Étudier la poésie

niveau classe de 6e

Sommaire du dossier

Découvrir

L’espace : poésie pour l’œil

J. Charpentreau, En vair et contre tous
J. Charpentreau,
La prisonnière
C. Dobzynski,
L’horloge
V. Hugo, L’automne

La mesure : poésie pour l’oreille

M. Fombeure,
Je passais mes vacances
C. Poslaniec,
Ma collection
M. Luneau,
Le miroir et la petite fille
J.C. Renard, Á qui révéler…
P. Fort,
La grenouille bleue
P. Verlaine, A poor young shepherd


Examiner


Rimes et rythmes, images et sons

J. Charpentreau,
Les petits anges
L. Bérimont, Treize vers à danser
C. Baudelaire, Le chat
C. Roy, La nuit
P. Gamarra, En descendant de la montagne
A. de Noailles,
Chaleur
S. Mallarmé,
Apparition
F. Carco,
Mortefontaine

Approfondir

Lire la poésie

J.L. Moreau,
Chanson de l’ogre
E. Verhaeren,
Le vent
G. Gofette, Il dira
J. Tardieu,
Les erreurs

Écrire à partir des textes

A. Bertrand,
Les cinq doigts de la main
J. Charpentreau, Suppositions
A. Rimbaud,
Enfance
G. Norge, Trouvaille

Corrigés complets

Petit manifeste pour la poésie
16 propositions qu’on peut suivre
(si on veut)


1. Poser en principe le bonheur de lire un poëme
2. En lire en second (etc.)
3. Insister dès que ça paraît beau
4. Affirmer librement son goût (ça m’plaît ça m’plaît pas)
5. Ne pas s’arrêter quand ça se complique
6. Consentir à ce qui semble (est) obscur
7. Imaginer d’autres sens
8. Percevoir des images dans sa propre mémoire
9. Penser que personne n’est pareil
10. Traiter d’égal à égal avec le poëme
11. Dériver, au grand large, si bon te semble
12. Parcourir un livre dans le plus grand désordre
13. Abandonner quand on n’a plus envie
14. Avoir l’impatiente patience qu’on a dans les jeux
15. Se reconnaître le droit d’être obtus
16. Être prêt à s’émerveiller
161/2. Lire, écrire, c’est tout comme

Bernard Chambaz, C’est tout comme, une anthologie de la poésie contemporaine, © Flammarion, 1995.

Découvrir

1. L’espace : poésie pour l’œil


texte 1

En vair et contre tous

Mes demi-sœurs, ces maroufles, ont leur argent, leur orgueil, leur tralala, leurs fauteuils… Mais qu’elles fassent leur deuil de mes pantoufles. Ma marâtre se boursoufle dans ses satins, ses brocarts. Elle me tient à l’écart, mais je m’en moque bien, car j’ai mes pantoufles. Tous les courtisans s’essoufflent à vouloir me rattraper : ils ont voulu me happer, il a fallu m’échapper sans ma pantoufle. Belles dames qu’emmitouflent vos robes d’or à panier, vos appas sont trop grossiers : n’entre que mon petit pied dans ma pantoufle.

CENDRILLON.


texte 2

En vair et contre tous


Mes demi-sœurs, ces maroufles,
Ont leur argent, leur orgueil,
Leur tralala, leurs fauteuils…
Mais qu’elles fassent leur deuil
De mes pantoufles.

Ma marâtre se boursoufle
Dans ses satins, ses brocarts.
Elle me tient à l’écart,
Mais je m’en moque bien, car
J’ai mes pantoufles.

Tous les courtisans s’essoufflent
Á vouloir me rattraper :
Ils ont voulu me happer,
Il a fallu m’échapper
Sans ma pantoufle.

Belles dames qu’emmitouflent
Vos robes d’or à panier,
Vos appas sont trop grossiers :
N’entre que mon petit pied
Dans ma pantoufle.

CENDRILLON.

Jacques Charpentreau,
Prête-moi ta plume, Les plus beaux poèmes des plus grands héros, © Hachette Jeunesse, 1990.



Jacques Charpentreau (né en 1928) Instituteur, puis professeur.
Les feux de l’espoir, 1955 ; Poèmes pour les amis, 1963 ; Allégories, 1964. Il est l’auteur de nombreuses anthologies.


Observons

Comparez le poème avec sa version déformée

1. Pour quelles raisons le poète est-il allé à la ligne ?
2. Pour quelles raisons le poète a-t-il laissé un blanc entre quatre groupes de lignes ?
3. Quel mot est particulièrement mis en valeur ? De quelle manière ? Pour quelle raison ?

Exerçons-nous

Voici d’autres poèmes déformés. Rendez-leur leur apparence véritable en retrouvant les blancs en fin de lignes et entre les groupes de lignes. Recopiez-les soigneusement dans votre cahier de poésie, en commençant chaque vers par une majuscule.

La prisonnière

Plaignez la pauvre prisonnière au fond de son cachot maudit ! Sans feu, sans coussin, sans lumière… Ah ! maman me l’avait bien dit ! Il fallait aller chez grand-mère sans m’amuser au bois joli, sans parler comme une commère avec l’inconnu trop poli. Ma promenade buissonnière ne m’a pas réussi du tout : maintenant je suis prisonnière dans le grand ventre noir du loup. Je suis seule, sans allumettes, chaperon rouge bien puni : je n’ai plus qu’un bout de galette, et mon pot de beurre est fini !

LE PETIT CHAPERON ROUGE
Jacques Charpentreau,
Prête-moi ta plume, Les plus beaux poèmes des plus grands héros, © Hachette Jeunesse, 1990.




L’horloge

L’horloge de chêne tricote avec ses aiguilles de fer un invisible pull-over et le temps lui sert de pelote. Maille à l’endroit, maille à l’envers, le temps lui file entre les doigts, fil de neige pour les jours froids et fil d’herbe pour les jours verts. Une heure noire, une heure blanche, crochetées et croisées sans trêve, l’écheveau des nuits et des rêves se dévide au bout de ses branches. Qui portera ce vêtement qu’elle tisse avec tant d’adresse, sa laine douce est la caresse de quel hiver, de quel printemps ? Elle tisse car le temps presse, maille blanche sur maille noire, en ignorant que la mémoire défera les fils qu’elle tresse. Elle a beau nouer et lier le fil qui se perd et se casse, nul jamais n’a pu s’habiller de la laine du temps qui passe.

Charles Dobzynski, (né en 1929), Fablier des fruits et des légumes, Collection L’Enfant, la poésie, © Librairie Saint-Germain des Prés.



L’automne

L’aube est moins claire, l’air est moins chaud, le ciel moins pur, le soir brumeux ternit les astres de l’azur. Les longs jours sont passés ; les mois charmants finissent. Hélas ! voici déjà les arbres qui jaunissent ! Comme le temps s’en va d’un pas précipité ! Il semble que nos yeux, qu’éblouissait l’été, ont à peine eu le temps de voir les feuilles vertes. Pour qui vit comme moi les fenêtres ouvertes, l’automne est triste avec sa bise et son brouillard, et l’été qui s’enfuit est un ami qui part. Adieu ! dit cette voix qui dans notre âme pleure. Adieu, ciel bleu ! beau ciel qu’un souffle tiède effleure. Voluptés du grand air, bruit d’ailes dans les bois, promenades, ravins pleins de lointaines voix, fleurs, bonheur innocent des âmes apaisées, adieu, rayonnements ! aubes ! chansons ! rosées !

Victor Hugo, (1802-1885), Toute la lyre.



Réfléchissons

Maintenant que vous avez rendu leur apparence aux poèmes, répondez aux questions suivantes

Sur
La prisonnière

1. À partir de quelle ligne peut-on comprendre l’identité de l’héroïne du poème ?
2. Quels groupes de lignes sont consacrés à décrire sa situation présente ? Où sont-elles placées ?

Sur L’Horloge

1. Quels points communs sont établis entre l’horloge et une personne qui tricote ?
2. Quelle différence existe cependant entre elles ? Dans quelles lignes est-elle exprimée ?

Sur Automne

1. Soulignez les répétitions de sons en fin de ligne qui vous ont aidé (e) à rétablir l’espace du poème
2. Comptez le nombre de syllabes de chaque ligne ainsi rétablie.

Retenons

Dans un poème, une ligne s’appelle un vers. Un groupe de lignes s’appelle une strophe.
La répétition d’un ou plusieurs sons communs à la fin de deux vers s’appelle une rime.

[…]

Étude publiée dans Textes et activités Nathan 6e, 2000.
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