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Cinq raisons d'apprécier notre église


Nous avons au moins cinq bonnes raisons d’être attachés à l’église de Larouillies.

L’édifice mesure 28 mètres de long sur 9 mètres de largeur : ce sont très exactement
les dimensions du premier Temple de Salomon à Jérusalem, d’après le Premier Livre des Rois (chapitres 6 à 8) :
« 
La maison que le roi Salomon bâtit à l'Éternel avait soixante coudées de longueur, vingt de largeur, et trente de hauteur»
Ce sont les proportions du nombre d’or, qui a une importante valeur esthétique et mystique, gage de beauté et d’harmonie.
Le clocher s’élève à vingt-trois mètres de hauteur, et à vingt-cinq mètres de hauteur au coq de la girouette.



1. Un lieu de culte ancestral



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Il est difficile de dater exactement le moment où l’église de Larouillies, d’abord une grande chapelle, devint un lieu de culte chrétien.

Il est plus que vraisemblable qu’elle fut érigée à l’endroit d’un culte gaulois, puis mérovingien.

La Thiérache a été défrichée par des moines bénédictins à la fois en évangélisant les populations et en mettant en culture les terres gagnées sur les forêts.

La contrée a appartenu d’abord à l’abbaye d’Hautmont (1083), puis à celle de Liessies (1095).

Chroniqueur de l’an Mille, le moine Raoul Glaber souligne la vague d’évangélisation de l’époque :

« 
C’était comme si le monde entier se libérait, rejetant le poids du passé et se revêtait d’un blanc manteau d’églises. 
Presque toutes les églises épiscopales et celles de monastères dédiées aux divers saints, mais aussi les petits oratoires des villages étaient rebâtis mieux qu’avant par les fidèles. »
.




2. Un lieu d’asile



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Au cours de nombreux siècles, l’église était entourée du cimetière de la paroisse, lieu sacré et consacré, ceint d’un mur de protection.

On le voit très nettement dans une aquarelle des albums de Croÿ en 1598. L’ensemble, église et cimetière étaient
un lieu d’asile inviolable, placé sous la protection de l’église.

La police du roi ne pouvait y pénétrer. Ceux qui ont lu
Notre-Dame de Paris de Victor Hugo savent de quoi il s’agit et quels étaient les enjeux.

Le 19 juillet 1397, deux malfaiteurs, l’un appelé Jaquemin du Cambre et l’autre Jean Le Coutre, ayant volé un cheval à Floyon, furent poursuivis et vinrent trouver refuge dans l’église et le cimetière de Larouillies.

Ce fut au prix de ruses fort peu honnêtes qu’on finit par les capturer après trois jours d’attente. Ils furent proprement torturés et pendus…

On garde de cette aventure un document rédigé en ancien picard-wallon, curieux mémoire qui chiffre tous les frais de l’affaire, à payer par les communes avoisinantes, dont la potence, la corde et l’échelle qui servirent au supplice…





3. Un lieu d’Histoire



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Notre église a joué un rôle important dans la grande Histoire : ce fut à quelques pieds de son porche que fut déclarée la Guerre de Trente Ans (1618-1648), dans sa période française (1635-1648).

Le 16 avril 1635,
Jean Gratiolet de Daubis, vêtu de son tabard violet fleurdelisé et de sa toque de héraut d’armes de France, au titre d’Alençon, prend la route de Bruxelles avec un message pour le cardinal-Infant, accompagné d’un trompette ordinaire du roi Louis XIII.

Arrivés à neuf heures du matin le 19, ils font sonner la chamade : personne ne veut recevoir la déclaration dont ils sont porteurs. Ils patientent toute la journée. Le soir, le héraut, toqué de plumes, remonte en selle et quitte Bruxelles.

À la frontière, au village de Larouillies, sur le grand chemin d’Avesnes à la Capelle, il attache une
copie de la déclaration à un poteau fiché à quelques pas de l’église, faisant de nouveau sonner la chamade.



C’était la dernière fois dans l’Histoire de France que l’on déclarait la guerre comme au temps du roi saint Louis !






4. Un lieu d’art baroque




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C’est en 1768 que les paroissiens de Larouillies, trouvant leur église trop petite pour toutes les cérémonies du culte, obtinrent de l’abbaye de Liessies la permission d’agrandir leur église.

Le chœur, de très vastes proportions, fut ajouté à l’édifice et le clocher reconstruit et surélevé.

Le XVIIIe siècle est la pleine époque de
l’art baroque, né de la Contre-Réforme, et la richesse ornementale de l’église de Larouillies lui doit les trois retables et autels : colonnes torses, angelots, ornements dorés, chutes de fleurs, de fruits, flammes, volutes sont caractéristiques de cet art d’une grande beauté décorative.

La richesse ornementale, la vivacité et la profusion des ors et couleurs, les angelots, trompe-l’œil et autres colonnes torses tournoyant vers le ciel, symbolisant la prière qui s’élève vers le ciel, si caractéristiques du baroque, sont censées provoquer l’émotion, exalter les âmes et manifester la présence divine.



À l'âge baroque, les colonnes torses, dites de Salomon ou salomoniques, se mettent à virevolter dans toute l'Europe.
Le grand public en connaît surtout l’emploi par
Le Bernin, en référence au temple du roi Salomon, pour le baldaquin commencé en 1624, et qui orne le centre de la basilique Saint Pierre de Rome, au Vatican.

Les trois retables de Larouillies sont donc ornés de deux colonnes torses, telles que les touristes les admirent dans les églises de Rome…


5. Un lieu de vie sociale



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C’est un événement que l’on ignore le plus souvent.

Le roi Louis XVI réunit les États-Généraux à Versailles le 24 janvier 1789.

Dans chaque paroisse, l’on se réunit pour élaborer une liste de vœux : ce sont les « cahiers de doléances », dont l’usage remontait au XIVe siècle.



C’est
dans l’église de Larouillies que fut rédigé le cahier de représentations et protestations adressées au roi par les états généraux et provinciaux, le dimanche, à l’issue de la messe, où tous les villageois se retrouvaient.

Le vicaire de Larouillies était, depuis 1778, Maître Pierre Humbert Crétinier. Il quitta le village, qui n’était pas encore une paroisse autonome et dépendait d’Etrœungt, le 1e mai 1791, pour être élu curé constitutionnel de Maroilles. Il fut curé de St-Python jusqu’en l’an II, et mourut en cette localité le 23 nivôse an V, âgé de quarante-quatre ans.

Après 1791, Larouillies est érigée en paroisse. Elle est desservie par des curés.

Maître Crétinier fut remplacé par Me Jean-Baptiste-Joseph Cercelier, ex-moine prémontré de l’abbaye de Solival, jusqu’au 8 ventôse an II, 26 février 1794.

Il abjura, se maria avec sa nièce Thérèse Haimez ; il continua à vivre à La Rouillies, exerçant la profession de marchand. Il y mourut le 8 décembre 1810. Il eut des funérailles religieuses.





C’est donc pour toutes ces raisons que nous sommes attachés à notre monument et que nous nous mettons tout en œuvre pour le protéger et le restaurer.