vol dans une galerie) qui lui vaudra d’être condamné. Mais aux yeux de Siggi, le châtiment porte l’empreinte du zèle coupable de son géniteur. Avec ce roman d’une grande puissance éthique et affective à la fois, qui fit le bruit que l’on imagine lors de sa publication, Siegfried Lenz a rejoint d’emblée les figures majeures du Groupe 47, ces écrivains allemands — parmi lesquels on comptait Günter Grass, Heinrich Böll et Ingeborg Bachmann — qui ont assuré le « redressement » intellectuel de leur pays.

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La Princesse de Clèves fait de la politique

La Princesse de Clèves fait de la politique
Réflexions sur le rôle de La Princesse de Clèves dans le Mouvement des Universités françaises.

Des Universitaires français reviennent sur le rôle de la Princesse de Clèves dans le mouvement de contestation des universités françaises face à Elaine Sciolino, correspondante du New York Times à Paris.
Le 27 avril 2009
à 18h
University of Chicago Center in Paris (La salle sera affichée à l’entrée)
6, rue Thomas Mann 75013 Paris

Dans ce pays, étrange autant que curieux, situé à l’Ouest du continent européen et autrement appelé France, on se livre à l’art difficile de la politique de bien étrange manière. Que l’on en juge
: voici quelques universitaires que l’on dit « en colère », fort indisposés des lois et réformes qu’on veut leur imposer d’en haut, fort inquiets – eux qui sont hommes d’humanités, de réflexion et de culture, qu’un Président soudainement leur parle rentabilité, évaluation quantitative, et performance professionnelle, à court terme évidemment, qu’une Ministre par là-dessus leur octroie la liberté… d’appliquer un budget réduit et de supprimer eux-mêmes les postes qu’elle leur retire… Que croyez-vous qu’il arriva? Qu’en dignes enfants de la Révolution – la chose est d’importance dans le pays dont nous parlons – et autres Commune de Paris, ils n’eurent de cesse de battre le pavé, voire d’y bâtir des barricades sans négliger, comme il se doit, de tenir leurs piquets de grève? Ils le firent assurément, mais firent autre chose encore: ils se mirent à lire ensemble, sur toutes les places publiques, l’histoire d’une Princesse assez malheureuse en amour, écrite il y a fort longtemps mais bien dans ce même pays, un texte qui parlait d’amour plus que de coupes budgétaires, qui se passait certes à la cour, mais celle d’un roi de France depuis longtemps oublié dans les couloirs du pouvoir. C’est qu’il y avait urgence et péril pour la Princesse. Dans le même pays, le chef de l’exécutif n’avait-il pas à trois reprises attaqué fort publiquement le récit des amours contrariées de la Princesse et du Duc?

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L'Histoire est un sport de combat

Le Moyen Âge n’en finit pas de lutter contre sa mauvaise réputation et contre les préjugés qui lui sont attachés.

L’historien Joseph Morsel contribue à cet effort salutaire avec un essai passionnant (pour public averti).
Intitulé avec humour
: L’Histoire (du Moyen Âge) est un sport de combat…, il n’est pas vendu en librairie mais disponible en ligne!


télécharger l’essai de Joseph Morsel
:
http://lamop.univ-paris1.fr/W3/JosephMorsel/Sportdecombatmac.pdf
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Bibliothèque Numérique Mondiale

L’UNESCO, la Bibliothèque du Congrès et 32 institutions partenaires lancent la Bibliothèque numérique mondiale (21 avril 2009).
La Bibliothèque numérique mondiale met à disposition sur Internet, gratuitement et en
7 langues (anglais, arabe, chinois, espagnol, français, portugais et russe) une documentation considérable en provenance des pays et des cultures du monde entier.

La Bibliothèque numérique mondiale met à disposition sur Internet, gratuitement et en plusieurs langues, une documentation considérable en provenance des pays et des cultures du monde entier.
Les principaux objectifs de la Bibliothèque numérique mondiale sont les suivants :
  • Promouvoir l’entente internationale et interculturelle ;
  • Développer le volume et la diversité des contenus culturels sur Internet ;
  • Fournir des ressources pour les éducateurs, les chercheurs et le grand public ;
  • Donner les moyens aux établissements partenaires de réduire les fractures numériques au sein des pays et entre pays.
http://www.wdl.org/fr/
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Germaine Tillion Verfügbar

Bouleversée d’avoir vu l’émission d’Arte sur le Verfügbar aux enfers de Germaine Tillion, je signale ici l’existence du texte en collection de poche, dont la couverture reproduit celle du fameux carnet de Germaine. À la date anniversaire de la disparition de Germaine Tillion, une lecture à ne pas manquer.
L’émission sera rediffusée, elle est accessible pendant huit jours sur le site d’Arte. Indispensable.

Une opérette à Ravensbrück, Le Verfügbar aux Enfers de Germaine Tillion
Présentation de Tzvetan Todorov et Claire Andrieu, Points-Seuil, 128 p., 5 euros

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Histoire de la typographie

Un site sur l’histoire de la typographie donne aux enfants l’occasion de découvrir la « fabrique » d’un journal avec Lucky Luke et le Daily Star:

http://histoire.typographie.org/lucky-luke/index.html

C’est un petit point de départ, les rubriques présentes dans le bandeau méritent d’être explorées.

Une étude de l’album
Calamity Jane ici
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Harry Potter à l'Université

Fan convaincue du cycle Harry Potter (est-ce un cycle ou une série?), au point de l’avoir lue en anglais avant la traduction de J.F. Ménard, je réunis tous les articles universitaires qui paraissent ici et là sur l’œuvre de J.K. Rowlings.

L’entrée de Harry Potter en Sorbonne, avec une thèse
: Harry Potter, récit d’apprentissage et quête initiatique
http://www.paris-sorbonne.fr/fr/article.php3?id_article = 5127

L’ouvrage d’Isabelle Cani
: Harry Potter ou l’anti-Peter Pan: Pour en finir avec la magie de l’enfance
http://etc.dal.ca/belphegor/vol8_no1/articles/08_01_ransom_potter_fr_cont.html

L’excellente revue Loxias, que je ne cesse de citer ici
:
Béatrice Bomel-Rainelli
: Utilisation et déconstruction des stéréotypes dans le cycle Harry Potter
http://revel.unice.fr/loxias/document.html?id=1734

Je serais ravie que vous m’en fassiez connaître d’autres…
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Rimbaud version 3.0

Tentée par l’achat de la 3e édition des Œuvres de Rimbaud dans la collection de La Pléiade, j’ai commencé à lire la presse à ce sujet. Cette édition était attendue, après toute une série de découvertes de documents, voire d’écrits inconnus de Rimbaud, comme le poème Famille maudite, version riche en variantes de Mémoire, comme ce Rêve de Bismarck, article de circonstance paru en 1870 dans un journal ardennais et retrouvé fortuitement l’an passé…


À part
l’article de Jean Ristat dans L’Humanité (qui règle à juste titre son compte à l’édition d’Antoine Adam), rien dans les articles des différents journaux qui dépasse les connaissances scolaires et les clichés habituels.


Sauf… la volée de bois vert administrée à André Guyaux, auteur de cette 3e Pléiade, par
Jean-Jacques Lefrère, éminent biographe de Rimbaud qui s’exprime avec virulence dans la Quinzaine littéraire n° 988: Rimbaud dans une « Pléiade » sans étoiles

Lefrère assassine également l’« édition du centenaire » d’Alain Borer. Mais l’édition de Steve Murphy, chez Champion, sans doute la meilleure, est ruineuse
!

C’est
Règlement de comptes à Rimbaud Corral.
De Paterne Berrichon à André Guyaux… Combien de temps faudra-t-il encore attendre une excellente édition de Rimbaud
?

En attendant une édition Lefrère (?), une relecture de l’article de Steve Murphy sur le
manuscrit des Illuminations s’impose!
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Mise en abyme

Un article très complet, qui théorise le méta-récit:

JIŘÍ ŠRÁMEK
POUR UNE DÉFINITION DU MÉTA-RÉCIT

« La technique de la narration des histoires dans les histoires est un procédé narratif traditionnel. Malgré cela, on n’a pas réussi jusqu’ici à l’inscrire dans un système catégoriel rigoureusement défini. On en arrive ainsi à cumuler plusieurs critères, et en endosser alternativement de différents. Le but de la présente étude est de faire état de la discussion sur le méta récit comme un problème narratologique, et, dans ce contexte, d’analyser de plus près certaines hypostases, assez irrégulières, du procédé.
Il n’est pas d’histoire, écrivent Roland Bourneuf et Real Quellet, où au moins n’affleurent dans sa narration d’autres histoires
: « Une parenthèse de quelques lignes sur le destin d’un personnage secondaire, une digression explicative constituent déjà un récit dans le récit, présent dans les œuvres narratives les plus anciennes. » Il arrive quelquefois que ce récit dans le récit devienne « l’essentiel », comme dans Le Décaméron ou L’Heptaméron. On se demande si vraiment toute « parenthèse » ou « digression », fût-elle de quelques lignes et indépendamment de son contenu et de sa fonction dans le texte, c’est-à-dire des simples répliques en passant par les portraits du même individu que Mlle de Scudéry fait brosser par ses comparses jusqu’aux histoires racontées au roi par Schéhérazade, peut être considérée comme un récit dans le récit. […] »

http://www.phil.muni.cz/rom/sramek90.pdf

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Flaubert jugé par George Sand

Un article de George Sand sur Madame Bovary:

http://pagesperso-orange.fr/jb.guinot/pages/SandBovary.html

George juge
Salammbô:

http://pagesperso-orange.fr/jb.guinot/pages/SandSalammbo.html

Et
l’Éducation sentimentale:

http://pagesperso-orange.fr/jb.guinot/pages/SandEducation.html
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Le mystère Fred Vargas

Paru avant-hier et, déjà en rupture de stock sur le site amazon…

J’ai le plaisir d’avoir en mains le dernier livre de Guillaume Lebeau (qui s’était penché, cet automme, sur le 4e tome de
Millenium).
Le mystère Fred Vargas, aux éditions Gutenberg, commence tout naturellement par un récit biographique du parcours de l’auteur, y compris son engagement en faveur de Cesare Battisti.

Suit un « who’s who » de tous les personnages des romans, les récurrents (Adamsberg, les évangélistes) et les autres: les femmes (p. 163), les policiers, les scientifiques, les hommes de loi, les hommes de foi, les alias, la nécrologie…
Ensuite, les sources, les influences littéraires, le temps, l’Histoire, l’amour (toujours malheureux), le bestiaire, la réception de l’œuvre, l’espace des fictions
: l’itinéraire des différents romans est particulièrement bien retracé.
Le livre s’achève, avant les incontournables ressources bibliographiques, par un petit dossier sur les recettes de cuisine contenues dans les romans, par Anne Martinetti.

Bref, un livre incontournable, sauf pour ceux qui n’ont pas encore lu tous les
rom’pols’de Vargas, et qui risquent d’y trouver des « spoilers ». Tant pis pour eux!
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Flaubert vu par Brunetière

J’ai trouvé cette page intéressante:

c’est un éloge mitigé de Flaubert par Ferdinand Brunetière, talentueux pourfendeur du naturalisme
:
Le Naturalisme français, étude sur Gustave Flaubert (1880)
[
in Le Roman Naturaliste, 9e édition, 1896.]

http://pagesperso-orange.fr/jb.guinot/pages/brunetiere1.html

http://pagesperso-orange.fr/jb.guinot/pages/brunetiere2.html

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Boris Vian dans La Pléiade

À l’occasion de l’entrée de Boris Vian dans la collection de La Pléiade, chez Gallimard, le magazine Lire consacre tout un dossier à l’auteur de l’Écume des Jours:

en kiosque et ici
: http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=53376/idR=200/idG =

Une étude détaillée de
l’Écume des Jours figure sur ce site:
http://www.sculfort.fr/articles/francaiscollege/auteurs/vianecume.html
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Langue des bourreaux langue des victimes

Sur le site La vie des idées, Saül Friedlander et Pierre-Emmanuel Dauzat:

extrait
:


« Klemperer est le premier et, pendant longtemps, le seul à avoir analysé dans la langue du Troisième Reich des formules, des mots typiques, une certaine utilisation de verbes, une syntaxe véritablement spécifique. Oui, il y avait un langage du Troisième Reich et, très souvent, quand vous lisez des ouvrages un peu spécialisés, vous avez à la fin une sorte de glossaire qui vous indique ce que voulaient dire toutes ces expressions. C’est vrai que la propagande – je pense bien sûr à Goebbels mais aussi à des organisations comme la SS – se créaient une langue qui était leur essence même. Même les grades avaient une espèce de consonance, qui donnait par exemple une identité aux SS. Goebbels utilisait certaines formules qu’il répétait, de même que Hitler bien sûr. Klemperer notait tout cela très précisément. Dans son journal de la guerre, il travaille sans cesse sur la langue. Tout de suite après la guerre, il a publié la LTI [« Lingua Tertii Imperii », titre de l’ouvrage de Klemperer paru en 1947, NDR]. »

http://www.laviedesidees.fr/Langue-des-bourreaux-langue-des.html
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Pathos, mélo, porno

Sous ce titre emprunté à l’auteur, je me permets de vous signaler un article de François Rastier qui me paraît très important:

CROC DE BOUCHER ET ROSE MYSTIQUE
— ENJEUX PRÉSENTS DU PATHOS SUR L’EXTERMINATION
François RASTIER
CNRS/Inalco

Résumé
:
Absent ou presque de la littérature de l’extermination (Levi, Antelme, notamment), le pathos abonde dans des essais sur l’extermination. Après en avoir évoqué la généalogie, on en rappellera les procédés et formes récurrents, aussi bien chez des auteurs comme George Steiner et Giorgio Agamben que chez leurs inspirateurs, Heidegger notamment. Dans le discours théologico-politique qu’ils articulent, une grandiloquence irrationaliste unit politique et mysticisme. Le pathos sur l’extermination semble ainsi pris dans le système des valeurs d’exaltation qui l’ont permise ou accompagnée, pour autant qu’elle témoigne de l’irruption du mythe dans l’histoire.

Mots clés
: théologie politique, pathos, extermination, valeurs, style, Heidegger.

http://www.revue-texto.net/Inedits/Rastier/Rastier_Croc.pdf

(Certes, François Rastier règle encore des comptes avec son vieil ennemi Steiner, mais en ce qui concerne ce sujet, son argumentation est solide, selon moi…)
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