Livre du jour Tchekhov le Moine noir
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«André Vassiliévitch Kovrine, agrégé de philosophie, était fatigué, il se sentait les nerfs un peu malades. Un médecin de ses amis lui conseilla, comme ils causaient devant un verre de madère, un séjour de quelques mois à la campagne. Justement, Kovrine venait de recevoir une lettre par laquelle Tania Pessotzky l’invitait à venir passer quelque temps à Borissovka ; et il décida qu’un petit voyage lui ferait en effet le plus grand bien. On était alors au […]».
Le Moine noir, d’Anton Tchekhov
Casanova en Pléiade
Antoine Gallimard annonce dans l’émission « Bibliothèque Médicis », diffusée ce vendredi 12 sur Public Sénat, la publication de l’œuvre de Casanova en Pléiade. Cette publication offre la possibilité d’une nouvelle exégèse de l’Histoire de ma vie. Les lecteurs vont enfin découvrir le texte original du vénitien. En effet, l’histoire du manuscrit est aussi romanesque que la vie de son auteur. Casanova finit ses jours en Bohême et laissa à sa disparition, en 1798, 3700 feuillets rédigés en français, qui furent publiés en 1821 par un éditeur allemand, Brockhaus. Mais ce dernier propose une version censurée et épurée : le Casanova libertin, financier, diplomate, joueur et escroc aurait été jugé trop immoral pour l’époque. La première édition française vit le jour en 1838, mais cette version fut également retouchée. L’édition réalisée par Jean Laforgue fait de Casanova un partisan de la Révolution française, lui qui y était plutôt hostile. Sauvé des bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale, le manuscrit était resté dans un coffre en Allemagne. Il a été acquis récemment par la BnF.
Une chaîne de télé dédiée au théâtre ?
Bientôt une chaîne de télévision entièrement dédiée au théâtre ? C’est en tout cas sur le projet « Théâtre sans frontière » que planche le directeur du théâtre Comédia, à Paris selon la Lettre de l’audiovisuel.
Cette chaîne sera d’abord lancée sur le câble et le satellite, pour ensuite peut-être débarquer sur la TNT.
Au programme : des spectacles de tous types de théâtre, et des journaux d’information dédiés au sujet. Des programmes seront également dédiés aux enfants avec des spectacles de Guignol.
Circulaire Rafle du Vel'd'Hiv
«Sa source est sure, il provient des archives d’une organisation syndicale policière à présent dissoute, qui disperse ses archives.
Je vous préviens, il
est glaçant.
On a coutume de dire que le crime contre l’humanité qu’a constitué
l’extermination des juifs en Europe au cours de la Seconde guerre
mondiale est unique en ce qu’il est un crime administratif. Ce
n’est pas l’oeuvre d’un fou, car un fou seul n’aurait pas pu tuer
autant en aussi peu de temps. C’est un crime commis à l’aide de la
machine administrative, froide, efficace, organisée et
insensible.
En voici la démonstration.
Le document est un pdf, c’est une photocopie de photocopie d’une
copie faite au carbone d’un document vieux de 70 ans, d’où sa
piètre qualité. Grâce à la gentillesse et à la disponibilités de
mes lecteurs, vous trouverez une retranscription de la circulaire
ci-dessous, qui respecte dans la mesure du possible la mise en page
originale. Seule la page 4 a dû être retranscrite au format pdf, il
s’agit d’un tableau, qui cause des problèmes d’affichage selon la
taille de l’écran du lecteur.
Je n’ai aucun droit de propriété intellectuelle sur ce document, et
vu sa nature et son ancienneté, il est libre de droit. Vous pouvez
copier le fichier, et en faire ce que vous voulez. La
retranscription suivra ce statut et pourra être librement
recopiée.»
Livre du jour Henry James L'Élève
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«Le pauvre jeune homme hésitait et temporisait. Il lui était bien difficile d'aborder la question rétribution, de parler argent à une personne qui ne parlait que sentiment et semblait ne s'intéresser qu'aux choses du grand monde. Prendre congé, pourtant, eût été s'engager de façon définitive. Et il voulait auparavant régler ce côté conventionnel de son affaire. Mais il était embarrassé par les façons affables de cette grosse dame. Assise devant lui, elle tâchait d'introduire une main dodue [...] dans un gant sale.»
L'Elève, suivi de L'Autel des morts, de Henry James
Patrick Modiano, L'Horizon
L'Horizon,
de Patrick Modiano
Le
nouveau roman de Patrick Modiano est paru le 4 mars 2010. Un grand
bonheur de retrouver le plus grand romancier français après
Proust.
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Livre du jour Dostoievski Krotkaïa
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«... Maintenant qu'elle est ici, cela va encore : je m'approche et je la regarde à chaque instant ; mais demain ? on me la prendra, que ferai-je alors tout seul ? Elle est à présent dans cette chambre, étendue sur ces deux tables ; demain la bière sera prête, une bière blanche... ; blanche... en gros de Naples... du reste il ne s'agit pas de cela... Je marche, je marche toujours... je veux comprendre. Voilà déjà six heures que je le veux et je ne puis parvenir à concentrer mes pensées sur un seul (...)».
Krotkaïa, de Dostoïevski.
Crime et châtiment au Musée d'Orsay
Le titre est assez explicite ; l’exposition montre deux siècles d’art, commençant en 1791 lorsque Louis-Michel Le Peletier de Saint-Fargeau réclame la suppression de la peine de mort, et s’arrêtant au 30 septembre 1981, date du vote de son abolition en France.

© Musée
Fabre de Montpellier Agglomération – photo Frédéric
Jaulmes
Durant toutes ces
années, la littérature a créé d’innombrables personnages de
criminels. Le titre de l’exposition est lui-même emprunté à
Dostoïevski. Dans la presse, notamment dans les quotidiens
illustrés, le crime de sang décuple par la fiction du romanesque sa
puissance fantasmatique.
Dans le même temps, le thème criminel investit les arts visuels.
Chez les plus grands peintres, Goya, Géricault, Picasso ou
Magritte, les représentations du crime ou de la peine capitale sont
à l’origine d’œuvres saisissantes. Le cinéma également assimile
sans tarder les charmes troubles d’une violence extrême, sa
représentation la transformant même en plaisir, voire en
volupté.
Voilà donc un beau sujet original pour un exposition. Au-delà du
crime, il s’agit de poser encore et toujours le problème du Mal, et
au-delà de la circonstance sociale, l’inquiétude métaphysique. A
ces questions, l’art apporte un témoignage spectaculaire.
Esthétique de la violence, violence de l’esthétique, cette
exposition ne saurait que les réconcilier en rapprochant des images
de toutes sortes, littérature et musique.

