Livre du jour Gide Isabelle
À télécharger
Gérard Lacase, chez qui nous nous retrouvâmes au mois d’Août 189., nous mena, Francis Jammes et moi, visiter le château de la Quartfourche dont il ne restera bientôt plus que des ruines, et son grand parc délaissé où l’été fastueux s’éployait à l’aventure. Rien plus n’en défendait l’entrée : le fossé à demi comblé, la haie crevée, ni la grille descellée qui céda de travers à notre premier coup d’épaule. Plus d’allées ; sur les pelouses débordées quelques vaches pâturaient librement l’herbe surabondante et folle : d’autres cherchaient le frais au creux des massifs éventrés ; à peine distinguait-on de ci de là, parmi la profusion sauvage, quelque fleur ou quelque feuillage insolite, patient reste des anciennes cultures, presque étouffé déjà par les espèces plus communes. Nous suivions Gérard sans parler, oppressés par la beauté du lieu, de la saison, de l’heure, et parce que nous sentions aussi tout ce que cette excessive opulence pouvait cacher d’abandon et de deuil. Nous
parvînmes devant le perron du château, dont les premières marches étaient noyées dans l’herbe, celles d’en haut disjointes et brisées ; mais, devant les portes-fenêtres du salon, les volets résistants nous arrêtèrent. C’est par un soupirail de la cave que, nous glissant comme des voleurs, nos entrâmes ; un escalier montait aux cuisines ; aucune porte intérieure n’était close…
André Gide, Isabelle, 1911.
Serge Ravanel

Rien à la télévision.
Pas d’hommage dans la cour des Invalides.
Je suis en colère, très en colère. Triste époque !
http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Ravanel
Sigfried Lenz la Leçon d'allemand

Auteur : Siegfried LenzAnnée : 1971Titre original : Deutschstunde (La Leçon d’allemand) Résumé :Enfermé dans une prison pour jeunes délinquants située sur une île au large de Hambourg, Siggi Jepsen est puni pour avoir rendu une copie blanche lors d’une épreuve de rédaction.Ce n’est pas qu’il n’ait rien à dire sur le sujet « Les joies du devoir », au contraire. Bientôt lui reviennent à la mémoire les événements qui ont fait basculer sa vie. Son père, officier de police, est contraint en 1943 de faire appliquer la loi du Reich et ses mesures antisémites à l’encontre de l’un de ses amis d’enfance, le peintre Max Nansen (derrière lequel on peut reconnaître le grand Emil Nolde).À l’insu de son père, Siggi devient le confident de l’artiste et va l’aider à mettre en sécurité ses toiles clandestines. Sa passion pour l’œuvre le conduit ainsi au refus de l’autorité paternelle et à une transgression (un vol dans une galerie) qui lui vaudra d’être condamné. Mais aux yeux de Siggi, le châtiment porte l’empreinte du zèle coupable de son géniteur. Avec ce roman d’une grande puissance éthique et affective à la fois, qui fit le bruit que l’on imagine lors de sa publication, Siegfried Lenz a rejoint d’emblée les figures majeures du Groupe 47, ces écrivains allemands — parmi lesquels on comptait Günter Grass, Heinrich Böll et Ingeborg Bachmann — qui ont assuré le « redressement » intellectuel de leur pays.
Livre du jour Pascal Les Provinciales
Chaque jour un livre en téléchargement
«… par où m’attaquerez-vous, puisque ni mes discours ni mes écrits donnent aucun prétexte à vos accusations d’hérésie, et que je trouve ma sûreté contre vos menaces dans l’obscurité qui me couvre ? Vous vous sentez frappés par une main invisible, qui rend vos égarements visibles à toute la terre ; et vous essayez en vain de m’attaquer en la personne de ceux auxquels vous me croyez uni. Je ne vous crains ni pour moi, ni pour aucun autre, n’étant attaché ni à quelque communauté, ni à quelque particulier que ce soit. Tout le crédit que vous […]. »
Les Provinciales, de Blaise Pascal.
La Princesse de Clèves fait de la politique
La Princesse de Clèves fait de la
politique
Réflexions
sur le rôle de
La Princesse de Clèves
dans le Mouvement des Universités
françaises.
Des
Universitaires français reviennent sur le rôle de la
Princesse de Clèves dans le mouvement de contestation
des universités françaises face à Elaine Sciolino,
correspondante du New York Times à
Paris.
Le
27 avril 2009
à
18h
University
of Chicago Center in Paris (La salle
sera affichée à l’entrée)
6, rue
Thomas Mann 75013
Paris
Dans ce pays, étrange autant que curieux, situé à
l’Ouest du continent européen et autrement appelé
France, on se livre à l’art difficile de la politique
de bien étrange manière. Que l’on en
juge :
voici quelques universitaires que l’on dit « en
colère », fort indisposés des lois et réformes
qu’on veut leur imposer d’en haut, fort inquiets –
eux qui sont hommes d’humanités, de réflexion et de
culture, qu’un Président soudainement leur parle
rentabilité, évaluation quantitative, et performance
professionnelle, à court terme évidemment, qu’une
Ministre par là-dessus leur octroie la liberté…
d’appliquer un budget réduit et de supprimer
eux-mêmes les postes qu’elle leur retire… Que
croyez-vous qu’il arriva ?
Qu’en dignes enfants de la Révolution – la chose est
d’importance dans le pays dont nous parlons – et
autres Commune de Paris, ils n’eurent de cesse de
battre le pavé, voire d’y bâtir des barricades sans
négliger, comme il se doit, de tenir leurs piquets de
grève ?
Ils le firent assurément, mais firent autre chose
encore :
ils se mirent à lire ensemble, sur toutes les places
publiques, l’histoire d’une Princesse assez
malheureuse en amour, écrite il y a fort longtemps
mais bien dans ce même pays, un texte qui parlait
d’amour plus que de coupes budgétaires, qui se
passait certes à la cour, mais celle d’un roi de
France depuis longtemps oublié dans les couloirs du
pouvoir. C’est qu’il y avait urgence et péril pour la
Princesse. Dans le même pays, le chef de l’exécutif
n’avait-il pas à trois reprises attaqué fort
publiquement le récit des amours contrariées de la
Princesse et du Duc ?
Livre du jour Jacquou le Croquant
Chaque jour, un livre en téléchargement
« Le plus loin dont il me souvienne, c’est 1815, l’année que les étrangers vinrent à Paris, et où Napoléon, appelé par les messieurs du château de l’Herm 'l’ogre de Corse', fut envoyé à Sainte-Hélène, par-delà les mers. En ce temps-là, les miens étaient métayers à Combenègre, mauvais domaine du marquis de Nansac, sur la lisière de la Forêt Barade, dans le haut Périgord. C’était le soir de Noël : assis sur un petit banc dans le coin de l’âtre, j’attendais l’heure […].»
Jacquou le Croquant, d’Eugène Le Roy
L'Histoire est un sport de combat
L’historien Joseph Morsel contribue à cet effort salutaire avec un essai passionnant (pour public averti).
Intitulé avec humour : L’Histoire (du Moyen Âge) est un sport de combat…, il n’est pas vendu en librairie mais disponible en ligne !
télécharger l’essai de Joseph Morsel :
http://lamop.univ-paris1.fr/W3/JosephMorsel/Sportdecombatmac.pdf
Bibliothèque Numérique Mondiale
La Bibliothèque numérique mondiale met à disposition sur Internet, gratuitement et en 7 langues (anglais, arabe, chinois, espagnol, français, portugais et russe) une documentation considérable en provenance des pays et des cultures du monde entier.
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Les principaux objectifs de la Bibliothèque numérique mondiale sont les suivants :
- Promouvoir l’entente internationale et interculturelle ;
- Développer le volume et la diversité des contenus culturels sur Internet ;
- Fournir des ressources pour les éducateurs, les chercheurs et le grand public ;
- Donner les moyens aux établissements partenaires de réduire les fractures numériques au sein des pays et entre pays.
Livre du jour Flaubert Madame Bovary

Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857
Germaine Tillion Verfügbar

L’émission sera rediffusée, elle est accessible pendant huit jours sur le site d’Arte. Indispensable.
Une opérette à Ravensbrück,
Le Verfügbar aux Enfers de
Germaine Tillion
Présentation de Tzvetan Todorov et Claire Andrieu,
Points-Seuil, 128 p., 5 euros
Histoire de la typographie
http://histoire.typographie.org/lucky-luke/index.html
C’est un petit point de départ, les rubriques présentes dans le bandeau méritent d’être explorées.
Une étude de l’album Calamity Jane ici
Livre du jour Pirandello Le Livret rouge
Chaque jour, un livre en téléchargement
« Nisias. — Un gros village qui bourdonne sur une plage étroite au bord de la mer de Sicile. Naître dans de mauvaises conditions, n’est pas une prérogative exclusive des hommes. Les villages non plus ne naissent pas comme ils veulent, ni où ils veulent, mais là où quelque nécessité naturelle engendre de la vie. Alors si un trop grand nombre d’hommes, attirés par cette nécessité, accourent en ce lieu, s’ils s’y reproduisent […] »
Le Livret rouge, par Pirandello
En mode image :
http://www.ebooksgratuits.org/pdf/pirandello_livret_rouge_ocr.pdf
L'Esprit de la ruche

L’Esprit de la ruche, de Victor Erice, est à la fois bouleversant au plan émotionnel et bluffant au plan cinématographique.
Une analyse ici :
http://www.critikat.com/L-Esprit-de-la-ruche.html
Il reste quelques jours de projection sur CinéClub, ne le manquez pas !
Tout le monde reconnaîtra, sur l’image, la merveilleuse petite Ana Torrent du Cria Cuervos de Carlos Saura, découverte trois ans plus tôt dans L’Esprit de la ruche…
Harry Potter à l'Université
L’entrée de Harry Potter en Sorbonne, avec une thèse : Harry Potter, récit d’apprentissage et quête initiatique
http://www.paris-sorbonne.fr/fr/article.php3?id_article = 5127
L’ouvrage d’Isabelle Cani : Harry Potter ou l’anti-Peter Pan : Pour en finir avec la magie de l’enfance
http://etc.dal.ca/belphegor/vol8_no1/articles/08_01_ransom_potter_fr_cont.html
L’excellente revue Loxias, que je ne cesse de citer ici :
Béatrice Bomel-Rainelli : Utilisation et déconstruction des stéréotypes dans le cycle Harry Potter
http://revel.unice.fr/loxias/document.html?id=1734
Je serais ravie que vous m’en fassiez connaître d’autres…
Rimbaud version 3.0
À part l’article de Jean Ristat dans L’Humanité (qui règle à juste titre son compte à l’édition d’Antoine Adam), rien dans les articles des différents journaux qui dépasse les connaissances scolaires et les clichés habituels.
Sauf… la volée de bois vert administrée à André Guyaux, auteur de cette 3e Pléiade, par Jean-Jacques Lefrère, éminent biographe de Rimbaud qui s’exprime avec virulence dans la Quinzaine littéraire n° 988 : Rimbaud dans une « Pléiade » sans étoiles
Lefrère assassine également l’« édition du centenaire » d’Alain Borer. Mais l’édition de Steve Murphy, chez Champion, sans doute la meilleure, est ruineuse !
C’est Règlement de comptes à Rimbaud Corral.
De Paterne Berrichon à André Guyaux… Combien de temps faudra-t-il encore attendre une excellente édition de Rimbaud ?
En attendant une édition Lefrère (?), une relecture de l’article de Steve Murphy sur le manuscrit des Illuminations s’impose !
Mise en abyme
JIŘÍ
ŠRÁMEK
POUR UNE
DÉFINITION DU MÉTA-RÉCIT
« La
technique de la narration des histoires dans les
histoires est un procédé narratif traditionnel.
Malgré cela, on n’a pas réussi jusqu’ici à l’inscrire
dans un système catégoriel rigoureusement défini. On
en arrive ainsi à cumuler plusieurs critères, et en
endosser alternativement de différents. Le but de la
présente étude est de faire état de la discussion sur
le méta récit comme un problème narratologique, et,
dans ce contexte, d’analyser de plus près certaines
hypostases, assez irrégulières, du procédé.
Il n’est pas d’histoire, écrivent Roland Bourneuf et
Real Quellet, où au moins n’affleurent dans sa
narration d’autres histoires :
« Une parenthèse de quelques lignes sur le
destin d’un personnage secondaire, une digression
explicative constituent déjà un récit dans le récit,
présent dans les œuvres narratives les plus
anciennes. » Il arrive
quelquefois que ce récit dans le récit devienne
« l’essentiel », comme dans
Le
Décaméron ou
L’Heptaméron.
On se
demande si vraiment toute « parenthèse » ou
« digression », fût-elle de quelques lignes
et indépendamment de son contenu et de sa fonction
dans le texte, c’est-à-dire des simples répliques en
passant par les portraits du même individu que
Mlle de Scudéry fait brosser par ses comparses
jusqu’aux histoires racontées au roi par
Schéhérazade, peut être considérée comme un récit
dans le récit. […] »
http://www.phil.muni.cz/rom/sramek90.pdf
Flaubert jugé par George Sand
http://pagesperso-orange.fr/jb.guinot/pages/SandBovary.html
George juge Salammbô :
http://pagesperso-orange.fr/jb.guinot/pages/SandSalammbo.html
Et l’Éducation sentimentale :
http://pagesperso-orange.fr/jb.guinot/pages/SandEducation.html
Livre du jour Balthazar Gracian
Chaque jour, un livre en téléchargement
Le premier trait d’habileté dans un grand homme est de bien connaître son propre fonds, afin d’en ménager l’usage avec une sorte d’économie. Cette connaissance préliminaire est la seule règle certaine sur laquelle il peut et il doit après cela mesurer l’exercice de son mérite. C’est un art insigne et de savoir saisir d’abord l’estime des hommes, et de ne se montrer jamais à eux tout entier. Il faut entretenir toujours leur attente avantageuse, et ne la point épuiser, pour le dire ainsi ; qu’une haute entreprise, une action éclatante, une chose enfin distinguée dans son genre en promette encore d’autres, et que celles-ci nourrissent successivement l’espérance d’en voir toujours de nouvelles.
En effet, si l’on veut se conserver l’admiration publique, il n’est point d’autre moyen pour y réussir que de se rendre impénétrable sur l’étendue de sa capacité. Un fleuve n’inspire de la frayeur qu’autant de temps que l’on n’en connaît point le gué ; et un homme habile ne s’attire de la vénération qu’autant de temps […]
Balthasar Gracian, Le héros
Le mystère Fred Vargas

J’ai le plaisir d’avoir en mains le dernier livre de Guillaume Lebeau (qui s’était penché, cet automme, sur le 4e tome de Millenium).
Le mystère Fred Vargas, aux éditions Gutenberg, commence tout naturellement par un récit biographique du parcours de l’auteur, y compris son engagement en faveur de Cesare Battisti.
Suit un « who’s who » de tous les personnages des romans, les récurrents (Adamsberg, les évangélistes) et les autres : les femmes (p. 163), les policiers, les scientifiques, les hommes de loi, les hommes de foi, les alias, la nécrologie…
Ensuite, les sources, les influences littéraires, le temps, l’Histoire, l’amour (toujours malheureux), le bestiaire, la réception de l’œuvre, l’espace des fictions : l’itinéraire des différents romans est particulièrement bien retracé.
Le livre s’achève, avant les incontournables ressources bibliographiques, par un petit dossier sur les recettes de cuisine contenues dans les romans, par Anne Martinetti.
Bref, un livre incontournable, sauf pour ceux qui n’ont pas encore lu tous les rom’pols’de Vargas, et qui risquent d’y trouver des « spoilers ». Tant pis pour eux !
Flaubert vu par Brunetière
c’est un éloge mitigé de Flaubert par Ferdinand Brunetière, talentueux pourfendeur du naturalisme :
Le Naturalisme français, étude sur Gustave Flaubert (1880)
[in Le Roman Naturaliste, 9e édition, 1896.]
http://pagesperso-orange.fr/jb.guinot/pages/brunetiere1.html
http://pagesperso-orange.fr/jb.guinot/pages/brunetiere2.html
Livre du jour Dumas Le Chevalier de Maison Rouge
Roman Historique
Un des livres consacrés par Dumas à la Révolution Française. L’action se passe en 1793. Le jacobin Maurice Lindey, officier dans la garde civique, sauve des investigations d’une patrouille une jeune et belle inconnue, qui garde l’anonymat. Prisonnière au Temple, où règne le cordonnier Simon, geôlier du dauphin, Marie-Antoinette reçoit un billet lui annonçant que le chevalier de Maison-Rouge prépare son enlèvement…
Édition illustrée
PDF 9,8 Mo
http://www.ebooksgratuits.com/pdf/dumas_chevalier_maison-rouge_illustre.pdf
Boris Vian dans La Pléiade

en kiosque et ici : http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=53376/idR=200/idG =
Une étude détaillée de l’Écume des Jours figure sur ce site :
http://www.sculfort.fr/articles/francaiscollege/auteurs/vianecume.html
Livre du jour Verlaine Œuvres complètes 1
Œuvres complètes de Paul Verlaine, Vol. 1
Poèmes Saturniens, Fêtes Galantes, Bonne chanson, Romances sans
paroles, Sagesse, Jadis et naguère
http://www.gutenberg.org/ebooks/15112
Langue des bourreaux langue des victimes
extrait :
« Klemperer est le premier et, pendant longtemps, le seul à avoir analysé dans la langue du Troisième Reich des formules, des mots typiques, une certaine utilisation de verbes, une syntaxe véritablement spécifique. Oui, il y avait un langage du Troisième Reich et, très souvent, quand vous lisez des ouvrages un peu spécialisés, vous avez à la fin une sorte de glossaire qui vous indique ce que voulaient dire toutes ces expressions. C’est vrai que la propagande – je pense bien sûr à Goebbels mais aussi à des organisations comme la SS – se créaient une langue qui était leur essence même. Même les grades avaient une espèce de consonance, qui donnait par exemple une identité aux SS. Goebbels utilisait certaines formules qu’il répétait, de même que Hitler bien sûr. Klemperer notait tout cela très précisément. Dans son journal de la guerre, il travaille sans cesse sur la langue. Tout de suite après la guerre, il a publié la LTI [« Lingua Tertii Imperii », titre de l’ouvrage de Klemperer paru en 1947, NDR]. »
http://www.laviedesidees.fr/Langue-des-bourreaux-langue-des.html
Livre du jour La Brise au clair de lune
Chaque jour, un livre en téléchargement
« Sous la dynastie précédente, dans la ville de Ta-ming 'La grande renommée', du Tche-li, vivait un jeune lettré dont le nom de famille était Tié 'Fer' ; dont le double prénom était Tchong-yu 'Jade-pur', et dont le surnom honorifique était Fong-cheng 'Né avec-la-décision'. Il avait grandi, harmonieux de formes, élégant d’allures et de manières, pareil à une Beauté. Aussi, dans son quartier, l’avait-on surnommé Tié la-beauté. Quant […]. »
La Brise au clair de lune (auteur inconnu, dynastie Yuan).
Livre du jour Huysmans En route
Chaque jour, un livre en téléchargement
« C’était pendant la première semaine de novembre, la semaine où se célèbre l’octave des morts. Durtal entra, le soir, à huit heures, à Saint- Sulpice. Il fréquentait volontiers cette église parce que la maîtrise y était exercée et qu’il pouvait, loin des foules, s’y trier en paix. L’horreur de cette nef, voûtée de pesants berceaux, disparaissait avec la nuit ; les bas-côtés étaient souvent déserts, les lampes peu nombreuses éclairaient mal ; l’on pouvait se pouiller […]. »
En route, de Joris-Karl Huysmans
Pathos, mélo, porno
CROC DE BOUCHER ET ROSE MYSTIQUE
— ENJEUX PRÉSENTS DU PATHOS SUR L’EXTERMINATION
François RASTIER
CNRS/Inalco
Résumé :
Absent ou presque de la littérature de l’extermination (Levi, Antelme, notamment), le pathos abonde dans des essais sur l’extermination. Après en avoir évoqué la généalogie, on en rappellera les procédés et formes récurrents, aussi bien chez des auteurs comme George Steiner et Giorgio Agamben que chez leurs inspirateurs, Heidegger notamment. Dans le discours théologico-politique qu’ils articulent, une grandiloquence irrationaliste unit politique et mysticisme. Le pathos sur l’extermination semble ainsi pris dans le système des valeurs d’exaltation qui l’ont permise ou accompagnée, pour autant qu’elle témoigne de l’irruption du mythe dans l’histoire.
Mots clés : théologie politique, pathos, extermination, valeurs, style, Heidegger.
http://www.revue-texto.net/Inedits/Rastier/Rastier_Croc.pdf
(Certes, François Rastier règle encore des comptes avec son vieil ennemi Steiner, mais en ce qui concerne ce sujet, son argumentation est solide, selon moi…)
