Anthologie de poèmes sur le thème de la mémoire et de l’oubli


Le Myosotis

Ayant perdu toute mémoire
Un myosotis s’ennuyait.
Voulait-il conter une histoire?

Dès le début, il l’oubliait.
Pas de passé, pas d’avenir,
Myosotis sans souvenir.

Robert DESNOS, Chantefables et Chantefleurs (Grund, 1955)
(1900-1945)


Mauvaise mémoire

Mais quel était ce souffle aux pavés de l’aurore?
Quelle était cette odeur de légumes jetés,
ce linge au noir balcon comme un signal glacé
?
Quel était ce regard qui me surveille encore
?

Mais quelle était mais quelle était dans cette ville
cette fumée
? et ce silence? et tout à coup
ces heurts ces coups de feu de bataille civile
?
Quelle était la clameur qui venait jusqu’à nous
?

Quel était votre nom quel était mon visage
Que faisions-nous ainsi l’un à l’autre inconnus
?
Sans savoir qui je suis sans savoir qui je fus
Je revois une main qui se tend sous l’orage

un visage qui pleure, une porte fermée.

Jean TARDIEU, Le Démon de l’Irréalité
(Ides et Calendes, Neuchâtel, 1946)



Âme absente

Le taureau ne te connaît pas, ni le figuier,
ni les chevaux, ni les fourmis de ta maison.
Ni l’enfant, ni le soir déjà ne te connaissent
parce que tu es mort pour toujours.

Ne te connaissent plus les lombes de la pierre,
ni le satin noir où ton corps se défait.
Ne te connaît plus ton souvenir muet,
parce que tu es mort pour toujours.

Viendra l’automne avec ses buccins,
ses grappes de nuages et les monts assemblés,
mais personne ne voudra voir tes yeux
parce que tu es mort pour toujours.

Parce que tu es mort pour toujours,
comme tous les morts de la Terre,
comme tous les morts qu’on oublie
en un monceau de chiens éteints.

Nul ne te connaît plus. Cependant je te chante.
Je chante, pour l’avenir, ton profil et ta grâce,
La maturité insigne de ton savoir
ton désir de la mort et le goût de sa bouche,
et la tristesse au fond de ta vaillante joie.

Il tardera beaucoup à naître, s’il peut naître,
un Andalou si clair, si riche d’aventure.
Je chante sa noblesse avec des mots qui pleurent
et songe au triste vent parmi les oliviers.

Federico Garcia LORCA,
Chant funèbre pour Ignacio Sanchez Mejias, 1935 in Anthologie poétique (Charlot)
poète espagnol né près de Grenade (1899-1936)




Journal

Et quoi écrire encore sur les pages de ce journal?
J’ai oublié ton nom, je l’ai oublié.
Les mots jaillissent bruissants comme les sources,
les images s’inscrivent aussi bleues que le crépuscule.

Et qu’écrire encore, pour toi, pour moi, pour nous?
Les pensées sont aussi lourdes que les roches de la montagne,
la main s’appesantit, pareille à une bête effondrée,
les yeux sont tristes, alourdis autant que de vieux volets.

1937

Zaharia STANCO, in Poèmes Roumains (Hautefeuille, Caractères)
poète roumain (1902-?)


Rose rouge

À Paul Gilson

Le souvenir d’une amoureuse,
Divine enfant des anciens jours,
Se mêle en songe au frais velours
De cette rose ténébreuse
Que je respire lentement
Et qui dans son parfum m’apporte
Comme un secret d’étoile morte
Tout un passé doux et dormant.

Philippe CHABANEIX, Aux sources de la nuit (Caractères, 1955)
poète français (1898-?)


Mortefontaine (fragment)

Je me souviens de la bohème,
De mes amours de ce temps-là
!
Ô mes amours, j’ai trop de peine
Quand refleurissent les lilas…
Qu’est-ce que c’est que cette antienne
?
Qu’est-ce que c’est que cet air-là
?
Ô mes amours, j’ai trop de peine…
Le temps n’est plus de la bohème.
Au diable soient tous les lilas
!
Il pleut dans le petit jour blême.
Il pleut, nous n’irons plus au bois.
Toutes les amours sont les mêmes,
Les morts ne ressuscitent pas.
Un vieil orgue, comme autrefois,
Moud, essoufflé « La Marjolaine ».
Ô mes amours de ce temps-là,
Jamais les mortes ne reviennent.
Elles dorment sous les lilas
Où les oiseaux chantent ma peine,
Sous les lilas qu’on a mis là…
Les jours s’en vont et les semaines
:
Ô mes amours, priez pour moi…

Francis CARCO, Mortefontaine (Émile Paul, 1946)
poète français, né à Nouméa (1886-1958)

Mortefontaine, en Valois, est la patrie de Nerval -qui inspira Carco à plusieurs reprises




Air populaire

Ils m’émeuvent tant,
ces airs de Bohème,
glissant dans mon cœur
leur lourde langueur.

Qu’un enfant fredonne
en sarclant son champ,
un rêve t’en donne
l’écho quand tu dors.

Tu as beau errer
par toute la terre,
te revient cet air.

Rainer Maria RILKE 1895
Poèmes de jeunesse in Poésie (Seuil)
poète autrichien, né à Prague (1875-1910)



Remembrances

D’où vient cette aubade câline
Chantée — on eut dit — en bateau,
Où se mêle un pizzicato
De guitare et de mandoline
?

Pourquoi cette chaleur de plomb
Où passent des senteurs d’orange,
Et pourquoi la séquelle étrange
De ces pèlerins à froc blond
?

Et cette Dame, quelle est-elle,
Cette Dame que l’on dirait
Peinte par le vieux Tintoret
Dans sa robe de brocatelle
?

Je me souviens, je me souviens
:
Ce sont des défuntes années,
Ce sont des guirlandes fanées
Et ce sont des rêves anciens
!

Jean MORÉAS, Les Syrtes, 1884 (Mercure de France)
poète grec d’expression française (1856-1910)



Belle et ressemblante

Un visage à la fin du jour
Un berceau dans les feuilles mortes du jour
Un bouquet de pluie nue
Tout soleil caché
Toute source des sources au fond de l’eau
Tout miroir des miroirs brisé
Un visage dans les balances du silence
Un caillou parmi d’autres cailloux
Pour les frondes des dernières lueurs du jour
Un visage semblable à tous les visages oubliés.

Paul ÉLUARD, La Vie Immédiate (Les Cahiers Libres, 1932)
poète français (1895-1952)



La route de la mer

La route de la mer avance sous les arbres
Et coupe à l’horizon l’église du hameau
Je pense à ce pays de Vannes, d’où s’échappe
L’enfant qui pousse le soleil dans un cerceau
Et je hante la haie où la loutre et la martre
Jouent à se mordre mieux, à changer de museau.

En ce temps-là, je fréquentais la communale
Et ramassais les pluies dans mon pauvre sarrau.
Dès que j’aimais, même l’amour me faisait mal
Et levait dans mon cœur plantes et passereaux.
Par les ouïes de la mer, roulée lame sur lame,
J’entendais monter la lune du fond des flots.

Mon frère dénichait les grives, les fauvettes,
Mes sœurs sauvages s’échappaient d’un fabliau
Moi je disais mon Dieu, pour le frapper peut-être,
Pour le trahir et le livrer à ses bourreaux
J’avais hâte de vivre à la hauteur des bêtes
Hâte aussi de répandre un juste sang nouveau.

Maintenant, sur la route où ne passe personne
La lune à l’agonie retourne son chaos
La mer mugit, le ciel échoue… Je manque l’homme
Et le cadavre du soleil, par un hublot
Vomit
le jour et donne à l’insecte, à l’oiseau,
Pouvoir de parler sans connaître la Parole.

Charles LE QUINTREC, Les Noces de la terre (Grasset, 1957)
poète français, né en Bretagne en 1926.




Souvenir ou autre repas de famille

Après avoir vidé et nettoyé vos boyaux,
coupez-les en filets de 25 centimètres,
auxquels vous joindrez du lard maigre
coupé en filets.
Mlle Rosalie BLANQUET
(La Cuisinière des Ménages, partie III, cap. V)

Quand j’étais tout petit, nous dînions chez ma tante,
le jeudi soir
; papa la jugeait dégoûtante
à cause d’un lupus qui lui mangeait le nez
:
ce m’est un souvenir si doux que ces dîners
!
Après le pot-au-feu, la bonne Marguerite
apportait le gigot avec la pomme frite
classique et c’était bon
! je ne vous dis que ça!
Chacun jetait son os à la chienne Aïssa.
Moi, ce que j’aimais bien c’est l’andouille de Vire
;
Je contemplais (ainsi que Lamartine Elvire)
sur mon assiette à fleurs les gros morceaux de lard,
et je roulais des yeux béats de papelard
et ma tante disait
: « Mange donc, niguedouille!… »
Ô Seigneur, bénissez ma tante et son andouille
!

Georges FOUREST, La Négresse Blonde, 1909 (José Corti)
poète français (1864-1945)




Evadné

L’été et notre vie étions d’un seul tenant
La campagne mangeait la couleur de ta jupe odorante
Avidité et contrainte s’étaient réconciliées
Le château de Maubec s’enfonçait dans l’argile
Bientôt s’effondrerait le roulis de sa lyre
La violence des plantes nous faisait vaciller
Un corbeau rameur sombre déviant de l’escadre
Sur le muet silex de midi écartelé
Accompagnait notre entente aux mouvements tendres
La faucille partout devait se reposer
Notre rareté commençait un règne
(Le vent insomnieux qui nous ride la paupière
En tournant chaque nuit la page consentie
Veut que chaque part de toi que je retienne
Soit étendue à un pays d’âge affamé et de larmier géant)

C’était au début d’adorables années
La terre nous aimait un peu je me souviens.

René CHAR, Seuls demeurent (Gallimard, 1945)
poète français (1907-1986)




Spleen (extrait)

J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C’est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.

Charles BAUDELAIRE, Les Fleurs du Mal, 1857
poète français, né à Paris (1821-1867)




La rose bleue (extrait)

[…]
Je vous revois, jardinets de banlieue
avec ces visages de fleurs qui font penser
à des enfants dans une chambre
; je vous vois,
fenêtre à l’ombre où l’on cultive une jacinthe…

Et vous, champs de Harlem, brumes où tinte
le carillon d’autres jacinthes
; bleu de toits
drapés d’une glycine
; poudre fine
d’un épi de lavande au soleil des collines,

matins bleus, pays bleus, je vous reconnais bien,
d’ici, rien qu’aux parfums du vent qui passe…

… Et d’autres, mieux que moi, comme l’on se souvient,
souviendront d’étés anciens, d’odeurs vivaces.


Sabine SICAUD, Poèmes d’enfant (Les Cahiers de France, Poitiers, 1926)
poète française, née près de Villeneuve sur Lot (1913-1928)



Prologue

À vous toutes,
que l’on aima et que l’on aime,
icône à l’abri dans la grotte de l’âme,
comme une coupe de vin à la table d’un festin,
je lève mon crâne rempli de poèmes.

Souvent je me dis —
et si je mettais
le point d’une balle à ma propre fin.
Aujourd’hui,
à tout hasard,
je donne mon concert d’adieu.
Mémoire
!
Rassemble dans la salle du cerveau,
les rangs innombrables des bien-aimées.
Verse le rire d’yeux en yeux.
Que de noces passées la nuit se pare.
De corps et corps versez la joie.
Que nul ne puisse oublier cette nuit.
Aujourd’hui je jouerai de la flûte —
sur ma propre colonne vertébrale.

Vladimir MAIAKOVSKI, La Flûte des Vertèbres, 1915 in Vers et Proses de 1913 à 1930 (Éditeurs Français Réunis)
poète russe, né en Transcaucasie (1894-1930)




L’adieu

J’ai cueilli ce brin de bruyère
L’automne est morte souviens-t’en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t’attends

Guillaume APOLLINAIRE, Alcools, 1913 (Poésie/Gallimard)
poète français, né à Rome, de mère lituanienne (1880-1918)



Départ

Assez vu. La vision s’est rencontrée à tous les airs.
Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.
Assez connu. Les arrêts de la vie. — Ô rumeurs et visions
!
Départ dans l’affection et le bruit neufs
!

Arthur RIMBAUD, Illuminations, 1871
(ouvrage publié en 1886 par Verlaine) in Œuvres (Mercure de France)
poète français, né à Charleville (1854-1891)




Poème à mon père

Mon père tu dors en lit de semences sur l’eau de tes yeux
Les larmes de ma mère descendent jusqu’à toi à travers le sol spongieux, aux bras des graminées — sur ton ventre poussent la campanule et l’oseille.
On m’a écrit « il s’en est allé d’urémie au mois d’août, on lui avait amputé l’orteil
Il est mort dix jours après t’appelant tant qu’il a pu parler ».
Oh mon père ne sais-tu pas que ton front est la bouée de silence près de laquelle le fils prodigue qui est comme un voilier revient
à l’heure où tes mains se joignent pour le dernier croisement de mains
?


Tu t’en es allé avec ta misère et ton veston brun troué aux coudes. La lettre de ma mère est datée du 31 octobre quarante et un
« Nous l’avons enterré à Saint-Jean dans le terrain de notre petite Odile, aujourd’hui
nous lui portons une croix neuve que nous avons fait faire pour lui. »
Tu es étendu de ton long sous la terre de mon pays; elle est lourde de tourterelles vers ton cou — tes poches sont pleines de pépins
Tu as les pieds nus comme les mendiants qui venaient chercher le pain que ma mère leur gardait au fond d’un vieux buffet luisant
et qui psalmodiaient leur remerciement d’une voix douce et peureuse en se courbant.
Mes frères parfois s’arrêtent, mes sœurs font couler de leurs cheveux du soleil à l’endroit de la terre où elles pensent qu’est ton visage terreux
La route devant serpente avec sa plainte d’essieux
L’église est proche, on entend grommeler le sacristain contre les pigeons qui fientent sur le parvis.
Oh mon père j’habite en contrée lointaine, je ne suis pas là lorsque fleurit l’aloès dont tu aimais les fleurs et qu’ils te portent pour ta fête. Nous allions dans les jardins, tu m’apprenais le secret des boutures
et des greffes, et comment la rose naît, et comment le fruit mûr du manguier pèse de son parfum sur les branches de la Croix du Sud.
Tu savais tout des plantes et des hommes. Ton paletot de toile se gonflait aux souffles rudes
qui jettent les foules aux barricades les soirs d’émeute — et les fouets
où qu’ils claquaient laissaient sur tes épaules ce fin liseré rouge où j’ai appris la Liberté.
Tu as coulé ta vie entre les humbles comme une rivière coule entre les roseaux humble toi-même mon père avec tes souliers qui faisaient eau
bafoué bafoué et croyant à la justice
sous ton chapeau moisi et tes pauvres chemises.
— Tu es mort.


Je me trompe quand je dis que tu dors: tu as les yeux grands ouverts
Ma mère est une forme blanche qui va à tâtons sur la terre
Vous vivez avec nous. La nuit ta tombe arbore une voile carrée, très pâle sous la lune du tropique, et roule entre les caveaux chaulés
La grille grince comme une écluse, tu as des feux de position verts et bleus à tes doigts
Jésus-Christ est ce phare tranquille sur les grands bois.
Tu croises à fleur de racines partout où le traqué lutte et prie.
Tu dérades jusqu’à la maison à l’heure de la soupe et du pain gris
qu’on partage avec toi en pleurant.
Tu viens jusqu’à moi aux jours de grand vent, tu accroches une ancre aux maïs
Ta main frôle ma main lorsque je touche l’écorce fraternelle d’un bouleau
et je fais tressauter ta tête de lumière aux cahots des chars de liberté.

Loys MASSON, Délivrez-nous du mal (Seghers, 1942)
poète d’expression française, né à l’Île Maurice (1915-1969)




N’oublie pas…

N’oublie pas la chanson du soleil, Vassili.
Elle est dans les chemins craquelés de l’été,
dans la paille des meules,
dans le bois sec de ton armoire,
… si tu sais bien l’entendre.
Elle est aussi dans le cœur du criquet.
Vassili, Vassili, parce que tu as froid, ce soir,
Ne nie pas le soleil.

Sabine SICAUD, Les poèmes de Sabine Sicaud [Stock, 1964)
(1913-1928) poète française, morte à quinze ans.




L’ombre de Hiroshima

L’ombre d’un homme est tapie sur les marches:
elle est gravée dans la pierre, — à tout jamais.
Elle fut inscrite là par le maître atome
!
Ainsi qu’un chien hurle à la mort
ainsi le souvenir aboie entre les murs,
hurle vers une tour noire, triste et brûlée…

L’homme est mort mais l’ombre crie
:
« où donc est celui-ci que je fus
? Qui l’a tué? »
Les ruines font silence. Un fil de fer s’accroche
à un cerisier qui honore ses fleurs.
Le printemps, jambes brisées,
hors des gravats veut s’élancer.

Hiroshima
! Oh! beaux seins de femmes, brûlés
au cœur des flammes, saignants
!
Tes enfants sont orphelins…
L’ombre crie
: « Où sont-ils, qui furent sans pitié?
où sont-ils, qui descendirent avec des torches aveuglantes,
et détruisirent berceaux, lèvres, proches et parents
? »

Hiroshima
! L’ombre d’un homme est tapie
sur une roche. À tout jamais, gravée dans la pierre
!
La feuille pousse, ensuite tombe de l’arbre
;
L’ombre, seule, ne peut se détacher.
Elle demeure. Elle ne s’accoutume pas à cette absence
d’homme, parmi les ruines informes…

« Es-tu mon homme
? » — demande-t-elle
à tous ceux qui passent auprès d’elle,
et tous de répondre, assombris
:
« non
! non! ce n’est pas moi, pauvre ombre… »
Et l’ombre contemple, contemple toujours,
ceux qui passent auprès d’elle…

Et passent les passants, avec leur ombre,
l’un vite, l’autre lentement.
L’ombre, seule, demeure, n’a aucune hâte.
Voyez
! Elle n’a pas d’homme qui l’emmène au travail…
Puis, de tous ces vivants, aucun, sous le soleil,
ne passe sans une ombre
!

L’ombre demeure au poste, sentinelle.
Elle veille, à tout jamais,
afin que ne revienne pas ce qui a été,
afin que plus jamais ne s’abatte l’orage,
afin que la flamme nucléaire ne consume pas
le printemps de l’humanité.

Mihai BENIUC, 1954 in Poètes Roumains (Hautefeuille, Caractères)
poète roumain, né en 1907.