La description dans le récit

Thème
: les monstres

niveau 5e


Objectifs

Savoirs

• repérer les passages de description dans les différents genres de textes
• analyser l’organisation globale de la description
• être sensible à l’unité d’impression donnée par une description
• analyser les images (comparaisons et métaphores)

Savoir-faire

• créer un champ lexical et l’utiliser
• utiliser un vocabulaire riche et précis
• insérer un portrait dans un roman
• écrire un portrait orienté







Sommaire

La description, le portrait
:


Faire le point
: description et genres de textes
• Robert Desnos,
Le Tamanoir
• Stan Baretz,
Catalogue des âmes et cycles de la science-fiction.
• Petite annonce
• Éric Joly,
L’almasty, Sciences et avenir
• Bram Stoker,
Dracula


Explorer les techniques de la description

L’organisation de la description
• Les Mille et une nuits,
Histoire du cheval d’ébène
Description et explication
• Science et vie junior,
Les ficelles des Guignols
La description en mouvement
• Colette,
Sept dialogues de bêtes
La métaphore
• Giono, Colline
Insertion de la description dans le roman
• Victor Hugo,
Notre-Dame de Paris


Écrire

Insérer un portrait dans un roman

Prolongements

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Début de l’étude

Faire le point

Texte 1
Le tamanoir

Avez-vous vu le tamanoir
?
Ciel bleu, ciel gris, ciel blanc, ciel noir,
Avez-vous vu le tamanoir
?
Œil bleu, œil gris, œil blanc, œil noir,
Avez-vous vu le tamanoir
?
Vin bleu, vin gris, vin blanc, vin noir,
Je n’ai pas vu le tamanoir
Il est rentré dans son manoir
Et puis avec son éteignoir
Il a coiffé tous les bougeoirs
Il fait tout noir.

Robert Desnos,
Chantefables et chantefleurs © Gründ

  1. Qu’est-ce qu’un tamanoir?

  2. Quel son est le plus souvent répété? À quels endroits?

  3. Quels sons sont répétés dans les vers 1 – 2 – 4 – 6?

  4. Quel peuvent être les points communs de ce texte avec une comptine?



Texte 2

Rencontre

Attaché aux valeurs morales et sécurisant, bel homme poivre et sel, cinquantaine, allure jeune, non fumeur, sentimental, aimant les plaisirs de la vie, rencontrerait dame 38/50 ans, distinguée, équilibrée. Pas sérieuse s’abstenir. Écrire REF 37N…
(petite annonce du journal gratuit NRS 37 du 12 février 2001.)

  1. Quel est le but de l’émetteur de ce texte?

  2. Quelle est l’offre? Dans quel ordre est-elle détaillée?

  3. Quels détails sont mis en valeur? Pourquoi?

  4. Quels détails ne figurent pas dans cette offre?

  5. Quelle est la demande? Comparez-la à l’offre.



Texte 3

Van Vogt Alfred E. (U.S.A. – 26-4-1912)

À LA POURSUITE DES SLANS, Éd. J’ai lu No 381 (Slan, 1946).

Cette histoire, parue pour la première fois en 1940 dans
Astounding, a donc près de quarante ans, et cependant l’âge ne l’a pas détrônée de son rang des classiques de la S.-F. et du thème du mutant.

Jimmy Cross, le slan, est un mutant. Télépathe, superintelligent et physiquement supérieur. Et, comme tous les siens, haï et pourchassé par la majorité.

Un homme seul dans la foule à la pointe d’un combat solitaire contre Kier Gray, le dictateur de cette société future qui lui réservera une surprise étonnante…

Stan Baretz
, Catalogue des âmes et cycles de la s.f., © Denoël, coll. Présence du futur


  • Quel est le but de l’auteur du texte?

  • Donne-t-il un résumé complet de l’histoire? Pourquoi?

  • Quel personnage est présenté?

  • Quels détails figurent dans cette présentation? Quels détails manquent?



Texte 4

L’almasty

Un hybride d’homme et de grand singe

Selon le portrait-robot émergeant des témoignages recueillis par Marie-Jeanne Koffmann, l’homme des bois est un bipède d’environ 2 mètres, sans différence de taille entre les deux sexes. Son odeur est fétide et il pousse des cris inarticulés. Entièrement velu, à l’exception du visage et de la face palmaire des pieds et des mains. Son dos est voûté, sa tête, très chevelue, rentrée dans les épaules. La peau est sombre, le poil roux ou foncé. Les bras sont décrits le plus souvent comme longs, tandis que les jambes sont courtes et arquées. Les mains, dont le pouce n’est que partiellement opposable, sont longues, et les pieds sont larges
; quant aux ongles, ils sont plats.
Parmi les caractéristiques de la tête, le front est fuyant, les arcades sourcilières forment une visière (un « torus sus-orbitaire »), la face est large, avec des yeux obliques, souvent rouges, et des pommettes saillantes
; elle est dépourvue de menton. Le nez est aplati, les oreilles allongées vers le haut. La bouche est grande, avec des lèvres fines. Le fait de savoir si les canines dépassent de la rangée des dents n’apparaît pas clairement — c’est bien dommage, car il s’agit là d’une caractéristique permettant de distinguer un singe anthropoïde d’un hominidé.
De mœurs nomades et peu sociable, il court très vite. Il n’a pas d’outils permanents. Omnivore, il peut être charognard à l’occasion.

Éric Joly, rédacteur en chef de la
Nature en France, coauteur des Monstres sont vivants, Grasset, 1995.
In Sciences & Avenir — Hors-série - Les animaux extraordinaires -
Créatures Imaginaires - JUILLET/AOÛT 2000 -- N° 123


  1. L’être vivant présenté ici est-il réel ou imaginaire?

  2. Le personnage est-il évoqué ou décrit de façon détaillée?

  3. Que présente le premier paragraphe? le 2e? le 3e?

  4. Quel temps verbal est employé dans ce texte? Justifiez cet emploi.

  5. Relevez des mots scientifiques. Sont-ils expliqués dans le texte? Les comprenez-vous?



Texte 5

Le Comte Dracula

Un jeune Anglais, Jonathan Harker, se rend en Transylvanie, invité par le comte Dracula. Peu à peu, se révèle la véritable nature du comte: c’est un vampire…


Devant moi, se tenait un grand vieillard, rasé de frais, si l’on excepte la longue moustache blanche, et vêtu de noir des pieds à la tête, complètement de noir, sans la moindre tache de couleur nulle part. […]
Son nez aquilin lui donnait véritablement un profil d’aigle; il avait le front haut, bombé, les cheveux rares aux tempes mais abondants sur le reste de la tête; les sourcils broussailleux se rejoignaient presque au-dessus du nez, et leurs poils, tant ils étaient longs et touffus, donnaient l’impression de boucler. La bouche, ou du moins ce que j’en voyais sous l’énorme moustache, avait une expression cruelle, et les dents, éclatantes de blancheur, étaient particulièrement pointues; elles avançaient au-dessus des lèvres dont le rouge vif annonçait une vitalité extraordinaire chez un homme de cet âge. Mais les oreilles étaient pâles, et vers le haut se terminaient en pointe; le menton, large, annonçait lui aussi de la force, et les joues, quoique creuses, étaient fermes. Une pâleur étonnante, voilà l’impression que laissait ce visage.

Bram Stocker,
Dracula, traduction de Lucienne Molitor, Éd. Marabout, 1977.


2. Quelles sont les couleurs dominantes de ce portrait
? Dans quel ordre sont-elles présentées?
3. Le personnage est-il jeune
? est-il âgé? Relevez les mots et expressions qui justifient votre réponse.
4. Quels mots et expressions donnent une impression de force
? de violence? de cruauté?
5. Quels détails peuvent paraître particulièrement inquiétants — si l’on ne connaît pas les vampires
? — si l’on est informé sur les vampires?
6. Le portrait est-il suffisamment précis pour que le lecteur puisse dessiner le visage du personnage
? Justifiez votre réponse.
  1. Quel élément du visage est étonnamment absent dans ce passage?



Questionnaire commun aux 5 textes:

  1. À quel genre appartient chacun des textes (publicité, roman, article de presse, etc.)?

  2. Quel est le point commun de ces textes?

Quel texte présente une simple évocation? une description incomplète? une description complète?
  1. Lequel de ces deux textes: — a essentiellement pour but d’informer le lecteur? — décrit uniquement le physique? — dessine un portrait psychologique?

  2. Quel texte vous paraît le plus riche en couleurs, formes, images?

  • Lequel de ces textes produit sur vous l’impression la plus forte? Pourquoi?



Explorer

L’organisation de la description


Un mari idéal

Or il advint que, pendant ce temps, les trois filles du roi étaient justement assises derrière un rideau de la salle de réception, et entendaient ces paroles. Aussi la plus jeune des trois sœurs se mit-elle à considérer avec attention le savant qui devait lui échoir comme époux, et voici
!
C’était un vieux bien ancien, âgé d’au moins cent ans, si ce n’est davantage, avec un reste de cheveux blanchis par le temps, une tête branlante, les sourcils mangés de teigne, les oreilles tombantes et fendues, la barbe et les moustaches teintes et sans vie, des yeux rouges et louches se regardant de travers, des bajoues flasques, jaunes et criblées de creux, un nez comme une grosse aubergine noire, une figure ratatinée comme le tablier d’un savetier, les dents saillantes comme les dents d’un cochon sauvage, et des lèvres pendantes et pantelantes comme
les testicules du chameau; en un mot ce vieux savant-là était quelque chose d’effrayant, une horreur composée de monstrueuses laideurs qui en faisaient l’être certainement le plus difforme de son temps et le plus épouvantable de son époque; car comment ne l’eût-il pas été avec ces divers attributs et, en plus, ses mâchoires vides de leurs molaires et armées, en guise de canines, de crocs qui le rendaient semblable aux éfrits qui épouvantent les petits enfants dans les maisons désertes, et font crier d’effroi les poules dans les poulaillers.
Tout cela
!
Et justement la princesse, la plus jeune des trois filles du roi, était l’adolescente la plus belle et la plus gracieuse de son temps, plus élégante que la tendre gazelle, plus douce et plus suave que la brise la plus caressante, et plus brillante que la lune en son plein
; elle était vraiment faite pour plaire; elle se mouvait et le rameau flexible était confondu de ses balancements onduleux; elle marchait et le chevreuil léger était confondu de sa gracieuse allure; et sans conteste elle surpassait de beaucoup ses sœurs en beauté, en blancheur, en charmes et en douceur. Et telle elle était, en vérité.
Aussi lorsqu’elle vit le savant qui devait lui échoir en lot, elle courut à sa chambre et là se laissa tomber la face contre terre en se déchirant les habits, en se griffant les joues et en sanglotant et se lamentant.

Les Mille et une nuits,
Histoire du cheval d’ébène, Traduction Mardrus, © Bouquins Laffont.


Les Mille et une nuits est un recueil de contes populaires arabes (du Xe au XIIe s. env.) d’origines diverses (Perse, Bagdad, Égypte): Aladin et la Lampe merveilleuse, Ali Baba et les Quarante Voleurs, Sindbad le marin, etc.


Observation


1. Quelques mots et expressions pirates se sont glissées dans ce portrait du vieux savant. Retrouvez-les.

C’était un vieux bien vieux, âgé d’au moins cent ans, si ce n’est davantage, avec un reste de cheveux blanchis par le temps, une tête branlante comme un hochet de bébé, les sourcils mangés de teigne, les oreilles tombantes et poilues, la barbe et les moustaches teintes et sans vie, des yeux injectés de sang, petits et enfoncés, des bajoues flasques, jaunes et criblées de creux, de nombreux mentons mal rasés, un nez comme une grosse aubergine noire, des narines larges et épatées, une figure ratatinée comme le tablier d’un savetier, les dents saillantes comme les dents d’un cochon sauvage, et des lèvres pendantes et pantelantes comme les testicules du chameau; en un mot ce vieux savant-là était quelque chose d’effrayant, une horreur composée de monstrueuses laideurs qui en faisaient l’être certainement le plus difforme de son temps et le plus épouvantable de son époque.


Étude du texte

2. Complétez le schéma suivant avec les éléments d’information qui figurent dans la description du vieillard
:



[…]


Étude publiée dans Textes et activités Nathan 5e, 2001.
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