Pascal,
Les Provinciales
Les
Lettres à un
Provincial dont
la première date du 23 janvier 1656, d’abord
anonyme, bientôt signée Louis de Montalte, secouent l’opinion. Ce
sont les premiers
tracts ; elles pénètrent partout, jusqu’à la table de Mazarin. Le
pouvoir se
sent touché, le chancelier Séguier - instrument des basses oeuvres
de l’absolutisme
- manque mourir de fureur : il faut le saigner six fois dans une
même
journée !
Chefs-d'oeuvre du « journalisme », elles sont aussi un des premiers
chefs-d’oeuvre
de la littérature clandestine : la répression s’abat sur les
imprimeurs ; on met
Savreux et Langlois en prison, on perquisitionne chez le libraire
Petit, Les
Provinciales sont imprimées sur toutes les presses,
dans des hôtels meublés, dans
des collèges, sous le couvert du proviseur ; quand Périer,
beau-frère de Pascal,
vient faire un tour à Paris, c’est sur son lit que sèchent les
épreuves de la 5e
Provinciale et
le Jésuite qui vient le visiter ne voit pas de quoi il retourne -
heureusement !
Pascal, lui, va de logis en logis, fréquentant les meublés du
Quartier latin, « le Roy
David », par exemple sis juste en face du bastion jésuite, le
collège de Clermont.
Quant au principal intéressé, Arnauld, il y a longtemps qu’il a
pris la clef des
champs, fuyant le bras séculier.
C’est ce climat qu’il faut sentir pour comprendre
Les
Provinciales,
oeuvre militante,
brûlant non seulement les tonsures jésuites mais les moustaches de
Mazarin et
dont la joyeuse allégresse nous touche encore parce qu’elle
s’adresse à la force, et
tout particulièrement à la force tentant de faire la loi dans le
domaine de la pensée.
Au départ, Les
Provinciales ne
sont pas un pamphlet contre les jésuites ; elles sont
une arme défensive, un moyen de détourner de Port-Royal les coups
d’un pouvoir
inspiré par ce que Pascal appelle dédaigneusement « les moines ».
S’il existe un fil
conducteur dans ces oeuvres conçues au jour le jour de l’actualité,
et sans plan
préconçu, c’est bien celui-là : Pascal a un but, clair et ferme,
sauver Port-Royal,
bastion de l’augustinisme en France.
Les
vicissitudes d’une polémique.
[…]
Les
Provinciales encore vivantes
[…]
Des
Provinciales aux
Pensées
[…]
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